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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Les nines à la plage

Publié le 30 Mai 2007 par Nadine et Hervé dans Niouzes narcissiques

Il ne s’agit ici pas des week-end à la Baltique de Vladimir Ilitch avec Krouspaïa, les pliants et la glacière. J’écris cela parce que Chico nous a foutu le doute ci-dessus.
C’est que je suis allée pique-nique à la plage du Rouet et prendre un peu le soleil. La plage du Rouet sur la côte bleue est comme toutes les plages de Marseille, un repère pour observer la cagole dans son milieu naturel. Ca tombe bien, il y en avait deux superbes exemplaires à côté de moi. Blondes — je ne pense pas que c’était leur couleur naturelle — elles tentaient d’exposer le maximum de épiderme pour bronzer. Vêtues uniquement d’un string et de bijoux peu discrets, elles alternaient lectures de magazines pipole et (très longues) conversations au portable avec tant de discrétion que j’ai pu en suivre l’intégralité. Il y était question de leurs mecs, de régime et de la température de l’eau (moins quinze paraît-il, il est vrai qu’après deux jours de Mistral, ce n’était guère baignable). J’ai l’air de critiquer (il est vrai que lire était un peu difficile mais je n’avais qu’à m’éloigner), mais ces moqueries ne sont que la marque de mon attachement au folklore marseillais contemporain.
Pour continuer dans la même veine, et pour informer mon co-blogeur sur la façon dont son lieu de résidence est vu d’ici, je joins une carte mentale de la France vue de Marseille. A oui, moi aussi je suis immigrée cette année : je fais de la Géographie ! Ne vous en faites pas, je reviens à l’Histoire dès le mois de septembre.
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Pentecôte (2)

Publié le 28 Mai 2007 par Nadine et Hervé dans Réflexions profondes

De Shavouot à la Pentecôte : ce qui est également calqué sur l'hébreu est le nom de la fête. À ceci près que les Grecs  comptent en mathématiciens imprégnés de calcul décimal, composant leur calendrier sur le soleil. Chez les Juifs, le calendrier lunaire a bien plus d'importance : les mois de l'année sont des mois lunaires, ce qui oblige à rajouter régulièrement un mois supplémentaire à l'année. Bref, Shavouot, en hébreu, veut dire "semaines" (on l'appelle aussi parfois la "fête des semaines"), car la distance qui sépare cette fête de la fête de Pâques est "une semaine de semaines", ce qui si l'on compte bien fait 49 jours, pas tout à fait les cinquante du calendrier chrétien.
Cette fête est calquée, tout comme la fête de Pâques et la fête des cabanes (Souccoth), sur un autre calendrier, bien plus terrien, celui du cycle agricole. Si Pâques est la fête des semences et nécessite un pèlerinage au Tempe, Shavouoth est la fête des prémices : on vient encore au Temple, mais cette fois pour apporter les premières récoltes de l'année. Souccoth est l'occasion d'un troisième pèlerinage, correspondant à la récolte des fruits.
Payons-nous d'un rapprochement œcuménique (non, Nadine, ne dis pas "ta mère") : la Pentecôte chrétienne est la première occasion pour les premiers Chrétiens d'une première récolte des bienfaits du sacrifice christique.
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Pentecôte (1)

Publié le 28 Mai 2007 par Nadine et Hervé dans Réflexions profondes

  1. Je profite de ce jour de la Pentecôte pour faire un peu d’histoire chétienne pour les très pieux lecteurs de ce blog. Pentecôte, cela veut dire cinquante en grec, cinquante jour après Pâques, la résurrection de Jésus. La fête se situe dix jours après Son Ascension. Comme d’autres fêtes chrétiennes, elle est calquée sur le calendrier des fêtes juives, ici Shavouôt. T’as quelque chose à dire sur Shavouôt, Chico ? Mais d’abord revenons sur le texte qui se trouve dans les Actes des Apôtres.

Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu, quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient. Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu ; elles se partageaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux. Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint et commencèrent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. Or il y avait, demeurant à Jérusalem, des hommes dévots de toutes les nations qui sont sous le ciel. Au bruit qui se produisit, la multitude se rassembla et fut confondue : chacun les entendait parler en son propre idiome. Ils étaient stupéfaits, et, tout étonnés, ils disaient : " Ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende dans son propre idiome maternel ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d'Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d'Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons publier dans notre langue les merveilles de Dieu ! "Tous étaient stupéfaits et se disaient, perplexes, l'un à l'autre : " Que peut bien être cela ? " D'autres encore disaient en se moquant : " Ils sont pleins de vin doux ! " Pierre alors, debout avec les Onze, éleva la voix et leur adressa ces mots : " Hommes de Judée et vous tous qui résidez à Jérusalem, apprenez ceci, prêtez l'oreille à mes paroles. Non, ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez ; ce n'est d'ailleurs que la troisième heure du jour. Mais c'est bien ce qu'a dit le prophète : Il se fera dans les derniers jours, dit le Seigneur, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes.
Actes 2, 1-17

Le texte a été écrit par Luc, compagnon de Paul, juif hellénisé résidant à Antioche. Il marque le passage de l’Eglise des circoncis, les juifs, et celle des incirconcis, les Gentils. Ceux qui assistent à cette réunion prophétisent, et il semble que ce soit bien ce mode de diffusion qui fut celui du premier christianisme, à l’image du prophétisme juif. Mais surtout ce texte porte la marque de son rédacteur, et de l’époque de sa rédaction, après la chute du second Temple. Le courant paulinien a triomphé, le christianisme est sorti du judaïsme, rejeté par celui-ci et la conversion vise désormais les païens. L’expérience de glossolalie est devenue le don des langues avec le début de la mission universelle. Elle marque dans la tradition du christianisme la création de l’Eglise.
Je ne peux m’empêcher ici de faire deux remarques en rapport avec notre monde contemporain.
Tout d’abord sur les tendances d’un certain christianisme d’influence US qui, sous couvert de scientificité, nous plonge dans des temps des plus obscurs. Parce qu’on a découvert au début des années 1980 dans la banlieue de Jérusalem, des tombeaux du Ier siècle avec des noms d’une grande banalité (Jésus, Joseph, Marie) voici qu’on fait l’analyse ADN des ossements et qu’un cinéaste populaire (James Cameron) en fait un film démontrant qu’il s’agit de qui vous savez. D’abord s’il y croit vraiment, il pense qu’il est monté au ciel, n’est-ce pas ? Et puis, au moins, au Moyen-Age les reliquaires étaient des œuvres d’art et accomplissaient des miracles. Mais surtout, prendre le texte à la lettre, même à l’aide d’une technologie scientifique, c’est être borné et ignorant, faire croire que l'on est rationaliste alors qu'on est juste obscurantiste. Le texte biblique n’a pas été écrit pour cela — les quatre évangiles ont des récits divergents — ce sont des œuvres de foi, pas des récits biographiques ou historiques. Lire le texte à la lettre, cela nous mène aux pires dérives contemporaines, par exemple penser que le monde a été créé en sept jours, ou qu’Israël va du Nil à l’Euphrate et que les Philistins peuvent et doivent être massacrés.
Mais ce n’est pas tout, la Pentecôte et la glossolalie a inspiré beaucoup de réac protestants qui, copiant le récit, ont inventé la prière en langue. En gros, on est habillé en baba, on a un sourire niais (ce doit être d'arriver vierge au mariage…), on se met en cercle et l’on déblatère un truc incompréhensible (alors que la Pentecôte c’est se comprendre !) en y croyant très fort. Et comme la foi soulève des montagnes… on évite de se poser des questions, genre des questions sociales, donc on peut avoir le pire projet réactionnaire, puisque la foi sauve tout. Jamais en retard d’un truc bien réac, Carol Wojtyla a encouragé leurs alter ego cathos, les charismatiques.
Moi qui croyais que la Pentecôte c’était l’amitié entre les peuples…
Pour finir, je souhaite bonne fête aux profs de langue et glisse une dernière remarque : si, à la Pentecôte, les apôtres et Marie avaient dû aller travailler, comment auraient-ils pu se retrouver et être touché par l’Esprit Saint et ses langues de feu ? Ou alors ils avaient posé un jour de grève… ?

Pour en savoir plus sur toutes ces saintes choses, vous pouvez cliquer sur Blabla pédago de Nadine (2) dans les liens. Le petit dernier sur les classes de première Bac pro vient d'être mis en ligne la semaine derniere…

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Skalinist for ever… ?

Publié le 26 Mai 2007 par Nadine dans Tchatche et niouzes

Pour toujours ? C’était au moins pour un soir, hier soir, au Korigan à Aix, concert de Ras In en première partie, puis des Perez Trop Ska qui présentaient leur nouvel album, Ska City. L’ambiance était très… ska, c’est à dire avec un public bondissant : vous pouvez vérifier avec les vidéos grâce au lien vidéo.

Ska City, c’est une compagnie de bus locaux à Malacca, en Malaisie. Quand je les ai vu l'été dernier, j’ai immédiatement dit : "Quelle bonne idée pour la pochette du prochain album !"Et donc dans la grande gare routière de Malacca (bas setasion en bahasa), nous avons pris des tonnes de photos des bus Ska City. Les gens rigolaient en nous voyant faire, dans la chaleur, la poussière et les vapeurs de gas-oil. D’ailleurs les crédits photos sont à mon nom… Puis nous avons fini dans un petit kedai makanan dai minuman avec un nasi campur, un mie goreng ou un truc comme ça en attendant le bus pour Mersing sur la côte est. Fallait faire gaffe parce que week-end, tout  le monde émigre sur les plages. Et comme c’était samedi, tous les ados des alentours étaient entassés dans les petites cabines de karaoké à brailler des chansons sirupeuses en malais. Voilà, c’est ça le truc que j’ai aimé en Malaisie, c’est que le niveau de développement permet qu’on soit, en tant que touristes, au milieu des gens, à faire des trucs avec eux et comme eux.
Skalinien… grave ! (3)

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Le mouvement intra (2)

Publié le 25 Mai 2007 par Nadine et Hervé dans Réflexions profondes

Non, PFG, ce n'est pas Bernard avec les pistolets. D'ailleurs on a plutôt joué à fleuret moucheté lors du GT barème cette année, mais grâce à la nouvelle chef de DIPE qui nous les a sérieusement brisées lors des deux premières journées, on a eu droit à une petite rallonge d'une demi-journée au Rectorat. Rajoutons à cela les nocturnes (pas toujours tristes au S3) et chacun comprendra qu'on finit la semaine un peu à l'envers. Jugez vous-même sur la photo, on dirait pas que j’ai pris des acides ?
Enfin, moi ça a presque été puisque, malgré les cours d'Anglais à la fac le matin, j'ai su me ménager. En fait je suis assez moyennement dans le mood, je plane un peu. J'ai même laissé passer deux-trois erreurs sur le mauve, ce qui n'est pas de moi. Peut-être que je plane fort à force de prendre l'avion ?
Sinon pour les affectations, Emilie et moi nous allons faire de l'échangisme avec les camarades du 04 et 05 (ceux qui savent de qui il s'agit peuvent rire) : comme ma partenaire est candidate sur le mouvement d'Espagnol, il est devenu hors de question que l'on continue. Alors après le peignage du rose avec le mauve, on échange et on va faire les Sciences Physiques. Le suduku géant avec des vrais gens dedans, ça commence la semaine prochaine.
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Mes camarades de classe

Publié le 24 Mai 2007 par Nadine et Hervé dans Tchatche et niouzes

Sur la photo ci-contre, une partie de l’équipe de master 1 « Villes et Territoires » en plein travail. Tranquillement calés au frais dans les sièges, chacun devant son PC (ils peuvent pas avoir des mac ?), profitant de l’open wi-fi qui arrose le jardin, comme Bernard le fait avec le chorro tous les soirs, ils se concentrent sur les cartes et les SIG.
De gauche à droite :
— Borin qu’on ne présente plus et qui alternait les pages de présentation problématique de son mémoire et les cartes qu’elle avait eues en discrétion à la mairie de Phnom Penh. Elle travaille sur le quartier de Lakeside, quartier routard qui est dans l’œil du cyclone de la mairie.
— Sebastien qui a beaucoup plus avancé ses recherches. Il a un patron qu’il voit quasi-quotidiennement souvent pour bosser mais apparemment aussi pour boire… euh… des cafés. Il travaille sur les circuits courts de distribution agricole.
— Mourad qui alterne écriture et plonge au restaurant. Il travaille sur l’habitat sous-intégré à Nador, sa ville, au Maroc. En fait Mourad est de Lyon, mais il a passé deux mois sur son terrain cette année.

Plus ou moins avancés dans leur travail, ça bossait dur cet aprèm dans le jardin, et moi… après la sieste, j’ai vu ma patronne. Tout baigne, à part quelques retouches de ci de là. Comme j’ai bien fait de boucler le tout en six semaines ! Trois semaines entre le Cambodge et le Portugal et trois autres entre le Portugal et Madrid. Parce que dans congé formation, il y a aussi…
Si vous voulez me voir bosser et connaître mon sujet de mémoire, vous retournez en arrière, au 15 avril (http://nadoch.over-blog.com/archive-04-15-2007.html) où j'explique tout comment j'ai fait.
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Hervé publie ses fonds de tiroirs et relit Hugo

Publié le 23 Mai 2007 par Hervé dans Niouzes narcissiques


Bonjour à tous.
Hervé, qui n'en est pas à un manque de modestie près, a le plaisir de vous faire savoir qu'après avoir passé plusieurs heures à l'automne à recycler ses fonds de tiroir il vient de les faire paraître, dans une maison d'édition sérieuse avec rapporteurs et tout et tout…
Pour ceux qui s'intéressent à la langue, pour les amoureux d'Aragon qui n'hésiteraient pas à emprunter les chemins escarpés de la recherche littéraire pour relire Le Fou d'Elsa, pour ceux qui aiment avoir de mes nouvelles de temps à autre.

Je vais donc me remettre sereinement, lorsque j'aurai épuisé mon stock de copies d'examen et de concours, à la fabrication de mon prochain cours de télé-enseignement, qui sera principalement un cours audio, et qui portera sur L'Homme qui rit de Victor Hugo. Initiative dont je me réjouis, cette année où l'on va fêter le quarantenaire de mai 68. Ca ne se passera pas comme pour le trentenaire, où - rappelez-vous - une foule de vieux s'était autocongratulée à longueur de journal, à croire que toute la génération des gens nés entre 1945 et 1955 (cette maudite génération qui aura passé sa vie à demander des comptes à toutes les autres) avait lancé des pavés et changé la face du monde, et où un brillant journaliste comme Jean-François Kahn passait pour un agité paranoïaque parce qu'il avait le culot d'avoir souligné depuis bien longtemps une certaine parenté entre les héritiers libertaires et les héritiers libéraux du mouvement de Mai. Cette année, au contraire, on risque de déplorer à longueur de pages et d'émissions consensuelles et bien-disantes puisque rien-pensantes le mal que "tout cela" aura fait à la France. "Tout cela", c'est ce mouvement fait par et pour des couches moyennes aspirant à moins d'autoritarisme, et dont les résultats furent stupidement appliqués au moment où entraient en scène des couches populaires peu intégrées, frappées de misère sociale et de déshérence familiale et surtout paternelle, bref passons.

Le rapport avec Victor Hugo ? Eh bien, ce sera le plaisir, à l'occasion de ce cours et d'une rencontre fortuite entre le parapluie nucléaire, ma machine à coudre Macintosh et la table de dissection critico-littéraire, de réparer une injustice. Parce qu'enfin, que l'on soit pour ou contre Mai 68, qui donc a été le premier intellectuel français à avoir fait de l'enfant un personnage principal, de la femme une victime trop facilement violentée et trâinée dans la boue, de l'écologie une préoccupation tellement prégnante qu'on trouve jusque dans ses romans des propositions pour recycler les égoûts de Paris, de l'Europe un rêve l'incitant à demander au plus vite la réunion des Etats-Unis d'Europe pour mettre fin à toutes les guerres, de la misère un fléau social à combattre d'urgence, de la peine de mort une aberration de la civilisation, de la liberté en amour une nécessité  ? Qui donc a défendu les "misérables" à une époque où les pauvres circulant dans un Paris mal éclairé étaient potentiellement des criminels ? Qui donc a fait de ses romans des cathédrales de la littérature engagée et du coup de gueule scandalisé ? Qui a été le premier gardien de la mer ? Qui d'autre en son siècle a assumé sa marginalité en restant fidèle à ses engagements, dût-il "n'en rester qu'un" ? Mais qui donc a passé du royalisme fidèle aux idées socialistes au bout d''une lente, mais fulgurante maturation, et qui donc peut encore s'en vanter en notre début de siècle où des anciens ministres socialistes ex-communistes passés par la case Mao acceptent de devenir maréchaux d'Empire sans que ça leur en fasse bouger une ?

Dites-moi qui…

Hervé
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Borin 2, le retour

Publié le 21 Mai 2007 par Borin dans Tchatche et niouzes

Après le départ de Nadine, je suis allée à Siem Reap avec Kieu My et Raphaël et un autre couple mixte franco-cambodgien. C’était bien sympa sauf que j’ai passé mon temps à cogiter sur mon mémoire. Au lieu d’aller visiter Angkor encore, j’ai passé mon temps à l’hôtel et à visiter les alentours de Siem Reap en… vélo. C’était pas facile, mais je me suis donnée un grand coup de pied aux fesses (ce qui est difficile en pédalant) et j’y suis allée. Les soirées étaient sympa surtout que mon cousin m’avait lâché la grappe.
Après leur départ, toute seule, je suis retournée chez mon cousin, mais c’était sympa, ambiance familiale khmère, la grand-mère qui cuisinait, les rats qui passaient etc… et… j’ai trouvé mon sujet à Siem Reap : entre Siem Reap, Koh Tonsay et Lakeside j’ai choisi Lakeside, le sujet le plus accessible.
Puis je suis rentrée à Phnom Penh chez ma tante. J’ai pensé un moment m’échapper mais… finalement je me suis rendue compte qu’ils étaient gentils même s’ils étaient très différents de moi. J’étais un peu gênée par les regards insistants, surtout ceux de la servante de la maison. Je me suis mise au travail pour mon enquête. Le stage à la municipalité n’était pas au top : personne ne travaille au Bureau des Affaires Urbaines. Tout le monde a un deuxième job et l’on y boit plus du thé ou du café qu’on y travaille. J’ai dû me débrouiller toute seule et découvrir tout au fur et à mesure.
Le quartier de Lakeside est le quartier routard de Phnom Penh. Mais ce que ne voient pas les touristes c’est que c’est un espace d’enjeux forts entre les locaux et la municipalité et qu’il est difficile d’avoir une parole sincère. Cependant j’y ai rencontré des gens intéressants et perçu les difficultés des habitants et les trafics divers qu’ils y a (prostitution, drogue etc…). Malgré tout j’y ai vu des gens heureux d’y vivre, le tourisme y a apporté un certains mieux être qui contraste avec le quartier d’à côté beaucoup plus pauvre.
Au bout de trois mois, j’ai quitté ce pays qui est mon pays et pas mon pays, il l’est un peu plus maintenant, le cœur un peu gros. J’étais beaucoup moins en colère qu’au début. Acquise aux coutumes locales, j’ai graissé la pâte d’un employé de Air Asia pour ne pas payer le surpoids de mes bagages. Je suis revenue en passant par Bangkok qui m’a parue très développée à côté de Phnom Penh. Dès l’aéroport, je me suis accrochée à trois Français pour ne pas me sentir seule dans la cité des Anges. Je suis retournée à Kao San Road, quel contraste avec Lakeside ! J’ai fait un peu de shopping et goûté les délices du tourisme occidental dans cette ville tellement habitué à ce phénomène.
Ayant envoyé un colis par la poste, je craignais moins le surpoids, malgré tout j’ai mis sept T-shirt et deux pantalons sur moi au cas où…et je ressemblais à un bibendum. Et puis en plus j’avais de la bouffe khmère dans mes bagages, poisson pourri, poisson et crevettes séchées, qui embaumaient dans tout l’aéroport.
Après un temps de pause à Lyon le temps de digérer tout cela, me voici de retour à Aix, en séjour de moyenne durée à l’hôtel des cœurs brisés.
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Le mérite, ça n’existe pas, c’est une invention en GRH

Publié le 21 Mai 2007 par Nadine dans Réflexions profondes

Puisque nous sommes en plein mouvement intra que nous sortons de la campagne académique de la hors-classe, il est temps que j’entretienne mon nombreux lectorat des méandres de la GRH dans le cadre de la réforme de l’Etat et du dialogue social renforcé. Evidemment les mot réforme et dialogue seraient à prendre dans un sens ironique si c’était drôle. Avant il y avait un chef du personnel, maintenant c’est un GRH, et dans le mot Ressources Humaines, on peut sentir toute l’exploitation du salarié, un peu comme un puit de pétrole ou une mine d’or. Bref, le capitalisme est toujours bien éclairé tandis que nos collègues, qui sont aussi des salariés, se croient encore en République. Voici comment.
Le joujou magique s’appelle i-prof. C’est sur internet, tout le monde est invité à s’y connecter et à remplir sa web-page perso pour la renseigner sur tout ce qu’il a fait et compte faire dans le cadre de son métier et même au-delà. Nos chefs — chefs d’établissement et inspecteurs — sont censés aller lire tout ce qu'on a fait de brillant, et éblouis par nos talents et nos mérites les noter en conséquence. Ca c’est ce que tout le monde croit ou fait semblant de croire. C’est le discours du winner qu’on nous sert depuis les années 1980, et le “travailler plus pour gagner plus” de notre nouveau président chéri. C’est en réalité une illusion pour des gens qui croient au Père Noël ! Puisque chacun se croit méritant, en tout cas plus que le voisin (et de fait l’est, d’avoir honnêtement exercé son métier).
Alors comment ça marche ?
Le but de nos chefs est de réduire le nombre de promotions, ou les donner au rabais. Mais de continuer à faire croire à chacun qu’il peut l’avoir tout en pressant le citron du salariat de plus en plus fort. Chacun va se vendre sur i-prof, mais les promos sont bouclées en dehors de i-prof. Les inspecteurs — qui y croient à fond car on leur a donné du pouvoir — remarquent les gens déjà remarqués par eux qu’ils pensent remarquables, et le Recteur valide. Je ne m’étendrai pas sur la notion de remarquable quand ça vient du corps d’inspection. On se fanait déjà ça sur la liste d’aptitude agrégé, maintenant c’est sur la hors-classe avec 1/3 des points attribués au mérite : ce n’est plus une promo de carrière à laquelle chacun a droit, c’est une promo de mérite. Et hop l’individualisation !
Le but final de la manœuvre est donc de casser les solidarités. Chacun va vendre son mérite et oublie qu’une promotion c’est aussi un acte collectif qui engage l’ensemble des collègues. I-prof, c’est valoriser la compétition au détriment des règles collectives et équitables. Et tout le monde va y perdre… même les super-profs super-méritants.
Donc ce matin commencent les Groupes de Travail barèmes intra. Avec Emilie nous nous occupons des collègues d’Espagnol et nous hésitons entre deux costumes : avec l’un nous réclamons les deux oreilles et la queue du DRH, avec l’autre on tire dans le tas. Vous choisissez lequel ?
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Versailles

Publié le 20 Mai 2007 par Nadine dans Niouzes narcissiques

Hier se déroula la soirée d’inauguration de la saison du barbecue dans le jardin. Mes camarades de classe de master 1 s’étaient eux-mêmes envoyés les cartons d’invitation. Sébastien a allumé la braise et Flore a fait la petite main sur toutes les tâches ménagères. Ils reviennent quand ils veulent ! Pour démarrer la saison, nous avons fait dans le classique : merguez et chipo, avec taboulé, kemia, bière et rosé. On ne change pas une équipe qui gagne et l’entraînement ne fait que commencer.
Chacun a fait le point sur l’avancement de son mémoire. Pour ma pomme, quelques corrections de forme, mais la rédaction est achevée depuis un mois. La géo, à côté de l’histoire byzantine… bref, je vais éviter de trop m’avancer, je n’ai pas encore soutenu. Sébastien semble assez optimiste pour la soutenance en juin. Il faut dire que son boss le suit de très près et en plus l’emmène partout. Flore par contre a du mal à travailler autrement que par à coup et le travail solitaire ne lui donne aucune motivation. Allez Flore, tu vas y arriver ! Mourad comme Flore se promet de passer l’été à écrire.
En avançant, la soirée est devenue moins sérieuse. Marc, le voisin, qui avait déjà fourni une boite géante de gâteaux de soirée, est venu avec… euh, des cigarettes roulées. Ca a fini en jouant aux fléchettes ou plutôt au jet de fléchettes autour de la cible plus qu’au centre de celle-ci. La conversation a d'abord tourné sur l'architecture moderne, Le Corbusier et tout ça. Les avis étaient divergeants sur le Rectorat d'Aix, de style post-moderne, début des années 1970 que nous qualifierons de pompidolien. Puis la conversation tourna autour de la partie nord-est du jardin qui est inutilisée à l’heure actuelle sauf pour le dépôt de compost. C’est environ 40 m2, à l’ombre. Il y a eu plusieurs propositions : un jardin à la française, un terrain de boule, une piste de skate, une boîte de nuit (avec ou sans masseuses thaï), une pataugeoire qui deviendrait une patinoire en hiver, une résidence pour étudiants, un camping, etc… Malgré ces pistes intéressantes, la conversation n’a pas pu aboutir.
Je lance donc dès à présent, le concours de la meilleure idée d’utilisation de la partie nord-est du jardin de la villa Dimanches. Vous êtes invités à me la montrer sur place et avec plan. Accompagnée de merguez…

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