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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Articles avec #voyages en afrique catégorie

Indépendance Chacha

Publié le 30 Novembre 2014 par Nadine dans Voyages en Afrique

http://www.amigos-de-mocambique.org/images/Congo-TKM-Lumumba.jpgLorsque j’étais au lycée la leçon sur les décolonisations classaient celles-ci en deux lots : les décolonisations violentes et les décolonisations négociées. Dans le premier lot on trouvait l’Indochine et l’Algérie et dans le deuxième, toutes en vrac, les colonies d’Afrique noire. En gros, les gentils colons, ayant pris conscience que les peuples pouvaient enfin marcher seuls leur lâchaient la main, tout en veillant, comme de bons pères, sur leurs enfants de couleur à peine émancipés. On parlait un peu des colonies anglaises, parfois on évoquait les colonies portugaises à cause de leur décolonisation tardive et violente, mais jamais on ne parlait du Congo belge. Je pense que sur les cartes il entrait dans le lot de nos colonies à nous, les Français, en Afrique noire. Et pourtant…

Ce n’était il n’y a pas si longtemps. Depuis l’historiographie a fait des pas de géant et les acteurs de la décolonisation sont morts ou devenus très vieux laissant la parole aux historiens. Il est devenu une évidence qu’aucune décolonisation n’a été calme, que même les décolonisations négociées ont eu une part de violence non négligeable voire épouvantable. Le drame colonial continue de se jouer encore aujourd’hui sur le « continent noir » comme on disait avant 1960 : la prédation à travers les multinationales, la division des peuples, l’invention de l’ethnie pour tout expliquer et diviser (aujourd’hui la religion), le sous-développement. L’ancien Congo belge, devenu Zaïre et redevenu Congo a eu sa part de tous ces drames depuis 1960 et même plus que sa part.

Lorsque le Congo devient indépendant en 1960, tous les espoirs sont permis. Le premier ministre Patrice Lumumba et les négociateurs de la table ronde de Bruxelles ont remporté une indépendance rapide, qui semblait presque incroyable trois ans auparavant. Et pourtant… dans ce pays de plus de deux millions de km2 on compte tellement peu de cadres que le colonisateur belge tient encore les reines de l’armée, de la police, du clergé, de l’administration… et qu’il semble bien peu prêt de lâcher les joyaux de la couronne à savoir les fabuleuses richesses du Katanga. Il excite alors quelques indépendantistes katangais pendant que la CIA manœuvre de son côté, puisque Lumumba s’est vu contrait de demander de l’aide à Moscou, faute de trouver un quelconque soutien ailleurs. On connaît la suite : son assassinat, la disparition de son corps, et la longue dictature de Mobutu. Lumumba aura laissé le sentiment d’un rendez-vous raté. C’est de son nom que sera baptisé l’université internationale à Moscou qui verra passer tant d’étudiant africains lors des trois décennies qui suivirent.

Le drame se rejoue trente cinq ans plus tard à la mort de Mobutu alors que le Rwanda voisin sombre dans le génocide que et que les flots de réfugiés passent la frontière avec armes et bagages, armes surtout. Le parlement européen vient de remettre le prix Sakharov des Droits de l’Homme à Denis Mukwege, un gynécologue du Kivu qui soigne les blessures de cette longue guerre sans nom, celle qui écrase les civils et surtout les femmes. Cinquante quatre ans après que toute l’Afrique ait chanté avec Joseph Kabasselé l’Indépendance Chacha, ce morceau qui fut composé à Bruxelles dans les coulisses de la table ronde des négociations…

 

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Au cœur des ténèbres

Publié le 23 Novembre 2014 par Nadine dans Voyages en Afrique

tintin-au-congo.jpg"Au cœur des ténèbres" est le titre d'une nouvelle de Joseph Conrad écrite en 1899 et qui se déroule au Congo. Le sujet est une expédition qui remonte un fleuve en Afrique pour retrouver un trafiquant d'ivoire nommé Kurtz : la navigation vers l'amont est une remontée vers un monde sauvage. Mais, à regarder de près le Congo colonial, qui furent les sauvages ?

Dans ce territoire qui fut appelé État indépendant du Congo de 1885 à 1908, l'indépendance signifiait qu'il était possession personnelle du roi des Belges Léopold II. Puis de 1908 à 1960 il devint le Congo Belge, celui où Tintin alla en 1931. On peut dire que la colonisation belge fut vraiment le cœur des ténèbres pour la population congolaise.

A l'époque de Léopold II, la Belgique n'est pas uniquement un petit pays, état tampon entre les grandes puissances. C'est aussi un grand pays industriel inséré au centre du système capitaliste. Et comme à partir des années 1870 la mondialisation signifie aller outre-mer chercher des ressoures nouvelles, la Belgique s'y met aussi en Afrique. Aidé d'aventuriers tel Stanley (oui celui de Linvingstone) le roi installe des compagnies chez les sauvages et fit exploiter l'ivoire et le caoutchouc sous le régime du travail forcé. Les blancs civilisateurs avaient aboli l'esclavage, ils pouvaient donc utiliser les esclaves noirs arrachés à la traite arabo-swahili comme milice du travail forcé avec une vraie bonne conscience. Le fouet, les mains coupées, la dépossessions des villages de leur propre terre quand le caoutchouc de plantation remplaça le caoutchouc planté dans la jungle étaient menés au nom de la civilisation et du profit qui signifiait le progrès.vignetteaucongo7.jpg

Evidemment quelques âmes sensibles en Europe se sont émues et le roi dut transférer sa souveraineté sur ses 2 millions de km2 en Afrique à la Belgique. L'œuvre civilisatrice put alors battre son plein avec les missions chrétiennes comme les Pères Blancs, tandis que le secteur de la santé fut laissé à ceux qui avaient besoin de travailleurs : les entreprises. De toutes façons il était impossible que les Noirs puissent se mélanger aux Blancs, même à Léopoldville. Il fallait pour les Noirs des laisser-passer pour fréquenter les magasins des Blancs et circuler dans les quartiers des Blancs, ils devaient justifier la provenance de l'argent qu'ils avaient et de toutes façons leurs perspectives de carrière étaient plafonnées rapidement, même pour les évolués (sic) : ainsi, comme dans tout système colonial, les indigènes étaient classés et hiérarchisés au profit du colonisateur. La gestion paternaliste de la colonie était de toutes façons dans les mains des gouverneurs régionaux et du gouverneur général représentant le roi et même les Blancs ne votaient pas. Alors faire voter les nègres !

De la prédation pure au paternalisme, la colonisation belge n'a rien eu à envier à celle des autres puissances coloniales. Bien au contraire ! La décolonisation qui s'en suivit a été peut-être un des plus ratée, si tenté qu'il y eut des décolonisation réussies. Ce sera l'objet de mon prochain post de blog préparatoire à mon voyage en RDC.

En attendant allez relire Tintin au Congo, qui paraît-il, fait partie du patrimoine national en RDC car Tintin est allé au Congo sans même avoir rencontré des cultures majeures comme la Grèce ou le Japon :

« Il y a une chose que les Blancs qui avaient arrêté la circulation de Tintin au Congo n'ont pas comprise. Cette chose, la voici : si certaines images caricaturales du peuple congolais données par Tintin au Congo font sourire les Blancs, elles font rire franchement les Congolais, parce que les Congolais y trouvent matière à se moquer de l’homme blanc « qui les voyait comme cela » ! » Revue Zaïre, N°73, 2 décembre 1969


Et visionnez la vidéo ci-dessous avec le grand historien congolais Elikia M'Bokolo.


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Prochaine destination : il n’y aura pas de la neige à Noël

Publié le 19 Novembre 2014 par Nadine dans Voyages en Afrique

 

http://www.fil-info-france.com/aaaardc.GIFQuoique… je serai à Aix la nuit de Noël, puis le 25 au soir à Istanbul, et il peut très bien neiger sur les rives du Bosphore. Mais dès le lendemain, je serai proche de l’équateur, côté sud, à Kinshasa, en République Démocratique du Congo. J’y vais parce que j’y suis invitée par Augustin de la FENECO, le syndicat des enseignant de RDC. Et quand on m’invite, et bien j’arrive.

J’ai rencontré Augustin lors du congrès du SNES en mars à Marseille et nous avons sympathisé. Lorsqu’il a appris que je faisais des sessions d’éducation populaire en Haïti, il a sauté sur l’occasion pour me lancer une invitation que j’ai saisi au vol. J’ai eu beau lui dire que j’avais travaillé d’abord pour Haïti, cela ne fait rien, mon programme serait quand même chargé et constructif. Cette invitation a été concrétisée sur papier timbré nécessaire au visa : certes trois semaines d’attente, une ligne de téléphone à l’ambassade qui répond rarement, mais au bout du compte mon passeport est revenu avec le précieux sésame. J’ai immédiatement pris mon billet d’avion et depuis… je révise assidument mes classiques en rumba zaïroise. J’ai en effet demandé un extra à Augustin : celui d’aller danser !

La RDC, c’est l’ancien Congo belge, appelé Zaïre du temps de Mobutu. Avec ses deux millions de km2 c’est le plus grand pays d’Afrique en superficie (le Soudan coupé en deux a perdu la première place) et avec ses 77 millions d’habitants c’est le plus grand pays francophone.

J’entends d’ici reproches et critiques quant à ce voyage. Je tiens à rassurer tout le monde :

    La RDC est Ebola free, même si la maladie est née dans ce pays. D’ailleurs la grippe espagnole vous a-t-elle un jour empêché d’aller en Espagne ? Et pourtant elle a tué beaucoup plus qu’Ebola !

   La guerre civile ne touche pas Kinshasa, les régions les plus agitées sont beaucoup à l’est, et encore le bordel venu de la région des Grands Lacs, c’était il y a vingt ans. Ce pays n’a pas eu, il est vrai, toujours une histoire très calme, mais il faut voir aujourd’hui aussi la RDC comme un immense pays, plein de potentialités, sa capitale comme une grande ville du tiers monde avec aussi ses mall commerciaux, sa circulation de dingue et sa classe moyenne émergente qui consomme. Un signe qui ne trompe pas : les Chinois sont à l’affut, non seulement pour les ressources minières fabuleuses du pays, mais aussi du pays lui-même. Cet article vieux de cinq ans met bien les choses au point.

    Je serai accueillie et apparemment bien accueillie. Après Port au Prince et l’hospitalité généreuse de mes amis, je sais déjà que je vais apprécier celle des Kinois. J’ai adoré me promener à pieds dans PaP, il n’y a pas de raison que ce ne soit pas la même chose à Kinshasa, même si c’est cinq fois plus grand. J’ai adoré d’autant plus que tous presque tous les autres blancs restaient terrés derrière des grilles ou les vitres des voitures climatisées. Et puis être accueillie par des syndicalistes, n'est-ce pas l'assurance que nous allons être sous le signe du partage et des convergences ?

Alors, oui j’irai consulter au Centre des Maladies Infectieuses et Tropicales à Marseille avant de partir. Non, je ne boirai pas l’eau du robinet. Non, je ne me promènerai pas seule la nuit. Mais oui je gouterai à tout, oui j’irai partout où on me trimbalera. Et oui je reviendrai ravie avec l’envie d’y retourner !

 

Et puisquTintin-au-Congo-1.jpge je suis invitée par un syndicat de profs, je ne résiste pas au plaisir de vous envoyer cette planche pédagogique extraite de Tintin au Congo : grand moment de colonialisme paternaliste, les aspects positifs de la colonisation version la patrie belge. Juste pour introduire le prochain article du blog, où nous parlerons du roi Léopold, de Stanley, de caoutchouc et de mains coupées.


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Sénégal, moment gastronomique

Publié le 7 Septembre 2014 par Nadine dans Voyages en Afrique

 Alors que ma cousine Isa relate son voyage d'été en Californie dans son blog culinaire, je vais faire un peu de gastronomie dans mon blog de voyage. D'ailleurs allez d'urgence sur son blog Izakitchen, même si vous mangez du gluten, vous allez vous régaler.

Au Sénégal on ne trouve pas de supermarché spécialisé avec ou sans gluten comme en Californie, pas de bar à salades, on trouve des gargottes. Les gargottes ce sont des tentes en baches plastiques sur le trottoir, tenues par des dames généralement bien en chair qui ont fait un plat, parfois deux ou trois et qui le servent sur des petites tables entourées de quelques bancs. Le menu ne varie guère, ce qui varie c'est la qualité de la cuisinière et la quantité de piment. Mais généralement c'est bon, en tous cas bien meilleur que les resto à touriste 5 à 10 fois plus chers.On y mange pour 500 à 600 francs CFA, soit moins de 1 € (pour les plus vieux, 100 FCFA c'est 1 franc français d'avant 2002.

 

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On y trouve dans l'ordre de fréquence du thiboudienne. C'est du riz coloré d'une sauce avec quelques légumes et du poisson. C'est le plat national car ici c'est le pays du poisson. C'ai mangé ce thiboudienne au centre de Dakar au milieu de la circulation.

Le poisson juste en dessous c'est celui de Khadija sur la plage de Yoff, avec des frites qui, ici, ne sont pas des surgelés ! Les légumes à côté avait tendance à arracher sévère.

 

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Derrière le thiboudienne, on trouve le yassa qui est une sauce aux oignons, toujours avec du riz, qui accompagne du poisson, de la viande ou du poulet. Le meilleur que l'on ait mangé était celui de la femme de Paco, le piroguier de Djiffert dans le Siné Saloum.

 

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Il y a aussi le mafé, la sauce à la cacaouette, mais Neel a tellement peu aimé le mafé qu'on a mangé à Joal qu'on n'en n'a plus pris après (mais comme il avait très faim, il a quand même mangé).

Je précise qu'au Sénégal, tout le monde mange dans le même plat, avec les mains ou avec une cuillère, souvent par terre sur une nappe. Le maître de maison répartit les morceaux de viande ou de poisson entre les convives avec la main.

 

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Plus modestes encore sont les gargottes à sandwiches. Le principe est le même mais on sert dans de la baguette (en sénégalais dans le texte) et plutôt le matin. On a ainsi baguette spaghetti, haricots, omelette, thon moyonnaise, corn beef… le prix varie selon le type et le nombre d'ingrédient. Sur cette photo c'est ma cantine du matin à Saint-Louis. Le tout accompagné d'un café touba, un café au poivre de Guinée. Le soir j'allais plutôt voir une autre dame qui faisait des baguettes brochettes au barbecue, un délice !

 

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Toujours dans la rue, on trouve les fritures. Ce n'est pas sans émotion que je me souviens des fataya, petits farcis à la viande ou au poisson que Neel a engouffrés en se régalant. Sur cette photo prise à Dakar, ne croyez pas à une invasion vietnamienne, c'est juste la transversalité des cultures coloniales françaises. Et on reste dans la friture.

 

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  Même si le riz est devenu la céréale dominante des populations urbaines, la céréale de l'Afrique est bien le mil. Chez Amy, la tante de Youssou, le cousin de Neel nous avons mangé un délicieux couscous sénégalais au mil, le bœuf était tendre et la sauce juste comme il faut.


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Le Sénégal est le pays de l'arachide depuis la colonisation, on le sait bien à Marseille avec nos huileries. Les arachides, comme les noix de cajou se consomment aussi et surtout grillées dans de grandes marmittes remplies de sable. C'est parmi les choses qu'on mange volontier dans les bus et les 7 places. Et puis il y a les fruits, surtout les mangues au mois d'août dont nous avons fait notre régal pendant trois semaines.


 

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Même si c'est moins varié que l'Asie, le Sénégal reste une destination de choix pour les mangeurs de riz (j'en connais un) et comme partout, on peut toujours se régaler en mangeant comme les gens du pays, à leur manière. Evidemment vu le nombre d'expat, de français et de sénégaulois (dixit) on peu trouver du camembert, mais est-ce vraiment utile sous les tropiques ?

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Juste une dernière

Publié le 31 Août 2014 par Nadine dans Voyages en Afrique

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Demain c'est la rentrée. Je n'ai jamais réellement envie de retourner au turbin (même si j'y suis depuis une semaine grace au SNES), mais cette année c'est encore pire que les précédentes. La flemme m'a envahie. Bref, avant l'épreuve matinale de demain, voici encore un post de blog sur le Sénégal juste histoire de se sentir encore en vacances.

A quelques heures de notre départ de Dakar, la troupe du Malika Surf Camp est allée en camionnette surfer sur les récifs de l'île de Ngor. En cette saison la vague n'était pas très forte mais elle est longue, ce qui permet d'évoluer plus longtemps. Les surfeurs sont donc partis en bateau la rejoindre, tandis que je partais avec d'autres, sur un autre bateau, vers l'île, pour aller les voir. Au soleil couchant, c'était merveille de les voir les uns après les autres s'élancer, Talla époustouflant faisait les slaloms, Neel très assuré, fonçait entre le large et le rivage.

Le retour fut plus difficile : ceux de l'île (donc moi) ont attendu longtemps le bateau car on nous avait oublié (vive le téléphone portable, on a pu quand même partir !), le camion est tombé en panne avec plein de planches sur le toit qu'il fallait garder, Neel a oublié ses tongs sur le bateau… Néanmoins deux heures plus tard nous étions à l'aéroport et à minuit nous décollions vers Alger puis la France.

 

En cette veille de rentrée, pour vous remettre le pied à l'étrier, je vous propose un jeu-concours linguistique. Le lot en jeu est un thiboudienne (ou un poulet yassa si vous préférez).

Au Sénégal, on parle principalement le wolof, mais il y a 40 autres langues comme le sérère ou le diola. Le français est la langue officielle, la langue d'enseignement, la langue de la presse écrite, des affiches…. Comme beaucoup de gens le parlent, cela rend le touriste français très paresseux pour apprendre le wolof. Je n'ai donc pas fait beaucoup de progrès, ni en wolof, ni en sérère, parlé dans le Siné-Saloum. La langue parlée dans la rue, dans les médias, est donc une langue métisse et rarement du wolof pur.

Traduire en langue du Sénégal les mots et expressions suivants. En cherchant dans les post précédents, vous trouverez des indices.

Ramer (en surf)

Planche de surf

Taxi clandestin

Verre (pour boire)

Enrichissement illicite

504 break

Baguette de pain

Gare routière

Petit restaurant de rue

Clignotant

Dix mille francs

Omelette

Petit restaurant de viande de mouton cuite débitée

 

Bon courage à tous pour cet exercice et bon courage aussi pour la rentrée pour ceux qui la font !

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On the road (au Sénégal)

Publié le 28 Août 2014 par Nadine dans Voyages en Afrique

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Nous avons passé l'essentiel de notre séjour à Yoff à côté d'un spot de surf, mais je sais que mes fidèles lecteurs ont suivi que par deux fois j'ai dit on se tire ailleurs, une fois au Siné Saloum, et l'autre à Saint-Louis. Prendre la route au Sénégal, comme dans tous les pays du Sud, c'est une aventure et un spectacle. La première fois nous avons pris un sept places à Garage Pompier, la gare routière de Dakar : un espace apparemment en désordre mais en fait ordonné, très sale de pièces détachées, de générations d'huile de moteur ayant coulé sur le sable.

 

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A propos de pièces détachées, des quartiers entiers de Dakar ont leurs trottoir jonchés de pièces détachées d'occasion, prêtes à la vente. Il y en a bien besoin vu l'état des véhicules : beaucoup viennent de France, revendus pour une seconde vie par la diaspora. Le Sénégal a récemment interdit l'entrée de véhicules de plus de huit sur son sol, mais je crains qu'il y ait beaucoup de ménage à faire. De toutes façons les Sénégalais sont des champions de l'acharnement thérapeutique (avec succès) sur véhicules en état avancé de délabrement (mais qui roulent ou peuvent potentiellement rouler). Après décès, rien de ne pert et tout devient pièce détachée. Cependant on trouve aussi des 4X4 flamblant neufs… il y a aussi des riches, même des très riches.

 

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Les véhicules à moteur ne sont pas les seuls circuler. Il y a les piétons, les charettes à bras et les véhicules hippomobiles. Il y a donc des quartiers entiers de foin d'arachide pour nourrir ces bêtes, mais aussi les très nombreux moutons et béliers à l'engraissement qui étaient partout en ville en vue de la Tabaski (Aid el Kebir). A côté il y a le grand quartier de la viande où il vaut mieux avoir le cœur bien accroché : un bon moyen de devenir végétarien… Et partout les vendeurs et vendeuses de rue, les boutiques de nescafé, les vendeurs d'eau…

 

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A notre retour du Siné Saloum, Garage Pompier avait fermé, officiellement parce qu'il était trop petit et trop sale. C'était aussi un beau terrain à prendre et déjà vendu proche du centre. A la place, plus en banlieue, à Pikine, avait ouvert le Garage des Baux Maraîchers flambant neuf et aménagé comme une vraie gare routière. Immédiatement tout le petit commerce lié aux transport s'est transporté de Pompiers à Pikine. A côté de l'autoroute, mais comme l'autoroute est payante, la route d'accès est devenue très encombrée : j'ai mis deux heures pour sortir de Dakar via Rufisque quand je suis allée à Saint-Louis.

 

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Le Sénégal est plat, les routes sont toutes droite. Ce n'est pas pour autant qu'on peut rouler vite tout le temps. D'abord il y a les autres usagers de la route, plus lents que le sept places. Parmi eux les bus qui ne refusent jamais un passager, mais qui ne peuvent se permettre de les perdre en route. De toutes façons ils ne sont pas/plus fait pour faire de la vitesse.

 

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Il y  a aussi la maréchaussée dans un exercice qu'on appelle ici le flair du gendarme. Apparemment la fonction publique au Sénégal a besoin comme ici de revaloriser son salaire et comme ici elle descend dans la rue et arrête des véhicules. Le répresentant de l'ordre qui était hors champ, à gauche de cette photo, avait une préference pour les véhicules les plus neufs qu'il arrêtait systématiquement. J'étais revenue de Saint-Louis en allo-taxi (taxi collectif de porte à porte) et nous avons attendu plus d'une heure car le chauffeur qui faisait cette route tous les jours ne voulait pas se soumettre au représentant de la loi. Comme vous pouvez le voir par contre ci-dessus, ces arrêts forcés faisaient aussi des heureuses : les vendeuses d'eau et d'arachides grillées regroupées de l'autre côté de la route et qui profitaient de cette clientèle captive. Remarquez au passage que les hommes et le bétail partagent un espace commun dans le camion.

En encore tellement d'autre aventures ! L'autoroute de Dakar construite par Eiffage (on voit bien qu'elle est française, non ?) permet de rouler vite mais il lui manque un peu de ce charme dû au spectacle permanent de la route africaine.

 

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Racines (Gorée)

Publié le 25 Août 2014 par Nadine dans Voyages en Afrique

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Roots, Racines, c'est le titre d'un livre puis d'un feuilleton américains célèbres des années 1970 qui retraçaient l'épopée d'esclaves depuis leur capture en Afrique jusqu'à la plantation en Amérique du Nord. Ils ont été très importants à l'époque, quelques années après les luttes pour les droits cviques, dans la prise de conscience africaine des populations afro-américaines, et la fierté de leurs racines. Mais outre la romance qui est le propre de la fiction, ce qui est montré est farci d'erreurs historiques (qui, hélas, courrent encore beaucoup de par le monde) : ce sont les blancs qui capturent et “fabriquent" les esclaves, en Amérique le héros vit dans une cabane assez confortable avec femme et enfants, correctement habillé… Depuis la recherche a fait des bonds de géants, le recensement des voyages de traite permet de comptabliser combien de captifs ont fait le passage du milieu (en ligne ici) et combien y ont péri (en fait pas tant que ça, ils valaient cher), la structure des sociétés et de l'exploitation servile des deux côtés de l'Atlantique a été analysée, le rôle des royautés africaines dans la traite a été revalorisé. Plus personne ne pense que les blancs attrapaient les esclaves noirs comme du gibier : outre que c'est faux, est en plus très raciste. Au contraire, penser les sociétés et les économies africaines comme structurées c'est les replacer dans l'histoire. C'est l'esclavage atlantique qui a créé la couleur, auparavant elle n'était qu'un élément comme un  autre du physique. Comme l'esclavage était normal pour tout le monde, les royauté africaines du littoral faisaient du business comme tout le monde.

Le conservateur et guide de la Maison des Esclaves à Gorée nous l'a bien expliqué ainsi, de sa grosse voix qui portait dans toute la maison, n'épargnant aucune responsabilité dans ce commerce ignoble.

 

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Nous sommes donc allés mardi dernier visiter l'île de Gorée, Neel et moi-même. On embarque dans le port de Dakar, et à quelques emcablures se trouve la petite île qui, aujourd'hui, est une banlieue coquette de la grande ville, avec ses petites maisons coloniales de couleur et sa plage. Ce sont bien entendu les Portugais qui s'y sont installés les premiers et y ont fait le commerce du bois d'ébène, puis les Français et les Anglais se sont disputés la place avant que l'île ne devienne l'une des quatre communes française de plein exercice du Sénégal. Sur les îles, les négriers européens, sur le continent leurs fournisseurs africains. A côté du port la Maison des Esclaves, en fait l'une d'entre elle, tardive, a été conservée et entretenue. Il y a débat sur cette maison, sa représentativité. Ce n'est pas grave, cette maison est d'abord un mémorial d'un des crimes les plus odieux de l'humanité. On peut y visiter les cellules où s'entassaient les captifs avant embarcation, celles, encore pire, où étaient matés les rebelles, la porte du non-retour où ils étaient chargés sur les pirogues avant le navire. Dans le bureau du conservateur les affiches montrent les grands de ce monde, les artistes afro-américains, les personnalités de la Caraïbe qui sont venues visiter, mais aussi se recueillir ici.

 

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Même si ce sont ses racines, réelles ou symboliques, Neel est resté assez opaque à cette visite : il était impatient de retourner au surf !

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Mes premiers pas en surf

Publié le 23 Août 2014 par Nadine dans Voyages en Afrique

 

Nous sommes revenus hier de Dakar via Alger et le temps de me remettre, de ranger, laver et même dormir, me voici de retour au clavier pour vous conter les derniers épisodes de nos aventures sénégalaises. Le manque cruel de connexion fiable, seul, m’a empêché de vous narrer tout ceci en direct.

Je suis revenue le samedi 16 de Saint-Louis et je restée ensuite au Surf Camp de Yoff où m’attendait Neel. J’ai donc pu longuement profiter de la plage, de la mer et de ses rouleaux, je suis allée faire du shopping à Dakar, nous avons rencontré la partie sénégalaise de la famille et… j’ai même pris ma première leçon de surf avec Libasse, le plus patient des moniteurs pour débutants. 

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Un cours commence toujours sur le sable avec des échauffements. Il m’aurait fallu double dose mais tant pis. Puis on répète des mouvements sur le sable, paddle (ramer en français, mais le surf a son technolecte en anglais), monter sur les bras et le take-off (debout sur la planche) qui est le mouvement central de ce sport. En gros regarder les vagues en ramant, se préparer et se lever avec les pieds à 45° et 90° puis se tenir semi-accroupi sans se casser la gueule, le tout en quelques secondes. Très facile sur le sable. Dans l’eau c’est autre chose.

Libasse m’a donc prise à part, montré les consignes de sécurité et m’a accompagné dans l’eau. Arrivée au commencement de la mousse (pour les débutants c’est la mousse, les vrais recherchent les vagues), il tenait la planche et je suis montée. Le paquebot devrais-je dire car seuls les surfeurs avancés prennent des jolis board (planches), assez fines pour faire des figures. Là j’ai ramé mais celui qui a réellement lancé la planche au bon moment de la vague c’est Libasse. La première fois j’ai eu la chance du débutant et je suis montée, n’importe comment, mais je suis montée. Puis je suis revenue et on a recommencé avec les consignes pour les pieds, les bras tout ça. Comme il y a beaucoup de trucs à retenir et à faire en même temps c’est dur : quand c’est un réflexe, on se réfléchit pas, mais pour moi c’était difficile de tout coordonner. J’y suis allée à nouveau une bonne dizaine de fois et deux ou trois fois j’ai réussi le fameux take-off.

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Au bout de tout cela j’étais épuisée : remonter la planche, monter (moi qui suis vieille et grosse : c’est une citation d’un cours il y a dix ans avec mon cousin en Indonésie) et coordonner tous les gestes. Libasse a continué sans moi en faisant des plus jolies choses sur mon paquebot. Pour les photos, je ne suis pas restée assez longtemps sur la planche, vous n’aurez donc uniquement sur le sable.

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Je me tire ailleurs : direction Saint-Louis,

Publié le 17 Août 2014 par Nadine dans Voyages en Afrique

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J’ai laissé Neel au Surf Camp mardi matin et je suis partie toute seule à Saint-Louis du Sénégal, dans le nord. A garage Pikine, j’ai pris un sept places : annoncé 4 heures, le voyage a duré plus 6 heures car la sortie de Dakar a pris près de deux heures en passant par Rufisque. Plus on allait vers le nord, plus le paysage devenait sec, les baobabs étaient remplacés par des arbres plus malingres et du sable. Enfin, après 280 km de route en ligne droite, nous descendîmes vers le grand fleuve Sénégal, marron en cette saison au milieu duquel, à son embouchure, se trouvait l’ancienne capitale de l’AEF, Saint-Louis.

J’y ai passé trois jours complet. Classé au patrimoine mondial par l’UNESCO, ancienne commune de plein exercice, ville coloniale par excellence, Saint-Louis est aujourd’hui à la fois une médiocre ville de province, et en même temps un pôle touristique et culturel majeur. L’ancienne ville s’étend sur toute l’île, avec son plan en damier, et ses maisons coloniales, un étage pour les maisons portugaises, deux avec balcon en fer forgé pour les maisons françaises. Certaines sont en piteux état mais beaucoup sont aujourd’hui pimpantes, rénovées de frais. Le nord de l’île est l’ancien et toujours quartier militaire, de bâtisses des années 1930, en béton de style transatlantique. Les toitures partout sont de tuiles mécaniques où l’on peut lire qu’elles sont été fabriquées à la Viste ou à Saint-Henri à Marseille. Quelques autres vestiges échoués marquent l’ancienne gloire de la ville, comme cette grue à vapeur, la salle des fêtes, la cathédrale décrépie, le monument aux morts (dans les communes de plein exercice on a servi dans les régiments de métropole, pas dans les troupes coloniales). Le souvenir de l’aéropostale et de ses héros, au premier chef Mermoz est présent avec leurs exploits car ici se trouvait l’escale entre l’Europe et l’Amérique latine.

La population y vit à un rythme très provincial et en cette période de forte chaleur c’est plutôt la nuit qu’elle sort, dort sur le trottoir, s’amuse, se rencontre etc… Ici plus qu’ailleurs (sauf Saly et la Petite Côte mais là je n’ai même pas pensé à y aller), on y croise des touristes. C’est l’équivalent sénégalais de Hoi An au Vietnam, de Luang Pra Bang au Laos, de Ubud à Bali, bref le conservatoire des traditions où l’on veut tout le temps vous vendre des objets traditionnels (ici des robes en wax et des masques). Après avoir fermement remballé les quinze rabatteurs de la ville j’ai eu la paix le reste du temps et j’ai pu profiter de plaisir plus authentiques. Par exemple d’aller manger dans les boutiques de rue — petit déjeuner de haricots ou de spaghetti en sandwich, souper de brochettes salade sur mini-barbecue, fataya, thiboudienne avec un tailleur qui avait raccommodé ma robe — ou d’aller voir un savar dansé dans la rue à côte avec Cathy. Cathy c’est une de mes élèves à Aix ; nous avons été également surprises lorsque nous nous sommes croisées le premier matin : sa maison était voisine de mon hôtel !

Le 15 août est une fête très suivie au Sénégal, pays majoritairement musulman. C’est à Saint-Louis que les fêtes sont les plus réputées. Tout le monde, y compris de Dakar, accourt sur la plage de l’Hydrobase, celle de amerrissages de Mermoz et de ses collègues. On se baigne, on se roule dans le sable, on boit, on danse et le soir ce sont des concerts. En ville aussi les concerts inondent la ville jusqu’à une heure très avancée.

Je suis revenue hier soi à Yoff après une journée de route aussi éprouvante qu’à l’aller. Neel avait très bien survécu sans moi entre surf, surf camp et amis sénégalais de son âge.

 

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A la pêche

Publié le 10 Août 2014 par Nadine dans Voyages en Afrique

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Après la pirogue à Djiffert, c’est à la pêche sous toutes ses formes que nous nous sommes adonnés. Le Sénégal, situé près des fonds parmi les plus poissoneux du monde connaît la pêche partout sur ses côtes. Avec Neel à mes côtés, je ne pouvais manquer cette activité dans ce pays.

On a commencé avec Toto dans son village du Siné Saloum. Nous sommes partis dans la mangrove avec des filets et des palengrottes. On a fini en ramassant des coques dans la vase.

 

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Aujourd’hui c’était à Foal Fadiouth ; nous avons pris une pirogue dans la lagune et nous avons navigué entre les bancs de sable et les bancs de poisson. C’était encore la pêche à la palengrotte mais cette fois-ci nous ne sommes pas revenus bredouille.

 

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Enfin je suis allée avec un compagnon de voyage voir ce soir le débarquement des pirogues de pêche au port de Joal. Des centaines de pirogues débarquent sur le sable des tonnes de poissons qui sont charriés sur les têtes des hommes ou sur les charrettes tirées par les chevaux. Les poissons seront pour les pièces nobles immédiatement mis dans des camions frigorifiés à destination de l’Europe, du Japon, de la Corée. Les poissons moins nobles resteront en Afrique sous forme séchée ou salée. Des milliers de personnes attendent, chargent, comptent, attendent. Un monde qui fourmille, qui travaille, qui nourrit le monde.

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