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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Peau blanche, cœur noir… sans masque d’aucune couleur (à NYC)

Publié le 13 Août 2015 par Nadine

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Me voici revenu dans le monde qui ne connaît ni les blackawout, ni les coupures, d’eau, ni celle des routes, ce monde plus ordonné qui est le mien : me voici à New York et bientôt à Montréal avant de rejoindre la France. Me voici revenue dans un monde blanc, celui des Blan… quoique dans la ville monde, New York City, l’on croise le monde entier de toutes les couleurs.

Etant dans un hostel pas cher et basique à Chelsea, j’ai hier dans la journée arpenté les rues de Midtown à flâner le nez en l’air et à faire un peu de shopping, mais pas trop vu l’ampleur de mes bagages. Mais j’avais la ferme intention d’aller à Harlem le soir écouter de la musique. J’ai croisé à l’hôtel vers 19h un Sud-Africain désœuvré qui immédiatement a accepté mon invitation pour aller uptown : nous sommes donc partis par le métro, direction la 125th street, le cœur de la ville noire. Emerveillé, il découvert une portion du quartier et la présence de plus en plus massive des Africains tout court, dans le quartier historique des Afro-Américains. Nous avons donc échoué, comme il se doit, au Shrine dans Adam Clayton Powell boulevard au niveau de la 135th street.

Le premier groupe était assez banal, le deuxième bien meilleur, du funk mâtiné de soul. Lorsque vers 11h, la salle de concert s’est transformée en dance-floor, c’est la musique africaine qui a pris le relais avec de la rumba congolaise. J’ai alors branché le type qui pliait le matos et les jack, et rapidement la conversation est passée au français puisqu’il est Burkinabais. La décoration du club alterne masques et statues africaines avec des pochettes de vinyles des artistes historiques de la scène noire américaine : le patron est burkinabais et tout le staff vient du continent noir (je déteste cette expression coloniale mais ici elle a un sens). Mon camarade a donc retrouvé des compatriotes d’Afrique du Sud et nous avons donc devisé, en français, en anglais et en xhosa, dehors avec eux, puisque je tenais lieu de représentante d’Haïti, pays membre de l’Union Africaine !

J’ai commencé ce périple avec l’EPA et les pastorales afro-américaines et afro-caraïbes, je le finis à Harlem, cœur de la conscience noire avec des Africains : Père Yves m’a dit que j’avais un cœur noir. Je lui ai répondu que j’espérais simplement avoir un cœur tout court. Mais peut-être a-t-il raison.

 

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