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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Remettre la question du travail au centre des débats

Publié le 11 Novembre 2013 par Nadine in Réflexions profondes

affiche-rivages-1375100482-31252Il y a en ce moment aux archives départementales des Bouches du Rhônes, sur les deux sites Aix et Marseille, une exposition intitulée Marseille Provence, rivages des produits du monde et des ouvriers d'ailleurs. Je suis allée samedi voir le volet aixois sur les ouvriers d'ailleurs. Petite expo, mais très chouette que je vous conseille d'aller voir, en plus on ne se bouscule pas : j'étais seule (en plus c'est gratos et on vous donne de la doc).

Ce genre d'expo permet de remettre certaines pendules à l'heure : on y voit des ouvriers immigrés qui font les sales boulots, mal payés, qui logent dans des logements pourris, voire des bidonvilles. On voit aussi la construction des luttes au sein des organisations de travailleurs, que ce soient des syndicats ou des associations d'originaires, ce qui n'est pas incompatible. On voit enfin les lieux de sociabilité y compris la religion, mais aussi le bistrot ou les amicales sportives. Evidellement aussi des rapports de police douteux et des journaux racistes : la connerie est éternelle. Et au total de tout cela ? Et bien que l'on arrête de nous bassiner ! Pourquoi ?

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Disons-le une bonne fois pour toutes : les immigrés, ni ne viennent manger le pain des Français, ni n'amènent la misère. Les immigrés amènent de la richesse là où ils viennent parce qu'ils amènent leur force de travail qui génère de la plus-value. D'ailleurs, en général, le patron ne fait pas cadeau d'un boulot à celui qui l'emploie, il entre dans un rapport contractuel avec lui et doit partager la plus-value générée par le travail : c'est d'ailleurs ce partage qui pose problème depuis un petit moment.

Une fois ce préalable posé, c'est-à-dire de comprendre que l'immigré nous enrichit, on évitera de lui chercher des poux : oui l'immigré est différent et donc fait des trucs différents. Et alors ? Et si évitait de les stigmatiser, peut-être auraient-ils moins la tentation d'exhiber ce pour quoi on les stigmatise : les filles enfoulardées jusqu'aux yeux, dans une ostentation dévote finalement plus ridicule qu'autre chose, nous renvoient aux catégories que la société française a elle-même créées.

C'est avec émotion que j'ai vu ou revu des documents d'un autre temps, ceux des organisations de lutte qui intégraient sans complexe la dimension migratoire dans leurs communication ; où la question du travail était centrale dans l'activité revendicative. Sans vouloir revenir à un bon vieux temps qui n'a jamais existé — ces années 1950-1980 ce sont aussi les bidonvilles, les cités d'urgence, les chantiers cracra pour les bougnoules — je ne peux m'empêcher de penser que le discours était juste puisqu'il plaçait bien en son centre l'égalité de tous, la dignité dans le travail, et la juste rémunération du travail.

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