Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Capital culturel, capital social

Publié le 29 Février 2008 par Nadine dans Les blogueurs et leurs enfants

Ces deux richesses comptent autant que la richesse tout court. Démonstration :

Inscrire Neel à l’école
Depuis Haïti, j’ai envoyé un courrier électronique à Michelle, instit à la retraite, qui connaît tout le monde dans toutes les écoles d’Aix. Elle a contacté le directeur d’école et l’IEN. Ce qui fait qu’en arrivant j’ai eu un rendez-vous immédiat avec le directeur et l’avis circonstancié de l’IEN (qui par ailleurs connaissait mon père) sur la classe où il fallait le scolariser, dans l'école du quartier. Et quand il y a fallu accélérer la démarche à la mairie, un petit coup de fil a suffit.

Faire le contrôle technique de Neel
Là encore, comment faire avec du capital social ? Téléphoner à son beau-père qui fait dans la médecine, pour connaître l’adresse d’un pédiatre recommandé. S’adresser toujours au même beau-père quand il s’agit d’avoir en urgence une ordonnance pour faire vacciner l’enfant de toute urgence pour l’inscription à l’école et arriver chez le pédiatre avec déjà le vaccin dans le sac.

Neel fait du vélo et du skate-board
Encore une fois, rien ne vaut les professionnels. Je suis donc allée chez JJ, prof d’EPS à la retraite dont le jardin dispose de vélos en abondance et de pistes de skate. Très pro, JJ a avancé des outils pédagogiques avancés, à savoir un vélo à la bonne taille, et surtout pas de roulettes sur les côtés. Neel a catégoriquement refusé le tricycle (fait pas déconner, c’est un grand, comme Félix qui sait déjà pédaler !). José penchait plutôt pour le vélo de grande taille histoire que l’enfant trouve des ressources d’apprentissage différentes. Neel a fait presque quatre heures de vélo mercredi, sait maintenant presque pédaler et avoir l’équilibre, et s’est pris des dizaines de gadins en rigolant. Le vélo fait maintenant partie de ses grands top existentiels.

Neel apprend à lire
Neel connaît les lettres, sans plus. La méthode syllabique a été un échec total à Haïti. Nous sommes passés à la méthode globale à la maison, en attendant l’école lundi matin. Sur la photo, vous le voyez en train de replacer des mots sur des dessins et donc de reconnaître ces mots, entre autres exercices fait une à deux heures par jour à la maison. Voyez à la mine de cet enfant combien les apprentissages sont amusants. C’est ça aussi le capital culturel : rendre tout jeu éducatif et tout acte éducatif un jeu.


Qu’en pense le parrain ? As-tu trouvé une édition jeunesse du Fou d’Elsa pour ton filleul ?



commentaires

Foto Ayiti anpil

Publié le 27 Février 2008 par Nadine dans Haïti


Sur cette affiche qui se trouvait à l'aéroport, le titre dit "dire que ce pays a une chance, fais qu'Haïti change" : je vous laisse trouver sur les côtés la liste des malheurs d'Haïti. C'est en créole, mais il suffit de lire à haute voix pour comprendre (allez-y c'est facile !). Les fatras sont des tas de gravas et d'ordure qui parsèment les rues, les ruelles et les égouts à ciel ouvert de Port-au-Prince. Je vous laisse les trouver sur les photos.
En cliquant sur ce lien, et en tapant le code nadine vous verrez :
La crèche à Port-au-Prince, Neel, ses copains et sa nounou.
Neel à la mer, à table à l’ambassade etc…
Neel qui prend l’avion et dans l’avion
Et aussi…
Les tap-tap décorés et autres véhicules
Des boutiques plus ou moins grandes
Pas mal d’inscriptions religieuses partout : sur les boutiques, les tap-tap, les murs…
Des gens endimanchés qui vont à la messe
Des vues de Port-au-Prince, de Pétion-ville et d’ailleurs
Des panneaux en créole
Des soldats népalais de la Minustah
Un coup à boire avec un rhum sec Cinq Etoiles
Une éclipse totale de lune
Et encore plein d’autres choses…
commentaires

Neel (suite, pas fin…)

Publié le 26 Février 2008 par Nadine dans Les blogueurs et leurs enfants

Effectivement Chico, atterrissage réussi en Terre Promise pour Neel depuis hier. Il découvre avec enthousiasme sa nouvelle vie, des nouveaux copains (Félix hier, Mathieu et Nico aujourd’hui) et bientôt plein d’autres puisqu’il a visité aujourd’hui son école sous la conduite du directeur. Cet après-midi c’était Mimi sa grand-mère, la deuxième ce sera jeudi avec les grand-pères. Et encore beaucoup d’autres choses, mais bientôt je vous ferais le best of Neel.
Puisque j’ai (enfin) retrouvé internet aujourd’hui, et que Neel s’est endormi après la lecture de Tintin au Congo, je fais le relais de l’article d’hier de mon compère. Neel a été très gâté depuis son arrivé, entre autres avec des tonnes d’habits venus de copains dont les enfants ont grandi dedans. Et aussi des jouets, camions, motos, animaux, etc… il commence à apprendre à lire en méthode globale malgré les recommandations de mon ministre, en collant des images ou en les dessinant et en écrivant leur nom à côté, de son écriture appliquée. Il lui manque maintenant des livres et entre autres :
L’album de coloriage Aragon, Dessine les Yeux d’Elsa
Jacques Lacan en bandes dessinées
Nathan Leibovitch expliqué aux enfants
George le Syncelle pour les petits
Promenade dans l’Empire byzantin

Aussi une poupée Nicolas S. On se charge de fournir les aiguilles au Voodoo child pour appliquer certaines recettes venues de son île. En plus la poupée Nicolas S. tient beaucoup moins de place dans la caisse à jouets que la poupée Carla B.
Bientôt en ligne les photos d’Haïti, de la crèche et de Neel sur les deux continents.
commentaires

Verbatim et Acta

Publié le 26 Février 2008 par Hervé dans Réflexions profondes

Dans le blog Nadoch, on se cultive toujours… Aujourd'hui, dans le même billet, une leçon de linguistique, une leçon de diplomatie, et du nouveau dans les aventures du petit Nicolas.

Il est une expression empruntée à l'anglais, qui lui-même l'avait prise au latin médiéval, qui est "Verbatim", et que l'on aurait tort de traduire par "à la lettre", justement, parce que contrairement à ce que laisse entendre cette ô combien piégée formule, "à la lettre" a la prétention d'indiquer indifféremment un discours, écrit ou oral, scrupuleusement reproduit à l'oral ou à l'écrit. Or, lorsqu'on reproduit à l'écrit un discours oral, "à la lettre" est mal venu, en particulier si le discours s'est retrouvé métamorphosé sous la plume d'un copiste zélé. Pour indiquer qu'une parole orale a été fidèlement retranscrite, mieux vaut donc lui apposer le cachet "Verbatim". C'est d'ailleurs sous ce titre qu'un ancien jeune cadre dynamique qui faisait jadis office de conseiller auprès d'un vieux Président de la République amateur de roses, bien des années avant de se transformer en vieux cadre avachi pondant naguère des rapports peu consensuels auprès d'un jeune Président de la République amateur de Rolex, c'est sous ce titre disais-je donc au début de cette longue phrase, que le dit scribe a publié les paroles prononcées par l'ancien Président. Vous remarquerez que dans ce cas de figure, le cachet "Verbatim" apposé par Jacques Attali n'engage pas grand-chose, puisque bien souvent il n'y eut pas de tiers pour vérifier l'authenticité des propos tenus et retranscrits : scripta manent, sed verba volant (même si le docteur Lacan jurait, lui, le contraire), sauf à l'ère de l'enregistrement tout autant protéiforme et numérique que sa diffusion, comme l'ont pu le vérifier il y a peu tous ceux d'entre nous qui n'avons pu nous rendre au dernier Salon de l'Agriculture.

Dans la culture universitaire, nous faisons semblant, souvent, de reproduire à l'écrit pour quelques poignées de lecteurs ce que nous avons prononcé devant une seule petite poignée d'auditeurs. Nous appelons ça des "Actes". À la différence des Actes des apôtres, les actes universitaires ne font rien d'autre que de retranscrire ce qu'en langage universitaire nous appelons des "communications". Il est vrai que souvent les universitaires se contentent de dire ce qu'ils ont écrit, parfois des semaines avant. Et il arrive même que des universitaires soumettent, lorsqu'ils proposent leur participation à un colloque, le texte écrit de leur communication dans le but de la faire accepter, de la même façon qu'il y a une vingtaine d'années encore, des journalistes de la télévision tchèque ou hongroise ou roumaine soumettaient à une puissance occulte le script de l'allocution spontanée qu'ils destinaient quelques heures plus tard à leurs compatriotes. Reste que nous savons bien, pour en revenir à l'Université française, qui elle est libre (et autonome, même, à present), que si le conférencier a été intéressant à l'oral, et s'il le reste à l'écrit, il faut forcément que l'écrit ne soit pas le verbatim exact de l'oral, étant donné qu'il ne s'agit pas vraiment de la même langue, qu'on ne s'adresse pas tout à fait au même public, et que les conditions de réception ne sont pas tout à fait les mêmes.
En diplomatie, cela peut aller plus loin, nous le savons, puisque les paroles seront actées différemment suivant les enjeux internationaux qu'elles peuvent impliquer. Vous vous rappelez certainement l'éclat de rire qui nous prend régulièrement dans Le Dictateur de Chaplin lorsque, après que Hinkel a écucté, soufflé, vomi pendant quelques minutes sur ses micros, l'interprète suave résume sobrement : "Notre Président vient de de donner son avis sur les Juifs".
Mais la réalité est du même ordre, souvent : c'est ainsi qu'on apprend, dans le Marianne de cette semaine, comment Mao-Tse-Toung avait déclaré à Henry Kissinger, lors d'un entretien au sommet : "[…] et si je vous envoyais 10 millions de chinoises ? Ca les empêcherait de se reproduire comme des lapines ici, et ça ferait un désastre chez vous". Kissinger promit alors, paraît-il, que ces propos seraient expurgés des comptes rendus de l'entretien. La preuve que non : l'ouverture des archives américaines de 1973 a permis de mettre au jour un entretien "verbatim", justement.

L'ennui, quand on veut que, pour des raisons disons diplomatiques, que les "Acta" ne soient pas trop "Verbatim", en particulier sur des points sensibles, c'est qu'il ne faut pas en ce cas qu'il y ait beaucoup de témoins des "Verbatim". Ou tout au moins faut-il miser sur la bienveillance des dits témoins. Ce n'est pas toujours le cas. C'est bien pourquoi les lecteurs du Parisien ont à juste titre protesté quand le compte rendu officiel livré par les services de l'Elysée de la rencontre de Nicolas S., Président en France, avec les lecteurs du dit journal, français eux aussi, a mentionné que Sarkozy leur a dit : "J'aurais mieux fait de ne pas lui répondre." Tollé général : non seulement Le Parisien reprend ce mensonge, qui avait pour sujet un vague fait divers que tout le monde a oublié depuis, et qui s'était produit lors d'une cohue au Salon de l'Agriculture, mais en plus le dit mensonge est relayé par toutes les grandes chaînes d'information. Sommé de s'expliquer, le directeur du Parisien a produit l'explication suivante :
"A l'origine, a expliqué Dominique de Montvalon, le Président a répondu sur le thème « Je persiste et signe ». En gros il nous a dit : Un Sarkozy quand on le cherche on le trouve que ce soit à l'école ou à l'Elysée. Quand on veut pas me serrer la main pourquoi se mettre sur mon chemin. La phrase ajoutée marque un changement de ton. Au cours de la journée l'Elysée a pris la mesure de l'impact de ce qui s'était passé et nous avons récupéré la version finale de l'interview le soir très tard juste avant de boucler le journal. La phrase est devenue le titre parce qu'elle est forte."

Ôtez-moi d'un doute : c'est bien Chirac qu'on appelait Supermenteur ?


Hervé
commentaires

Atterrissage réussi

Publié le 25 Février 2008 par Hervé dans Les blogueurs et leurs enfants

Ils partirent à deux. Mais par un prompt renfort, ils se virent au moins trois en revenant au port.
Neel est donc bien arrivé , tôt ce lundi matin à la villa Dimanches.
En tant que parrain, je prends le clavier pour me faire le porte-parole de la mère isolée du monde et privée d'Internet pour une durée inconnue :

à ce titre, je vous signale que la famille de Neel est joignable au numéro habituel, mais laissez-les souffler, Nadine a plein de lessive à éponger...
à ce titre (surtout), je transmets les vœux de Nadine pour les cadeaux, présents… à venir :

PAS DE JOUETS À PILE
(car chacun sait que c'est avec les jouets à pile qu'on perd la face le plus souvent)

PAS D'ARMES
(Edith Piaf réclamait d'ailleurs la même chose dans une chanson devenue célèbre, dont le refrain était "Pas d'armes, pas d'armes, pas d'armes…")

MAIS :
des Lego, des Playmobil, tant que vous voulez.

Et si vous y tenez, aussi :

- des trains électriques,
- un billard électrique,
-un billard américain,
-un billard français,
- un abonnement à Pif-Gadget nouvelle formule,
- les œuvres complètes d'Aragon,
- les œuvres complètes de Lacan,
- La Cause des parents, du célèbre gérontopsychiatre Nathan Lébovitch, traduit de l'américain par Ross Enberg et dan Enbaum.
- Pourquoi j'ai mangé mon père, de Roy Lewis,
- Comment j'ai gavé ma mère, de Nicolas S.
- Maman, j'ai retréci mon mari, comment je fais ?, de Carla B.


Hervé
commentaires

Dernier jeu-concours avant atterrissage

Publié le 24 Février 2008 par Hervé dans Réflexions profondes

En attendant que l'avion de la Lopez Line atterrisse, et avant de se coucher, car demain reprend le chemin de l'école, voici un dernier jeu concours, avec juste trois questions, pour permettre à Nadine et à Bernard de se retremper les pieds dans l'eau fraîche de l'actualité.

1ère question.
Voici quatre listes de noms appartenant au matériel pédagogique de base dans le nouveau programme des classes du primaire applicable en 2009. Parmi ces quatre listes, des intrus se sont glissés. Lesquels ?

A. Laurent Fabius. Raphael Enthoven. Nicolas Sarkozy.
B. Rouget de Lisle. Alfred Dreyfus. Jacques Prévert. Aragon.
C. Madame de la Fayette. Guy Mocquet. Carla Bruni.
D. Nathan Lebovitch. Groucho Marx. Daniel Cohn-Bendit. Dominique Strauss-Kahn.


2ème question. Suivez-vous l'actualité ? Si oui : voici la même information sondagière présentée sur le Web par un quotidien communiste,L'Humanité, et par un quotidien qui ne pratique pas l'opposition systématique, Le Figaro. Trouvez lequel des deux est Le Figaro.

a) Selon la dernière enquête CSA, pour le Parisien, dimanche, 64 % des Français estiment que Nicolas Sarkozy n’apporte pas de solutions à leurs problèmes (+ 18 points depuis janvier).
b) François Fillon devance Nicolas Sarkozy de 19 points.

(Authentique)


3ème question, pédagogique, celle-ci, pour  les enseignants qui sont nombreux à lire ce blog :

Un enseignant de classe de sixième cherche , pour son cours de morale et d'instruction civique, remis à l'honneur dans les programmes à venir, du matériel pédagogique susceptible d'inciter les apprenants à savoir distinguer le respect et l'irrespect. Il a le choix entre :
a) Une adaptation télévisée d'Ubu Roi d'Alfred Jarry,
b) Une émission de Laurent Ruquier,
c) Un documentaire sur la visite du chef de l'Etat au Salon de l'Agriculture.

Quel document permettra le mieux, selon vous, l'enseignant à apprendre aux apprenants à apprendre par eux-mêmes ce qu'il faut faire et dire, tout en restant placés au centre du système scolaire ?

Bonne rentrée à tous,

Hervé

PS : J'embrasse même les filles, cette fois…
commentaires

Mais tais-toi, bon Dieu !

Publié le 24 Février 2008 par Hervé dans Réflexions profondes

Ce rêve-là, on l'a tous fait, pas vrai ? Excédés par le nombre d'ahurissements causés par le propriétaire actuel de l'Elysée (car le terme de "locataire" est lui aussi, soudain, devenu obsolète), ses conseillers spéciaux en stratégies diverses, lieux communs de gauche (Guaino) et lieux communs de droite (Guéant), finissent par lui demander, à l'approche des municipales, de se la boucler quelque temps, le temps que l'accélération de la vitesse de la chute dans les sondages se ralentisse même si elle ne parvient pas à se stabiliser du premier coup. Le rêve, quoi… on s'imaginait déjà trois jours de lecture des journaux et autres News avec seulement les dernières aventures de Rachida Dati la ministre sexy de Sarkozy, Valérie Pécresse la ministre mignonne de Sarkozy, Jean le fils de Sarkozy, Cécilia ex-Sarkozy, l'UMP de Sarkozy, les candidats aux municipales de Sarkozy… mais plus  de Nicolas Sarkozy pour trois jours, le temps qu'on parle d'autre chose. Et puis c'était futé de la part des conseillers du Président : tout d'un coup, Sarkozy se tait, et ça, en soi, ça crée l'événement à tel point que tout le monde se remet à parler de lui rien que pour se demander pourquoi il se tait, pourquoi il s'est tu... Pierre Mendès-France a fait la dernière moitié de sa carrière uniquement là-dessus, c'est dire si ça marche. Michel Rocard a même essayé de le copier, mais ça n'a pas marché, allez savoir pourquoi. Du coup, plus personne ne sait qui est Rocard, et même certains jeunes croient que Rocard est le concurrent de Doval et de Pernid, les autres célèbres marques de pastis, mais je m'égare…
Et puis, tout d'un coup, le rêve risquait de muer au cauchemar, avouez-le, nous y avons tous pensé aussi. Mais alors, mais alors, nous sommes-nous dit dans notre marmite à faire bouillir des idées profondes et percutantes, mais alors si les conseillers de Sarkozy lui conseillent de nous foutre la paix et d'arrêter de dire des conneries ahurissantes à chaque fois qu'il l'ouvre, il risque de remonter dans les sondages ? Pire même, il risque d'aider, par son mutisme, son propre camp à gagner la bataille des municipales, à faire dévisser Delanoë et à faire rempiler Gaudin ? Horreur absolue…

Entre rêve et cauchemar, la vie choisit souvent Ubu…

Apparemment, le petit Nicolas a effectivement été conseillé, puisqu'on ne l'a plus entendu pendant quarante-huit heures. Apparemment, il a bien écouté ses conseillers, puisqu'il est allé au Salon de l'Agriculture. Faire comme Chirac, quoi. C'est en effet Chirac qui a initié "le Président qui serre des mains partout, touche le cul des vaches, boit et s'empifffre à chaque stand en disant que c'est bien bon". Il savait pourquoi il faisait ça, Chirac. Il avait bonne mémoire. C'est bien depuis son passage à l'Agriculture que "paysan" et "chiraquien" ont presque failli devenir synonymes en province. Et il s'en est rappelé, Chirac, quand il est devenu Président. Et cette façon qu'il avait toujours de répondre comme s'il connaissait vraiment la question, comme s'il était vraiment concerné par les préoccupations de ses interlocuteurs. Et il savait bien, Chirac, qu'il ait lu ou non le Talmud, que la meilleure réponse à fournir à des interlocuteurs est encore de leur offrir des questions, des vraies, des concernées, des spécialistes. Un dialoque au Salon de l'Agriculture avec Chirac, c'était toujours du type :

Paysan : "J'ai dû faire installer une nouvelle douche pour ma vache."
Président : "De combien de mètres carrés ?"

Bref, tout cela pour vous dire que le petit Nicolas a été bien conseillé : il est allé visiter son vivier, pour conforter sa cote de popularité auprès d'un électorat qui lui était de toute façon acquis.

Je ne reviens rapidement sur l'événement que pour les improbables ceusses d'entre vous qui auraient pu être ces derniers temps à une latitude bien éloignée, par exemple. On ne se lasse pas de revoir ça à, entre autres quelques dizaines d'adresses :
http://www.rue89.com/mon-oeil/a-propos-du-casse-toi-pauv-con-de-sarkozy


Le seul commentaire que je ferai personnellement est celui-ci : à la différence de ce que disent la plupart des commentateurs, ce n'est pas le "Pauv'con, va" présidentiel qui est atterrant, il est (avouons-le), en particulier pour nous autres, gens dont les racines ont été cultivées au centre du monde habité, tout au plus choquant. C'est le fait que notre Président soit devenu quelqu'un à qui l'on peut dire "Touche moi pas, tu me salis". Chirac, à force de charrier, avait acquis la réputation de président "Supermenteur", ce qui n'hypothéquait en rien ses éventuelles qualités d'honnêteté comme ami ou père de famille, par exemple. Mais nous nous serions bien gardé, par respect pour nous-mêmes et par exemple, de le traiter de "Supermenteur" personnellement en face-à-face. Nicolas le petit aura fait en sorte qu'on puisse le traiter en novembre d'"enculé", qu'il puisse lui-même répondre en tant que président "Descends" (en fait, il est bien descendu, le type, mais télé-Sarkozy n'a pas montré comment il s'est fait arraisonner par un service d'ordre plus musclé que Nicolas).
Pour ceux qui veulent voir et revoir, au fait, c'est par là :

http://www.dailymotion.com/video/x3f8on_sarkozy-se-fait-traiter-dencule-par



Se faire traiter d'enculé quand on s'évertue à faire en sorte de prouver chaque jour à ses compatriotes qu'on n'est pas un pédé, comme on dit chez nous, ça fout les boules, pas vrai ?

Ca vous travaille pas, vous, ce type qui épouse au plus vite une femme en érection quelques semaines après s'être fait larguer par une femme qui ne voulait plus s'ériger, qui est obsédé par le gêne de la pédophilie, et qui met des ray-bans comme on n'ose plus en mettre depuis au moins vingt ans dans nos boîtes à cacous à Marseille ? Vous pariez combien qu'il préfère le string au caleçon, notre coquin (et ringard) Président ?

Là, en attendant, on n'est plus du tout dans le symbolique, et quand les petits prennent le Pouvoir en le vidant de toute sa symbolique, on verse fatalement dans la caricature.
Nicolas Sarkozy, c'est Arturo Ui !


"Mais tais-toi, bon Dieu", lui glisse à cette heure Henri Gaino en l'implorant.



Allez, bon dimanche à tous.



Quand vous lirez ce billet, Nadine sera déjà dans l'avion ou même de retour. Je vais pouvoir retourner dans ma cambrousse, emmuré dans ma citadelle, me remettre au travail, et je n'aurai plus de prétexte pour ne pas finir mon cours sur Ruy Blas.

Welcome home, Nadine. Et bienvenue à Neel.

Hervé
commentaires

La grande frime

Publié le 24 Février 2008 par Nadine dans Haïti

Tout d’abord, s’il y a Yehovah et Adonai partout sur cette île, et aussi des croix de David, je n’y ai toujours pas vu de synagogue. En fait, je crois que Nathan Leibovitch et ses cousins ont préféré aller plus au nord en Amérique. Par contre, il y a deux mosquée, une à Saint-Marc, l’autre à Delmas, mais ce sont des mosquées de black muslim.
Mais passons sur ces considérations, puisque demain, tel Moïse ou tel Jah (au choix sur cette terre où la Bible et ses interprétations sont partout), nous allons traverser la mer dans le sens retour à pied sec : nou pre sote la mer. Donc Neel est allée dire au revoir à sa crèche Notre-Dame de la Nativité à Fontamara. C’était son jour de gloire avec ses petits copains : il leur a raconté en long et large tout ce qu’il a fait avec nous, toutes les choses merveilleuses que nous avons, et exhibé ses coins de centimes d’euros. Il a fait des bisous à tout le monde, à ses copains, à sa nounou etc… et ravi il a embarqué dans la voiture laquelle est tombée en panne en bas de la pente et nous avons fini en taxi.
Demain, retour en Europe, nouvelle vie et le grand saut pour Neel.

Bravo, Chico, tu es encore le plus fort, même en foot. Emmanuel Sanon qui a marqué un but à Dino Zoff en 1974 lors de la coupe du monde en Allemagne. Son décès hier à Miami laisse Haïti en deuil.

commentaires

Sur la terre de Sem

Publié le 23 Février 2008 par Nadine dans Haïti

Puisque personne n’a trouvé la réponse à la question du jeu-concours — elle était un peu dure — je donne la réponse et j’envoie la suivante, un peu plus facile. La gourde reste en jeu. Quel célèbre Haïtien, surtout en 1974, est mort aujourd’hui ?
En 1992, les Haïtiens ont célébré l’arrivée de Christophe Colomb en balançant sa statue dans la baie de Port-au-Prince dans une fête populaire. Voilà un peuple rebelle sur la terre des Indiens Taïnos qui, s’ils étaient encore là, auraient peut-être fait la même chose.
Je signale que les Indiens, comme les asiatiques sont, dans la Table of nations and languages, des fils de Sem.
Dis-moi, le parrain, Neel c’est un descendant de Japhet, de Sem ou de Cham avec tout ça ?
commentaires

Sur la terre de Cham

Publié le 22 Février 2008 par Nadine dans Haïti

Tu sais Chico, y a pas que les juifs bornés qui lisent la Bible à la lettre, y a aussi les Baptistes américains (du nord).
Aujourd’hui ça a été visite des mornes avec Marc. Je vous passe encore l’enthousiasme de Neel à bord de la machine. Les mornes, ce sont les Hauts, comme on dit à la Réunion, c’est aussi pauvre que les Bas mais en plus frais, avec une agriculture de misère. On a visité un des rares endroit visitable, la mission baptiste US. Il y a école et dispensaire et aussi un petit musée poussiéreux d’Haïti qui évoque son histoire depuis la géologie et les Indiens Taïnos jusqu’à aujourd’hui en passant Toussaint Louverture et Duvallier et un peu d’ethnologie avec des panneaux expliquant combien le vaudou est diabolique.
A côté des vitrines sur la traite négrière et la période coloniale, j’ai trouvé cette affiche, Table of nations and languages qui  nous explique d’où nous venons, c’est-à-dire de quel personne de la Bible nous descendons. Evidemment les descendants de Japhet sont en haut, ceux de Cham en bas et ceux de Sem au milieux. Dans cette île où les fils de Cham n’ont pas été libérés de l’esclavage, mais se sont libérés tous seuls en 1791 de l’oppression des fils de Japhet, ça en dit long sur la vision US des Caraïbes…
commentaires
1 2 3 4 5 > >>