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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Au pays de la musique (Mama Africa)

Publié le 14 Février 2015 par Nadine

PhotoService.com

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A Kin la belle la musique est partout : dans la rue, dans les maisons, sur les parcelles, dans les véhicules, le jour, la nuit. Mieux que NYC, la ville ne dort jamais, surtout la nuit : la ville bruisse des concerts dans les lieux les plus improbables (l'échangeur de Limete par exemple), les deuils auxquels sont invités des centaines de personnes et où résonnent les fanfares et les sonos. Et puis surtout le son de la prière qui n'est ni discrète, ni intime : elle se braille dans les haut parleurs, dans les stades, dans les cases de béton, elle se chante surtout.

Les peuples de la diaspora noire aux Amériques pensent que leur musique est arrivée d'Afrique, sortie des bateaux toute faite. Les Congolais savent bien eux, que leur musique "authentique" est déjà une musique hybride : ce ne sont pas les Caraïbes qui sont africaines, c'est l'Afrique centrale qui est caribéenne. Depuis les années 1920 et 30 les artistes cubains ont amené leurs rythmes, leur cuivres, leurs déhanchements. Les tamtam (on dit tamtam au Congo) avaient fait le passage du milieu pour faire danser les captifs sur le pont, ils ont rencontré les traditions européennes au nouveau Monde et ont ramené le tout de l'autre côté de l'Atlantique.

Pendant ce temps les pères belges ont éduqué des générations d'enfants de chœur à chanter la louange du Dieu blanc avec des vois d'anges noirs. Puis le jazz, le rock'n'roll, le rythm'n'blues, et surtout le génie créatif de Mama Africa a fait le reste. La rumba congolaise est à la fois la musique la plus métissée et la plus authentique qu'il soit. Elle a produit des génies comme Franco, elle est toujours vivante et toujours poreuse aux influences mondiales. Werasson aujourd'hui utilise le rap et le zouk comme Tabu Ley hier utilisait hier le free jazz et le rock.

Je n'ai pas enregistré le bordel nocturne des deuils et des prières, toutes les nuits à côté du centre Liloba où je logeait. Je suis par contre allée à la messe et au concert. La messe était à Notre Dame d'Afrique. C'était la troisième messe de la matinée, en français, pleine à craquer comme les précédentes qui étaient en lingala. Dans cette paroisse de quartier, les chœur étaient d'une qualité extraordinaire. J'ai vu trois concerts en 8 jours. Celui-ci était à Ndjili. Le Bana Ok est un descendant du grand OK Jazz de Franco. C'est Lutumba Simaro, aujourd'hui 76 ans, qui est patron de l'orchestre. Il n'était pas sur scène, mais l'esprit de la grande rumba congolaise était bien là. Comme j'avais payé pour tout le monde en dollar, j'ai eu droit à de multiples dédicaces au milieu des chansons. j'ai surtout apprécié la musique divinement exécutée.

 

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