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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Je remonte la pente en camion

Publié le 29 Septembre 2011 par Nadine dans Niouzes narcissiques

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Je n'ai pas fait la rentrée cette année, mais j'ai bien compris qu'elle ne s'était pas bien passée. Pas parce que m'attend un emploi du temps pas génial, c'est parce que, à force de suppressions de postes au Sarkoland, les classes explosent, les options s'envolent, les aides disparaissent et ils ont beau nous dire qu'on peut faire aussi bien, voire mieux, en enseignant autrement, nous ne sommes pas dupes. D'ailleurs, même le privé n'était pas dupe, c'est dire (et pourtant on les déteste : nationalisation sans indemnité ni rachat).

Alors la grève de mardi a été massivement suivie partout, et sous le soleil on a fait une belle manif à Marseille (capitale mondiale des manif, faut-il le répéter). Pour moi cela a été ma grande rentrée syndicale et amicale avec plein de gens qui sont venus me faire la bise avec tous un mot gentil. J'avais aussi prévu le coup et j'avais réservé ma place dans le camion avec mes boules quies pour le bruit. J'ai donc fait la partie rues qui montent dans le camion et la partie rues qui descendent en faisant des bises. Et avec toutes ces émotions, j'ai bien manqué m'endormir dans la voiture retour.

Après la maison, les rues d'Aix, la mer et les calanques, me voici heureuse à savourer un autre plaisir de l'existence : je suis rentrée vanée mais tellement contente !

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Je remonte lentement la pente (2), même celle des calanques de la Côte Bleue

Publié le 26 Septembre 2011 par Nadine dans Niouzes narcissiques

Je commence par donner quelques précisions à propos de la recette de la semaine dernière : il s’agit bien pour la recette de bananes plantains. Ce ne sont pas les petites bananes asiatiques, appelées aussi mignonettes, sucrées et pleines de goût qui fondent dans la bouche. Ce ne sont pas non plus les banales bananes US de supermarché qui n’on ni goût ni tenue. Ce sont des grosses bananes, bien dures, qui ne se mangent pas sans être préparées, et que l’on trouve chez les marchands africains… ou haïtiens pour ceux qui en ont près de chez eux.

Bref, après cette précision gastronomique essentielle, revenons aux niouzes narcissiques. Je remonte de mieux en mieux la pente. J’étais vendredi dernier en hospitalisation de jour à l’hôpital Nord où j’ai passé un scanner et une échocardiographie. Apparemment tout se remet en place, mais ils n’ont toujours pas trouvé la cause de la maladie : ils se réunissaient même cet après-midi-là pour discuter de mon cas (moi qui aime la reconnaissance, j’en ai des louches avec de grands spécialistes !). On m’a quand donné encore 15 jours d’arrêt maladie pour que je finisse de remonter la pente.

Depuis la semaine dernière, je me suis remise à la piscine ; je vais à Cuques, juste à côté. Je fais 250 mètres et ressors essoufflée. Est-ce que je retrouverai mon kilomètre avant la fin du mois d’octobre ? Je pense reprendre le vélo pour aller en ville cette semaine. Je continue de travailler les muscles des jambes en marchant. Du côté de la tête, l’amélioration se fait aussi sentir, je suis moins sensible au bruit et je fatigue moins. Il me faut néanmoins encore la sieste quand je reviens de la ville et même en général au moins deux ou trois siestes par jour.

Signe que cela va mieux, j’étais avec les copains du SNES samedi dans les calanques de la Côte Bleue. Armée d’un bâton de ski en guise de canne et m’étant délestée de mon sac à dos, j’ai pu faire la petite marche comme tout le monde. Neel, lui, portait le plus lourd sans problème. Je l’ai payé dès le lendemain et encore aujourd'hui avec des crampes partout, mais j’étais très fière de l’avoir fait.

Alors demain, à la manif, je marche un peu ou je ne fais que du camion ? En tous cas ce sera avec  des boules quies pour le bruit.

 

Sur cette photo, nous attendons le train de 17h52…


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Neel s'est baigné plusieurs fois. Moi aucune.

 

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Leçon de banane pesée

Publié le 20 Septembre 2011 par Nadine dans Epicurisme et gastronomie

Pendant ma convalescence, je continue de recevoir. Certes je suis au rythme mémé, je ne bois pas (avec 3 infarctus au foie c'est plus prudent), je me couche tôt, mais je ne vis pas comme une recluse. Jeudi dernier c'était Evens qui était à la maison avec Lorelei : il faut dire qu'Evens partait le lendemain à Paris où il a trouvé un job intéressant. Il était donc indispensable qu'il vienne à la maison compléter ma culture haïtienne. Evens depuis deux ans est mon prof de créole : il me corrige systématiquement, m'apprend l'orthographe et les expressions les plus typiques. Je trouve que nous étions un peu dans le relachement depuis quelques mois, alors Evens a frappé un grand coup : un cours de bananes pesées.

La banane pesée ou plutôt bannann peze pour le dire dans la langue de Sweat Mickey, c'est le B-A-BA de la cuisine créole, la friandise de base des repas et donc si je veux me faire passer un jour pour une Haïtienne, connaître la recette de la banane pesée est indispensable. C'est donc en pensant aussi à vous, fidèles lecteurs, que je j'ai concocté ce diaporama dans lequel Evens vous dévoile tous les secrets de la banane — et la banane plantain est d'un volume toujours intéressant — depuis son effeuillage, son trempage, ses cuissons et son pesage ce qui veut dire se faire écraser.

Ingrédients :

Bananes plantains (ici 3). On les trouve chez les marchands africains, parfois chez les Chinois (place Delacroix à Marseille, il y en a de toutes sortes).

Huile de tournesol.

Eau et sel

Instruments :

Une grande poêle

Une assiette creuse

Un pèse-banane ou à défaut deux assiettes

 

 

Rappel : la précédente leçon de cuisine créole (mais de la Réunion !) était le rougail pistache par Jef à suivre là.


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Je remonte lentement la pente

Publié le 15 Septembre 2011 par Nadine dans Niouzes narcissiques

http://travelforumglobe.com/MGalleryItem.php?id=298Cela fera donc une semaine demain que j’aurai quitté l’hosto. Mes progrès ne sont pas quotidiens mais presque. Presque parce qu’ils sont dans le à peine perceptible.

Tout d’abord ce qui ne va pas, le sommeil. A l’hôpital, je m’endormais avec des somnifères, ce qui me permettais d’avoir tous les matins une enclume sur la tête. Trois nuits avant de partir, j’ai décidé de m’arrêter d’un coup, sevrage brutal. Cela m’a permis d’observer longuement le plafond ou la vue sur le 15ème arrondissement depuis la fenêtre. De retour à la maison, le sommeil continue à être perturbé, d’autant plus que je bois près d’un litre et demi d’eau par nuit (dans la journée c’est au moins deux ou trois litres, ce vous laisse calculer la distance parcourue jusqu’aux toilettes par tranche de 24h). Donc… je lis des BD débiles, j’écoute quelques podcats etc…

Le reste s’améliore. C’est dans les jambes que j’ai perdu le plus. Ce week-end, monter l’escalier ressemblait à l’Annapurna. Je réfléchissais longtemps avant d’aller faire quelque chose à la cave ou au studio. Maintenant, je ne suis pas encore un mouflon, mais je ne m’appuie plus systématiquement à la rampe. Je m’astreins à des exercices comme la marche.

Le plus lourd reste les sens et les sensations dans la tête. Les sens sont toujours perturbés, en particulier le goût. Il faudra attendre un bon moment pour que j’élimine toute la chimie que j’ai eu dans le corps (et qui m’a guérit). La tête est toujours un peu lourde, et les bruits m’arrivent comme amplifiés, plus agressifs. Heureusement que ma maison est bien calme, idéale pour la convalescence. La fatigue ou plutôt la fatigabilité diminuent mais très lentement : je fais de longues siestes, matin, début et fin d’après-midi, et le moindre effort, doit être suivis d’un repos. La capacité de concentration revient, autant pour lire que pour écrire.

J’ai fait hier un grand pas en avant : je suis allée toute seule en ville avec le minibus qui passe presque devant ma porte. Le centre ville piétonnier m’a paru aussi bruyant que les grandes artères de Bangkok, j’en avais presque la tête qui tournait, mais c’était le bonheur. J’ai fait quelques courses pendant une heure puis je suis rentrée épuisée. Epuisée mais très contente d’être sortie.

Voilà pour ce post très narcissique, les suivants vont feront encore part de la suite de mes progrès.

 

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Lakay se lakay

Publié le 12 Septembre 2011 par Nadine dans Niouzes narcissiques

Mes nombreux lecteurs devenus créolophones n’en ont pas besoin, mais par charité envers les nouveaux venus, je donne la traduction du titre : la maison c’est la maison.

Le dernier post depuis l’hôpital l’annonçait : ça y est, je suis rentrée chez moi, villa Dimanches. Ca y est j’ai retrouvé mon ti moun avec sa grosse voix et qui fait bientôt ma taille.

C’est ma maman qui m’a raccompagnée : elle m’a raconté qu’elle était venue me voir dix-huit fois et certains des épisodes qu’elle me rapportait avaient échappé à ma mémoire. Mais l’important n’était pas là. J’étais sans perfusion, libre de mes mouvements, de retour dans la vie ordinaire. La sortie avec le soleil, les autos, m’a laissée étourdie, comme dans un manège mais j’appréciai chaque instant, même revoir Plan de Campagne ou mieux la Sainte-Victoire par la vitre de la voiture.

L’arrivée à la maison a été un grand moment d’émotion. Ma mère m’avait fait près d’un mètre cube de courses (ou presque) puisque je suis dans l’incapacité de sortir. On a tout rentré et rien que tout cela m’a épuisée. Je me suis retrouvée seule, et là chaque mur, les arbres par la fenêtre, les affiches, les meubles, tout me faisait pleurer de joie de retrouver la vie quotidienne qui est apparue alors comme la plus belle. Je ne vous raconte pas quand Neel est arrivé à 17h15 !

Depuis trois jours, je ne suis pas sortie de chez moi ou presque (juste hier chez JJ pour manger à midi mais le soleil et le vent m’ont fait tourner la tête au bout d’une heure). Je retrouve mes marques au ralenti. Ma voisine de 85 ans est plus rapide que moi dans les escaliers, je me traîne et au bout de deux trucs, je vais faire une sieste. Mais au-delà des capacités physiques, j'ai perdu plus de huit kilos, des muscles surtout, il faut que je retrouve aussi ma concentration pour pouvoir lire plus de cinq pages d’un roman facile et aussi quatre de mes cinq sens (la vue est impec) qui sont encore brouillés par les sons et les odeurs de l’hôpital et surtout par toute la chimie que j’ai reçue. Tout cela va venir petit à petit.

Je déguste chaque moment de bonheur domestique, surtout hier qui a été le premier soir où Neel est revenu dormir ici, chez lui. Je vous tiens au courant de tous mes progrès.


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Encore à l'hôpital, l'ennui de la dernière semaine, celle où je n'étais plus dans le pâté. L'ordinateur comme bouée de sauvetage mental. Au premier plan le délicieux repas de l'hôpital et le jus d'orange que je ne vais pas tarder à vomir. Au bras droit la perf d'antobio.


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La sortie : devant le panneau d'entrée du service de l'hôpital nord.


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L'entrée dans ma maison. J'ai fondu.

 

 

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Vive la vie !

Publié le 8 Septembre 2011 par Nadine dans Niouzes narcissiques

http://68.snuipp.fr/IMG/jpg/J_aime_le_service_public.jpgJe sors demain de l'hôpital !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Trois semaines, sauvée, revenue de très loin jusqu'aux bouches de l'enfer. Il y a deux semaines j'envoyais, des brumes de la maladies et de la moprphine, à un ami, le texto suivant : tes cauchemars sont plus beaux que mes jours. Demain mon rêve le plus simple et le plus sincère se réalisera : je rentre chez moi et je retrouve mon ti moun. Avec dix kilos de moins, me rebatir mais heureuse.

Vive la vie ! Vive la la liberté ! 

Et vivent les services publics mais ça on en recause dans un prochain post.

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En France on guérit tous les gens dans les hôpitaux

Publié le 6 Septembre 2011 par Nadine dans Niouzes narcissiques

http://www.metrofrance.com/_internal/gxml!0/r0dc21o2f3vste5s7ezej9x3a10rp3w$osxpuvx3ylr7gosfmqi2hw227k794kd.jpegEn France c’est pas comme en Haïti, on guérit tous les gens dans les hôpitaux, a dit Neel a son père et à JJ en sortant de l’hôpital d’Aix il y a quinze jours. Si le blog s’est arrêté il y a près de trois semaines, c’est pour cause de retour en France direction hôpital directement avec 40° de fièvre depuis Hanoi. Après un passage par la case morphine, près de deux cents prélèvements en tous genres, un passage par les réa à la Timone et à ma deuxième semaine au service des maladies tropicales de l’hôpital Nord de Marseille avec une perf d’antibio à dose de cheval (et la température et moi-même redevenus normaux), personne ne sait d’où vient ma maladie. Si c’est une sale bête (bactérie, virus ?) on l’appelle Nguyen depuis le Vietnam. On continuera à l’appeler Nguyen si on ne trouve pas. J’espère revenir à la villa Dimanche à la fin de la semaine.

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