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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Les pierres de la mémoire

Publié le 18 Avril 2017 par Nadine

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Nous n’avons pas eu un temps splendide à Split, entre pluie, ciel gris et malgré tout le soleil pour les magnifiques couchers de soleil à l’heure de l’apéro sur la baie et la passegiata. Nous avons eu donc toutes les lumières pour jouir des monuments extraordinaires de la ville : celle-ci a été construite avec, au milieu, en remploi du colossal palais de Dioclétien bâti à la fin du IIIe siècle. On circule dans des rues étroites qui furent des couloirs, les palais ont des colonnades de temple et la cathédrale est l’ancien mausolée de celui qui fut le dernier et le plus grand persécuteur des chrétiens.

Dans une rue encore plus étroite que les autres, en cherchant un peu et en regardant attentivement on peut trouver la synagogue ; il nous a suffit de sonner et un monsieur jovial nous a ouvert. Avec une grande gentillesse il nous a montré les lieux puis nous a tout raconté : l’histoire de la communauté juive de la ville depuis… les Romains, mais surtout depuis les Vénitiens, accueillant des coreligionnaires venus d’Espagne, du Portugal, d’Allemagne et de l’Empire Ottoman, la diversité des noms sur la plaque en fait foi. Il nous a aussi raconté l’histoire de sa famille et le sort de cette communauté depuis la guerre et après la guerre, ou plutôt ici les guerres. Split durant la deuxième guerre mondiale était sous occupation italienne, les juifs n’ont donc eu rien à craindre des troupes de Mussolini, mais bien plutôt de celles des Oustachis croates. La communauté fut donc décimée après 1943 sauf ceux qui purent partir en Italie, en Suisse ou trouvèrent refuge auprès des partisans avec lesquels ils combattirent l’occupant nazi. Les plaques de la synagogue comptent plus de noms qu’il n’y a aujourd’hui de juifs à Split. Notre charmant guide nous a dit ouvertement regretter la Yougoslavie. Durant la guerre — la dernière ici, celles des années 1990 — les juifs, encore nombreux en Bosnie, étaient ceux qui n’avaient pas pris parti. Lui a pris le parti des regrets et de la nostalgie.

 

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