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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Je hais les dimanches (surtout dimanche dernier)

Publié le 28 Mai 2014 par Nadine dans Réflexions profondes

http://www.algerie-focus.com/wp-content/uploads/2014/02/Affiche-La-Voie-de-lEnnemi-Arabe.jpgEn fait je ne les déteste pas tant que ça. C'est surtout dimanche dernier que je n'ai pas beaucoup aimé. Ca a commencé par la météo. Arrivée de Paris où j'avais été enfermée toute la semaine dans des salles sans fenêtres, j'espérais un dimanche ensoleillé : au mois de mai en Provence, ce n'est pas trop demander. Et bien non. Ce fut ciel gris et pull. Je suis allée voter en fin de matinée : deux fois puisque j'avais une procuration. Puis Neel a fait ses devoirs, ou plutôt je les ai fait avec lui.

Je me doutais que les résultats ne seraient pas bons. Je me doutais que le FN allait péter un score de folie : quand l'UMP est empêtrée dans les affaires et a étalé sa nullité pendant dix ans, quand le PS ne tient AUCUNE promesse et continue une politique droitière sur tous les tableaux ou presque… (ok, y a le mariage pour tous, mais il reste la poltique économique, le droit des étrangers…). Prenons ma profession qui est historiquement l'électorat de base du PS ; nos salaires sont rognés depuis 25 ans (1989 la dernière revalo) et on annonce que le point d'indice sera encore bloqué jusqu'en 2017. On ne revient pas sur les mesures iniques prises sous l'ère Sarko et on ajoute en plus des vexations, des humiliations qui énervent franchement. Par exemple de nous faire rattraper un jour déjà travaillé, la pré-rentrée, sous prétexte que les élèves n'ont pas eu cours. Mais nous, on était au boulot ! Au passage d'ailleurs remarquons que les socialistes ne sont pas revenus sur une mesure prise sous Chirac d'humiliation des salariés, celle du lundi de Pentecôte appelé ironiquement jour de solidarité. Dans le même temps, le FN a changé, a remisé ses accessoires facho-OAS-skinhead pour adopter un discours social. Leur ennemi n'est pas le vrai ennemi, à savoir le grand capital, mais l'autre, l'immigré, l'Europe de Bruxelles, le musulman, le Chinois, mais c'est un discours social quand même, d'attention portée aux petites gens qui souffrent. Alors pourquoi s'étonner qu'il battent des records électoraux ?

Donc, même si je me doutais de la Bérézina électorale, j'ai quand même été affligée par le score de Marine Le Pen. Pour me rafraichir les idées, j'ai décidé d'aller au cinoche à la séance de 21h45. J'arrive sur mon petit vélo et là on me dit que je suis la seule spectatrice et que pour une seule personne, pas de séance. Je suis donc revenue sur mon petit vélo.
Je hais les dimanches !

 

Post scriptum : j'ai suis finalement allée voir ce film le lendemain (5 spectateurs). C'était "La voie de l'ennemi" de Rachid Bouchareb. Il ne passe plus, tant pis pour vous. C'était en plus un bon médicament anti-FN. Ce cinéaste franco-algérien est parmi mes cinéastes préférés : ce film est le deuxième volet de sa trilogie américaine. Les trois cultures se mêlent dans son œuvre : la France, l'Algérie et l'Amérique qui est aussi notre culture commune à l'ère de la mondialisation.

Cela se passe au Nouveau-Mexique, près de la frontière. Ca commence avec les milices anti-immigrés qui se font rembarrer au nom de la loi. Puis ça continue avec un ex-taulard, noir et musulman qui veut vivre tranquille et qu'un sherif qui ne croit pas à la réinsertion des délinquants vient harlecer. Il se met à la colle avec une immigrée récente qui est un modèle d'intégration réussie sans renier sa culture d'origine. Je ne vous raconte pas la suite. Les acteurs sont fabuleux, le décor de western est servi par une très belle photo, la musique est juste comme il faut, l'émotion dosée, le tragique mené jusqu'au bout.


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Les rosbifs, un sacré steack !

Publié le 25 Mai 2014 par Nadine dans Réflexions profondes

http://a397.idata.over-blog.com/2/99/24/33/100-articles/Recette-rosbif-par-epicerie-fine-de-france.jpgDeux semaines de silence de blog contrainte par une avalanche de travail paritaire. Jugez plutôt : j'ai dû faire à la fois le mauve à l'intra et la LA en CAPN. Comprennent les initiés. Deux fois je suis tombée sur l'Anglais, ce qui n'est pas une mince affaire vu l'ampleur de la discipline.

La semaine dernière j'ai peigné le mauve dans tous les sens : étant dans l'équipe des chefs, j'ai préféré ratisser large. Je rappelle ici la méthode des Charlie's Angels élaborée de longue date pour le travail au mauve (pour ceux qui ont du mal à suivre, cliquer ici).

 

Le mauve est classé par candidat dans l’ordre alphabétique sans le projet d’affectation.

Documents nécessaires : le mauve + le journal mut du S3 + le BA + le mauve de l’inter (papier) + le rose de l’inter (document excel) + roses des années précédentes (papier).

• Etudier les cas de priorités médicales.

• Les points à vérifier :

— Les bonif familiales : conjoints, RRE et enfants. Comparer avec la liste du rectorat.

 

— Les bonif IUFM et les bonif reclassement (100 pt vœu dep) des stagiaires : comparer avec la liste du rectorat et le mauve de l’inter.

— Les mutations simultanées : vérifier que les vœux sont identiques.

— Les mesures de cartes scolaires : il peut être utile de es lister dès cette phase pour commencer par étudier leur cas lors du mouvement.

— Les 1000 pts pour les changements de corps et de discipline. Pour ces cas vérifier l’ancienneté continue ancien poste + stage + poste actuel.

— Les bonif APV et RRS.

— Les bonif TZR sur vœu géo et sur vœu dep (stabilisation).

— Les bonif agrégé selon le rang de vœu.

— Extension : EXT pour tous ceux qui doivent avoir l’extensions, les T (titulaire) entrant ou en réintégration non conditionnelle et les S (stagiaire).

— Les  points sur vœu dep : 1000 points de réintégration (vœu dep ou ZRD selon le poste, conditionnelle ou inconditionnelle dont EXT ou pas), séparation, vœu préférentiel, sportif de haut niveau, stabilisation TZR… 

• Repérer :

— Les demandes de priorité au titre du handicap : ceux qui l’ont (KM) et ceux qui ne l’ont pas (KMNP).

— Les retours de PACD et de congé parental.

— Les vœux sur postes spécifiques et noter les décisions du groupe de travail.

 

• Comparer le mauve avec le mauve et le rose de l’inter et les roses des années précédentes.

Pour les candidats que l’on retrouve de la /des année(s) précédente(s) vérifier l’ancienneté (en ajoutant 1 an !), l’échelon (un collègue peut avoir pris un échelon en un an mais pas deux, et ne peut pas en avoir perdu, c’est l’échelon au 31 août de l’année précédente sauf les reclassements au 1er septembre), la situation familiale, les cartes scolaires antérieures, les changements de corps, de discipline…

• Saisir les fiches syndicales.

Les comparer au mauve : en cas de différence téléphoner au collègue ou faire une fiche navette.

Faire la syndicalisation et la reporter au mauve.

• Rédiger les fiches navettes pour le Rectorat qui ne seront envoyées qu’à partir de lundi 19 mai.

 

Une fois que j'ai eu mis du crayon partout sur mon mauve, collé les 59 post-it des 59 fiches navettes, reporté les question sur un document excel, fait des tableaux concernant les points TZR des REA sur poste des TZR en MCS de 2013, listé les EXT arrivées avec RC à l'inter et l'ayant perdu à l'intra et donné le tout à Milou que le remettre aux chefs, je me suis penchée sur la LA.


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Contrairement à l'exercice précédent, c'est du sans barème complet, ou plutôt chacun croise ses critères, le problème c'est que l'IG et nous n'avons pas toujours les mêmes critères. Le dimanche avant de partir j'ai préparé mes petites fiches et j'ai googelisé tous les nommés des deux disciplines que j'avais en charge. Pas de lézard de ce côté-là (pas de pistons venus d'en haut…) mais le lézard global et habituel que j'ai découvert à fur et à mesure des dossiers : un max de chargés de mission, aspirants IA-IPR, plutôt jeunes en regard de l'exercice (moins de 50 ans) puisqu'ils cherchent une deuxième carrière, brûlant la politesses aux vieux qui attendent après une carrière bien remplie et en voie d'achèvement.

Partie à  l'aurore d'Aix le lundi, j'ai passé deux jours à lire mes 200 dossiers de littérature incipide pleine de "dévouement", "loyauté", "la joie de faire ceci et celà", "expérience enrichissante" (ça ce sont les débuts de leur carrière en ZEP, dans le nord ou en zone rurale profonde), puis 3 jours dans une salle surchauffée et sans fenêtre à faire les marchands de tapis avec des IG et l'administration. Trois d'entre eux montent sur le podium des IG bornés aux propositions inacceptables ; j'avais l'un d'entre eux en charge et il a fait un bougé après une longue lutte et démonstration.

je suis rentrée vendredi soir essorée. Mais parfois on a des récompenses. J'ai reçu hier matin dans ma boite électronique le message suivant d'une collègue nommée :


Chère Nadine,
Je tiens a te remercier très chaleureusement pour ton soutien et ton aide si précieuse.
J'attends avec impatience l'officialisation de cette promotion qui, je l'espère, ne tardera pas, pour fêter ça avec toi et les collègues.

 

Puis à la réponse que je lui ai faite :


Nadine,
Je suis émue aux larmes par ce que je viens de lire.
Ma plus belle récompense aujourd'hui est d'avoir été reconnue pour le travail que j'ai accompli.

 

Pour quelqu'un assoiffée de reconnaissance comme moi, vous pouvez imaginer que ça permet de se dire qu'on ne sert pas à rien.

 


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Plaisirs stambouliotes : boire et manger

Publié le 9 Mai 2014 par Nadine dans Voyages en Turquie

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Je ne sais pas ce qu'on servait à la table du sultan, ni au sein du Harem, j'ai cru comprendre que le grand Atatürk appréciait le vin et le rakı, un vrai turc quoi… mais ce que je peux vous dire c'est qu'à Istanbul, pour peu que l'on se donne la peine de sortir des quartiers touristiques on se régale à bon compte.

Il y a les classiques qu'on aime toujours. Le balik ekmek ou pain au poisson sur les quais à Eminönü sont un incontournable sans lequel Istanbul n'est pas Istanbul. Et comme on passe toujours par Eminönü. Pour les plus délicats il y a aussi des gargottes à friture juste en face à Karakoy (qui est Chalcédoine pour les tenants du dogme). Le poisson à Istanbul c'est un met populaire qui se consomme au coin d'une table.

 

 

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Un peu plus élaboré est le kebab ou plutôt kebap sur les bord du Bosphore qui n'a rien à voir avec son cousin formaté et gras d'Europe occidentale. Ici c'est plutôt un art de vivre ou plutôt de prendre son temps. Je vous recommande à la suite d'Enis ceux qui se trouvent juste derrière la station de métro d'Akasray, cuits au feu de bois, servis avec des salades, des sauces, des pains chauds et des serveurs attentionnés comme des turcs, empressés de vous satsifaire.

 

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Un bon kebap s'accompagne d'Ayran pour calmer le feu des piments : c'est du yaourt salé et brassé. Mais pas besoin de manger pour l'apprécier, on croise des brasseurs d'Ayran au coin de toutes les rues. J'ai donc passé une semaine à alterner l'ayran et les jus de fruits pressés devant vous par les vendeurs ambulants, au choix nar suyu (jus de grenade) ou portakal suyu (jus d'orange).

 

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Et puis aussi les simit, bretzel en brioche au sésame, les tost au coin des büfe, le pain, les patisseries de baklava, bref difficile d'avoir faim, mais aussi difficile de résister. On risque de revenir grasse comme un loukoum comme le disait élégamment Christian Clavier dans le Père Noël est une ordure…

 

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Plaisir stambouliote : passer de l'autre côté

Publié le 4 Mai 2014 par Nadine dans Voyages en Turquie

Les turcophobes comme Sarkozy ne cessent de reprocher à la Turquie d'être à 80 % en Asie et prennent ce prétexte pour rejeter la candidature européenne de la patrie d'Atatürk et de la laïcité. Ne savent-ils pas que c'est précisément ce pont entre deux rives qui fait d'Istanbul une ville merveilleuse et de la Turquie un pays sympathique ? Selon l'endroit de la ville on peut ne croiser que des femmes en türban voire en noir, sortes de tartuffes ambulant de l'islam moderne, à Fatih par exemple, ou alors, du côté de Taksim et d'İstiklal Caddesi, ne voir que des femmes en cheveux, voire en mini-jupe qui boivent de la bière et rigolent avec les copains.

Mais le plus grand plaisir de l'entre deux à Istanbul c'est de traverser le Bosphore, de passer en Asie, revenir en Europe et vice versa. Comme demandait en rigolant Camille avant de débarquer à Üsküdar "Est-ce qu'on va voir des Chinois en arrivant ?". Outre ce plaisir intellectuel de changer de continent d'un jet de deniz otobüsü (autobus de mer) pour le prix d'un ticket de métro, plus une lira de thé servi dans un verre tulipe, on est à chaque fois frappé par la beauté du paysagae, les vue imprenables sur la ville, les collines, les gros bateaux qui franchissent les détroits, les mouettes, les pêcheurs, le ballet des bateaux de toutes tailles, la lumière sur l'eau. Pour vous donner envie quelques clichés de mon best of Bosphore de cette année.


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1 Mayıs

Publié le 1 Mai 2014 par Nadine dans Voyages en Turquie

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Avec Enis nous avions convenu d'aller manifester le 1er mai du côté de Taksim et Beşiktaş. Depuis longtemps, et en particulier depuis les massacres de 1977, le 1er mai est une date importante des luttes en Turquie. Mais hier soir, j'ai reçu ce courriel :

Hello nadine. I was with some friends this evening and one of them told me that it will not be safe for you so i decided to go there without you. Im afraid if something happens to you.

Effectivement,il m'avait promis a lot of fun, mais à quelques heures du spectacle, il a eu un peu peur. C'est donc toute seule, ou plutôt seulement équipée de mon drapeau FSU que j'ai rejoint Beyoğlu où se déroulaient les festivités. J'y suis allée à pieds puisque les transports publics étaient fermés : il ne faudrait tout de même pas que les gens puissent aller à une manif interdite par sa seigneurie Erdoğan.


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Plus je me rapprochais, plus la densité de flics augmentait.

 

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Arrivée à Tünel, impossible de continuer : des barrières anti-émeutes en travers des rues et des flics partout. J'ai dû rebrousser chemin.


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C'est Enis revenu à l'hôtel vers 15 heures qui m'a raconté ses aventures : lances à eau, gaz lacrymo etc… Quand les manifs étaient autorisées il y a deux ans, il ne se passait rien. Avec l'interdiction depuis l'année dernière, on s'y amuse follement. Merci Erdoğan !

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