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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Soirées dansantes (incontournables !)

Publié le 31 Août 2013 par Nadine dans Haïti

Le père m'avait bien dit que ne pas aller danser en Haïti, c'était un péché. Comme je ne voulais pas rester en état de pécheresse, j'ai obéi et je suis allée danser trois fois, toujours sur de la musique live, au son des orchestres de l'île.



La première fois, ce fut la soirée culturelle au forum des jeunes à Aquin. C'était le groupe Dawomé qui se produisait avec musiciens et danseurs pour la plus grande joie des 150 jeunes rassemblés. Dawome joue de la mizik rasin, musique racine, qui se veut plus traditionnelle et à mon avis, comme beaucoup de choses est d'abord une réinvention de la tradition avec tambours et danses champêtres. L'écho de l'Afrique annoncé dans le nom du groupe, Dawome (Dahomey) doit se lire d'abord comme la revendication d'une culture populaire, plus ancrée dans l'âme la pays : un programme politique sous forme festive.

 

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La deuxième fois c'était au Cap. Tropicana d'Haïti, gloire du Nord, célébrait son cinquantième anniversaire. Du kompa très classique, très bien excécuté, en grande formation avec cuivres et choristes. Tout le monde a dansé sur la piste et mon cavalier empressé m'a fait sentir la vigueur de ses sentiments de manière explicite (cruelle que je suis, je n'ai pas donné de suite). Dans la vidéo ci-dessous, vous n'aurez pas l'orchestre dans son ensemble, mais vous aurez un aperçu du rendez-vous champêtre à l'haïtienne, c'est le titre de la chanson (randevou champet) : tout d'abord les paroles nous font faire le tour des paroisses et des saints, puisque le rendez-vous champêtre est un dimanche et que l"on n'y recherche ni le calme campagnard, ni le grand air. Sur les images vous pourrez aussi voir les beautés du Nord, ses plages, ses monuments. Vous pourrez aussi observer des tap-tap, les barques de Labadie, l'ambiance d'une plage le dimanche, et celle d'une piste de danse. Bref, l'ambiance tropicale comme le promet le nom du groupe !


 

La troisième soirée dansante a été à Port-au-Prince, dans un des monuments de la capitale, l'hôtel Oloffson, où se produit tous les jeudi soir l'orchestre RAM dont la réputation n'est plus à faire : pour en savoir plus je vous renvoie à l'article wikipedia in english. De la mizik rasin encore, mais cette fois-ci en version professionnelle et plus rock'n'roll, du Vodou rock 'n' roots comme le qualifie son fondateur et principal musicien, Richard A. Morse. D'ailleurs toute la déco de l'hôtel tourne autour des objets et décorations vaudou dans le cadre superbe de cette grande maison en style gingerbread. Le big band mélange instruments électriques modernes et instruments traditonnels réactualisés pour une dymanique très efficace qui fait chavirer et tanguer le public jusqu'à très tard dans la nuit.

 

 

J'espère, si je reviens en Haïti, continuer sur aussi bonne voie pour le salut de mon âme !

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Le courriel du jour

Publié le 27 Août 2013 par Nadine dans Haïti

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En voici une copie, envoyé ce jour même à Port au Prince (les noms sont anonymés).

 

A peine rentrée depuis trois jours et au boulot depuis hier : le syndicat certes, mais sur le pont.
 

Comme je vais raconter un peu la même chose à tout le monde, j’envoie un courriel collectif : mais que chacun sache que j’ai une pensée pour chacun d’entre vous. Les remerciements d’abord.

Merci à Ch pour son hospitalité et merci de m’avoir mise en contact avec tous ces gens. Mais plus qu’à Ch encore, merci à J de son hospitalité et de sa patience pour mes arrivées tardives, mes départs matinaux, mes demandes incongrues, sa gentillesse.

Merci à père Y de m’avoir fait parcourir presque tout Haïti, là où peu de blan s’aventurent. Maïssade et la Petite Rivière de l’Artibonite restent de grands moments pour moi, et puis aussi bien sûr l’épicentre du monde qui doit bouger, Carrefour Joute. Je ne sais pas si la petite pierre que j’ai posée à l’édifice en construction restera et permettra de bâtir une maison plus belle et plus équitable, mais c’est avec sincérité que j’y ai contribué.

Merci à D d’abord pour la bouteille de rhum qui ne va pas tarder à être bue avec des bons amis, et aussi pour son ouverture d’esprit et sa gentillesse.

Merci à I pour sa bonne humeur, son humour et… sa recette de la soupe joumou (bientôt à l’essai à chez moi, mon fils comme goûteur). Je t’attends toujours pour copier des films et de la musique dans mon ordinateur !

Sachez aussi que je ne suis pas restée en état de péché puisque je suis allée danser et que j’ai bu du rhum. Ne pas exercer ces deux activités en Haïti relevait tout de même de la faute de goût !

Merci à Cl de m’avoir invitée à ce forum enthousiasmant : je repars en Europe le moral militant gonflé à bloc, et il en faut dans le marasme idéologique dans lequel nous baignons ici entre le There Is No Alternative hérité de Margareth Thatcher, celui du capitalisme triomphant, et le repli obsidional des pays du Nord qui voient dans les pays du Sud des ennemis menaçants.

Après vous avoir quittés, j’ai donc parcouru des endroits plus touristiques, qui, paradoxalement, m’ont laissée plus maussade malgré la compagnie très agréable et très utile de J.

J’ai vu les plages paradisiaques du Nord, mais j’ai vu aussi le village de Labadie qui regardait passer une montagne de dollars sous la forme de navires de croisières, sans en toucher une miette, et s’étant fait confisquer ses plus belles plages. Il paraît que l’île à Vache va connaître le même destin : est-ce cela le développement touristique promis ?

J’ai vu que Petionville était encore plus propre et ripoliné qu’avant le séisme, reconstruit, embelli en priorité tandis que les camps de réfugiés de Port au Prince abritaient toujours autant de misère.

J’ai vu le manque d’équipements collectifs partout, eau, électricité, routes, tandis que, dans les hôtels, l’on peut faire fonctionner la climatisation avec des générateurs, chacun dans sa fuite individuelle devant le désastre collectif quand on en a les moyens.

A propos d’hôtels, j’ai bien eu l’impression d’être la seule à le payer de ma poche au Cap, les autres chambres étant occupées par des internationaux, USAID ou des ONG qui ne déboursent pas un centime et se payent pas mal de bon temps sous couvert d’aide humanitaire. La misère est un business pour certains. Pour tout dire j’ai préféré l’hébergement chez l’habitant (merci Judith, merci Mme Boulé) ou dans les presbytères, malgré les blackout, que cette ambiance faussement décontractée, bien protégé par des barbelés ou des gardes armés.

J’ai vu des soldats de MINUSTAH à l’air de guerriers dans un pays en paix, mais je les ai aussi vu en civil à la plage : des braves types qui se sont pris en photo avec nous, avec lesquels nous avons dansé et ri, et lorsque qu’un officier les a surpris, ils se sont fait rappeler à l’ordre et effacer leurs photos. Ils avaient l’air si tristes de s’être fait voler un moment, hors de leur service, avec les gens du cru.

Je retiendrai de tout cela… d’abord la première partie de mon séjour : un pays chaleureux, ouvert, souriant, travailleur. Je pense que je reviendrai. Tout d’abord j’espère que mes contacts avec le milieu universitaire vont porter leurs fruits. Ensuite j’aimerai recommencer l’expérience d’éducation populaire, de contact les professeurs ou tout simplement les gens comme je l’ai fait, car c’est une expérience exaltante : accepteriez-vous de m’embarquer à nouveau dans votre « petite camionnette » pour reprendre le titre de l’émission de radio d’I et de Père Y ?

Je suis optimiste, j’écris donc à bientôt

Nadine



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Retour en France, premières impressions

Publié le 25 Août 2013 par Nadine dans Haïti

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Je suis revenue hier dans notre monde calme et développé après quatre jours et quatre nuits dans le chaos de Port au Prince. Chaos, c’est l’impression que cette ville donne, et par certains côtés c’est le chaos, mais c’est un chaos trompeur puisqu’en fait l’ordre règne, l’ordre des puissantes occupantes, l’ordre d’une bourgeoisie triomphante qui a su ripoliner son fief, Pétionville, l’ordre imposé à l’immense foule des miséreux, des réfugiés qui s’immisce dans les interstices, qui s’étale sur les pentes des mornes. A vrai dire, pour une enfant de pays riche comme moi-même, cela fait du bien de retrouver ma maison, le calme, le silence, la propreté, la ville apaisée. Et aussi une bonne connexion internet, ce qui me permet d’envoyer le blog dès aujourd’hui, et la suite dans les jours suivants.

Le bilan que je tire de ce voyage est en forts contrastes : preuve s’il en était besoin qu’Haïti est un pays riche, mais riche en couleurs, en émotions, en culture, en histoire, en poing dans le gueule. Avant de développer dans d’autres articles voici les pôles du contraste qui ont marqué ce voyage.

J’ai parcouru cinq départements en compagnie de Père Yves, d’Imélienne et d’agronome Dotte dans la voiture conduite par M. Yvon, avec mon ordinateur sous le bras, mon sac à dos sur le plateau arrière, en me levant à cinq heures du matin pour être à neuf heures devant le public attentif devant lequel je devais causer d’érosion, de déboisement, et aussi d’espoir que l’on puisse changer et penser collectif. Du moins c’était la bonne parole que notre petite équipe tentait de diffuser à petite échelle mais avec beaucoup d’énergie et de conviction, que ce soit dans les régions agricoles du Sud, du Plateau Central ou de l’Artibonite, ou devant les jeunes du forum d’Aquin. Je ne sais pas si toutes les résolutions qui ont été prises collectivement seront suivies, mais j’ai vu et entendu des voix d’espoir et de conviction et des regards éclairés par la force de la foi d’une Haïti meilleure, plus juste, reconstruite dans sa société et son environnement. J’ai de mon côté étalé ma science mais j’ai aussi amené la parole de solidarité des militants des pays du Nord, de ceux qui ne croient pas que l’ennemi est au Sud, ni l’ouvrier chinois, ni le miséreux africain ou caribéen, et qui ne croient pas que la misère du Sud enrichit les travailleurs des pays du Nord : elle n’enrichit que le capitalisme à qui elle donne un prétexte et une couverture idéologique pour accentuer la pression sur les population du Nord et laisser crever et exploiter celles du Sud. Après le forum des jeunes à Aquin qui portait sur l’eau, j’ai causé dans le micro à la radio et j’ai parlé de Veolia et Suez, les deux multinationales françaises de l’eau, monstres que nous avons fait grandir chez nous sur le dos des marchés publics et qui maintenant étranglent les populations du Sud sur cette ressource vitale. Je n’ai pas dit que les prolétaires de tous les pays devaient s’unir, mais c’était un peu ça, et mes amis étaient sur la même longueur d’onde (fréquence 94.1 dans le Sud et à la Gonave).

Leur sincérité était totale. Les engagements pris par chacun, tèt ansanm seront-il suivis d’effets ? L’avenir le dira. La suite du voyage m’a donné plus de pessimisme, quand je n’ai pas carrément eu la nausée ; je suis allée dans les lieux touristiques et dans certains des lieux de la bourgeoisie que fréquentent aussi les internationaux, les blan comme l’on dit ici, c’est-à-dire les étrangers. La force des égoïsmes, l’étalement de la richesse et le mépris du reste de la population y triomphent : on suce, on dépouille, on profite en toute impunité et l’on se réfugie dans des ghettos dorés protégés par des murs, des barbelés et des gardes armés. On se réfugie aussi derrière sa bonne conscience. Je vous en raconterai plus très bientôt.

Sachez aussi que j’ai pris contact avec l’université : je ne sais pas si il y aura une suite. Je ne veux jurer de rien, mais ; lorsque je reviendrai travailler et militer avec mes amis haïtiens du Sant Pon, de REBA et des associations progressistes, j’espère venir aussi causer aux étudiants dans un cadre plus institutionnel : si bondyé vlé comme on dit là-bas…

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Un jour de plus, coincee dans le grand Nord

Publié le 19 Août 2013 par Nadine dans Haïti

Pour ceux qui s'inquieteraient deja, sachez qu'il s'agit du departement du Nord a Haiti, pas celui a cote du Pas de Calais, encore moins du grand Nord canadien. Puisque nous n'avons pas pu avoir de bus pour repartir aujourd'hui, ni d'avion, tout etait complet avec les fetes et la diaspora, nous repartons demain : nous nous sommes consolees dans la mer des Caraibes,  la plage de Cormier. La plage publique, celle avec le sable blanc mais aussi les fatras, ou j'etais la seule blanche, pas la plage privee a cote a US$5 l'entree, avec les expart et les gwo neg. Du coup on a tape la discut avec plein de gens et l'eau etait la meme qu'a cote apres tout.

Hier c'etait la visite de l'Universite de Limonade, somptueuse construction financee par la Republique Dominicaine, ouverte depuis cette annee. J'etais venue presenter mon travail et j'ai effectivement presente mes trucs sur le paysage a quelques etudiants qui etaient la ainsi qu'au Recteur avec lequel j'avais rendez-vous. On verra bien ce que cela donnera, le rendez-vous suivant est mardi a Port au Prince. Les etudiants etaient un peu zombifies mais ma sirene m'a affirme qu'en fait ils etaient interresses et repondaient tout bas. Auparavant nous avions fait des jeux litteraires dans la bibliotheque ce qui etait un surprenant mais totalement amusant, surtout pour la sirene qui a brille a cette exercice.

Nous quittons demain le Cap et le Nord avec regret : je suis tombee sous le charme de la ville, sorte de Carthagene des Indes insulaire, de l'ambiance, des plages et surtout du poids de l'histoire dans les monuments et hors des monuments de la region. Une mine d'or comme je l'ai dit au proprietaire de l'hotel a sa grande satisfaction.

Demain retour a Port au Prince, la ville rough  comme je l'appelle avec mes interlocuteurs anglo-saxons.

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Les monuments du Grand Nord

Publié le 17 Août 2013 par Nadine dans Haïti

Puisque internet coule à flot à l'hôtel, je peux enfin vous abreuver d'un article par jour. Nous sommes donc depuis hier dans un superbe hôtel sur les hauteurs dominant le Cap Haïtien, le Paris des Antilles comme on le surnommait au temps de sa splendeur lorsque le sucre faisait la fortune des planteurs et la souffrance des esclaves. Lorsque Saint-Domingue était le Koweit du XVIIIe siècle. Nous avons donc visité la ville hier. C'est plus qu'une ville de province mais c'est une capitale endormie avec ses rues rectilignes de maisons de style colonial au centre, sa cathédrale et sa place d'armes ou nous avons tremblé à la pensée du sort de Mackendal ou de Vincent Ogé qui périrent ici sous le supplice de leur bourreau.

Hier soir c'était la fête au Cap. Les bandes à pied parcouraient la ville, les sonos étaient à fond mais ce que tout le monde regardait c'était le club Tropicana où le célèbre groupe du Nord, Tropicana d'Haiti fêtait ses 50 ans sur scène. Nous en fûmes. Dans la chaleur torride la salle était comble. Les discours des officiel se sont succédés jusqu'à minuit car chacun, sénateur, député, magistrat, sponsor voulait en être devant le micro. Puis l'orchestre à attaqué et tout le monde a dansé. Les musiciens en ligne, en costume dans un style très fifties ont envoyé un compa classique souligné par une section de cuivres et une guitare impeccables. Deux heures plus tard encore des discours puis à 3 heures Djakout #1 à pu jouer. Nous avons déclaré forfait à plus de 3h30 , j'ai delaissé mon cavalier tres pressant, mais la fête battait encore son plein dans la rue avec un taux d'alcool qui avait dangeureusent monté.

C'est donc difficilement que nous nous sommes levées ce matin à 8h30 pour aller visiter la Citadelle et le Palais de Sans Souci dans la montagne au dessus de Milot. Nous étions sur les traces du roi Henri Christophe, de ses constructions grandioses : pour plus d'info vous n'avez qu'à lire Le Royaume de ce monde d'Alejo Carpentier les romanciers étant parfois plus doués que les historiens pour tracer le destins tragique de ce morceau d'histoire de ce coin des Antilles. Demain ce sera la nouvelle université de Limonade : après avoir été le phare de ce pays avant 1789 la capitale du Nord s'ouvrirait-elle un nouveau destin en ce début du XXIe siècle ?

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Nouvelles d'Haiti : semaine 2

Publié le 15 Août 2013 par Nadine dans Haïti

Vous aviez compris chers lecteurs que j'etais venue en Haiti aussi pour bosser et que l'on m'a fait bosser et sillonnant le pays de long en large en logeant dans les presbyteres ou chez l'habitant. Ma derniere seance etait lundi dernier a la Petite Riviere de l'Artibonite entre les rizieres et les sites historiques (et a l'abandon) de la Revolution (la vraie integrale, celle qui a mene au bout les Droit de l'Homme, celle de Toussaint et des negres de Saint-Domingue). Mardi matin a commence la partie vacances du voyage.

Je suis partie avec Jenny, la Sirene de Delmas que j'avais rencontre en route, vers le Nord. Apres un arret emu aux Gonaives et a Vertieres, nous sommes allees directement a Labadie, la plus belle plage d'Haiti. Je vous causerai plus tard du scandale autour de cette plage, et vous enverai plus tard les photos. En attendant, sachez que nous avons passe deux jours le cul dans l'eau turquoise, trinque avec des tas de gens sympathiques et dormi dans un bungalow tout simple a quelques metres du rivage.

Nous sommes parties ce matin pour Le Cap et comme tout etait plein a cause des fetes du 15 aout, nous avons ete contraintes de prendre un hotel sur les hauteurs avec piscine. Je vous rassure, tout va bien, je vais finir mon cocktail avant la sieste. Il fait bien trop chaud et la soiree risque d'etre longue....

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Nouvelles d’Haïti : semaine 1

Publié le 10 Août 2013 par Nadine dans Haïti

 

Maissade.jpgJe sais que mes nombreux lecteurs brûlent d’impatience depuis une semaine sans nouvelles du blog. Il est vrai qu’à chacun de mes voyages j’ai plutôt copieusement rempli les pages de ce blog, mais lorsque vous lirez la suite, vous comprendrez que ce voyage n’est pas comme les autres et pas dans les mêmes conditions que les autres : les connexions internet ont été rares et difficile. A vrai dire ce soir est le premier soir dans un hôtel : après la piscine, internet en wi-fi c’est presque exotique. Jusqu’ici c’était logement chez l’habitant ou au presbytère.

Dès le lendemain de mon arrivée Chavannes m’a confiée au père Yves, prêtre de la paroisse de Carrefour Joutes, un village du Sud entre les Cayes et Port Salut. Mais pas que prêtre de paroisse : il est investi dans de nombreux mouvements progressistes qui travaillent avec les migrants, avec les paysans, avec les jeunes, bref avec tout ce qui fait le tissu vivant de ce pays. Et moi je le suis partout avec mes cours, mon ordinateur et mes diaporamas sur l’érosion, l’histoire du paysage d’Haïti et celui de la RTM (Restauration des Terrains de Montagne) et de la reforestation de la France. J’ai même rajouté un truc sur les rizières du nord Vietnam avec les photos qui traînaient au fond de mon nateur. Et je rencontre des jeunes, des enseignants de tout niveau, les hommes de bonne volonté bref plein de gens qui m’écoutent avec attention et ouvrent des yeux ronds quand ils voient les photos avant/après de la montagne française qui a été tet kale il y a 150 ans.

On a commencé avec un congrès de jeunes à l’EFACAP de Carrefour Joutes, puis nous sommes allés à zil tik, au cœur du plateau central à Maïssade, après Hinche et depuis ce matin nous sommes de retour dans le Sud à Aquin où se tient un grand congrès de jeunes avec activités culturelles et autres.

J’ai à peine eu le temps de me baigner dans la mer des Caraïbes, l’eau turquoise et le sable blanc de Port Salut, j’ai pu traîner dans un marché, j’ai pris des centaines de photos, eu des centaines de sourires et des dizaines de rencontres. On continue lundi à la Petite Rivière de l’Artibonite, puis ce sera le Cap et le Nord. Je ne sais pas quand sera la prochaine connexion internet suffisante : en attendant je vous laisse avec ces enfants qui traversaient la rivière sur leur mule à Maïssade et avec leur large sourire.

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D’Amsterdam à New Amsterdam, puis Port au Prince avec le 11ème département

Publié le 1 Août 2013 par Nadine dans Haïti

Je suis donc partie hier matin dès l’aube de Marignane pour rejoindre les terres familiales. Je n’étais pas encore rendue, plusieurs étapes m’attendaient. Tout d’abord deux heures d’escale à Amsterdam (pas loin de Haarlem), au Schiepol airport où j’ai pu une fois de plus vérifier l’efficacité et le flegme hollandais. Puis j’ai embarqué sur le vol de la KLM, direction New York, qui fut un temps New Amsterdam, comme quoi, même involontairement, j’aime filer les thèmes dans mes voyages. On va dire que c’est une manie puisque j’étais déjà là il y a trois mois, mais je dois dire que passer par NYC est toujours un immense plaisir, sans cesse renouvelé.

Passé donc la mauvaise surprise du sac à dos de soute de 20 kg qu’il a fallu se trimballer en ville avec la valise de cabine de 10 kg, alors que l’on m’avait assuré en France qu’il resterait à l’aéroport, je suis allée en ville et j’ai goûté le temps d’une promenade l’air poisseux et si enthousiasmant de la ville des villes en cette fin d’après-midi d’été, jusqu’à arriver à la 147th street à Harlem, chez Peter qui m’a reçue de manière toujours aussi enthousiaste avec des pasta et une bouteille de vin rouge.

Ce matin ce fut assez dur à 5h30 du matin, mais bon, le voyage c’est ça. A JFK, le vol New York Port au Prince est celui de la diaspora : bagages en surnombre et en surpoids, les pépés et les mémés, les familles, les gosses qui parlent surtout anglais en particulier sur leur smartphone, avec des looks blacks de Brooklyn, et quelques Blancs, pas beaucoup. Rappel : en créole, Blan signifie étranger et neg un type. Faut pas croire. Les annonces au micro sont en créole, rien qu’en créole, même pas en anglais. Arrivée à 13h30 à l’aéroport Toussaint Louverture qui a bien changé depuis 2008, y a même un orchestre twoubadou pour nous accueillir au bout de la passerelle, mais c’est toujours autant la pagaille dehors. Chavannes était là, avec un ami à lui du GARR et ils m’ont amené jusqu’à chez lui au Canapé Vert. L’accueil a été très chaleureux mais je ne vous en dit pas plus : je vais faire la sieste pour me remettre de tout cela et être en forme ce soir et demain. Et pour les inquiets, sachez déjà que : non, je ne suis pas sous une tente mais dans un appartement très bien, non personne n’a le choléra, du moins déclaré, autour de moi, non je ne suis pas à Cité Soleil entourée de gang avec des AK47 ou des coupe coupe, les AK47 c’est à Marseille ces temps-ci. Et le reste du voyage sera comme cela (normalement) : je me répète un peu, mais j’en connais certains qui étaient inquiets pour moi, surtout suite à mon retour du Laos en 2011. Et je promets pour conclure que je ne boirai pas l’eau du robinet au robinet (mais j’hésite encore). De toutes façons je finis sur ce chapitre, ça va finir par vexer à juste titre mes amis haïtiens et le seul danger que je courre sont… les bonnes surprises. Voilà !

 

Jeu concours : c'est quoi au fait, le 11e département ? (les Haïtiens sont exclus du jeu).

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