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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Articles avec #reflexions profondes catégorie

On ne va pas faire la grimace

Publié le 14 Décembre 2014 par Nadine dans Réflexions profondes

http://www.snes.edu/IMG/png/carre_rouge_vote_snes-fsu_1.pngAvec dix jours de retard je vous livre les résultats des élections professionnelles qui ont bien occupée depuis quelques mois. Il ne sont pas bons : les syndicats de la FSU reculent autant en CTA/CTM qu'en CAPA/CAPN. Une consolation, nous concervons le 7ème siège gagné la dernière fois dans ma CAPA, la CAPA agrégé. Si encore c'était la CGT qui nous avait pris des voix, on aurait pu dire, ce n'est pas grave, on engrange avant de se marier (euh, en fait la CGT ne veut pas se marier avec la FSU, c'est bien dommage, le trousseau de la mariée est bien rempli), mais ce sont les syndicats réformistes ou de droite qui ont progressé. La grande avancée revient à FO qui peut faire la bise à François Hollande pour les promesses et les déceptions qu'il a semé, et à Jean-Claude Gaudin pour ses rythmes scolaires à la marseillaise. Le SNALC progresse et l'UNSA a siphonné le SGEN-CFDT qui n'a plus aucun élu dans les corps enseignants dans notre académie. On va même avoir un élu FO dans la CAPN agrégé, ce qui nous promet des surprises.

Modérons quand même notre propos… à quelques exceptions près, dont le corps des PLP (mais qu'attend-on pour les syndiquer au SNES !) la FSU est première partout où elle présente du monde et même largement première. Peut-on pleurer avec 35 % au CTA, 48 % chez les certifiés, 49 % chez les agrégés, 82 % chez les CO-Psy, 76 % chez les PEPS ? Je suis réélue pour un sixième mandat académique et un troisième mandat national. Ce post finira donc avec un des morceaux que j'avais envoyé sur facebook, le pays des amis, pour que mes amis fb comme moi dans la campagne gardent le moral en tournant dans les bahut. Le soleil et le rythme du Congo Kinshasa avec le Zaiko Langa Langa, la pépinière des talents : regardez ils ont même apporté le soleil à Bruxelles, c'est dire ! Waouh le pantalon à rayures quand ça bouge, c'est limite psyché !

 

 

Petite anecdote au passage puisque l'on voit l'Atomium au second plan : il a été construit pour l'Exposition Universelle de 1958. Ce fut à cette expo que l'on vit pour la dernière fois une exhibition ethographique ; une centaine de Congolais avaient été recrutés pour mettre en scène l'Afrique dans un village congolais, dans des huttes, chantant sous la houlette de missionnaires. Or le public bouda ce spectacle passé de mode. Certains s'émurent que les spectateurs lancent des bananes et des cacouettes (à qui ? aux missionnaires ?). Les indigènes remirent leurs habits civils et partirent de cet emploi peu payé (oui les exhibés ont toujours été payés, chichement mais payés) pour trouver des boulots plus rémunérateurs à Bruxelles-même.

 

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Vive le service public hospitalier !

Publié le 19 Septembre 2014 par Nadine dans Réflexions profondes

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Il faut prendre le vive aux deux sens du terme : je veux dire aussi qu'il vive, parce qu'il le mérite et que nous le méritons. Il y a trois ans je sortais de l'hôpital nord après être passée entre leurs mains et celles de la réa à la Timone. Ce sont eux qui m'ont sauvée, c'est grâce à eux que je vis encore et que je peux encore bloguer trois ans plus tard. Vous pensez bien que je me suis précipitée pour voir Hippocrate, un film sorti il y a deux semaines dont le sujet est un jeune interne frais émoulu de la fac confronté à son métier, à ses doutes, à l'hôpital, à ses succès, à ses carences.

Evidemment le réalisme du film — le film social est toujours réaliste et là c'est bien réussi — m'a éveillé des souvenir qui aujourd'hui sont devenus agréables. Même la ponction lombaire ! C'était un jeune interne qui m'en avait faite une il y a trois ans, et c'était aussi pour lui sa première fois. Aïe ! Et même la réa ! Et puis ces lits où on souffre, où on tente d'atténuer votre souffrance, où l'on s'ennuie. J'étais dans un service de luxe : dans le film c'est moins de cas, mais tous les personnages sont infiniment humains, même le grand patron ou le directeur qui était auparavant chez Amazon. Il y a aussi et surtout la grande misère du service public, le sort que l'on fait aux travailleurs immigrés, ici les médecins étrangers, et notre dépendance vis-à-vis de l'immigration, bref tous les sujets qui m'animent et me tiennent à cœur. Je ne vous en dis pas plus.

Donc mon conseil du week-end : vous allez faire les journée du patromoine et dans la semaine vous vous précipitez voir Hippocrate. Ensuite vous affutez vos banderolles pour la prochaine manif pour la sécu et l'hôpital public. Je ne fais plus aucune confiance aux socialistes pour rien.

 

Au dela, il y a encore quelque chose qui m'a remuée dans ce film : le jeune interne est habité par les doutes, écartelé entre la foi dans son métier et le renoncement devant ses diffiicultés. Mon ami Jaime était interne en psychiatrie à Lisbonne en 2007 quand je suis allée le voir. Il se posait les mêmes questions, avait aussi des doutes sur sa vocation, sur la difficulté de son métier, sur la pauvreté du service public hospitalier (surtout au Portugal et encore avant la crise). Depuis il était devenu chercheur et vivait en Angleterre après sa thèse à Rotterdam. Jaime s'est donné la mort il y a deux semaines en se jetant sous le métro. Mon chagrin est immense, ce blog parlera de lui plus longuement plus tard. La photo en haut de cet article, prise en mars 2007, est en hommage à mon ami qui était aussi un militant communiste.

 

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Ils ont tué Jaurès (et ils continuent)

Publié le 31 Juillet 2014 par Nadine dans Réflexions profondes

 

Jaures-Carmaux.JPGJ’apprends ce matin qu’aujourd’hui paraît pour la dernière fois l’Unita, le journal fondé par Gramsci vingt ans après que Jaurès eut fondé le sien, l’Humanité. Une page se referme en Italie comme ici, mais rarement on aura autant cité Jaurès, dont nous célébrons aujourd’hui le 100e anniversaire de son assassinat, tout en le trahissant avec force.

Je ne parle pas de Sarkozy qui s’estimait l’héritier de Jaurès, ni de Marine le Pen. Ca ferait rire, si cela ne faisait pas pleurer. Je parle de la bande des Flamby qui sont aux manettes aujourd’hui.

Comment peuvent-ils se réclamer de l’homme qui écrivit L’armée nouvelle et qui prononça un célèbre discours à Bâle en 1912 contre la guerre, alors que la France s’est engagée dans les guerres coloniales en Afrique et qu’elle soutient les crimes de guerre à Gaza ?

Comment peuvent-ils se réclamer du député de Carmaux, ville ouvrière, alors qu’ils continuent les cadeaux aux patrons et le démantèlement de l’Etat social ?

Comment peuvent-ils se réclamer du fervant acteur de la IIe internationale alors que nous continuons d’expulser les étrangers, à ségréger les Roms, et à bâtir des murs autour de nous, ceux du replis et de la peur des autres ?

Comment peuvent-il se réclamer du boursier de Castres, de l’agrégé de philosophie, eux qui continuent de démanteler l’Education Nationales (et les services publics en général) et qui, avec le gel du point d’indice, continuent d’appauvrir les enseignants, au risque de compromettre les recrutements et la qualité de ceux-ci (en gagnant 1,2 fois le SMIC qui a envie d’aller enseigner en banlieue quand on a un bac +5 scientifique ?).

« Ici, sous ce soleil de juin 93 qui échauffe votre âpre bataille, je suis avec Robespierre, et c’est à côté de lui que je vais m’asseoir aux Jacobins. » (Histoire socialiste de la Révolution française1903) Les Flamby ne sont pas Girondins comme ils pourraient le croire, ils sont le Marais. 

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Je hais les dimanches (surtout dimanche dernier)

Publié le 28 Mai 2014 par Nadine dans Réflexions profondes

http://www.algerie-focus.com/wp-content/uploads/2014/02/Affiche-La-Voie-de-lEnnemi-Arabe.jpgEn fait je ne les déteste pas tant que ça. C'est surtout dimanche dernier que je n'ai pas beaucoup aimé. Ca a commencé par la météo. Arrivée de Paris où j'avais été enfermée toute la semaine dans des salles sans fenêtres, j'espérais un dimanche ensoleillé : au mois de mai en Provence, ce n'est pas trop demander. Et bien non. Ce fut ciel gris et pull. Je suis allée voter en fin de matinée : deux fois puisque j'avais une procuration. Puis Neel a fait ses devoirs, ou plutôt je les ai fait avec lui.

Je me doutais que les résultats ne seraient pas bons. Je me doutais que le FN allait péter un score de folie : quand l'UMP est empêtrée dans les affaires et a étalé sa nullité pendant dix ans, quand le PS ne tient AUCUNE promesse et continue une politique droitière sur tous les tableaux ou presque… (ok, y a le mariage pour tous, mais il reste la poltique économique, le droit des étrangers…). Prenons ma profession qui est historiquement l'électorat de base du PS ; nos salaires sont rognés depuis 25 ans (1989 la dernière revalo) et on annonce que le point d'indice sera encore bloqué jusqu'en 2017. On ne revient pas sur les mesures iniques prises sous l'ère Sarko et on ajoute en plus des vexations, des humiliations qui énervent franchement. Par exemple de nous faire rattraper un jour déjà travaillé, la pré-rentrée, sous prétexte que les élèves n'ont pas eu cours. Mais nous, on était au boulot ! Au passage d'ailleurs remarquons que les socialistes ne sont pas revenus sur une mesure prise sous Chirac d'humiliation des salariés, celle du lundi de Pentecôte appelé ironiquement jour de solidarité. Dans le même temps, le FN a changé, a remisé ses accessoires facho-OAS-skinhead pour adopter un discours social. Leur ennemi n'est pas le vrai ennemi, à savoir le grand capital, mais l'autre, l'immigré, l'Europe de Bruxelles, le musulman, le Chinois, mais c'est un discours social quand même, d'attention portée aux petites gens qui souffrent. Alors pourquoi s'étonner qu'il battent des records électoraux ?

Donc, même si je me doutais de la Bérézina électorale, j'ai quand même été affligée par le score de Marine Le Pen. Pour me rafraichir les idées, j'ai décidé d'aller au cinoche à la séance de 21h45. J'arrive sur mon petit vélo et là on me dit que je suis la seule spectatrice et que pour une seule personne, pas de séance. Je suis donc revenue sur mon petit vélo.
Je hais les dimanches !

 

Post scriptum : j'ai suis finalement allée voir ce film le lendemain (5 spectateurs). C'était "La voie de l'ennemi" de Rachid Bouchareb. Il ne passe plus, tant pis pour vous. C'était en plus un bon médicament anti-FN. Ce cinéaste franco-algérien est parmi mes cinéastes préférés : ce film est le deuxième volet de sa trilogie américaine. Les trois cultures se mêlent dans son œuvre : la France, l'Algérie et l'Amérique qui est aussi notre culture commune à l'ère de la mondialisation.

Cela se passe au Nouveau-Mexique, près de la frontière. Ca commence avec les milices anti-immigrés qui se font rembarrer au nom de la loi. Puis ça continue avec un ex-taulard, noir et musulman qui veut vivre tranquille et qu'un sherif qui ne croit pas à la réinsertion des délinquants vient harlecer. Il se met à la colle avec une immigrée récente qui est un modèle d'intégration réussie sans renier sa culture d'origine. Je ne vous raconte pas la suite. Les acteurs sont fabuleux, le décor de western est servi par une très belle photo, la musique est juste comme il faut, l'émotion dosée, le tragique mené jusqu'au bout.


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Les rosbifs, un sacré steack !

Publié le 25 Mai 2014 par Nadine dans Réflexions profondes

http://a397.idata.over-blog.com/2/99/24/33/100-articles/Recette-rosbif-par-epicerie-fine-de-france.jpgDeux semaines de silence de blog contrainte par une avalanche de travail paritaire. Jugez plutôt : j'ai dû faire à la fois le mauve à l'intra et la LA en CAPN. Comprennent les initiés. Deux fois je suis tombée sur l'Anglais, ce qui n'est pas une mince affaire vu l'ampleur de la discipline.

La semaine dernière j'ai peigné le mauve dans tous les sens : étant dans l'équipe des chefs, j'ai préféré ratisser large. Je rappelle ici la méthode des Charlie's Angels élaborée de longue date pour le travail au mauve (pour ceux qui ont du mal à suivre, cliquer ici).

 

Le mauve est classé par candidat dans l’ordre alphabétique sans le projet d’affectation.

Documents nécessaires : le mauve + le journal mut du S3 + le BA + le mauve de l’inter (papier) + le rose de l’inter (document excel) + roses des années précédentes (papier).

• Etudier les cas de priorités médicales.

• Les points à vérifier :

— Les bonif familiales : conjoints, RRE et enfants. Comparer avec la liste du rectorat.

 

— Les bonif IUFM et les bonif reclassement (100 pt vœu dep) des stagiaires : comparer avec la liste du rectorat et le mauve de l’inter.

— Les mutations simultanées : vérifier que les vœux sont identiques.

— Les mesures de cartes scolaires : il peut être utile de es lister dès cette phase pour commencer par étudier leur cas lors du mouvement.

— Les 1000 pts pour les changements de corps et de discipline. Pour ces cas vérifier l’ancienneté continue ancien poste + stage + poste actuel.

— Les bonif APV et RRS.

— Les bonif TZR sur vœu géo et sur vœu dep (stabilisation).

— Les bonif agrégé selon le rang de vœu.

— Extension : EXT pour tous ceux qui doivent avoir l’extensions, les T (titulaire) entrant ou en réintégration non conditionnelle et les S (stagiaire).

— Les  points sur vœu dep : 1000 points de réintégration (vœu dep ou ZRD selon le poste, conditionnelle ou inconditionnelle dont EXT ou pas), séparation, vœu préférentiel, sportif de haut niveau, stabilisation TZR… 

• Repérer :

— Les demandes de priorité au titre du handicap : ceux qui l’ont (KM) et ceux qui ne l’ont pas (KMNP).

— Les retours de PACD et de congé parental.

— Les vœux sur postes spécifiques et noter les décisions du groupe de travail.

 

• Comparer le mauve avec le mauve et le rose de l’inter et les roses des années précédentes.

Pour les candidats que l’on retrouve de la /des année(s) précédente(s) vérifier l’ancienneté (en ajoutant 1 an !), l’échelon (un collègue peut avoir pris un échelon en un an mais pas deux, et ne peut pas en avoir perdu, c’est l’échelon au 31 août de l’année précédente sauf les reclassements au 1er septembre), la situation familiale, les cartes scolaires antérieures, les changements de corps, de discipline…

• Saisir les fiches syndicales.

Les comparer au mauve : en cas de différence téléphoner au collègue ou faire une fiche navette.

Faire la syndicalisation et la reporter au mauve.

• Rédiger les fiches navettes pour le Rectorat qui ne seront envoyées qu’à partir de lundi 19 mai.

 

Une fois que j'ai eu mis du crayon partout sur mon mauve, collé les 59 post-it des 59 fiches navettes, reporté les question sur un document excel, fait des tableaux concernant les points TZR des REA sur poste des TZR en MCS de 2013, listé les EXT arrivées avec RC à l'inter et l'ayant perdu à l'intra et donné le tout à Milou que le remettre aux chefs, je me suis penchée sur la LA.


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Contrairement à l'exercice précédent, c'est du sans barème complet, ou plutôt chacun croise ses critères, le problème c'est que l'IG et nous n'avons pas toujours les mêmes critères. Le dimanche avant de partir j'ai préparé mes petites fiches et j'ai googelisé tous les nommés des deux disciplines que j'avais en charge. Pas de lézard de ce côté-là (pas de pistons venus d'en haut…) mais le lézard global et habituel que j'ai découvert à fur et à mesure des dossiers : un max de chargés de mission, aspirants IA-IPR, plutôt jeunes en regard de l'exercice (moins de 50 ans) puisqu'ils cherchent une deuxième carrière, brûlant la politesses aux vieux qui attendent après une carrière bien remplie et en voie d'achèvement.

Partie à  l'aurore d'Aix le lundi, j'ai passé deux jours à lire mes 200 dossiers de littérature incipide pleine de "dévouement", "loyauté", "la joie de faire ceci et celà", "expérience enrichissante" (ça ce sont les débuts de leur carrière en ZEP, dans le nord ou en zone rurale profonde), puis 3 jours dans une salle surchauffée et sans fenêtre à faire les marchands de tapis avec des IG et l'administration. Trois d'entre eux montent sur le podium des IG bornés aux propositions inacceptables ; j'avais l'un d'entre eux en charge et il a fait un bougé après une longue lutte et démonstration.

je suis rentrée vendredi soir essorée. Mais parfois on a des récompenses. J'ai reçu hier matin dans ma boite électronique le message suivant d'une collègue nommée :


Chère Nadine,
Je tiens a te remercier très chaleureusement pour ton soutien et ton aide si précieuse.
J'attends avec impatience l'officialisation de cette promotion qui, je l'espère, ne tardera pas, pour fêter ça avec toi et les collègues.

 

Puis à la réponse que je lui ai faite :


Nadine,
Je suis émue aux larmes par ce que je viens de lire.
Ma plus belle récompense aujourd'hui est d'avoir été reconnue pour le travail que j'ai accompli.

 

Pour quelqu'un assoiffée de reconnaissance comme moi, vous pouvez imaginer que ça permet de se dire qu'on ne sert pas à rien.

 


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Les textes du congrès

Publié le 13 Avril 2014 par Nadine dans Réflexions profondes

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Vous savez depuis la semaine dernière que j'ai vu le congrès national du SNES mais que je ne l'ai pas écouté. D'ailleurs je suis encore en train de trier les 1000 et quelques photos pour répondre à la demande, tout en triant les fichiers de hors-classe en vue de la CAPA. N'ayant rien écouté du congrès, je suis incapable de vous résumer les débats, ni savoir ce que mon S3 a pu faire passer comme belles et bonnes motions. Mais comme ce blog est le blog narcissique de moi-même, et que ma soif de reconnaissance est inextinguible, je profite de cet article pour signaler qu'un texte du S3 est passé dans le texte national en entier, sans discussion, ni en commission, ni en pleinière, et a donc été adopté sans coup férir, et que ce texte est de ma pomme. Bon, c'est une motion du texte Solidarité Internationale, le truc que personne ne lit et qui ne sert à rien, mais c'est intégré : je me rappelle que le SNES avait demandé le boycott des JO de Pékin, l'arrêt de la colonisation en Palestine, la fin de la Françafrique etc…

Voilà donc mon texte, rédigé par ailleurs dans un canapé à New York, un lendemain de bringue à Harlem, en revenant d'Haïti :


 

4. Droit à l'éducation en Haïti, le grand recul

Le président Martelly avait fait de l’éducation une de ses priorités dans son programme électoral en 2010. Dès 2011, il a lancé PSUGO, un programme de financement d’écoles avec des fonds prélevés sur les transferts et les appels téléphoniques : en bref une taxation de la diaspora pour financer l’enseignement privé sans contrôle de la qualité de l’enseignement, des contenus, de la formation des maîtres. Aujourd’hui, ce programme dans sa troisième année a montré non seulement ses limites, mais aussi ses effets pervers : 121 établissements scolaires sur les 500 financés sont en situation irrégulière flagrante pour détournement de fonds. Le système a alimenté la corruption et a fait reculer encore la qualité de l’enseignement en Haïti, déjà en grande difficulté...

Il a renforcé le poids de l’enseignement privé, y compris et surtout celui des écoles « borlette », ces écoles où enseignent des mîtres sans formation et parfois sans salaires. L’Unnoh (Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens), a qualifié ce projet de loi de « crime social ».

Le SNES soutient les collègues haïtiens qui ont été de nombreuses fois dans l’action, grèves et manifestations, pour réclamer une politique ambitieuse en matière d’éducation. Il soutient les syndicats haïtiens qui revendiquent un salaire minimum décent, une modernisation des centres scolaires, une formation des maîtres de qualité, la priorité donnée à l’enseignement public, et un contrôle strict de l’enseignement privé.

 

Et toujours au chapitre international, voici un aperçu de nos invités internationaux que j'ai accompagné un peu, et même beaucoup, et avec lesquels j'ai eu d'excellents moments : pas d'Haïtien à mon grand regret, mais plein de camarades sympathiques, Congolais (RDC), Japonais, Portugais, Espagnols, Turcs, Anglais, Tunisiens, Marocains, Brésiliens, Italiens, Palestiniens, Grecs, et même Hongrois, et j'en oublie. La mondialisation des luttes, c'est  bien, et même mieux que de belles et bonnes motions de congrès.

 


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Congrès national à Marseille (bis)

Publié le 6 Avril 2014 par Nadine dans Réflexions profondes

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Je ne sais pas si je vais écrire "Ouf ! "comme il y a 7 ans, ou "Snif !" cette-fois-ci. Un congrès c'est épuisant, mais aussi exaltant, excitant, une sorte de grande colo à 600 où on se voit presque 16 heures par jour dans un lieu clos. Et ce sont tous des camarades, au sens syndical, mais souvent aussi au sens amical. Et c'est donc avec la fin d'un congrès la redescente d'adrénaline mais aussi un côté petit deuil de la fin d'une chouette aventure.

J'étais encore une fois au meilleur poste. Du moins celui que je préfère : les photos. C'est le poste qui vous permet d'aller partout, et sauter sur les tables, de vous assoir où vous voulez, de passer devant et derrière la tribune, d'aller dans les coulisse, de trainer sur la terrasse au prétexte que la lumière y est meilleure. En plus tout le monde vous sourit, et s'il ne souriaient pas, je leur faisait dire pastis, olives, chips, pour qu'ils le fassent. Le tout sans être obligée de suivre les débats puisqu'il est difficile de se concentrer sur le visuel tout en restant à l'écoute. J'étais donc là et j'ai tout raté. Ce n'est pas grave. Les camarades de l'US avaient l'air content de mon travail, ceux de FTS m'ont comblée de remerciements (et vous connaissez ma soif de reconnaissance), si ce n'est mérité, cela avait l'air sincère.

Je vous tiens au courant plus tard des meilleurs moment, non pas du congrès, mais de mon congrès. Et je vous offre les seules photos où je figure : un photographe par essence n'est pas pris en photos (c'est même un bon moyen de fuir les photos), tandis qu'une blogeuse est forcément narcissique (sur celle du haut une partie des 120 bénévoles du S3 d'Aix-Marseille).


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Salut camarade ! (à un camarade sud-africain)

Publié le 6 Décembre 2013 par Nadine dans Réflexions profondes

Mandela.jpgJe me souviens du début des années 1980, où la seule image de Nelson Mandela était un pochoir, à peu près celui-ci, un homme barbu, sans âge, de toutes façons depuis si longtemps en prison que les seules images que nous en avions dataient de vingt ans auparavant. D'ailleurs quand le vrai Mandela est sorti en 1990 — je me souviens de l'avoir regardé en direct — ça nous a fait un choc, il ne ressemblait que vaguement à la seule image que nous avions de lui.

Je me souviens aussi que très peu de gens savaient alors qui il était, un truc confidentiel un peu comme Mumia Abu Jamal aujourd'hui, et puis de toutes façons quand on disait ANC on passait pour des dangereux communistes. C'était d'ailleurs un peu vrai, parce c'était surtout entre communistes qu'on soutenait la lutte de l'ANC, et parce qu'en fait l'ANC c'était pas mal aussi des communistes, Mandela y compris (Dans la photo ci-contre, merci Aurélien, Nelson Rolihlahla Mandela et Yossel Mashel Slovo, leader du Parti communiste sud-africain (South African Communist Party, SACP), et membre du Congrès national africain (African National Congress, ANC).

Puis au milieu des années 1980, Mandela est devenu un thème de chansons, de festival et la détente aidant, la chute du mur et  tout ce que l'apartheid avait d'odieux mis enfin en avant, Mandela est sorti, l'apartheid a été démantelé et vous connaissez la suite.995568_10202788901862593_343551217_n.jpg

Le grand homme a déjà été statufié de son vivant : des rues, des places, des salles ont été baptisées de son nom, des films sur sa vie etc… Un concert de louanges est déversé dans les medias et elles sont toutes méritées. Mais j'aimerais aussi qu'on se rappelle que Mandela n'a pas été que un martyr, une victime emprisonnée, puis un président presque consensuel parce qu'il avait le sens de la realpolitik. J'aimerais qu'on se rappelle que Mandela a été un combattant et qu'il n'a pas toujours été en odeur de sainteté dans les médias et dans les cénacles politiques de nos pays puissants et bien pensants. La lutte pour la liberté et contre les injustices ça dérange  : l'apartheid était le fils maudit d'une décolonisation mal faite (comme toutes les décolonisations) et d'une Guerre Froide qui battait son plein.

Aujourd'hui la France qui est passée de l'Empire colonial à la Françafrique envoie ses soldats en Centrafrique pour rétablir l'ordre (hier c'était l'Afrique du Sud en Angola). Aujourd'hui ceux qui critiquent la politique Israélienne, qui, avec ses murs de sécurité a récrée des bantoustan, se font immédiatement traiter d'antisémites (hier c'était parce que les Africaans avaient défriché et mis en valeur cette terre). Aujourd'hui ceux qui militient pour Mumia Abu Jamal se font expliquer qu'il est peut-être au fond coupable (après tout Mandela était aussi coupable, c'était un combattant). Aujourd'hui ceux qui dénoncent les discriminations contre les migrants se font renvoyer dans les cordes sous prétexte que l'économie commande (hier c'était parce que l'économie blanche en Afrique du Sud avait batti ce pays). Pour le reste écoutez les paroles de la chansons ci-dessous.

La lutte continue camarade Madiba. Contre toutes les discriminations (je pense ici très fort aux migrants haïtiens en République Dominicaine). Contre tous les racismes. Et d'ailleurs, on ne l'a pas fait aixprès :

MARCHONS CONTRE LE RACISME
Samedi 7 décembre 2013
Rendez-vous : 14 h 30 haut du Cours Mirabeau
Aix-en-Provence

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Remettre la question du travail au centre des débats

Publié le 11 Novembre 2013 par Nadine dans Réflexions profondes

affiche-rivages-1375100482-31252Il y a en ce moment aux archives départementales des Bouches du Rhônes, sur les deux sites Aix et Marseille, une exposition intitulée Marseille Provence, rivages des produits du monde et des ouvriers d'ailleurs. Je suis allée samedi voir le volet aixois sur les ouvriers d'ailleurs. Petite expo, mais très chouette que je vous conseille d'aller voir, en plus on ne se bouscule pas : j'étais seule (en plus c'est gratos et on vous donne de la doc).

Ce genre d'expo permet de remettre certaines pendules à l'heure : on y voit des ouvriers immigrés qui font les sales boulots, mal payés, qui logent dans des logements pourris, voire des bidonvilles. On voit aussi la construction des luttes au sein des organisations de travailleurs, que ce soient des syndicats ou des associations d'originaires, ce qui n'est pas incompatible. On voit enfin les lieux de sociabilité y compris la religion, mais aussi le bistrot ou les amicales sportives. Evidellement aussi des rapports de police douteux et des journaux racistes : la connerie est éternelle. Et au total de tout cela ? Et bien que l'on arrête de nous bassiner ! Pourquoi ?

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Disons-le une bonne fois pour toutes : les immigrés, ni ne viennent manger le pain des Français, ni n'amènent la misère. Les immigrés amènent de la richesse là où ils viennent parce qu'ils amènent leur force de travail qui génère de la plus-value. D'ailleurs, en général, le patron ne fait pas cadeau d'un boulot à celui qui l'emploie, il entre dans un rapport contractuel avec lui et doit partager la plus-value générée par le travail : c'est d'ailleurs ce partage qui pose problème depuis un petit moment.

Une fois ce préalable posé, c'est-à-dire de comprendre que l'immigré nous enrichit, on évitera de lui chercher des poux : oui l'immigré est différent et donc fait des trucs différents. Et alors ? Et si évitait de les stigmatiser, peut-être auraient-ils moins la tentation d'exhiber ce pour quoi on les stigmatise : les filles enfoulardées jusqu'aux yeux, dans une ostentation dévote finalement plus ridicule qu'autre chose, nous renvoient aux catégories que la société française a elle-même créées.

C'est avec émotion que j'ai vu ou revu des documents d'un autre temps, ceux des organisations de lutte qui intégraient sans complexe la dimension migratoire dans leurs communication ; où la question du travail était centrale dans l'activité revendicative. Sans vouloir revenir à un bon vieux temps qui n'a jamais existé — ces années 1950-1980 ce sont aussi les bidonvilles, les cités d'urgence, les chantiers cracra pour les bougnoules — je ne peux m'empêcher de penser que le discours était juste puisqu'il plaçait bien en son centre l'égalité de tous, la dignité dans le travail, et la juste rémunération du travail.

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Le Corbusier pas tant dans le brutalisme

Publié le 3 Novembre 2013 par Nadine dans Réflexions profondes

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Le Corbusier a laissé un profonde trace à Marseille où on l'appelle pas tellement le fada contrairement à la légende mais plutôt le Corbu pour designer l'unité d'habitation la Cité Radieuse du boulevard Michelet. Marseille étant cette année LA capitale de l'Europe, on se devait donc d'honorer la mémoire du grand architecte avec une expo : elle a lieu au J1 jusqu'au 22 décembre et je vous conseille non seulement d'y aller, mais de prévoir du temps, car, nous, en trois heures, on n'a pas pu tout voir ce qu'on voulait voir, c'est-à-dire les diaporamas, les vidéos, les lettres, les plans, les maquettes et aussi les peintures et scuptures du maître qui s'adonnait à tous les arts (dans ceux-là on voit qu'il était pote avec Picasso, Fernand Leger et Miro).

On a beaucoup attribué au Corbusier sur l'usage du béton par kilomètres comme la France en a beaucoup fait des années 1950 à 1970. Le terme brutalisme qui donne son titre à l'exposition vient de brut dans béton brut et non de brute épaisse dans une tour anonyme. On reste admiratif des inventions architecturales, de la modernité exhaltée, du souci du détail. On ne regrette pas cependant que certaines de ses réalisation urbanistiques n'aient pas vu le jour comme cette tour géante dans la baie d'Alger. A côté du grandiose de certaines réalisations, on remarque aussi l'attention dans l'art de vivre : les aménagements à la cité radieuse et aussi le cabanon au Cap-Martin, un tout en un dans 9 m2 rationnels.

Quant au congrès du CIAM (Congrès Internationale d'Architecture Moderne) sur un paquebot entre Athènes et Marseille en jullet 1933, là je suis carrément jalouse : mon syndicat préféré fait son congrès à Marseille en mars prochain, et on n'a même pas osé le faire sur le Danielle Casanova ! Pourtant ça aurait été tellement plus chouette que le parc Chanot horreur en béton même pas du Corbusier !

 

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