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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Sauvez Willie !

Publié le 30 Juin 2013 par Nadine dans Réflexions profondes

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C'est ainsi que notre Rossignol de Banon, devenue le Rossignol de Pont-L'évêque, appela il y a quelques années les 11+4 THO (très honorable) lors de la Hcl. Je sais les non-initiés ont du mal à suivre. En résumé les pauvres collègues en fin de carrière, ni super bons (au yeux de leurs inspecteurs), ni super-mauvais, bref, des collègues ordinaires, oubliés de tous, donc passés dans les rangs des médiocres non-évalués. Or, à l'heure du mérite, si l'on brille pas sur la planète bling bling, on devient un moins que rien, malgré plus de trente ans de carrière et la retraite qui s'approche. Ce sont donc ces collègues que nous avons tentés de sauver lors de la CAPN hors-classe de la semaine dernière. Il y en avait 105 remontés des académies (et encore plein d'autres coincés dans certaines académies), mais on a dû s'arrêter à 23. C'est maigre. On fera mieux l'année prochaine, espérons.

Le soir même j'étais avec ma cousine secrétaire nationale d'un grand syndicat d'enseignant du premier degré de la même fédération que la mienne. A vrai dire en CAPN, je suis toujours chez ma cousine, mais cette année est la dernière. Et pour la dernière soirée, on a fait très fort : on est allée à la télé. Plutôt elle est allée causer dans dans le poste et je l'ai accompagnée. Le sujet était la tarte à la crème du moment : les rythmes scolaires. Elle était sur le plateau avec une rectrice qui devait forcément trouver que la réforme est formidable, et un parent d'élève qui a commencé en disant que l'école était dans un état déliquescent (ça fait plaisir à entendre quand on est dans la boutique…). Bref ces braves gens nous ont expliqué que l'on allait sauver l'école par le détour périphérique avec des gens qui sont formidables puisqu'ils ne sont pas des professionnels de l'enseignement. Je me croyais revenue avec les politiques de la ville des années 1990 où tout ce qui était associatif était forcément beaucoup mieux que les politiques ordinaires de l'Etat qu'il n'était donc pas nécessaire d'abonder, et que la pétanque pouvait remplacer le latin ou les maths par le détour pédagogique (authentique dans un collège du 14ème arrondissement de Marseille). Ma cousine est restée très calme et a  expliqué en 1mn30 que c'était un peu plus compliqué que ça et que l'ambition pour l'école pouvait passer par d'autres voies.

On est ensuite rentrée, et pour notre dernière soirée parisienne (du moins la mienne, je serai montée 10 fois à la capitale cette année) on s'est envoyé un délicieux rhum vieux venu de la Martinique. Et comme tous les vieux, mais là le mérite y était réellement, je lui décerne plus qu'un THO, un EXC (exceptionnel) sans problème !

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La fête après le mouve (et même pendant)

Publié le 23 Juin 2013 par Nadine dans Niouzes narcissiques

 

Depuis trois semaines le blog est à l'arrêt. La seule fois qu'il a fait une interruption aussi longue c'est quand j'étais à l'hôpital il y a deux ans. Je rassure ici mes nombreux lecteurs, du moins ceux qui sont encore là, je vais très bien, c'est simplement que j'étais très occupée. J'ai fait du mouve intra, déplacé une mut sim,  soulevé trois candidats cachés, des intra à rallonge dans le 84, en compagnie de Jill et de Sabrina, pendant que Charlie supervisait et faisait même des candidats cachés à partir de tête de GOC, ce qui est radicalement interdit. On a même fait du sous-marin jaune mais ça c'est chut… !

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Je ne suis pas restée tout le temps la tête dans le vert, le jaune et le rose. Je suis aussi montée à Paris pour le concert de Kassav au Zenith le 8 juin. Là je dois battre ma coulpe : il y avait le même soir à Marseille Tabou Combo, la légende du Kompa historique, 45 ans de carrière, les immortels créateurs de New York City. Mais j'avais réservé la soirée et le billet depuis six mois et il était difficile de poser un lapin à Stevens. J'ai donc troqué les vrais créoles contre les faux (Evens dixit).

Le Zenith était plein à craquer, les trois soirs sold out. Je rappelle ici que Kassav a été le premier groupe à remplir le Stade de France, l'Ile de France étant la troisième île des Antilles françaises. Ambiance torride, chaleur tropicale, chaloupé garanti. L'usine à tube qui tourne depuis 34 ans, le spectacle est bien rodé. Mais un bémol par rapport au Kompa (à part d'être des faux créoles bien entendu) : le Zouk marche avec un son français, alors que le Kompa tourne avec un line-up et un son américain. Et c'est bien cela qui le rend aussi efficace. Je ne vais tout de même pas faire ma fine bouche : je me suis régalée en excellente compagnie ce qui rend le spectacle encore meilleur.

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Vendredi soir, le mouve terminé, c'est l'esprit plus léger que je suis allée à la fête de la musique à Marseille, en compagnie de Vincent et de trois de ses copines parisiennes. Nous avons soigneusement évité la foule massée sur le Vieux Port qui était là pour la variétioche de la télé et nous sommes allés au Panier où c'était la fête. Quand on connaissait le Panier il y a quelques années, on ne peut qu'être médusé par sa transformation : on est passé des taudis au Montmartre marseillais, place et rues coquettes, boutiques à la mode, bar qui se la jouent Marseille éternelle. Ce n'est pas toujours ma tasse de thé (ou même de pastis) mais je dois reconnaître que ce quartier assez sordide est devenu très agréable. Bref c'était la fête du Panier en même temps que celle de la musique : chaque place avait son concert, son animation, les fanfares parcouraient les ruelles en pentes, et en plus, dans les rues, les stands de bouffe et de boissons alternaient avec les sonos qui faisaient danser les passants. Le concert phare de la soirée était place du Refuge avec les inoxydables Abyssinians, 45 ans de carrière comme les Tabou Combo, du reggae jamaïcain du meilleur jus. Ce sont maintenant trois papys, accompagnés par un line-up efficace et rajeuni, qui n'ont rien perdu de leur patate malgré les cheveux blanchis, habillés aux couleurs de l'Ethiopie et de Haïlé Sélassié, sortes de prophètes nègres inspirés qui chantent Jah et la Terre Promise. Je suis rentrée à la filliotière à trois heures du matin en chantonnant des airs venus des Caraïbes anglaises.

 

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Non mais allo, quoi ! Double allo !

Publié le 2 Juin 2013 par Nadine dans Réflexions profondes

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C’est par cette citation à la mode glissée dans le couloir au président de la CAPN que notre chef a conclu notre semaine de paritarisme. Cela a bien résumé la teneur de nos débats qui, eux, se sont tenus dans une langue châtiée, mais avec croches-patte, crocs-en-jambes, voire séance de catch avec trois inspecteurs généraux pour ma pomme.

J’avais envisagé un moment de commencer mon propos par « les hommes jeunes en lycée, je les veux bien dans mon lit, mais pas dans cette promotion ». Je me suis vite ravisée, quoique cela aurait pu secouer un auditoire fatigué par trois jours de séances dans des salles sans fenêtre dans une chaleur équatoriale. Néanmoins toute l’assistance a écouté attentivement mon propos et les grimaces de certains me confortaient à continuer : je tapais visiblement dans le mille. Je me suis appuyée sur la note de service, j’ai repris les critères annoncés par l’inspection quelques minutes auparavant et j’ai croisé nos critères pour avancer mes billes : promouvoir des gens trop jeunes (c’est-à-dire dans le cas d’espèce la quarantaine) désavantage les femmes qui sont déjà désavantagées dès le départ. En effet, briller à la quarantaine, cela veut dire avoir investi du temps et de l’énergie les quinze années qui précèdent, or ce sont précisément à ce moment-là que les enfants sont jeunes et accaparent les mères. Moins les pères, la France n’est pas encore dans l’égalité des sexes pour les tâches domestiques. Troisième critère, encore en défaveur du deuxième sexe : le collège par rapport au lycée. Elles y sont plus nombreuses que les hommes parce qu’elles font plus qu’eux jouer les bonifications familiales dans le cadre du mouvement (les bonifications familiales sont données pour des vœux larges sans choix du type d’établissement et les collèges sont moins prisés que les lycées), or c’est en lycée que l’on peut briller et accéder au post-bac. Et comme cette promo sans barème est celle des gens remarqués plus que des gens remarquables, de ceux qui brillent plus que de ceux qui ont épuisés (et se sont épuisés ?) leur carrière…

Mon camarade du SNEP avait fait la même démonstration deux jours auparavant et comme lui, j’ai eu quelques trucs. Pas beaucoup, pas assez au regard du travail investi, mais nous savons aussi que notre présence est aussi celle de la vigilance.

A part ça semaine parisienne pluvieuse, mais de toutes façons j’étais enfermée au MEN, on a fait les classiques de la CAPN — aligot-saucisse et nui de Chine — y a même Martine qui est venue nous offrir l’apéro.

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