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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Fripouille la vadrouille

Publié le 30 Janvier 2015 par Nadine

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Ce blog est consacré aux habitants de la Villa Dimanches, il en est un pourtant dont on oublie parfois de parler : le chat Fripouille.

Alors que Fripouille, le chat de Neel qui était à l'époque un chaton, avait passé l'hiver dernier dans la maison, il bénéficie depuis le printemps de chatières pour aller se balader. Il va et vient maintenant entre plaisirs du dehors (humer le vent, se rouler dans l'herbe, chasser les bestioles) et ceux du dedans (manger, dormir, se faire caresser…). Bref une bonne vie de chat.

C'est pour cela que nous ne sommes généralement pas inquiets quand Fripouille ne montre pas sa truffe pendant toute une journée ou toute une nuit : on sait qu'il est en balade. Pourtant, quand je suis partie lundi matin prendre le TGV, je commençais à me faire du souci ; il est rare qu'on n'entende pas ses miaulements au moins toutes les 6-7 heures pour réclamer à bouffer. Or il n'avait pas reparu depuis le samedi soir. Une ami venue pour des recherches au Archives d'Outre-mer logeait à la maison et pouvait monter la garde à la Villa Dimanches. Je me suis dit : il trouvera quelqu'un quand il se décidera à revenir.

De texto en coups de fils, la semaine s'est déroulée… sans Fripouille. J'étais presque à faire mon deuil quand c'est l'espoir qui est revenu. Arrivée fort tard à la maison, je suis passé sur mon balcon quand… j'ai entendu un miaulement d'une voix que je connaissais bien. Je me suis précipitée dehors sous la pluie, mais… néant.

C'est ce midi, en revenant du boulot, que j'ai décidé d'en avoir le cœur net : j'ai fait le tour des maison alentour en criant "Fripouille !" quand les miaulements ont repris. Ils ont même repris de plus en plus fort au fur et à mesure que l'espoir des deux côtés grandissait. Neel, son père, la voisine se sont joint à ma recherche, Neel a sauté par dessus le mur de la villa fermée d'à côté et est allé récupérer son chat dans un cabanon, même pas fermé à clefs (Fripouille n'a toujours pas appris à ouvrir les portes). La pauvre bête était là depuis près d'une semaine ; il était apeuré, miaulant, affamé, mais sauf !

Depuis son retour il a donc dévoré trois boîtes de pâté et un tupper de mou de chez le boucher et il dort lové sur sa couverture préféré. Bref, il a repris sa vie de chat.

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Bijou est une perle

Publié le 24 Janvier 2015 par Nadine

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Pour relater les aventures de Nadine au Congo, je ne peux manquer de consacrer tout un article du blog à Bijou, la secrétaire de la FENECO. Cet article sera celui de mes remerciements à Bijou et à son frère Dieumerci qui ont été mes anges gardiens lors de mon séjour Kinois.

C'est Bijou qui m'a accompagnée tout le temps, qui venait me chercher au centre Liloba où je séjournais, me raccompagnait le soir, hélait les transports, prenait soin de moi, me traduisait tout ce qu'il fallait traduire, m'a accompagnée dans les magasins et au marché faire mes emplettes, m'a amenée chez sa couturière pour me faire faire des robes, m'a acheté ceci et cela quand je le lui demandais… tout cela et même au delà et toujours avec gentillesse et le sourire. Elle m'a même prêté sa chambre et son lit le soir du 31 décembre alors que j'avais découché de chez les pères qui fermaient à 10 heures du soir. Dieumerci m'a accompagnée à la messe du dimanche et expliqué plein de trucs, comme sa sœur.

Mes hôtes congolais se sont inquiétés car, à rendre visite aux uns et aux autres, j'ai dû silloner tout Kinshasa en transports collectifs, assise sur des banquettes étroites et serrés comme des harengs, que j'ai dû marcher dans les rues poussiéreuses ou boueuses, bref que je n'ai pas fait comme les blancs normaux, me déplacer en 4X4 aux vitres teintées avec clim. C'est précisément d'avoir été à la manière locale, aux côté des Congolais qui a été le meilleur de mon séjour. Et ceci je le dois à Bijou qui connait Kinshasa comme sa poche, qui connait toutes les lignes formelles et informelles des transports collectifs formels et informels, qui connaît tous les magasins de la rue du Commerce et tous les vendeurs (ou presque tous) du Grand Marché et aussi les meilleurs endroits pour écouter de la bonne musique. Bref, la vraie vie congolaise !

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Rencontres militantes en RDC

Publié le 22 Janvier 2015 par Nadine

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C'est la FENECO/UNTC, le syndicat des enseignants, qui m'a invitée à aller à Kinshasa. J'y ai rencontré l'ensemble de ses cadres. Ils s'appellent entre eux camarades, un bel usage qui est tombé ici en désuétude. Certains d'entre eux m'ont raconté leurs aventures militantes anciennes ou récentes. C'est par exemple une dame chez qui nous sommes allés manger qui était veuve : son mari faisait partie de la commission électorale en 2006. Il a été assassiné à Kikwit alors qu'il dénonçait les fraudes électorales. C'est un monsieur plus âgé qui parlait d'un match au stade Tata Raphaël sous Mobutu, ou plutôt le stage du 20 mai à l'époque : seule l'armée avait accepté d'arbitrer ce match à haut risque auquel assistait l'homme à toque de léopard et le prince Albert de Belgique. Le public avait hué son chef qui avait dû partir avec le prince, laissant l'armée tirer dans le tas. Il nous a montré l'église à côté de chez lui : c'est là que se tenaient des réunions d'opposition au régime.

Comme en Haïti, ici l'Eglise catholique en RDC semble un force de progrès, un barrage contre l'obscurantisme, celui par exemple des églises du Réveil (que j'ai appelées de l'Endormissement, celui de la conscience et au moins de l'hypnose du porte-monnaie). Les pères chez qui je logeais à Kinshsasa animent des cellules ecclésiales de base.

Le militantisme en RDC n'est toujours pas un sport de tout repos. Pourtant j'ai trouvé des gens contents de mettre leur pierre à leur édifice et heureux de partager leur expérience.

Les forces de l'endormissement peuvent se faire du souci : cette semaine c'est la jeunesse qui s'éveille. Les étudiants se sont soulevés contre la loi électorale que veut faire passer Joseph Kabila, le président, pour qu'il puisse se présenter pour un troisième mandat après deux scrutins entachés d'irrégularité et la succession de papa en 2002. Ca a chauffé, on compte déjà entre onze et vingt-huit morts. Puisse ce beau pays connaître le progrès et l'éveil : il le mérite au moins par le courage de ceux qui y croient et qui militent pour cette cause.

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Je suis bonobo

Publié le 16 Janvier 2015 par Nadine

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Alors que je comptais envoyer le récit de mes aventures congolaises la semaine dernière sur ce blog, l'actualité m'a rattrapée et tout le monde a passé la semaine à proclamer : "je suis Charlie". Sérieusement affectée par les événements dramatiques qui ont touché la France, je me suis bien gardée pourtant de dire ou de m'afficher "je suis Charlie" et je préfère ce soir répondre "je suis bonobo".

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Le 31 décembre je suis allée visiter le parc Lola ya Bonobo (le paradis des bonobos) en compagnie de mes amis congolais : un havre de paix au sud de Kinshasa où les protecteurs des Bonobo recueillent ces singes extirpés des trafics d'animaux et les réaclimatent à la vie sauvage avant de relâcher des groupes dans la forêt. Dans ce vaste parc on peut observer des groupes paisibles, uniquement à certaines heures, de toutes façons la pression touristique en RDC est très faible.

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Les bonobos sont nos plus proches cousins avec lesquels nous partageons plus de 98 % de notre patrimoine génétique. Ces paisibles animaux vivent sous un régime matriarcal, une femelle dominante commande le groupe tout en prenant soin de son enfant. Lorsqu'un individu fait preuve d'agressivité, les femelles le recadrent aussi sec. Les tensions sociales se gèrent… par les relations sexuelles (voir photo ci dessus de gestion équitable du conflit social). Je ne sais si ces tensions sont nombreuses, mais en tous cas les bonobos passent leur temps à s'envoyer en l'air, sans considération du sexe du partenaire ni même du partenaire, en position face à face. Comme tous les singes, mais encore plus que les autres singes, les bonobos ont des mimiques, des attitudes (la quasi-bipédie !), des regards très proches des humains. Les parents font des papouilles et ont l'air de rigoler avec leurs petits. Mais nous, humains, nous sommes de biens terribles cousins : l'espèce n'a été identifiée qu'en 1929, il ne vit que dans les forêts de RDC, et il est terriblement menacé par la chasse et les trafics.

Alors pour toutes ces bonnes raisons, parce que le bonobo devrait être un modèle de gestion sociale et parce qu'il est menacé par les hommes et la mondialisation des trafics licites et illicites (et en RDC la frontière est poreuse entre les deux sortes de trafics), je proclame : "je suis bonobo" parce que notre sympathique cousin pourrait être aussi un modèle. 

Dans ce pays il n'y a pas que les singes qui sont menacés. J'aurais aussi bien pu dire : "Je suis Robert Chamwami Shalubuto", ce journaliste à la RTNC, Radio-Télévision Nationale congolaise a été tué le 27 décembre à Goma Nord-Kivu, mais ça, personne n'en a parlé.

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Où est Charlie ?

Publié le 11 Janvier 2015 par Nadine

Depuis mercredi tout le monde est Charlie. Aujourd’hui à Paris la marche d’hommage regroupera tous ceux qui connaissent bien le parcours République à Nation pour aller y manifester souvent, des anonymes émus, mais aussi parmi les pires crapules sur des trônes, de ceux qui mettent en prison des journalistes. En vrac et sans faire le tri, une sélection : le chef de la diplomatie russe, les Premiers ministres turc et géorgien et notre ami gabonais Ali Bongo. A Marseille on annonce la venue de Marine Le Pen.

J’irai cet après-midi marcher à Aix, tout comme j’ai marché hier à Marseille et j'étais place de la Mairie mercredi et jeudi soir. Je n’étais pas toujours d’accord avec Charlie mais je me dois de rappeler que Charlie hebdo était tout sauf consensuel et se se positionnait à gauche version anar. Je ne suis pas sûre qu’ils aient vraiment apprécié de voir défiler pour eux Benjamin Netanyahu, pompier pyromane du terrorisme. Savent-ils que disant "Je suis Charlie" que le nom vient de Charles de Gaulle suite au scandale de la Une "Bal tragique à Colombey" ? Et que le titre original du canard était Hara Kiri Journal bête et méchant ?

En septembre dernier j’ai acheté à un vide-grenier l’album Wolinski dans l’Huma paru en 1977. Giscard et Barre ne sont plus à la barre mais la plupart des dessins n’ont pas pris une ride : sur les immigrés, sur les patrons et les ouvriers, sur les cadeaux aux riches, sur le soutien aux dictateurs africains, tout reste juste. Je vous en livre un best of. Bonne manif et dès demain, fin du consensus, on reprend la lutte et nos ennemis nous les connaissons : c’est de leur méfaits que se nourrit le terrorisme.

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