Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Embarquée

Publié le 23 Février 2013 par Nadine dans Réflexions profondes

colonialisme-18cc1.jpgA peine revenue de Chauvet voici que recommence ma saison parisienne : presque trois semaines à la capitale à pousser les wagonnets de l'inter au fond du MEN. Départ lundi matin.

Cette année, après avoir déposé mes valises à Chinatown-S4, je vais aller faire un tour à l'Assemblée Nationale pour faire figure de Grand Témoin au tribunal contre la dette d'Haïti. C'est le Collectif Haïti de France qui a suggéré mon nom et vous connaissez ma soif de reconnaissance. Cependant je vais mettre un bémol car je me suis déjà un peu fritée avec certains organisateurs de cette semaine anti-coloniale à Paris. Outre que je ne suis pas vraiment d'accord pour tout mélanger — première et deuxième colonisation, Basques, Corses et Bretons, Palestine etc…, on n'y gagne ni en clarté, ni en réflexion — et que la posture victimaire de pas mal de ces combats m'énerve de plus en plus, j'ai surtout réagi à un aspect des choses qui concernent d'abord mon domaine d'intervention : la question des réparations relatives à l'esclavage colonial transatlantique. Or le CORRECT (Collectif pour les Réparations Relatives à l'Esclavage Colonial Transatlantique) — rien que le nom est un programme — est l'organisateur de ce truc, où, cependant interviennent plein de gens bien, à part ma pomme.

Ce n'est pas la première fois que j'ai à débattre de cette question et je vais ici de résumer mes arguments : pourquoi la question des réparations relatives à l'esclavage et à la traite n'a pas de sens (celle de la dette injustement payée par Haïti, oui, mais c'est une autre question).

Tout d'abord parce que je suis pour l'abrogation des lois mémorielles. Je me retrouve totalement avec les positions du CVUH ou de Gérard Noiriel sur cette question. Rappelons que l'historien qui en a fait les frais est Olivier Pétré-Grenouilleau à propos des traites négruères et qu'il a gagné son procès.

Ensuite parce qu'une réparation concerne un individu et non sa descendance : or cela fait bien longtemps que les captifs de la traite transatlantique et les esclaves des espaces coloniaux ont disparu. Ceux qui réclament aujourd'hui n'ont jamais été esclaves. Bien mieux, pas mal d'entre eux seraient bien en peine de prouver qu'ils descendent d'esclaves : pour les Haïtiens pas de problème, mais pour les Antillais, beaucoup d'entre eux descendent d'engagés arrivés après 1848, après l'abolition de l'esclavage. Quant à ceux qui sont métissés, leur part noire doit-elle faire un procès à leur part blanche ?

Enfin, aussi difficile que de trouver de victimes, il faut trouver des bourreaux à qui demander des réparations. Je propose que l'on prenne alors la question dans son ensemble : les premiers à qui il faudra réclamer seront les héritiers des négriers africains, les courtiers, les rois, les chasseurs d'esclaves. Puis à ceux des négriers européens. Je rappelle ici que le Portugal a transporté 45 % des captifs et que Nantes fur le premier port négrier français. Mais à qui s'adresser ? Enfin, aux colonies, à qui réclamer ? Certes aux Grands Blancs et aux Békés, mais il n'y a pas qu'eux : au XVIIIe siècle c'est toute l'économie européenne qui profitait du commerce colonial, et les colons ne menaient pas tous grand train. Pour finir la question de l'Etat vers lequel souvent se tournent les afficionados de la réparation. Au XVIIIe siècle l'Etat français s'est enrichi par les taxes du commerce colonial mais celui-ci lui a aussi beaucoup couté car la traite négrière était subventionnée et le maintien de l'ordre et de la sécurité par la puissance publique pesait lourd sur les finances.

Au total alors qui pour quoi ? Est-ce vraiment une voie de préférer la justice bourgeoise plutôt qu'un renversement des choses pour plus de justice ? Est-ce vraiment combattre le racisme que de renvoyer l'oppression à la couleur de la peau et finalement prendre acte de l'assignation raciste en figeant les catégories ?

Bref, je vais causer dans le micro et… et je ne vais pas dire tout cela pour ne pas me facher. Je vais parler de classes, de capitalisme, de colonialisme et de néo-colonialisme, d'exploitation. Je peaufine et je vous envoie cela prochainement.


commentaires

Petits plats et grands marronages

Publié le 21 Février 2013 par Nadine dans Niouzes narcissiques



 

Je pense qu'il n'est plus besoin, étant donné la fidélité de mes nombreux lecteurs, de présenter Sandra, Cathy, Etienne et mon filleul Marius, pas plus qu'il n'est besoin d'expliquer ce qu'est Chauvet (le plus beau chalet du monde) et les marronages. Pour ceux qui auraient besoin d'un rappel, vous cliquez sur les liens.

Je suis revenue hier soir de Chauvet après quatre jours de neige et de soleil. Tout était parfait :

— Beau et chaud (contrepèterie belge), mais pas trop ce qui a permis que la neige, abondante par ailleurs, reste excellente, et donc de nous faire quelques marronages comme on les aime. Moi je les préfère longs, raides et durs, Etienne a eu une préférence cette fois-ci pour celles qui étaient à l'ombre, étroites et profondes.

— Une compagnie agréable, et des petits, voire des gros plats avec une grosse option cochonaille : rougail saucisse, raclette, saucisses lentilles et pâtes au saumon, avec quelques écarts, c'est-à-dire aussi de la salade et de la soupe aux légumes.

Bref, semaine de vacances au poil avant d'attaquer trois semaines parisiennes dès lundi.

 

PhotoService.com PhotoService.com PhotoService.com PhotoService.com

commentaires

Heureusement il y a Findus, et autres niouzes importantes

Publié le 11 Février 2013 par Nadine dans Réflexions profondes

http://basse-normandie.france3.fr/sites/regions_france3/files/styles/gallery/public/assets/images/findus_1.jpg

http://www.nella-buscot.com/photos/jardins/paris_parc_brassens_decroix.jpgSuite à la découverte de viande de cheval dans les lasagnes au bœuf de Findus,  JJ et moi avons écrit ce matin à la grande marque de surgelés industriels pour leur demander ce qu'ils faisaient des invendus de ce produit et leur proposer de leur en racheter une partie. Nous avons signé notre courriel Emile Decroix, non pour nous cacher derrière un pseudo, mais pour rendre hommage au glorieux fondateur de la boucherie chevaline, vétérinaire militaire de son état, soutenu dans son entreprise par la SPA à l'époque et dont la statue se trouve à l'emplacement des anciens abattoirs de Vaugirard. JJ en effet défend que lorsqu'on aime les chevaux, on doit en manger puisqu'ainsi l'on permet aux élevages d'avoir une autre source de revenus. Je soutiens avec conviction cette idée, car, si je n'aime pas que l'on fasse du mal aux animaux, je n'aime pas non plus la sensiblerie qui les confond avec les humains. On attend maintenant la réponse du groupe agro-industriel.

PE.jpgMais heureusement il y a Findus pour désarçonner l'actualité importante. Maintenant que le mariage pour tous va sortir du paysage (on est à fond pour mais on sature un peu), il ne s'agirait pas pour les médias d'enfin parler des choses qui comptent : le pouvoir d'achat des revenus modestes, le droit de vote des étrangers, le temps de travail des salariés qui n'ont jamais eu de RTT (les profs et les instit par exemple), le point d'indice gelé dans la fonction publique… (et j'ai oublié la retraite et tant d'autres choses). La grève de demain dans le premier degré s'annonce suivie. L'école de Neel sera fermée. Et déjà la presse, même celle de gauche comme Libé, titre sur "Un combat difficile à justifier." Parce que vous croyez que les instit se mettent en grève pour le plaisir et ne pensent jamais au bien être des enfants qu'ils ont en face d'eux ? Alors que ce bien être c'est ce qui leur crée leurs conditions de travail ? A l'heure où la crise des recrutement devient alarmante, ce mouvement de grogne et de protestation ne leur pose pas question sur le métier, sur son image sociale, sur ses rémunérations (ridicules) ? Je crois bien qu'avec ce gouvernement socialiste, il va falloir faire comme sous Allègre : se faire entendre en criant bien fort, et ne pas écouter ceux qui nous disent qu'on ne doit pas emmerder des socialistes, bien au contraire, le progrès social se joue comme cela, comme en mai juin 1936.

 

Ouf ! Les médias vont avoir un os à ronger : le pape abdique (un souverain pontife ne démissione pas).

commentaires

De belles perspectives (et jeu concours)

Publié le 10 Février 2013 par Nadine dans Haïti

PhotoService.com

C’est alors que le Carnaval bat son plein, que je vais croiser trois de mes sujets favoris : mes voyages, le centre du monde habité (Aix) et Haïti. En effet, hier, j’ai acheté le billet d’avion de mes vacances d’été et la destination de cette année sera… Haïti ! C’est que j’ai été invité, formellement invitée, et invitée à participer à de sessions de formation des maîtres ainsi qu'à travailler avec des étudiants en sciences humaines. Et vous me connaissez : quand on m'invite j'arrive.

Comme c’est moi qui me paie mon billet d’avion, j’ai déjà annoncé que la moitié de mon temps sera pour moi-même, à savoir faire du tourisme, et si possible backpacker qui est ma façon de voyager. Le Lonely Planet en anglais Haïti et Rep Dom est déjà sur ma table de nuit afin de planifier.

C’est dans ces circonstances que je ne résiste pas à la tentation de vous envoyer deux documents. Le premier est une photo que j’ai prise ce midi dans Aix ; jusqu’au 17 février les murs, les rues et les places de notre belle ville accueillent des œuvres d’artistes contemporains. L’un d’entre eux a fait figurer le drapeau d’Haïti au milieu de son œuvre (voir ci-dessus). Normal c'est celui d'une grande nation. La question du jeu concours est la suivante : où se trouve-t-elle et quel est le nom de cet artiste fort bien inspiré ? A gagner : un verre de Barbencourt chez moi.

Le deuxième document est le lancement du carnaval national, accueilli cette année dans la capitale du Nord, Cap Haïtien. Je vous passe les polémiques sur la censure que le président chanteur aurait faite de chansons qui lui déplaisaient de la part de groupes critiques sur son bilan : quand on a soi-même été le roi du carnaval, il devrait être normal de supporter les lazzis en période de saturnales. Il est vrai que la chanson Aloral (les promesses présidentielles sont restées à l’oral) frappe fort parce qu’elle frappe juste…

commentaires

Sous le signe du U

Publié le 4 Février 2013 par Nadine dans Réflexions profondes

PhotoService.com

Les deux dernières semaines ont été riches en activités syndicales diverses, d'où mon absence au volant du blog. Jugez plutôt : trois jours de barèmes entre le S3 et le Rectorat, une matinée de discussion autour du BA intra, deux jours de congrès départemental de la FSU et… une journée de grève et manif.

La révolution n'est pas encore enclanchée au Flambyland mais voyons les côtés positifs comme disait le précédent gouvernement.

— Les instit et PE sont assez colère question rythmes scolaires et temps de travail. Ils sont très mal payés, pire que les certifiés — c'est dire ! — puisqu'ils n'ont ni le régime indemnitaire, ni les heures sup,  et on leur explique que leur temps de travail va s'allonger en nombre de jours où ils vont bosser mais qu'en fait c'est pareil, et le tour de passe passe sera fait avec les mairies, le tout enrobé sous l'étiquette "bien-être de l'enfant" qui est encore à démontrer. Je vous laisse avec ma cousine qui explique ça mieux que moi, dans la vidéo ci-dessous (elle est bien hein ?).

— On a pondu de belles et bonnes motions au congrès, mais ça, on a l'habitude.

— Ce n'était pas le raz-de-marée le 31, mais il fallait la faire. Les seuls qu'on a entendu jusqu'ici au Flambyland ce sont les pigeons et les réac anti-mariage pour tous, il fallait aussi faire entendre la voix de ceux qui ont globalement voté pour Flamby et qui aimeraient qu'on les écoute aussi.

— Dans mon collège monument historique, très peu de prof dans l'action (certains sont aussi des monuments historiques) mais… tous les ATOS (sauf une) étaient dans la rue avec la CGT. C'est pas un signe ça ?

Sous le signe du U et celui de l'unité, nous allons continuer dès le printemps, pour la défense des salariés et des services publics comme l'illustre clairement la photo ci-dessus prise sous le soleil du Vieux Port lorsque démarrait la manif de jeudi.

commentaires