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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Vive le service public hospitalier !

Publié le 19 Septembre 2014 par Nadine in Réflexions profondes

PhotoService.com

 

Il faut prendre le vive aux deux sens du terme : je veux dire aussi qu'il vive, parce qu'il le mérite et que nous le méritons. Il y a trois ans je sortais de l'hôpital nord après être passée entre leurs mains et celles de la réa à la Timone. Ce sont eux qui m'ont sauvée, c'est grâce à eux que je vis encore et que je peux encore bloguer trois ans plus tard. Vous pensez bien que je me suis précipitée pour voir Hippocrate, un film sorti il y a deux semaines dont le sujet est un jeune interne frais émoulu de la fac confronté à son métier, à ses doutes, à l'hôpital, à ses succès, à ses carences.

Evidemment le réalisme du film — le film social est toujours réaliste et là c'est bien réussi — m'a éveillé des souvenir qui aujourd'hui sont devenus agréables. Même la ponction lombaire ! C'était un jeune interne qui m'en avait faite une il y a trois ans, et c'était aussi pour lui sa première fois. Aïe ! Et même la réa ! Et puis ces lits où on souffre, où on tente d'atténuer votre souffrance, où l'on s'ennuie. J'étais dans un service de luxe : dans le film c'est moins de cas, mais tous les personnages sont infiniment humains, même le grand patron ou le directeur qui était auparavant chez Amazon. Il y a aussi et surtout la grande misère du service public, le sort que l'on fait aux travailleurs immigrés, ici les médecins étrangers, et notre dépendance vis-à-vis de l'immigration, bref tous les sujets qui m'animent et me tiennent à cœur. Je ne vous en dis pas plus.

Donc mon conseil du week-end : vous allez faire les journée du patromoine et dans la semaine vous vous précipitez voir Hippocrate. Ensuite vous affutez vos banderolles pour la prochaine manif pour la sécu et l'hôpital public. Je ne fais plus aucune confiance aux socialistes pour rien.

 

Au dela, il y a encore quelque chose qui m'a remuée dans ce film : le jeune interne est habité par les doutes, écartelé entre la foi dans son métier et le renoncement devant ses diffiicultés. Mon ami Jaime était interne en psychiatrie à Lisbonne en 2007 quand je suis allée le voir. Il se posait les mêmes questions, avait aussi des doutes sur sa vocation, sur la difficulté de son métier, sur la pauvreté du service public hospitalier (surtout au Portugal et encore avant la crise). Depuis il était devenu chercheur et vivait en Angleterre après sa thèse à Rotterdam. Jaime s'est donné la mort il y a deux semaines en se jetant sous le métro. Mon chagrin est immense, ce blog parlera de lui plus longuement plus tard. La photo en haut de cet article, prise en mars 2007, est en hommage à mon ami qui était aussi un militant communiste.

 

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