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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Souvenir des Isles en ce début d’automne

Publié le 24 Septembre 2017 par Nadine

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Le mois de septembre a été particulièrement pourri cet année du côté de chez nous : alternance de pluie et de Mistral depuis bientôt trois semaines. Il est vrai qu’on pourrait aussi bien être à Saint-Martin à compter les débris après le passage d’Irma.

Puisque nous sommes passés du côté obscur de la force, celui où les nuits sont plus longues que les jours, voici en guise de madeleine estivale, le récit de mon séjour à l’île à Vache.

 

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L’île à Vache est un paradis tropical. Enfin un paradis tropical pour vendeur de vacances sur papier glacé : sable blanc et beaux rochers, mer bleue turquoise, pêcheurs aimables, langoustes… Pour les iliens (dit-on les Ilavachiens ?) c’est un peu autre chose : les îles des pays du Sud sont l’insularité au carré et donc souvent le sous-développement au carré. L’île n’est pas reliée au réseau électrique, il n’y a pas d’eau courante, l’agriculture est pauvre et la pêche pas toujours miraculeuse.

Néanmoins l’île à Vache détient un trésor : c’est elle-même. Et les convoitises de ce trésor ont attiré les investisseurs et autres requins depuis quelques années. C’est d’abord un Français qui a bâti un gros resort, Port Morgan, achetant les terrains pour une bouchée de pain aux locaux avec l’aide des autorités. Puis, des Yankees ont bâti un autre resort, Abaka Bay sur la plus belle plage, la Anse du Four. C’est là que l’ancien président du pays venait en villégiature avec ses amis, en hélicoptère, aux frais du contribuable.

Profitant de mon statut visible d’étrangère, j’ai visité ces deux structures : l’une était totalement vide (et le groupe électrogène coupé), l’autre presque vide. Cela faisait presque pitié : des prix prohibitifs, des bâtiments mal faits, pas fini et déjà décrépis. Cela nous ferait rire, si ces opérations « hors-sol » n’avaient dépossédé les paysans de leurs terres les plus touristiques. Ainsi va Haïti : de croire encore qu’en copiant le pire de ses voisins, elle puisse être sauvée. Les Caraïbes disposent une capacité hôtelière surabondante à des prix bradés : qui viendrait dépenser US $ 250 ici ? Ou alors cette opération cache-t-elle autre chose ? Les projets pharaoniques du gouvernement précédent semblent aujourd’hui en panne : la résistance de la population n’y est peut-être pas pour rien.

 

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Ne perdons pas espoir. L’île à Vache n’est pas Labadie avec ses barbelés qui protègent ses croisiéristes. L’initiative locale y a droit de cité : nous avons logé chez Kay Jérôme, une guesthouse de trois chambres, sans confort inutile, à prix modéré et avec l’accueil chaleureux de la famille dont c’est aussi la maison. Nous avons mangé lambis et langoustes pêchées et cuisinées par un pêcheur du cru. Nous avons bu et dansé dans le disco du coin (que j’ai surnommé Disco des Maringouins, vu la densité des moustiques sur l’île). Nous avons arpenté l’île à pied, pris le bateau public, causé avec les gens et les quelques plaisanciers qui faisant halte ici. Avec Jenny nous avons passé trois jours lumineux, moitié dans l’air, moitié dans l’eau.

Oui Haïti peut devenir une destination de tourisme si elle ne copie pas ses voisins : l’offre backpacker aux Caraïbes reste à créer. L’île à Vache peut encore mettre un pied au cul des resort et développer l’offre de base avec en plus l’ingénuité des gens et toutes les couleurs de sa culture. Reste à espérer que les gros méchants qui appellent développement ce qui est expropriation soient aussi zombifiés que leurs infrastructures.

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Haïti chéri

Publié le 3 Septembre 2017 par Nadine

 

Comme vous pouvez le constater dans le titre, je n’ai pas mis de « E » à la fin de « chéri », contrairement aux habitudes bien ancrées des Haïtiens et des non-Haïtiens. J’ai d’ailleurs eu à ce propos une longue discussion par courriel avec un ami du Collectif Haïti de France qui argumentait d’après l’usage, convoquant nombre d’auteur à l’appui du féminin pour son pays. Je maintiens pourtant le masculin, conformément à la règle en grammaire française, qui veut que les noms de pays ne se terminant pas par un « e » soient au masculin. En effet Haïti est un pays et pas une île malgré les apparences… Pour éviter les débats, nous pourions utiliser le créole, langue sans genres, en écrivant Ayiti cheri.

 

 

 

 

 

Alors voilà, je suis allée cet été, comme le précédent, au bled. Alourdie cette fois-ci d’une valise supplémentaire ; je ne jurais donc pas dans le paysage, au milieu des diaspora, lors de l’enregistrement à Montréal. Sauf que pour ma part ce n’était pas des cadeaux à la famille (quoique…) mais une valise de livres, confiée par mon éditeur, à amener à la librairie la Pléiade. Il avait été question un moment d’aller animer quelque séminaire dans une université bien connue, ou d’une vente signature. Les rendez-vous ayant été pris trop tard, l’université ayant connu des grèves et août étant la période des vacances… bref, je me suis retrouvée les bras ballants, mais pas les pieds cloués au sol : j’ai assez vite quitté la chaleur étouffante et la poussière de Port au Prince et je suis partie dans le Sud où des aventures plus maritimes m’attendaient. Tout ceci, non sans avoir goûté des délices de la maison de Meyotte à Port-au-Prince et le charme de ses hôtes.

 

 

 

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