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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Une crèche d’actualité

Publié le 24 Décembre 2014 par Nadine

Pendant que certains bornés de la laïcité ferraillent avec les imbéciles identitaires à propos des crèches de Noël, je leur propose une crèche qui décoiffe, celle de ma mère. Sa crèche n’est ni laïque, ni religieuse, ni passéiste, ni moderniste, elle est une crèche à la fois de bric et de broc montée depuis près de 50 ans (certains santons sont passés d’ailleurs plusieurs fois à la clinique des santons) et une crèche d’opinion. Elle n’est pas en tous cas une histoire de la Provence éternelle, conservatoire des traditions, c’est-à-dire des personnages du XIXe siècle à la sauce XXe. C’est une crèche mondialisée où la politique se proclame : depuis près de 30 ans les santons provençaux ont de nouveaux copains venus d’un peu partout. Cela a commencé avec des santons napolitains qui comptaient déjà parmi eux des noirs. Puis comme tout le monde a voyagé un peu partout — surtout moi — nous nous sommes fait un devoir ou plutôt un jeu de ramener de nouveaux santons chaque fois qu’on en trouvait un. Il y a donc, sans ordre d’arrivée ni exhaustivité, une dame maïs colombienne, un derviche tourneur, des maisons portugaises et tchèques, des temples viet, des monstres chinois, des vendeurs haïtiens, des arabes d’Egypte, un pope, un rabbin, Molly Malone venue d’Irlande… tout ce beau monde va voir l'enfant dans la crèche, mais d'autres ne peuvent pas : ils sont coincés en haut du radiateur, gardés par un soldat romain (santon napolitain). Ma mère qui milite à la Cimade m'a tout de suite désigné l'endroit comme le centre de rétention de la crèche puisqu'il y a avait essentiellement des indésirables, les Noirs, les Arabes les Turcs, les Bridés et l'Irlandaise.

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A défaut de trouver les requins de la finance, la crèche a son crocodile et même son cochon. Ce n'est pas le cochon de Gaza, mais il ne faut oublier que c'est en Palestine que Pierre lors d'un repas avec le centurion Corneille reçu l'autorisation de manger les viandes impures avec des goyim.

 

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Pour faire place quand même à la religion, et puisque le critère de classement de l'humanité est devenu sa religion, les pasteurs de différents cultes sont dispersés dans la crèche. Vous avez déjà remarqué le derviche tourneur dans le centre de rétention, il y a aussi le pope, le curé et le rabbin. Je ne désespère pas ramener un père blanc ou télévangéliste congolais pour l'année prochaine.

Joyeux Noël à tous !

 

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Mon programme kinois

Publié le 23 Décembre 2014 par Nadine

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Dans deux jours le départ pour la RDC, avec étape à Istanbul : voici  le programme de ma grande semaine de visite. Vous remarquerez que, attentif à toutes mes demandes, Augustin a prévu trois soirées de musique congolaise "toute la nuit". Augustin c'est celui qui est à droite sur la photo prise en avril dernier à Marseille lors du congrès du SNES.

 

FENECO/UNTC

Affiliée à l’Internationale de l’Education et Membre du Comité Syndical Francophone de l’Education et de la Formation

SECRETARIAT GENERAL

17, AVENUE KASA VUBU COMMUNE DE LA GOMBE
B.P. 8814 – KINSHASA I REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

PROJET DE PROGRAMME DU SEJOUR DE NADINE A KINSHASA DU 26 DECEMBRE 2014 AU 03 JANVIER 2015

 

JOUR

ACTIVITES

TACHES

 

Vendredi 26/12/14

-Arrivée de Nadine à Kinshasa par TK 1366 à 21h25

-Accueil à l’aéroport et logement au Centre Liloba de LEMBA

Samedi 27/12/14

-Réunion avec les enseignants et inspecteurs d’histoire et de géographie à la CASOP

-Réunion animée par Nadine
-Musique congolaise toute la nuit???

Dimanche 28/12/14

- Visite BONOBO ???

-Visite Centre des BONOBO et de certains domiciles

Lundi 29/12/14

- Vulgarisation guide + échanges/Kin Ouest

Mardi 30/12/14

- Vulgarisation guide + échanges/Kin Centre

Mercredi 31/12/14

- Vulgarisation guide + échanges/Kin Ouest

-Musique congolaise toute la nuit

Jeudi 01/01/15

JOUR DE L’AN

-Visite de la ville et de certains domiciles sur invitation
-Soirée musique congolaise

Vendredi 02/01/15

Vulgarisation guide BEF

Samedi 03/01/15

  • - Retour de Nadine par TK 672 à 22h25

  • - Cérémonie d’échange des vœux + discours de fin d’année

-Chek-in avant-midi -Visite de certains domiciles
-Arrivée à l’aéroport au plus tard à 20h30

OBSERVATIONS

25 enseignants de 25 écoles

-25 membres du BEF

  1. Beaucoup d’invitations à domicile des membres que nous allons gérer à la prochaine réunion du BEF (Bureau Exécutif)

  2. La réunion avec les géographes et les historiens pourrait avoir comme thèmes :

  • - « La pédagogie de l’intégration (approche par compétence) » (Réalités de la France)

  • - « La technologie de l’information et de la communication en éducation (TICE) »

  • - « L’éducation au développement durable (EDD) »

 

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Le son de Kin la belle

Publié le 21 Décembre 2014 par Nadine

Lorsque j'ai reçu d'Augustin une invitation pour aller à Kinshasa, j'ai formulé un seul vœu, celui d'aller écouter de la musique. Kinshasa est à la musique africaine, ce que Memphis est à la country et la Mecque aux Sourates du Coran : ce qui se fait de mieux. Aller à Kinshasa et ne pas aller voir un orchestre, c'est comme aller à Munich et ne pas boire de la bière ou à Buenos Aires sans danser le tango ; en bref, comme me le disait un prêtre catholique à Haïti, un pêché (lui c'était pour ne pas danser le kompa en Haïti).

Augustin m'a immédiatement répondu qu'il était flatté que j'aime la belle musique du Congo et a ajouté à mon programme trois soirées musicales avec écrit entre parenthèses, toute la nuit. Je ne sais pas dans quel état je vais revenir mais me voilà satisfaite. Avant de partir permettez-moi de vous présenter la rumba congolaise. Cette musique est née durant l'entre deux guerre lorsque les rythmes afro-cubain passèrent de l'autre côté de l'Atlantique. Réinterprétés à la sauce africaine, les artistes chantèrent en lingala les suaves et rythmiques mélopées accompagnés de trois guitares et d'une section de cuivre.

Tout comme Duvalier fils encourageait les artistes de kompa et fit éclore la meilleure musique du genre au début des années 1970, Mobutu, aussi affreux dictateur que les Papa et Bébé Doc, se servit des meilleurs artistes de la scène kinoise pour asseoir son pouvoir. On dit que la veille de son coup d'état en 1965, il avait invité à sa table le Grand Kallé et le OK Jazz, un peu comme si le premier ministre avait invité au 10 Downing Street à la même date les Stones et les Beatles.

Le Grand Kallé avait déjà fourni au patrimoine congolais son plus grand titre, Indépendance Chacha en 1960. Le OK Jazz de Franco allait rendre immortelle la musique du Zaïre. Se produisant tous les soirs au OK Club, son club, ayant son association féminine de fans, le grand Franco enregistra plus de 6000 titres en plus de 30 ans de carrière, sortant un disque par jour au début des années 1970, quand Kin la belle était le centre de gravité de la culture en Afrique.

La pépinière vit naître de nombreux groupes comme Zaiko Langa Langa ou Rochereau et l'African Jazz. Pour illustrer mon propos je vous offre plutôt le petit frère de Franco, Bavon Marie Marie qui disparu prématurément à 26 ans en 1970, non sans nous avoir offert parmi les plus beau titres de la rumba congolaise avec ce Libangana libumu si nostalgique et si mélodique.

 

 

Aujourd'hui Kin la belle est paraît Kin la poubelle. Il n'y certainement plus les dizaines de club des belles années de la rumba à l'ombre de la sanglante dictature du maréchal président. Pourtant je suis sûre que l'esprit est resté, que les groupes continuent de surgir comme ce surprenant Staff Benda Billili formé d'artistes handicapés en fauteuil qui ne manque pas d'énergie. Je vous en dirai plus après mes trois nuits musicales kinoises.

 

 

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On ne va pas faire la grimace

Publié le 14 Décembre 2014 par Nadine dans Réflexions profondes

http://www.snes.edu/IMG/png/carre_rouge_vote_snes-fsu_1.pngAvec dix jours de retard je vous livre les résultats des élections professionnelles qui ont bien occupée depuis quelques mois. Il ne sont pas bons : les syndicats de la FSU reculent autant en CTA/CTM qu'en CAPA/CAPN. Une consolation, nous concervons le 7ème siège gagné la dernière fois dans ma CAPA, la CAPA agrégé. Si encore c'était la CGT qui nous avait pris des voix, on aurait pu dire, ce n'est pas grave, on engrange avant de se marier (euh, en fait la CGT ne veut pas se marier avec la FSU, c'est bien dommage, le trousseau de la mariée est bien rempli), mais ce sont les syndicats réformistes ou de droite qui ont progressé. La grande avancée revient à FO qui peut faire la bise à François Hollande pour les promesses et les déceptions qu'il a semé, et à Jean-Claude Gaudin pour ses rythmes scolaires à la marseillaise. Le SNALC progresse et l'UNSA a siphonné le SGEN-CFDT qui n'a plus aucun élu dans les corps enseignants dans notre académie. On va même avoir un élu FO dans la CAPN agrégé, ce qui nous promet des surprises.

Modérons quand même notre propos… à quelques exceptions près, dont le corps des PLP (mais qu'attend-on pour les syndiquer au SNES !) la FSU est première partout où elle présente du monde et même largement première. Peut-on pleurer avec 35 % au CTA, 48 % chez les certifiés, 49 % chez les agrégés, 82 % chez les CO-Psy, 76 % chez les PEPS ? Je suis réélue pour un sixième mandat académique et un troisième mandat national. Ce post finira donc avec un des morceaux que j'avais envoyé sur facebook, le pays des amis, pour que mes amis fb comme moi dans la campagne gardent le moral en tournant dans les bahut. Le soleil et le rythme du Congo Kinshasa avec le Zaiko Langa Langa, la pépinière des talents : regardez ils ont même apporté le soleil à Bruxelles, c'est dire ! Waouh le pantalon à rayures quand ça bouge, c'est limite psyché !

 

 

Petite anecdote au passage puisque l'on voit l'Atomium au second plan : il a été construit pour l'Exposition Universelle de 1958. Ce fut à cette expo que l'on vit pour la dernière fois une exhibition ethographique ; une centaine de Congolais avaient été recrutés pour mettre en scène l'Afrique dans un village congolais, dans des huttes, chantant sous la houlette de missionnaires. Or le public bouda ce spectacle passé de mode. Certains s'émurent que les spectateurs lancent des bananes et des cacouettes (à qui ? aux missionnaires ?). Les indigènes remirent leurs habits civils et partirent de cet emploi peu payé (oui les exhibés ont toujours été payés, chichement mais payés) pour trouver des boulots plus rémunérateurs à Bruxelles-même.

 

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