Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Diner spectacle

Publié le 25 Septembre 2013 par Nadine dans Epicurisme et gastronomie

PhotoService.com

Suite des aventures culinaires puisqu'une fidèle lectrice m'encourage dans cette voie. L'aventure s'appelle ce mois-ci Métamorphose et se déroule dans le cadre de Marseille 2013. Je rappelle encore ici que Marseille est cette année la capitale de l'Europe qui compte dans notre cœur, celle de la culture. Le principe de Métamorphose est le suivant :

Et si la ville se transformait en immense terrain de jeu? Lieux publics, centre national de création en espace public, invente Métamorphoses.

Pour l'épisode 1, j'ai bêtement raté samedi soir les projections sur la Canebière mais je me suis rattrapée avec le banquet géant le lendemain encore sur la Canebière. On avait dressé des tables tout du long, et quand on sait que partout elle est populaire et qu'elle fait le tour de la terre, cela vous donnait une idée de l'ampleur de la table à dresser. La photo officielle ci-dessus faite par moi-même vous en donne un aperçu.

Il s'agissait du Grand Bavardage : pendant que chacun pouvait s'asseoir avec son pique-nique ou manger les tartes amenées dans le cadre de l'Appel à Tartes, on pouvait passer de l'entrée au plat puis au dessert en changeant de convives et surtout de spectacle car chaque table accueillait une compagnie différente.


PhotoService.com

 

Nous avons ainsi, avec Anne ma voisine, mangé nos tomates en écoutant des comédiennes nous expliquer avec beaucoup d'humour la parfaite ménagère des années 1950 à 2050.

 

PhotoService.com PhotoService.com PhotoService.com

 

Puis nous avons continué le menu en écoutant un fakir, de la chora, du oud, un conteur et terminé le dessert avec l'expérience sensorielle de se priver de la vue ou de l'ouïe.


PhotoService.com

 

A l'heure du café, nous étions avec un magicien (j'adore !). Il y avait même une chèvre, un cochon et des lapins sur des tréteaux qui n'avaient jamais aussi bien porté leur nom.


  PhotoService.com

 

La semaine prochaine le théâtre sera la Gare Saint-Charles : je vais à Paris mais je serai de retour à temps dimanche dans l'après-midi pour voir les spectacles autour des escaliers et de l'esplanade. Vivement dimanche !


commentaires

Mwen renmen ayisyen manje (1)

Publié le 21 Septembre 2013 par Nadine dans Haïti

On pourrait croire à fréquenter Neel que l'Haïtien se nourrit essentiellement de riz et d'un peu de porc, sous forme de lardons pour mon fils. Et bien… c'est vrai ! Mais il n'y a pas que cela, et je dois dire que si la cuisine en Haïti est assez roborative, elle n'en reste pas moins délicieuse et authentique. Si vous cherchez des salades légères à l'huile d'olive, des steaks épais et bleu et des fromages coulants et odoriférants, passez votre chemin, mais après tout quand on n'est pas chez soi, on dois pas chercher à manger la même chose qu'à la maison sinon on n'a qu'à y rester, non ?

 

 

PhotoService.com

 

 

 

Ci-dessus vous avez des bananes bouillies, des zaboca — avocat énormes et comme du beurre — des feuilles avec du kochon en sauce.

Ce ne sont pas des bananes fruits comme ici qu'on appelle figues là-bas, ce sont des bananes vertes utilisées comme légumes. Au passage notons que les abricots de là-bas ne sont pas ceux d'ici, pas plus que les cerises. Et comme ils sont persuadés d'avoir raison, ils ont même un fruit utilisé comme légume qu'on appelle le véritable, c'est dire ! (photo ci-dessous)

 


PhotoService.com

 


Toujours au chapitre des bananes, voici des bananes pesées (écrasées) qui se font avec des bananes plantains, ces énormes bananes légumes très dures quand on leur enlève ce qui les recouvre (tout ceci est un fait bien connu pour les bananes des Haïtiens). Le décor ici est la plage Belli Beach à Labadie, on a fait pire comme ambiance…

 

 

PhotoService.com

 

 

Ci-dessous vous avez un délice de la cuisine rurale haïtienne, le petit mil. Cette céréale rustique, importée d'Afrique comme ceux qui la mangent (rappel, la banane vient d'Insulinde) a la réputation d'être un plat de la campagne, parfois un peu méprisée par les urbains qui lui préfèrent le riz d'importation américaine. C'est un tort, car préparé avec ce qu'il faut, ici des pois, un peu de légumes, avocat et igname, c'est un plat qui allie l'authenticité du terroir avec un goût délicieux.

 

 

PhotoService.com

 

Pour finir aujourd'hui, vous avez tous remarqué que ce titre de ce post avait le numéro 1 augurant de chapîtres ultérieurs, voici le roi des rois, le riz. Préparé ici avec des pois, je ne dirai pas qu'il accompagne la viande en sauce, c'est plutôt le contraire, car les Haïtiens aiment tellement le riz qu'il est un plat à lui tout seul.

 

PhotoService.com

 

C'est tout pour aujourd'hui. Prochainement le lambi, la soupe joumou, le maïs moulu, et encore plein d'autres choses pour vous mettre en appétit.

commentaires

Quelle reconstruction ?

Publié le 14 Septembre 2013 par Nadine dans Haïti

PhotoService.com

Alors que les réfugiés à Port-au-Prince s'apprêtent à passer leur quatrième saison cyclonique sous la tente, voir la photo ci-dessus, faisons le point sur ce que j'ai vu de la reconstruction. Rappelons ici que ce blog n'a jamais cherché à être objectif, c'est MON blog, je raconte ce que je veux, à partir de ce que je vois et de ce que je crois.

Après le 12 janvier 2010, la communauté internationale, ce qui restait de l'Etat haïtien, bref tout moun, ont proclamé : profitons de cette opportunité dramatique pour refaire en mieux, rebâtir des murs, une société, un Etat mieux qu'avant et mettons-y les moyens. Jugeons maintenant l'arbre à ces fruits qui ont coûté fort cher puisque ce sont des milliards qui sont arrivés ici.

PhotoService.com

Effectivement on a reconstruit. On a d'abord évacué les réfugiés les plus voyants et les camps sont maintenant mieux cachés derrière des murs ou des barrières. On peu circuler à présent dans le centre, place du Champ de Mars et à Pétionville, tout va bien. On a reconstruit… Pétionville en plus beau qu'avant. Précisons ici que Pétionville c'est le Neuilly local, avec un écart de richesse encore plus grand qu'entre Neuilly et Bobigny. On ne compte plus les hôtels de luxe des grands groupes internationaux, la place Boyer est refaite de neuf avec des équipements publics et de la peinture fraîche (photo ci-dessus). Je suis allée prendre un verre au dernier étage d’un grand hôtel, c’était superbe avec la vue sur les bidonvilles en contrebas, eux aussi repeints en couleurs, Sweat Mickey pensant que la misère est moins pénible au soleil et en couleur.


PhotoService.com

 

Ne soyons pas mauvaise langue jusqu’au bout, il y a aussi des logements sociaux : ce sont des petites boites aussi en couleur que l’on a construites en périphérie de Port au Prince. Elles sont mignonnes, toutes alignées au pied de Morne à Cabrit mais… elles sont vides. Ce n’est pas qu’on manque de candidats pour habiter des logements en dur, c’est que la communauté internationale a oublié deux choses : pour habiter quelque part il faut faire aussi autre chose qu’y habiter et il faut des infrastructures et des équipements. Or ces maisons n’ont ni eau, ni école, ni dispensaire, ni réseau de transport et sont loin de tout, en particulier des lieux de travail. Elles n’intéressent donc personne hormis les entreprises qui ont eu le marché et ont été grassement payées.

PhotoService.com PhotoService.com

 

Cependant Port au Prince se reconstruit. On construit comme d’habitude : mal. Les entreprises de construction ne multiplient par exemple le long de la route qui mène à Léogane et dans le Sud, là où le séisme fut le plus dévastateur. Et pour faire tout ce béton, on mange la montagne déjà déboisée avec des carrières à ciel ouvert sans précaution quant à la santé et à la sécurité des ouvriers ou des villages alentour.

Bref, il y a eu loin de la coupe aux lèvres, bien mieux, la coupe s’est éloignée des lèvres, celles qui ont prononcé de belles paroles en 2010. Discutant avec G.C., directrice d’une clinique dentaire remarquable à Port-au-Prince, elle me disait que les beaux discours de la solidarité aux lendemain du séisme n’avait été que des discours : le séisme a renforcé les égoïsmes, les chacun pour soi. Le chacun pour soi est aussi une attitude de classe : c’est bien les puissants qui se sont servis les premiers pour leurs propres intérêts dans cette histoire. L’argent n’a pas coulé en vain, mais c’est toujours dans les mêmes poches qu’il est allé. C’est une nouvelle catastrophe pour la Perle des Antilles. 

commentaires

Un autre style de croisière

Publié le 10 Septembre 2013 par Nadine dans Epicurisme et gastronomie

PhotoService.com PhotoService.com

Je vous parlais mardi dernier des croisières de gros beauf aux Caraïbes et du scandale de la privatisation des plages haïtiennes. En contraste, l'article d'aujourd'hui traitera d'une croisière populaire organisée par le service public.

Vous n'êtes pas sans ignorer que Marseille est cette année la capitale de l'Europe qui compte : celle de la culture. Y a certes des trucs à redire, mais dans l'ensemble, il faut souligner qu'il y a de belles réalisations, nous y reviendrons prochainement. Parmi les trucs sympa inaugurés cette année et qui vont même encore exister l'année prochaine, il y a le service des navettes maritimes entre le Vieux Port, l'Estaque et la Pointe Rouge. C'est la RTM qui organise, ce qui est normal puisque c'est la Régie des Transports Marseillais et il n'y a pas de raison qu'elle se limite aux bus, métro et tram. Les abonnés de la RTM y ont donc accès, pour les autres c'est 3 € avec la connextion bus, métro ou tram derrière. En 40 mn de croisière vous êtes rendus de l'autre côté de Marseille, sans les bouchons et avec une plus belles vue que celle des couloirs du métro.

Samedi dernier, le succès était tel que j'ai attendu 1h15 avant de pouvoir embarquer. Le beau temps avait incité les Marseillais à prendre la mer. Ils n'étaient pas les seuls puisque c'était septembre en mer, 2013 bateaux dans la rade, du petit pointu au Belem avec ses trois mats qui dominaient tout le Vieux Port. Grace à cette attente inattendue j'ai pu écouter la fanfare de la marine nationale qui s'est taillé un franc succès, mérité, auprès des Marseillais. Puis je suis partie au soleil couchant vers l'Estaque où m'attendait René : j'ai profité de la fête du quartier, mangé des panisses dans un cornet en papier et je suis rentrée de nuit en profitant de la fraîcheur et des lumières de la ville.

Alors les buffets des croisiéristes et les orchestres de la croisière s'amuse aux Caraïbes, je leur laisse, moi j'ai eu bien mieux et bien plus sympa !

PhotoService.com PhotoService.com PhotoService.com

commentaires

Labadie c’est un paradis (mais pas pour tout le monde)

Publié le 3 Septembre 2013 par Nadine dans Haïti

 

L’orchestre Tropicana d’Haïti dont je causais samedi dernier compte sans son répertoire le titre Labadie dont les paroles disent que Labadie c’est un paradis. Une autre chanson par ailleurs proclame que Divalye San Parèy (Duvalier sans pareil), comme quoi il ne faut pas toujours écouter les chansonnettes.

Je vous laisse apprécier la vue de Labadie de l’intérieur du ghetto doré dans la vidéo ci-dessus.

Labadie, la plus belle plage d’Haïti a été louée en 1985, au temps de Duvalier fils, pour cinquante ans à la compagnie Royal Caribbean International qui exploite le site et l’a transformé en Disneyland tropical. Ne nous attardons pas sur le mauvais goût de ce type d’installation et sur la dénaturation du site exceptionnel, voyons plutôt le scandale national et social de l’affaire.

En face du paradis des croisiéristes et surtout des actionnaires de la Royal Caribbean International, se trouve le village de pêcheurs de Labadie, environ 2000 habitants. Nous étions tout proche de notre hôtel de Belly Beach et je n’ai pas pu m’empêcher d’aller y faire un tour à pied en guise de promenade et pour me frotter aux autochtones (ce que détesteraient sûrement les touristes qui préfèrent des cabines de luxe des navires de croisière). Devant le quai où accostent les petites barques, celles des pêcheurs ou celles des navettes puisque le village n’a pas de route, se trouve la place centrale du village où jeunes et vieux se rencontrent, jouent aux dominos ou aux cartes, et s’ennuient ferme pour beaucoup. C’est donc avec facilité que j’ai pu engager la conversation avec certains. Il faut dire que beaucoup d’entre eux sont au chômage : pour se faire embaucher en face il faut parler l’anglais et graisser la patte de quelques manager en milliers de dollars US. Autant dire que la montagne de dollars qu’ils voient défiler chaque jour ne les concerne pas puisque le village n’a pas d’école digne de ce nom et que la plupart des gens n’ont ni revenu, ni crédit à la banque. Si c’était le cas, ils auraient peut-être aussi l’électricité, l’eau courante, un dispensaire et surtout ne reviendrait pas comme un leitmotiv qu’ils ont faim, alors qu’en face les buffets débordent de victuailles (oui, oui, allez voir les commentaires sur trip advisor).

La compagnie de croisière verse 10 US$ par visiteur à l’Etat haïtien, ce qui fait 10 millions de US$ par an. On se demande où va l’argent… En échange, l’Etat haïtien a perdu toute souveraineté sur le site : les passagers ne présentent pas leur passeport, n’utilisent pas la monnaie nationale la gourde (les attractions coûtent jusqu’à 100 US$), d’ailleurs beaucoup ne savent même pas qu’ils sont en Haïti et ils n'ont pas le droit d'accoster pour voir des vrais Haïtiens lors de leurs excursions en scooter des mers ou en canoé. Des barbelés, doublés de gardes armés protègent la poule aux œufs d’or. Car, bien évidemment, les Haïtiens, expropriés, n’ont pas accès aux plages ou aux équipements.

Voilà ce qu’est le tourisme aujourd’hui en Haïti. La prochaine victime s’appelle l’Ile à Vache dans le Sud : un hôtel de grand luxe, des capitaux étrangers, pendant que les habitants du village non seulement n’en profitent pas, mais en plus se font expulser. Le ministère du tourisme met en ce moment des bouchées double pour attirer les investisseurs. L’objectif n’est pas celui d’un tourisme d’investissement et de développement local, en harmonie avec les populations et de découverte du pays : c’est une nouvelle catastrophe pour la Perle des Antilles.

 

PhotoService.com PhotoService.com PhotoService.com

commentaires