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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Le Kaiser du rock psyché, le Prince du funk et le roi de la rumba

Publié le 25 Avril 2016 par Nadine

Ils sont tous morts ce mois-ci. C’étaient tous, dans des genres différents, des seigneurs. J’en avais vu deux sur trois sur scène. Ce mois d’avril 2016 a été fatal sur trois continents.

Ce n’était pas un dernier pied de nez de sa part, prenons-le comme une dernière élégance : le Kaiser nous a quitté le 1er avril. Il a payé les dernières factures d’une jeunesse agitée et d’une vie sous le signe du rock n roll. Il avait été un musicien envoutant sous le nom de Lucas Trouble dans les années 1980 avec son groupe les Vietnam Veteran : rock psyché, claviers pervers, basse démoniaque. Il avait été surtout un producteur génial de génération de groupes. Old style dans son studio bourguignon encore analogique, il conspuait les amateurs d’une vaine modernité. Il était derrière la table, mais il s’investissait dans tous les groupes passés sous sa férule. Il aimait se décrire comme un tyran, le Torquemada de la table de mixage et effectivement il ne se gênait pas pour bousculer les musiciens qui passaient au Kaiser studio ou signaient sur son label Nova Express. On y trouvait des douves et des oubliettes, ainsi que des simulacres de torture : ce gothique de pacotille était au service de la musique. Le Kaiser ne comptait pas son temps pour que chacun sonne au mieux, mêmes ceux qui jouaient comme « David Gilmour avec des moufles » (je l’ai entendu dire cela !). Il montait parfois sur scène en guest star de ses poulains favoris : c’était alors un déluge de notes psychés acides sur orgue Hammond qui mettait en transe l’assistance.

Je l’ai rencontré pour la première fois en novembre 1991 à Paris. Henri était venu pour la gravure du premier opus des Needs. Nous avions ensuite passé la soirée ensemble, d’abord à une fête organisée par New Rose, puis à travers les bars de la nuit parisienne, et pour finir chez un pote à lui, tous méchamment éméchés. Je l’ai revu de nombreuses fois par la suite. Je ne sais pas si c’était ma personne ou la trace de cette première rencontre, mais je crois pouvoir dire que nous avions mutuellement une affection amicale qui durait. Le sachant malade, je comptais passer le voir cet hiver à l’occasion d’une semaine parisienne. Cela n’a pas été possible.

Le voici ici en version grosses guitares :

Ou en version blague du meilleur goût, orgue Hammond à l'appui :

 

 

Je n’ai évidemment pas connu personnellement les deux autres grands de la musique décédés ce mois-ci. Si j’ai souvent visité le Kaiser studio, je n’ai jamais reçu de bristol violet venant de Paisley Park ! Je ne sais pas si le Kaiser aurait aimé être associé à deux géants de musique noire. Mais il n’aurait pas détesté : il était beaucoup plus ouvert que le personnage qu’il aimait camper. Et surement plus que d’être associé au Mince Duc Blanc disparu en janvier dernier.

Nous avions failli voir Prince sur scène à la fin des années 1980. Il avait été programmé à Nice, peu de temps après y avoir tourné Under the cherry moon. Puis le concert avait été annulé et jamais plus je n’ai eu l’occasion d’aller le voir en live. Qu’on aime ou pas sa musique, il faut bien reconnaître deux ou trois choses : c’était un fabuleux instrumentiste, un guitariste virtuose qui, en plus, savait s’entourer d’excellent(e)s musicien(ne)s. Il savait aussi écrire des tubes efficaces, de sacrées bonnes chansons.

C’est un peu par hasard que j’ai vu Papa Wemba en concert. Il était en première partie de Peter Gabriel à Toulon en 1993 pour la tournée Secret World. Le concert de Gabriel était fabuleux, mais cette première partie congolaise a su convaincre elle aussi le public. Je ne savais pas que Papa Wemba était depuis longtemps déjà une star dans son pays et sur son continent. Ses tubes d’envergure internationale — Overdose, Ye te oh— sont sortis après. Il était déjà le pape de la Sape, le roi de la rumba zaïroise, il a chaviré le Zénith qui a chaloupé au son de la musique congolaise. Je ne savais pas encore que LE pays de la musique était le Zaïre devenu depuis la RDC. J’ai bien failli le voir une deuxième fois l’année dernière pour le réveillon, dans sa ville à Kinshasa. Puis nous avons fait autre chose… en musique et avec concert bien entendu ! Il est mort comme une star, en apothéose : sur scène, vedette du festival, dernier concert au bout de la nuit, dans une des villes les plus festives d’Afrique, Abidjan.

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Un week-end en famille

Publié le 11 Avril 2016 par Nadine

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Vous le savez déjà, nous sommes venus à Dakar avec You le cousin de Neel qui, lui, vient découvrir sa famille sénégalaise. Téranga oblige, et même sans téranga car ce sont des gens très chaleureux, sa tante A et son oncle I nous ont invités de week-end dans leur grande maison de Hann Bel Air. Outre que nous avons pu goûter à la gastronomie sénégalaise à base de riz, de mil ou de poisson, A nous amené faire un tour hier au sud de Dakar dans la zone qui était la sienne comme urbaniste quand elle était encore en activité. Moyennant quoi nous eu droit à tous les commentaires les plus éclairés sur les constructions et les projets de construction légaux, illégaux ou légalisés, les opérations d’urbanisme, le marché immobilier en parcelles non construites ou construites.

Nous avons commencé dans l’ancien puisque la première étape fut Rufisque. Les lecteurs érudits de ce blog, c’est-à-dire tout le monde, savent que Rufisque était la quatrième des communes de plein exercice du Sénégal durant la colonisation, ancien port portugais devenu français. C’est sur la Petite Côte d’ailleurs que les marchands judéo-portugais établirent leurs premiers entrepôts à esclaves à la fin du XVe siècle. Il y avait même une synagogue à Rufisque qui entretenait des liens étroits avec la diaspora d’Amsterdam au XVIe siècle, ces Portugais métissés qui avaient fait souche sur les côtes d’Afrique, loin de l’Inquisition et de son tribunal à Lisbonne. De la splendeur passée il ne reste pas grand-chose. C’est maintenant une banlieue du Grand Dakar. Quelques maisons coloniales sont rénovées comme à Saint-Louis, mais la plupart sont guettées par la ruine. Autre survivance coloniale, il y avait hier sur la place centrale un tournoi de pétanque réunissant des clubs de venus de tout le Sénégal !

Nous avons continué en allant au Lac Rose, haut lieu touristique sénégalais. En basse saison comme en ce moment, ce n’était pas la foule. Avec le vent, le lac était d’un rose profond. La promenade en barque nous a permis d’observer le travail pénible des ramasseurs de sel. Puis nous allées voir les dunes de sable avant d’aller dévorer un poulet grillé. D’ailleurs le poulet grillé sénégalais et d’ores et déjà un top touristique pour les garçons.

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Enfin, nous avons fini à Toubab Dialow, que l’on pourrait aussi surnommer Toubab Land. Il faut dire que c’est un très bel endroit, une côte en collines, avec la mer bleue au pied des villas, la plage de sable blanc, les pirogues. Et puis il a fallu rentrer. Ce matin, reprise des choses sérieuses : le surf !

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Chasse au trésor à travers Dakar

Publié le 9 Avril 2016 par Nadine

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L’activité principale à Dakar en mode Neel est le surf. Je vais encore vous en rebattre les oreilles prochainement. Dakar a cependant d’autres activités annexes, en dehors du surf. Ce sont celles qui me sont dédiées.

C’est avant-hier que je me suis plongée dans la jungle urbaine dakaroise : j’ai hélé un taxi en lui demandant d’aller au « building administratif ». Ma copine T. qui travaille en histoire coloniale m’avait demandé si, à temps perdu, je pouvais aller faire quelques recherches pour elle aux archives judiciaires de l’AOF. N’étant pas dans la pratique du surf, il me restait quelques loisirs pour accomplir cette mission. En communication constante par whatsapp avec T., je suis montée dans ce taxi. Evidemment le taximan ne parlait pas français et ne savait où était le building administratif, mais le débrouillardise sénégalaise a fait le reste : arrivé au Plateau, il s’est renseigné auprès d’un type avec une cravate et a trouvé.

Il a surtout trouvé un chantier, comme vous le montre la photo ci-dessus. Le building administratif est en pleine rénovation. J’ai envoyé un whatsapp de déception à T., qui, depuis, recherche où sont bien passé les archives de l’ancienne capitale de l’AOF. En espérant qu’elles ne soient pas devenues un objet archéologique sous le chantier.

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Il fallait donc éponger ma déception d’historienne et de chasseuse de trésor. Quoi de mieux que de se vautrer dans la consommation ? Sans descendre du taxi, je lui ai donné ma nouvelle direction : marché HLM. Grâce à Aziz, je savais que c’est là que se trouve la Mecque du wax à Dakar. Je n’ai pas été déçue. Des kilomètres de boutiques grandes et petites, des boubous, des chemises colorées made in China ou ailleurs, des babouches, des tongs en plastiques et surtout… des wax ! Sans me presser, j’ai un peu fait le tour de la question (en connaissant déjà l’échelle des prix), et j’ai jeté mon dévolu sur une boutique particulièrement bien achalandée où j’ai acheté douze wax de 6 yards, ce qui fait un paquet de textile.

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Alourdie par ces emplettes, j’ai repris des forces dans un micro-resto du marché avant de revenir étaler mes merveilles au surf camp. Une partie est depuis hier chez le couturier pour se transformer en robes.

 

 

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Comme un champion

Publié le 6 Avril 2016 par Nadine

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Depuis que nous avons quitté la plage de Yoff en août 2014, Neel a grandi, et il a travaillé son ride sur la vague au Maroc et au Portugal. Il est donc maintenant dans le groupe confirmé, voire expert du Malika surf camp. Comme il n'y a pas beaucoup de monde, bien souvent il a son prof pour lui tout seul : par exemple aujourd'hui il était aux Almadies tout seul avec Libasse en train de chercher le tube, pendant que j'étais à boire un café en terrasse devant le reef break. Puis, terranga oblige, nous sommes allés manger un tiboudiene, tous accroupis autour du plat avec une cuillère ou tout simplement les mains.

Comme vous pouvez le constater avec le cliché ci-dessus pris à N'Gor, la température de l'eau n'est pas celle du mois d'août : en desssous de 20°C, combi obligatoire ! Il y a en plus un petit vent frais venu du large, qui refroidit l'atmosphère, surtout le soir. Malgré tout le soleil tape bien en version tropicale ; les coups de soleil dont j'ai du mal à me remettre (peau d'hiver de blanche le premier jour + soleil traitre = cocktail redoutable) sont là pour en témoigner.

Sinon pour le reste, tout est à sa place : Marta et Aziz, leurs filles et maintenant leur fils, la cabane sur la plage, le vendeur de sandwiches sénégalais et de café touba, la vendeuse de collier, le maitre-nageur sympathique et tout le reste qui fera l'objet de prochains post de blog.

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Retour sur le continent de nos ancêtres

Publié le 2 Avril 2016 par Nadine

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Nous venons tous d'Afrique puisque notre grand-mère à tous s'appelle Lucy (et si ce n'est pas elle, c'est sa cousine). Mais certains ont des ancêtres plus proches venant du continent noir (j'emploie à dessein cette expression coloniale) : Neel, mon fils, tire ses racines africaine de la traite atlantique, et plus proche encore mon neveu You a un papa qui vient du Sénégal. C'est avec eux deux que je vais demain prendre l'avion direction Dakar.

Si pour You c'est une grande première, pour Neel c'est une redite. Et même une totale redite puisque nous irons au même endroit, au Malika Surf Camp, place BCEAO, à Yoff, chez Aziz et Marta. Pour Neel le programme est simple : surf, surf et surf. Il n'envisage pas de quitter la plage de plus de 50 mètres ou alors pour une bonne raison (par exemple une invitation à manger le soir, un match de foot, mais surement pas des visites comme l'île de Gorée il y a deux ans).

You a lui un programme plus familial. Sa tante Amy est impatiente de le connaître et j'ai cru comprendre que la famille stricte et élargie l'attendait. Et s'il veut faire du surf, il pourra toujours venir nous voir, nous sa famille maternelle.

Quant à moi, j'ai programmé pour ces douze jours… rien ! Ou presque rien. J'amène une pile de livre, mon ordi et mon tapuscrit à finir. Et puis aussi les courses à faire pour ma copine africaniste qui veut que j'aille lui photographier des archives, sauf qu'il paraît qu'ils sont commencé à raser le bâtiment sans déménager tous les cartons et que le travail d'archive ressemble de plus en plus à de l'archéologie. Une belle course au trésor en perspective.

Voilà en gros le programme. Pour raviver les souvenirs, ci-dessus quelques clichés pris il y a deux ans au même endroit pour les mêmes activités.

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