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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

La boom des douze ans

Publié le 25 Novembre 2013 par Nadine dans Les blogueurs et leurs enfants

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Chaque automne à cette période, il se passe l'événement le plus important de l'année, celui qui demande de longues négociations, des tractations sans fin pour tous les détails, un budget prévisionnel négocié et un calendrier ajusté : l'anniversaire de Neel.

Cette année, 12 ans, le premier anniversaire au collège devait être marqué d'une pierre blanche. Et il l'a été : d'une pierre blanche et sonore, puisque ce fut par une boom que Neel passa le cap de l'entrée dans sa treizième année. Il voulait inviter toute sa classe et en plus tous ses copains et copines qui ne sont pas dans sa classe, mais j'ai fait limiter le nombre à 20, ce qui était amplement suffisant. Il a pris donc soin d'inviter autant de filles que de garçons, ce qui pour une boom est plutôt bien vu (les boom entre mecs seulement ça doit être assez triste… en Arabie Saoudite peut-être ?). Pourtant à l'heure des slow, et malgré les encouragements et les fourberies de Leo, mon co-organisateur, nous n'avons pas réussi à réunir cavaliers et cavalières sauf… Neel, notre caribéen, qui a splendidement invité une jeune fille sur la piste de danse.

Le reste de l'après-midi fut consacré à manger des bonbons et boire du champomi, ouvrir ses très beaux cadeaux (les enfants s'étaient cotisés pour un chouette cadeau), se trémousser séparément sur la piste de danse que j'avais installée dans le studio au sous-sol (chaine hifi à fond et light comme dans une boute de nuit), rigoler, pouffer, ricaner etc…

Neel a trouvé que c'était le plus bel anniversaire qu'il ait jamais eu. Et moi je suis contente d'y avoir survécu. Je ne suis pas pressée que l'on soit l'année prochaine…

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210 ans

Publié le 18 Novembre 2013 par Nadine dans Haïti

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L'antimilitariste que je suis fait quelquefois des entorses à ses principes en glorifiant des militaires, voire des généraux ou même des batailes. J'avais en août 2011 causé dans ce blog d'une de mes batailles préféré Dien Bien Phu et je profite de cet article pour renouveler mon admiration pour le général qui s'est couvert de gloire dans la cuvette vietnamienne, et qui a disparu le mois dernier à l'âge de 102 ans, le général Giap. J'avais alors comparé Dien Bien Phu avec Valmy et Vertières, trois batailles qui en commun d'avoir la France parmi les belligérants, mais deux fois du mauvais côté, et surtout d'être des moments historiques où les peuples ont pris la parole et les armes, pour sortir de l'oppression et en sont sortis vainqueurs.

Aujourd'hui Haïti célèbre le 210ème anniversaire de la bataille de Vertières. J'étais sur le site, dans la banlieue du Cap Haïtien, en août dernier, et, comme toujours dans ces grands moments d'émotion autour des luttes, j'ai levé le poing comme vous pouvez le constater. A Vertières s'opposait l'armée indigène commandée par Dessalines, ces nègres qui n'avaient à perdre que leurs chaînes, et le reste du corps expéditionnaire envoyé par Bonaparte et commandé par Rochambeau, de triste mémoire dans la Caraïbe. Dans la journée l'affaire fut réglée et Rochambeau dut capituler et faire ses bagages.

Mon ami Evens anime à Paris et sur internet un jeu sympathique et instructif appelé "Haïti je connais". Je lui ai proposé pour aujourd'hui la question suivante dont je vais vous donner tout de suite la réponse.

"Quel chant chantaient à pleins poumons les combattants de l'armée indigène lors de la bataille de Vertières ?"

Réponse : La Marseillaise.

Et oui, c'est bien ce chant révolutionnaire que chantaient les jacobins noirs devant les soldats français médusés au pied de la colline de Vertières.  Je rappelle aux incrédules que la Marseillaise n'est l'hymne national de la France qu'en 1880, et que les paroles de la Dessaliennes datent de 1904. La Marseillaise est une chanson révolutionnaire durant tout le XIXème siècle, que l'on chante par exemple à Varsovie en 1830 et 1863. Ce sera aussi un des chants de la révolution russe en 1917. Selon Victor Schœlcher qui a visité Haïti en 1841, elle fait encore partie du répertoire de l'armée à la date de sa visite comme chant patriotique. Mais à le lire, à l'époque c'est devenu une armée en guenilles.

En ce 210ème anniversaire l'état d'occupation du pays perdure. La souveraineté est encore un vain mot ("Et les pauvres noirs dont  les peres et meres sont en Afrique, ils n'auront donc rien" Dessalines). Ce n'est peut-être pas par une bataille que les peuples pourront retrouver la parole, mais il m'empêche qu'il est urgent qu'ils la prennent, ici comme là-bas :

Kat la mal bat fok li rebat

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Remettre la question du travail au centre des débats

Publié le 11 Novembre 2013 par Nadine dans Réflexions profondes

affiche-rivages-1375100482-31252Il y a en ce moment aux archives départementales des Bouches du Rhônes, sur les deux sites Aix et Marseille, une exposition intitulée Marseille Provence, rivages des produits du monde et des ouvriers d'ailleurs. Je suis allée samedi voir le volet aixois sur les ouvriers d'ailleurs. Petite expo, mais très chouette que je vous conseille d'aller voir, en plus on ne se bouscule pas : j'étais seule (en plus c'est gratos et on vous donne de la doc).

Ce genre d'expo permet de remettre certaines pendules à l'heure : on y voit des ouvriers immigrés qui font les sales boulots, mal payés, qui logent dans des logements pourris, voire des bidonvilles. On voit aussi la construction des luttes au sein des organisations de travailleurs, que ce soient des syndicats ou des associations d'originaires, ce qui n'est pas incompatible. On voit enfin les lieux de sociabilité y compris la religion, mais aussi le bistrot ou les amicales sportives. Evidellement aussi des rapports de police douteux et des journaux racistes : la connerie est éternelle. Et au total de tout cela ? Et bien que l'on arrête de nous bassiner ! Pourquoi ?

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Disons-le une bonne fois pour toutes : les immigrés, ni ne viennent manger le pain des Français, ni n'amènent la misère. Les immigrés amènent de la richesse là où ils viennent parce qu'ils amènent leur force de travail qui génère de la plus-value. D'ailleurs, en général, le patron ne fait pas cadeau d'un boulot à celui qui l'emploie, il entre dans un rapport contractuel avec lui et doit partager la plus-value générée par le travail : c'est d'ailleurs ce partage qui pose problème depuis un petit moment.

Une fois ce préalable posé, c'est-à-dire de comprendre que l'immigré nous enrichit, on évitera de lui chercher des poux : oui l'immigré est différent et donc fait des trucs différents. Et alors ? Et si évitait de les stigmatiser, peut-être auraient-ils moins la tentation d'exhiber ce pour quoi on les stigmatise : les filles enfoulardées jusqu'aux yeux, dans une ostentation dévote finalement plus ridicule qu'autre chose, nous renvoient aux catégories que la société française a elle-même créées.

C'est avec émotion que j'ai vu ou revu des documents d'un autre temps, ceux des organisations de lutte qui intégraient sans complexe la dimension migratoire dans leurs communication ; où la question du travail était centrale dans l'activité revendicative. Sans vouloir revenir à un bon vieux temps qui n'a jamais existé — ces années 1950-1980 ce sont aussi les bidonvilles, les cités d'urgence, les chantiers cracra pour les bougnoules — je ne peux m'empêcher de penser que le discours était juste puisqu'il plaçait bien en son centre l'égalité de tous, la dignité dans le travail, et la juste rémunération du travail.

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Le Corbusier pas tant dans le brutalisme

Publié le 3 Novembre 2013 par Nadine dans Réflexions profondes

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Le Corbusier a laissé un profonde trace à Marseille où on l'appelle pas tellement le fada contrairement à la légende mais plutôt le Corbu pour designer l'unité d'habitation la Cité Radieuse du boulevard Michelet. Marseille étant cette année LA capitale de l'Europe, on se devait donc d'honorer la mémoire du grand architecte avec une expo : elle a lieu au J1 jusqu'au 22 décembre et je vous conseille non seulement d'y aller, mais de prévoir du temps, car, nous, en trois heures, on n'a pas pu tout voir ce qu'on voulait voir, c'est-à-dire les diaporamas, les vidéos, les lettres, les plans, les maquettes et aussi les peintures et scuptures du maître qui s'adonnait à tous les arts (dans ceux-là on voit qu'il était pote avec Picasso, Fernand Leger et Miro).

On a beaucoup attribué au Corbusier sur l'usage du béton par kilomètres comme la France en a beaucoup fait des années 1950 à 1970. Le terme brutalisme qui donne son titre à l'exposition vient de brut dans béton brut et non de brute épaisse dans une tour anonyme. On reste admiratif des inventions architecturales, de la modernité exhaltée, du souci du détail. On ne regrette pas cependant que certaines de ses réalisation urbanistiques n'aient pas vu le jour comme cette tour géante dans la baie d'Alger. A côté du grandiose de certaines réalisations, on remarque aussi l'attention dans l'art de vivre : les aménagements à la cité radieuse et aussi le cabanon au Cap-Martin, un tout en un dans 9 m2 rationnels.

Quant au congrès du CIAM (Congrès Internationale d'Architecture Moderne) sur un paquebot entre Athènes et Marseille en jullet 1933, là je suis carrément jalouse : mon syndicat préféré fait son congrès à Marseille en mars prochain, et on n'a même pas osé le faire sur le Danielle Casanova ! Pourtant ça aurait été tellement plus chouette que le parc Chanot horreur en béton même pas du Corbusier !

 

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