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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Un goût de la campagne (en Haïti)

Publié le 26 Novembre 2010 par Nadine dans Haïti

La campagne bât son plein en Haïti puisque nous sommes à deux jours du scrutin. Elle a même débordé en France puisque France Inter y a consacré sa matinale hier et France Culture 24 heures aujourd’hui. Au passage y a plein de trucs qu'il ne faut pas rater comme une conférence de Jacques Stephen Alexis de à la Sorbonne (à 5 heures du mat, tous à vos podcats), la Fabrique de l'Histoire sur "La révolution de 1804, ou quand Haïti était au cœur du modèle révolutionnaire" et encore plein d'autres choses, Jean-Marie Théodat, Gary Victor, Lyonel Trouillot bref tout moun.

Elle bât tellement son plein que je me suis invitée avant-hier à blablater sur le mur de Stevens étudiant haïtien de Marseille. Pour ceux qui ne le savent pas encore, un mur désormais c'est sur fesse bouc.Voici ce qu'il écrivait mercredi (reproduit avec son autorisation) :

M anvi vote. Pwosede pa eliminasyon: N ap sanksyone Preval ak tt ekip li a; depi 5 lane li aplike yon politik san nannan, san nanm, san lidèchip. Apre 12 janvye sa vin pi mal... Jesyon Kolera se yon katastwof. Nou p ap vote kontinite INITE ak kolaboratè Preval yo: Nou pap vote JudeCelestin, Jacques Edouard Alexis, Yves Christalin, Lesly Voltaire e nou p ap vote Pèdan. Ann chwazi Mme Mirlande Manigat..

Comme vous maîtrisez tous le créole maintenant, je n'alourdit pas inutilement ce post avec une traduction. Je précise cependant que étant momentanément dans la diaspora, Stevens ne peut pas voter, et que Inite (Unité) est le parti au pouvoir. Il a pour candidat l'inénarrable Jude Célestin dont le très sérieux journal suisse 24 Heures soulignait hier que ses performances universitaires helvètes dans les années 1980 était plus du côté des jolies filles et des voitures à grosse cylindrées que sur les bancs de l'université. Le voici en action, une fois descendu de son hélico de campagne :

 

 

Milande Manigat est la femme de Leslie Manigat éphémère président de transition en 1988. Universitaire comme son mari, elle est la candidate du RDNP (Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes d'Haïti). Le programme est intéressant : pourra-t-elle l'appliquer si elle remporte l'élection ? Voici le clip de la campagne, en musique comme il se doit  :

Je ne vous inflige pas les 16 commentaires dont les deux miens : juste cet extrait venu de Nice et plein d'optimisme.

NOU wè si NOU ta bay HAYITI yon chans poul rekanpe DOUBOUT ankò!!!
HAYITI PAP PERI mwen confime sa!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 Stevens en a remis une louche hier encore en ligne :

Divès rezon pou kont Inite: Jiskaprezan ekip INITE A pa di kouman pou konstui Palè nasyonal alewè pou zon ki te detui 12 janvye yo; Jiskaprezan administrasyon piblik la ki te deja malad poko janm doubout, Preval poko janm nonmen Prezidan kou Kasasyon, KEP la toujou pwovizwa, diplomasi peyi a mòlòlò, li pa janm pwoteste kont okenn move desizyon blan yo pran, li pa pran pyès mezi sosyal ki vizib.Ki bilan 5 lane sa????

Et Lyonel Trouillot avait à peu près la même analyse ce matin sur France Culture. Juste une remarque : parler d'administrasyon piblik en Haïti n'est-ce pas de la science fiction ? N'est-ce pas d'abord là un des problèmes de ce pays mis en coupe réglée par ses élites et par le capitalisme international ?

Pas plus que les Haïtiens de la diaspora je ne vote pas à ce scrutin, d'ailleurs je ne suis pas haïtienne, Neel est trop petit et ne voterait pas non plus. J'ai lu cependant avec plaisir que la double nationalité fait partie du programme de beaucoup de candidat(e)s. Alors rendez-vous  aux élections de 2020 pour que Neel aille au bureau de vote de l'ambassade d'Haïti à Paris ?



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Greve e manifestação

Publié le 25 Novembre 2010 par Nadine dans Voyages au Portugal

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C'est la grève tournante, mais à échelle européenne. Les Grecs ont ouvert le bal au printemps. Nous on a pioché tout le mois de septembre et d'octobre et maintenant, on se penche un peu moins pour laisser mesurer les autres. Ca a continué avec les étudiants à Londres et hier c'était au Portugal. On compte aussi pas mal sur les Irlandais : les banques ont joué avec leur économie, l'Europe leur prête pour renflouer les caisses et ceux qui vont rembourser ce sont les Irlandais par la réduction de leurs services publics qui sont ceux de toute la population en particulier des plus démunis, et les fonctionnaires de ces services publics par des baisses de salaires. C'est encore une fois prendre aux pauvres pour donner aux riches (et nous prendre pour des cons).

Au Portugal hier c'était la plus grosse grève générale depuis 1975 (the Golden Year selon Jaime, moi j'y étais !). Je n'ai donc pu m'empêcher d'écrire à Jaime et André que je leur souhaitais une bonne grève et que le prochain rendez-vous serait donc à Bruxelles pour une eurogrève et une euromanif finalement assez sympathique si cela permet de nous revoir plus vite que prévu ! Donc : Vive la grève générale !

 

NB : photos prises en 2008 avec Milou à Lisbonne.

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Kat la mal bat fok li rebat (2)

Publié le 19 Novembre 2010 par Nadine dans Haïti

Jj dessalinesHier un article de (presque) commande, et le commanditaire a laissé un commentaire. Avec l’avidité de reconnaissance que vous me connaissez tous, j’ai été ravie d’être lue et donc dès ce matin, j’envoie la suite de ce que j’écrivais hier à titre de réponse au commentaire.

Stevens, ton commentaire porte sur les affaires intérieures de ton pays. Il est très juste. Mais le sens essentiel de ce que j’écrivais hier était plutôt sur les relations de domination de l’espace haïtien avec d’autres espaces qui l’ont pillé depuis toujours et encore aujourd’hui.

Cela me donne l’occasion d’envoyer dans mon propre blog le texte que j’avais écrit pour mon syndicat préféré au lendemain du Tranblemanntè de Pòtoprens.

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Image 1 : Jean-Jacques Dessalines, premier président de la République noire.

Image 2 : la corvée durant l'occupation états-unienne (1915-1934).

 

Il n’y a pas de malédiction haïtienne

La catastrophe qui a affecté Haïti le 12 janvier a touché un des pays les plus pauvres du monde, déjà secoué depuis 25 ans par une forte instabilité politique ou par d’autres catastrophes naturelles et des émeutes de la faim. Pour autant, Haïti n’a pas de malédiction, la catastrophe naturelle qui le touche est une interaction entre un phénomène naturel et une société, et l’état de cette société est le produit d’une histoire. Penser en termes de malédiction, c’est renvoyer la cause à la métaphysique ; la situation haïtienne est le produit de cinq siècles de domination où cet espace a été au cœur des enjeux de la mondialisation.

Terre où arriva Christophe Colomb en 1492, l’île Hispaniola connaît un génocide rapide de la population indienne, puis Saint-Domingue sous la colonisation française est un modèle colonial, la Perle de Antilles, c’est-à-dire une terre d’exploitation où l’esclavage et la prédation sont les plus aboutis, plus oppressif que partout ailleurs, au bénéfice du grand commerce colonial. C’est pourquoi c’est bien là que la seule révolte servile de l’Histoire ait pu triompher : en 1791 la révolte de Bois Caïman soulève les esclaves contre leur asservissement et permet leur émancipation en 1793, confirmée par la Convention montagnarde en 1794. C’est des rangs des insurgés qu’émerge un grand général, bientôt gouverneur de la colonie, Toussaint Louverture. Et c’est parce que la France voulait les remettre dans leurs chaînes que les esclaves se soulèvent en 1802 contre l’expédition envoyée par Bonaparte et qu’ils obtiennent leur indépendance en 1804.

Terre d’espérance, premier territoire libéré de l’esclavage, mais aussi paradoxe historique, exception, Haïti paye très tôt son audace : pays pionnier dans l’émancipation, Haïti expérimente de nouvelles chaînes très rapidement. Celle de l’isolement avec une économie extravertie, puis celle du néo-colonialisme avant l’heure, de la domination économique puis politique. Haïti fait presque figure de laboratoire d’expérimentation à cet égard : c’est peut-être pour cela que le sous-développement y est aussi achevé aujourd’hui. Pour prix de son audace Haïti a dû payer à la France le prix de son indépendance : l’ancienne métropole impose en 1825 à sa colonie perdue le paiement d’une dette de 125 millions de francs-or (21 milliards de dollars d’aujourd’hui) qui entrave dès le commencement le développement d’un pays qui était ruiné par quinze ans de guerre. Elle sera payée jusqu’au dernier centime. Mais il n’y a pas que la France qui considère que la République noire est un enjeu, un espace à dominer pour les puissances.

C’est dès le XIXème siècle que les Etats-Unis envisagent la Caraïbe comme leur arrière cour faite de républiques bananières qu’il faut contraindre avec le Big Stick (Th. Roosevelt). Et en effet, après avoir mis sous tutelle son économie, le grand voisin envahit Haïti en 1915, préparant 19 ans d’occupation prédatrice à leur propre profit. Sait-on par exemple que l’essentiel du couvert forestier de l’île a été pillé par les entreprises US durant cette période ? Après être parti en 1934 l’aigle américain est toujours resté présent : dans le contexte de la Guerre Froide et avec Cuba comme voisin, la dictature des Duvalier à partir de 1957 avait le bon goût de faire régner l’ordre et de détourner les profits pendant que la majorité des Haïtiens n’avaient même pas les miettes.

Depuis la chute des Duvalier en 1986, le pays n’a pas connu de stabilité politique. Lorsqu’un prêtre issu des Ti Legliz, la Théologie de la Libération, Aristide, tente le grand dechoukaj, le grand ménage, en 1991, il est immédiatement renversé et s’il remis au pouvoir en 1994 ce n’est qu’au prix d’une politique d’ajustements structurels. Depuis le pays s’est emballé : violence, aggravation de la misère, décomposition de l’Etat qui, depuis 2004, ne vit que sous perfusion de la communauté internationale. Pour autant le pays continue de produire de la richesse mais, comme auparavant ce n’est jamais au profit de sa population. Car, depuis un siècle, le capitalisme l’a désigné comme pourvoyeur pour son espace régional de main d’œuvre à bon marché et expulsable à tout moment. Il y a à Haïti des richesses immenses, mais ses élites sont à l’étranger. Un tiers du PIB est maintenant fourni par sa diaspora. Avant le séisme, plus de la moitié des Haïtiens ne mangeaient pas à leur faim et la plupart n’avaient pas accès aux services de base, eau, électricité, école, santé. Haïti n’est pas une terre abandonnée, c’est une terre qui a été pillée dans ses ressources naturelles, dans ses structures économiques, dans sa population.

C’est aujourd’hui plus que jamais un espace qui est un enjeu entre les puissances et les Etats-Unis sont en train de l’occuper pour la troisième fois en un siècle. Il n’y a plus d’Etat, il n’y a plus de capitale, peut-on envisager une reconstruction matérielle dans ces conditions ? Il reste encore une nation, fière de son histoire et de sa culture.

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Kat la mal bat fok li rebat

Publié le 18 Novembre 2010 par Nadine dans Haïti

http://crayonjaune.com/blog/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/vertieres.jpgOn ne dira pas que c’est un article de commande mais presque. J’ai eu en ligne hier Stevens, étudiant haïtien à Marseille qui m’a suggéré d’écrire aujourd’hui à propos de la bataille de Vertières dont on célèbre aujourd’hui le 207ème anniversaire. La Batay Vètyè comme on écrit en vrai créole (Evens dixit), le 18 novembre 1803, opposa les troupes de Rochambeau, celles de l’expédition française, aux troupes indigènes de Dessalines et vit la victoire définitive des anciens esclaves contre celles du colonisateur. Elle ouvrit la voie à l’indépendance proclamée peut de temps après le 1er janvier 1804.

La citation ci-dessus est attribuée à Dessalines. La traduction approximative donnerait, A cartes mal distribuées, nouvelle donne. Elle me semble d’actualité quand on voit la situation de l’ancienne Perle des Antilles comme de beaucoup d'autres pays du sud. Mais quelles cartes ? Y a-t-il encore un jeu ? Aujourd’hui — comme hier d’ailleurs — les dés sont pipés, les cartes biseautées et tous les atouts sont du même côté. Ce n’est pas par la charité que l’on remettra en selle ce pays touché aujourd’hui par le choléra (c’est ici une maladie du XIXème siècle !) après le séisme le plus dévastateur de l’histoire de l’humanité. La charité enfonce dans la misère et ne donne pas de dignité. C’est par la justice, par une redistribution des richesses et des moyens de les produire, autant en outils qu’en cadres formés. Dans 10 jours, les élections opposeront dix-neuf candidats à la présidence. On n’espère plus de messie, on espère quelqu’un d’honnête mais surtout on espère quelqu’un qui ait les moyens de sa politique quand l’Etat vit à 60 % de la coopération internationale.

Kenbe rèd, pa moli !

BD Haïti

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Finalement c'est pas mal de faire 43 ans de carrière !

Publié le 14 Novembre 2010 par Nadine dans Haïti

http://1.bp.blogspot.com/_LOeALSvarww/TNfnHPWXE1I/AAAAAAAAQG4/Yf-DURYmwhs/S350/TAbou1.jpgJe ne parle évidemment pas de nos perspectives avant la retraite après la réforme Sarko/Woerth/Fillon. Je parle de Tabou Combo, groupe mythique haïtien basé à NYC qui entame sa quarante-quatrième année sur scène et en tournée et qui se porte comme un charme. Ils étaient en concert mercredi dernier à la Penne sur Huveaune à l'initiative de Baze Créole. La salle était pleine, essentiellement d'Antillais mais pas que, de toutes façons moi je compte comme Haïtienne, je sont les Haïtiens eux-mêmes qui me l'ont dit et m'ont incité à lever la main à l'appel de "Y a-t-il des Haïtiens dans la salle ?" de la part des chanteurs.

Le premier set a attaqué à 23 heures et le dernier s'est terminé à 4 heures du matin dans une ambiance de folie, la quinzaine de musiciens — batterie, guitares, chant, section de cuivres, percus, clavier, basse — se relayant sur scène. Si les chanteurs ont bien 43 ans de carrière, le plus jeune est âgé de 22 ans mais ne s'en laisse pas compter. Ca tournait impec et la salle a dansé et chaviré.

Pour tous ceux qui croient encore que le kompa n'est qu'une musique à danser avec des paroles d'appel à faire à l'horizontale ce que les danseurs sont en train de faire à la verticale, je signale que Tabou Combo ce sont aussi des chanson politiques. Ils ont par exemple repris la celèbre rumba zaïroise Indépendance Chacha de Joseph Kabasele en l'honneur des 50 ans d'indépendance de l'Afrique avec des paroles en créole réarrangées Haïti et en version twoubadou. Je vous laisse apprécier en vidéo juste en dessous de ma propre vidéo du concert.

Quant à moi, je ne suis pas restée à faire tapisserie, vous vous en doutez. Outre les Haïtiens de Marseille et Evens qui est mon prof de créole option kompa, j'ai retrouvé les nouveaux étudiants haïtiens de Marseille qui comme les AOC (Ayisiens d'Origine Contrôlée) chaloupent comme il faut sur la musique. C'est donc fourbue que je suis revenue à 5 heures du mat, les pieds en compote avec mes escarpins et prête à recommencer dès qu'une prochaine soirée kompa se présentera.

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Ils ont joué au loup et l'ont attrapé

Publié le 9 Novembre 2010 par Nadine dans Tchatche et niouzes

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Neel a enfin rencontré un de ceux qu'il considère comme une quasi-divinité sur terre : pépé Roland, le grand pêcheur martégal, la terreur des loups, l'heureux propriétaire du légendaire navire El Lou qui stationne en ce moment dans le canal de Caronte et a passé son dimanche avec lui et avec son petit-fils Marius (qui se trouve en plus être mon filleul). Après une mise en bouche du bord où notre docteur es-poisson et hameçons a donné à ses jeunes disciples une première leçon de lignes, hameçons, plombs et autres accessoires de pêche, ils se sont embarqués l'après-midi sur le célèbre El Lou afin de montrer à la gens à écailles de quel bois ils se chauffaient et sont revenus vers 5 heures avec un loup chacun pêché par chacun d'entre eux (du moins c'est ce qu'ils sont raconté, on n'était pas là pour vérifier vu qu'on avait passé l'après-midi à feignasser au chaud).

Au total la légende n'a pas failli à sa réputation. Il va falloir revenir car notre Neel est définitivement sous le charme.

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M.HA.V.E

Publié le 2 Novembre 2010 par Nadine dans Haïti

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Cet acronyme signifie Ministère des Haïtiens Vivant à l'Etranger. Il a été créé en 1994 lors du retour à l'ordre constitutionnel (c'est le ministre qui le formule ainsi) même si dire ordre constitutionnel pour Haïti peut prêter à sourire.

Dimanche dernier il y avait une réunion exceptionnelle de l'ACH à l'occasion de la venue du ministre Edwin Paraison. Avec plus de quatre millions d'Haïtiens sur quinze hors des frontières nationales, c'est un ministère qui a du sens et du pain sur la planche. Le ministre actuel d'ailleurs a longtemps travaillé en République Dominicaine où la situation des Haïtiens dans les batay est proche de celle des esclaves. Mais ailleurs c'est guère mieux : il faut dire que depuis le XIXème siècle pour le capitalisme, Haïti est devenu un réservoir de main-d’œuvre à bon marché, saisonnière et qu’il est possible de renvoyer à tout moment. D'ailleurs la France d'Eric Besson ne se gène pas : quand un Haïtien perd son passeport en Guadeloupe il est immédiatement expulsé.

Le ministre a souligné devant la communauté marseillaise l'importance de la diaspora sous l'angle du nombre et du poids économique. Il y a deux millions d'Haïtiens aux Etats-Unis, puis, dans l'ordre, en République Dominicaine, à Cuba, au Canada et en France y compris dans les DOM. Les deux milliards de dollars par an que la diaspora envoyait au pays avant le tremblement de terre représentaient plus que l'aide internationale y compris l'aide bilatérale. Or ces transferts proviennent d'abord de gens modestes vivant dans des conditions précaires et moins de la bourgeoisie. Car la diaspora c'est aussi une bourgeoisie et cadres professionnels qui font tant défaut à Haïti : il y a plus de médecins et de personnels de santé haïtiens au Canada qu'à Haïti ! Et la situation s'aggrave : avant le 12 janvier, 83 % des cadres professionnels étaient à l'étranger, 20 000 ont péri ce jour là et beaucoup des autres ont profité dans les semaines qui suivaient des facilités d'mmigration offertes par les pays d'accueil à cette occasion.

C'est donc la question de la reconstruction qui s'est posée en premier. Elle est estimée à 14 milliards de $, or seulement 30 % des 10 milliards de $ promis à New York le 31 janvier ont été versés. D'ailleurs le déblaiement n'a même pas commencé… Entre temps on fait des plans pour le futur : le centre-ville de Port au Prince a été déclaré d'utilité publique pour créer une ville nouvelle. Objectif 2150 ? De toutes façons même avant le séisme, l'Etat dépendait à 60 % de la coopération internationale… d'où mon sarcasme plus haut sur l'odre constitutionnel.

Plus concrètement le public a posé des questions pratiques : les étudiants haïtiens de Marseille, plus nombreux cette année que les années précédentes grâce aux bourses françaises, ont demandé des choses concrètes pour leur retour et leur insertion professionnelle, les autres ont posé des questions sur les passeports et la recherche des papiers aux archives (il paraît que c'est plus simple de faire des faux). J'ai aussi posé ma petite question, celle de la double nationalité. Elle intéressait tout le monde, mais moi je n'ai  pas dévoilé ma vrai motivation : comme le ministre a assuré que ce serait chose faite prochainement et qu'on allait pas tarder à faire sauter l'obstacle constitutionnel (Haïti a vraiment besoin de sa diaspora !) nous allons pouvoir lancer sérieusement la Kompa Rockett Team pour les JO d'hiver 2018 !

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