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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Au pays de la danse (Mama Africa)

Publié le 26 Février 2015 par Nadine

 

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Je vous entretenais il y a douze jours de l'omniprésence de musique à Kin la Belle ; c'était oublier la moitié de la musique : je veux dire ici la danse. Car la musique Congolaise — "la plus belle musique du monde" comme je l'ai affirmé à un chauffeur de taxi kinois qui écoutait de la variété chinoise sur la radio chinoise, pour qu'il arrête le massacre auditif — est évidemment une musique de danse. Il ne faut pas longtemps de percussions, accompagnées de la douce guitare de la rumba, pour que tout Congolais se lève, esquisse quelques pas de danse et trémousse ses hanches. Il n'y a pas d'âge pour le faire : mieux que Tintin qui, revenu du Congo alors qu'il n'y a d'ailleurs même pas dansé, ne s'adresse qu'aux 7 à 77 ans, la danse se pratique dès que les enfants marchent et… ne s'arrête jamais. On se demande même si lors de ces deuils si bruyants, les morts eux-mêmes ne se trémoussent pas dans leur cercueil !

Moi qui aime aussi me trémousser, j'ai fait l'admiration des mamans par mon déhanché chaloupé. Je pense que c'était très honorable pour une mundele, une blanche, mais je fais assez pale figure à côté de Hercule, le fils d'Augustin, de ses voisines et des filles de maman Valentine. Envoyez la musique !

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Bonne année de la chèvre

Publié le 20 Février 2015 par Nadine

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C'était cette semaine la cinquième semaine d'affilée durant laquelle je suis montée travailler à Paris comme élue des personnels : le syndicat et la DGRH du ministère se trouvent dans le 13e, en plein cœur de Chinatown. J'ai loué un appartement aux Olympiades, c'est dire si j'étais bien placée pour le Nouvel An chinois.

Depuis deux semaines, et comme chaque année, les sinistres avenues d'Ivry et de Choisy pavoisent en rouge sous le haut patronage des frères Tang et de la mairie du 13e (aucune bonne âme laïque n'y trouge à redire, mais bon). Jeudi, jour de la fête du Têt, c'était grande démonstration de pétard et de dragon dans tout le quartier, animé par les associations d'originaires avec force tambours et gongs.

 

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Je n'ai pas pu profiter totalement du spectacle sous le soleil parisien parce que j'ai dû reprendre le train assez tôt pour rentrer. Mais le nouvel an a continué chez moi sous la forme d'un paquet : il m'attendait dans la boîte aux lettres et était arrivé de Hong Kong quelques jours plus tôt. C'étaient les locataires du mois de juillet qui tenaient à nous souhaiter leurs meilleurs vœux, nous c'est-à-dire Neel et moi-même, mais surtout Fripouille qui leur avait fait des papouilles pendant une semaine. Ils avaient donc envoyé de la sauce soja, des porte-clefs avec des formules de bonheur/prospérité et surtout une série de boites de pet food pour le chat, accompagné d'une gentille carte heureusement écrite en anglais.

 

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Je leur ai donc préparé un paquet à leur envoyer avec savon de Marseille et extrait de lavande car chacun sait que les Chinois sont fous de la lavande et de Valensole depuis le feuilleton Dreams Link succès des années 2007 et 2008 dans l'Empire du Milieu.

Pas besoin d'envoyer des croquettes à Fripouille pour que je vous souhaite à tous une très bonne année de la Chèvre !

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Au pays de la musique (Mama Africa)

Publié le 14 Février 2015 par Nadine

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A Kin la belle la musique est partout : dans la rue, dans les maisons, sur les parcelles, dans les véhicules, le jour, la nuit. Mieux que NYC, la ville ne dort jamais, surtout la nuit : la ville bruisse des concerts dans les lieux les plus improbables (l'échangeur de Limete par exemple), les deuils auxquels sont invités des centaines de personnes et où résonnent les fanfares et les sonos. Et puis surtout le son de la prière qui n'est ni discrète, ni intime : elle se braille dans les haut parleurs, dans les stades, dans les cases de béton, elle se chante surtout.

Les peuples de la diaspora noire aux Amériques pensent que leur musique est arrivée d'Afrique, sortie des bateaux toute faite. Les Congolais savent bien eux, que leur musique "authentique" est déjà une musique hybride : ce ne sont pas les Caraïbes qui sont africaines, c'est l'Afrique centrale qui est caribéenne. Depuis les années 1920 et 30 les artistes cubains ont amené leurs rythmes, leur cuivres, leurs déhanchements. Les tamtam (on dit tamtam au Congo) avaient fait le passage du milieu pour faire danser les captifs sur le pont, ils ont rencontré les traditions européennes au nouveau Monde et ont ramené le tout de l'autre côté de l'Atlantique.

Pendant ce temps les pères belges ont éduqué des générations d'enfants de chœur à chanter la louange du Dieu blanc avec des vois d'anges noirs. Puis le jazz, le rock'n'roll, le rythm'n'blues, et surtout le génie créatif de Mama Africa a fait le reste. La rumba congolaise est à la fois la musique la plus métissée et la plus authentique qu'il soit. Elle a produit des génies comme Franco, elle est toujours vivante et toujours poreuse aux influences mondiales. Werasson aujourd'hui utilise le rap et le zouk comme Tabu Ley hier utilisait hier le free jazz et le rock.

Je n'ai pas enregistré le bordel nocturne des deuils et des prières, toutes les nuits à côté du centre Liloba où je logeait. Je suis par contre allée à la messe et au concert. La messe était à Notre Dame d'Afrique. C'était la troisième messe de la matinée, en français, pleine à craquer comme les précédentes qui étaient en lingala. Dans cette paroisse de quartier, les chœur étaient d'une qualité extraordinaire. J'ai vu trois concerts en 8 jours. Celui-ci était à Ndjili. Le Bana Ok est un descendant du grand OK Jazz de Franco. C'est Lutumba Simaro, aujourd'hui 76 ans, qui est patron de l'orchestre. Il n'était pas sur scène, mais l'esprit de la grande rumba congolaise était bien là. Comme j'avais payé pour tout le monde en dollar, j'ai eu droit à de multiples dédicaces au milieu des chansons. j'ai surtout apprécié la musique divinement exécutée.

 

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Marronnages

Publié le 10 Février 2015 par Nadine

Comme chaque année, vous avez droit à un article sur nos exploits en marronnage (traduction ici). Cette année peu de neige mais avec le froid la poudre tombée peu de temps auparavant était parfaite du côté de la Grande Séolane (du côté de la noire des œufs un peu trop soufflée croûtée) : plus que de longs discours, voici des photos et une vidéo prise sur le vif. On remonte dans deux semaines, ce week-end c'était juste une mise en bouche.

Malgré les apparences, les deux enfants ne sont pas transformés en djihadistes masqués. Mais quand ils skient et surfent, c'est de la bombe !

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Merci aux mamans

Publié le 1 Février 2015 par Nadine

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Après un détour avant-hier du côté des aventures félines de la Villa Dimanches, retour à mon compte-rendu de voyage en RDC. J'ai remercié en priorité Bijou, mais les remerciements qui viennent juste après s'adressent aux mamans. En français du Congo, on appelle "maman" les dames et "papa" les messieurs. Et ce "maman" s'entend avec respect et tendresse ; c'est sous ces deux qualités, auxquelles je rajoute l'admiration que je consacre ce post de blog aux mamans de Kinshasa.

J'ai passé la semaine à parcourir Kinshasa dans tous les sens, dans tous ses quartiers pour honorer les invitations des mamans du syndicat, les camarades comme dit en RDC. Chacune avait tenu à m'inviter et chacune s'est mise en quatre pour bien me recevoir : maisons coquettes, table variée et fournie, élégance de chacun et surtout de chacune, l'Afrique de l'accueil était là. Pourtant je sais que les enseignants et surtout les enseignantes ne touchent pas de gros salaires, elles ne vivent pas dans les quartiers les plus chics de la capitale ; c'est cela que j'ai le plus apprécié, allez chez des Kinois normaux, voir la vie normale, pas celle que les experts internationaux évaluent derrière les vitres fumées de leurs 4X4 climatisés.

Outre la cuisine délicieuse et généreuse (prochainement dans ce blog !) j'ai découvert des femmes qui reçoivent avec le sourire même si parfois l'électricité est coupée depuis une semaine. Qui élèvent une nombreuse progéniture — six est un nombre courant — en les amenant tous aux études supérieures. Des héroïnes du quotidien, qui, comme les vraies héroïnes, sont pétries de modestie.

Alors, merci maman Valentine, maman Odette, maman Yvette, maman Marianne, maman Marie, maman Berthe, maman Zino, maman Annie, maman Yvonne et toutes les autres que j'oublie.

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