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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

I had a farm in Africa

Publié le 2 Janvier 2017 par Nadine

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Soyons francs. Cette ferme n’était pas à moi. Elle ne faisait pas des milliers d’acres. Elle n’était pas au pied de la montagne Ngong. Il n’y avait pas de placides guerriers Masai pour garder les troupeaux. Et surtout il n’y avait pas Robert Redford qui passait avec son avion. En fait je n’étais pas dans un livre de Karen Blixen ou dans sa version cinématographique, j’étais bien mieux que cela : j’étais invitée dans une ferme modeste et sympathique au pied du Mont Kenya dans la famille de Pascal.

Alors qu’au-dessus de 2000 mètres le grand capitalisme a installé d’immenses fermes de produits d’exportation vers l’Europe (fleurs coupés, légumes), entre 1500 et 2000 mètres l’on trouve une petite polyculture avec des patates, des haricots, du maïs, du blé et du petit élevage d’ovins, caprins, bovins et bien entendu la volaille. Plus bas encore, là où la terre est plus sèche, l’élevage extensif occupe de misérables éleveurs habillés de shuka et paré de perles autour du cou et du front.

Les parents de Pascal, ainsi que ses cinq frères et sœurs habitent dans des fermes à une vingtaine de kilomètres de Meru. La plupart d’entre eux cumulent leur activité avec celle d’enseignant ou de cadre dans les grandes plantations. Son frère ainé est même chairman régional du KNUT, le syndicat des enseignants !

Ces fermes de bois, modestes mais confortables comportent toutes une cuisine au feu de bois et un salon où l’on reçoit volontiers, des chambres et un grenier où des chats vigilants veuillent au grain (le conseil du jour : il ne faut pas trop les nourrir, sinon ils n’attrapent pas assez les souris). Pour les chiottes ? C’est la cabane au fond du jardin. Mais pour beaucoup c’est le jardin tout court. Au milieu de la verdure, ici on connaît tous les voisins, on se salue et surtout l’on sait recevoir.

A cause d’une bête panne de voiture — un banal incident ici, mais heureusement il y a des mécanos partout — nous sommes arrivés avec 24 heures de retard. J’ai donc manqué la cérémonie d’accueil de mon arrivée. C’est dommage, mais il y a eu des séances de rattrapage lors desquelles j’ai été couverte de cadeaux : un tableau, un shuka, un collier, un sac. Et surtout une immense dose de gentillesse en guise de papier cadeau. Je me suis toujours fendue d’un discours, toujours le même, mais pouvais-je dire autre chose ? J’ai répété que j’étais à la fois heureuse de l’accueil qui m’était fait et triste de ne pouvoir rendre la pareille. J’ai expliqué que l’hospitalité en Afrique n’avait d’équivalent que l’inhospitalité en Europe, cette Europe qui dresse des murs et n’aime pas les Africains.

J’ai donc passé cinq jours dans une ferme en Afrique au rythme local, en mangeant, en riant, en causant. Ils m’ont dit et répété que j’étais désormais la bienvenue. Il faudra donc que j’y retourne !

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