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Haïti

Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 10:33

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Juste après avoir disserté longuement sur le vendredi 13 voici que cette semaine je tombe sur deux medias qui dissertent sur le diable et la possession, dans deux espaces et deux modes différents et mais que je n’ai pu m’empêcher de rapprocher l’un de l’autre.

Hier, je tombe sur cet article à propos du  renouveau du cinéma haïtien.

 

 

« Mon Dieu, mon amour », le nouveau film haïtien

Mon Dieu, mon amour, est le titre d’un nouveau film haïtien  sorti sur les écrans le vendredi 13 janvier 2012 à Le Vilatte à Pétion Ville. Il est le tout premier de l’année 2012 qui annonce une dizaine d’autres à venir. Depuis quelques années, l’industrie cinématographique haïtienne était en panne de production et la venue de ce film d’Yves Barrau donne de l’espoir.

Mon Dieu, mon amour a rassemblé une dizaine d’acteurs et c’est un projet qui a demandé dix années, a raconté le réalisateur Yves Barrau.

Selon le réalisateur, c’est après avoir vu l’évolution des travailleuses du sexe dans le quartier de Mariani, commune de Carrefour, que l’idée lui est venue. Il était attiré par la façon de vivre de ces jeunes filles soit pour aller à l’école soit pour  nourrir leurs dépendants.

En visitant ces dames, il a fait des découvertes qui l’ont poussé à réfléchir, de tristes découvertes. Yves a vu des adolescentes de 13 et 16 ans, se prostituer et le pire il y en a qui ont des enfants à élever dit-il. La précarité des conditions de vie en Haïti engendre plusieurs formes de prostitution.

Confrontées à des difficultés économiques, légion sont celles qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts de la chaîne pour financer leurs études et qui se voient obligées de prendre ce chemin.

Et c’est ainsi que le réalisateur a décidé de passer aux actes. Avec les acteurs Paul-Henri Atis, dans le rôle de Robert, Glaphyra Civil, dans le rôle de Katiana et de Nadège Telfort dans celui de Jeannette, le succès à l’écran était déjà assuré.

Ces deux filles pour faire face aux difficultés de la vie, décident de vendre leur corps. Elles font face à toutes sortes d’humiliation. Des mots ronflants jusqu’aux gifles. Mais, Katiana, un jour décide de changer son destin. Elle ne voulait plus de cette vie malgré l’opposition de Jeannette, elle décide de partir. Mais ce n’est pas aussi simple. Ces jeunes filles sont possédées par des mauvais esprits qui les poussent dans le mauvais chemin, selon l’idée de monsieur Barrau.

Dans le film, Yves Barrau a essayé de montrer comment la foi en Christ peut sauver et changer tout être  éloigné du droit chemin. Mais, il a choisi aussi le mauvais côté du vodou en montrant seulement l’image du mal. Ce qui va déplaire aux vodouisants.

Une jeune fille qui décide de pratiquer le pire métier au monde, est-elle poussée par le démon ou d’autres forces invisibles ?

En décidant de quitter cette vie insupportable, Katiana se réfugie chez une cousine qui l’accueille et c’est ainsi qu’elle va retrouver le bonheur. La rencontre avec Robert va tout changer et Jeannette elle-même va subir cette transformation.

Pourtant, Jeannette l’avait fait remarquer si elle part, elle risque de ne pas réussir. Mais Katiana a écouté la voix de la sagesse, la parole de la délivrance. Amoureuse de Robert, Katiana s’est mariée et plus tard, c’est Jeannette qui allait prendre la sage décision de suivre le bon chemin. Une décision risquée, puisqu’elle a failli être agressée par des vagabonds qui voulaient s’en prendre à elle. Mais grâce à sa foi en Dieu, Jeannette est sortie des griffes du diable.

L’auteur-réalisateur Yves Barrau tente de montrer aux spectateurs que le pire métier du monde est une œuvre de « satan » qu’il mélange avec le culte vodou.

Walter P. Cameau


 

 

Ce matin, en épluchant mes légumes pour la soupe, j’écoute un podcast de France Culture et je tombe sur les Lundis de l’Histoire où Jacques Le Goff avait invité Florence Chave-Mahir pour son livre, L’exorcisme des possédés dans l’Église d’Occident (Xe-XIVe siècle) paru le mois dernier. Je vous rassure tout de suite, je ne vois pas dans cette coïncidence l’œuvre du Malin. Cependant, le podcast m’a permis d’alimenter ma réflexion sur ce type de production culturelle : tout d’abord, je ne pense pas avec le journaliste que la reprise de la production donne de l’espoir si l’on doit subir ce genre d’offensive évangélico-pentecotiste. Une fois de plus ces sectes sont d’une grande modernité quant à leur manière de fonctionner et de diffuser, et immensément réactionnaires dans leur contenu idéologique : le rapprochement avec le Moyen-Age n’est pas vain, il s’agit d’un vrai retour en arrière, niant volontairement l’héritage des Lumières. Comme les exorcistes du XVe siècle, ces nouveaux bons apôtres pensent que Satan s’attaque d’abord aux femmes et par le corps avant l’âme. La femme est objet et non actrice de son destin entre Satan et l’exorciste autrefois, le prédicateur aujourd’hui. Dans le même temps, l’exorcisme permet comme au Moyen Age d’imposer l’orthodoxie, ici celle d’une Eglise prêchant la soumission à l’ordre social : si les filles se prostituent ce n’est pas par contrainte sociale (« Confrontées à des difficultés économiques, légion sont celles qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts de la chaîne pour financer leurs études et qui se voient obligées de prendre ce chemin ») c’est possédées par le démon. Et la solution bien entendu n’est pas le renversement de cet ordre social mais la conversion avec soumission à cet ordre social.

Quant à la stigmatisation du vodou, elle est plus complexe qu’à première vue. Les rituels de possession par l’Esprit Sain du pentecôtisme et ceux par les loas du vodou ont trop de points communs pour être étrangers l’un à l’autre. Et puis penser que c’est bien le vodou qui est le maître des diables c’est donner de la crédibilité à ce que l’on combat : c’est la preuve que l’on y croit aussi. Et donc le combattre c’est prescrire une autre vision sociale que celle qui est portée par la culture populaire haïtienne et imposer celle d’élites inspirées par le voisin états-unien. Les Ti-Legliz de la théologie de la Libération catholique avaient repris à leur compte des pans entiers de la culture populaire, à contre-courant de la campagne anti-superstitieuse initiée en 1941 par les élites mulâtres et le clergé breton le plus réactionnaire (par exemple François Ducaud-Bourget qui seconda l’évêque de Port-au-Prince de 1955 à 1965, fut en 1977 le prêtre qui investit Saint-Nicolas du Chardonnet avec les traditionalistes). Aujourd’hui, ce sont ces appendices de la culture US conservatrice et rétrograde, celle qui prêche la résignation sociale qui s’expriment dans ce genre de production cinématographique. C’est leur obscurantisme qu’il faut combattre avec les Lumières de l’éducation pour tous. C’est ce combat que j’aimerais aider à mener en mars prochain si j’ai la chance d’aller à Port-au-Prince (mais cela n’en prend pas le tour…).


(les photos c'est par ma pomme en février 2008 chez les évangélistes)

Par Nadine - Publié dans : Haïti - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 17:29

http://a4.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/316650_242991195753269_198365096882546_733439_1322163343_n.jpgJe reviens à peine du pique-nique d'anniversaire de Mathilde au pied de la Sainte-Victoire avec les copains et les copines et, comme le médecin m'a dit que maintenant je pouvais boire, j'ai préféré boire que de prendre des photos. Donc vous n'aurez pas de photos ni de la Sainte, magnifique avec ce ciel bleu des jours de Mistral, ni du pique-nique plantureux avec sandwiches arméniens, tartes diverses, charlotte, apéro, etc… ni des convives qui n'ont pas jeuné alors que c'était Kippour.

Les sujets de conversation ont surtout tourné autour des élections : celles de demain pour la primaire mais surtout celles de la semaine prochaine. Alors ce blog va faire lui aussi faire chambre d'écho :

N'oubliez pas d'aller voter, et de voter SNES ou SNEP et de toutes façon FSU aux quatre scrutins des élections professionnelles du 13 au 20 octobre.

Qu'on se le dise !

Malgré la présence de quatre secrétaires académiques, nous n'avons pas parlé que de syndicalisme : on avons aussi parlé sport. C'est que cette nuit notre vaillante équipe nationale affrontait une redoutable équipe insulaire. Relevant le défi avec bravoure, notre équipe qui a été décriée dans le passé, a arraché une très belle victoire.

Non, ce n'est pas ce que vous pensez. Il ne s'agit pas du Quinze à la Rose, ni des Bleus. Je veux parler des Grenadiers : hier soir Haïti a écrasé les Iles Vierge 7 à 0  au Paul E. Joseph Stadium Frederiksted de Sainte- Croix, match pour les tours préliminaires à la coupe du monde football en 2014, et prend la tête du groupe F.

 

Par Nadine - Publié dans : Haïti - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 21:52

http://www.espacefm.com/bonsplans/kreyol%20djakout%20zenith%20bleu.jpgNe reculant devant rien pour aller pomper toute la nuit avec 7000 Antillais, je suis allée avec deux cavaliers à la nuit du kompa, vendredi soir au Zénith.

C’est ainsi que j’aurais pu commencer cet article, mais cette fois-ci nous allons faire dans la culture (avec ture). J’étais donc vendredi soir à la nuit du kompa en compagnie d’Evens, mon prof de créole, et d’Emeric, un de ses amis qui fait ses études à Nice. Le concert commençait à 23h avec à l’affiche Kreyol La et Djakout #1. Evens, comme un bon prof de langue, fait non seulement de la linguiste avec son élève, mais en plus de la civilisation. C’est ainsi qu’il m’a expliqué que Djakout avait été précurseur dans le passage du Kompa Combo au Kompa Direct dans les années 1980 : orchestres au line-up plus resserré et où la mélodie n’est plus impulsée par les cuivres mais par le clavier, passant de l’influence cubaine à celle des Etats-Unis. D’ailleurs si vous voulez en savoir plus sur toute la musique haïtienne, du rara au kompa en passant par le twoubadou ou le style rasin le plus simple est d’aller faire une visite sur ce site très complet et bien documenté.

Comme toujours pour ces concerts de musique ethnique, le Zénith avait fait (presque) le plein. Encore une fois, c’étaient les Antillais qui remplissaient la salle, avec une bonne proportion d’Haïtiens, beaucoup d’entre eux avec force drapeaux bicolores, casquettes, maillots etc… Le premier groupe, Kreyol La est un jeune groupe, parfois un peu vert, mais avec une grande efficacité scénique ; l’animation était très énergique et nous avons fortement pompé jusqu’à plus de deux heures du matin. Sachez que pomper signifie faire des gestes avec les bras tout en remuant les jambes voire le bassin au rythme de la musique (et pas autre chose !). Le deuxième groupe, la tête d’affiche, compensait un peu moins d’efficacité dans l’animation (ou alors on avait moins la pêche entre 2h30 et 5h du mat ?) par des mélodies plus assurées et un meilleur chanteur. Mais plus que de longs discours, je vous laisse des vidéos de la nuit du kompa déjà en ligne : vous y découvrirez que l’on n’a peur ni des déguisements, ni des danseuses aux formes généreuses.

 

Par Nadine - Publié dans : Haïti - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 13 mai 2011 5 13 /05 /Mai /2011 07:41

Présidents Je ne voudrais pas porter le chat noir en ce vendredi 13 à un président nouvellement élu. A-t-il vu cette affiche publiée hier dans le journal de Montréal 24 heures ?

Certes celui pour lequel il est écrit paix au dessus de son portrait,  est bien prix Nobel de la paix. Cependant il n'a pas hésité à faire comme les cow-boy, à confondre vengence et justice en appliquant les méthodes Dead or alive et d'ailleurs plutôt dead que alive pour faire abattre un ganster par ses services secrets. Il a été l'homme qui, d'un premier réflexe a envoyé 12000 soldats en Haïti et les comptabilisés au titre de l'aide humanitaire.

Quant au personnage titré progrès, est-ce vraiment le qualificatif approprié ? Ou alors le progrès des riches contre les pauvres.

Rappelons toutefois que parmi les deux larrons celui à la droite du personnage principal était le meilleur des deux, et que le personnage central prêchait l'Amour comme il écrit au dessus. J'espère pour son pays qu'il y a plus de vérité pour lui que pour les deux autres de l'affiche, mais plus que de l'Amour, je pense qu'il faudrait surtout de la paix, du progrès, de la justice et de la justice sociale.

Par Nadine - Publié dans : Haïti - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 17:03

Après plusieurs mois de suspense, de revirements spectaculaires, voici enfin la fin du marathon présidentiel en Haïti et contre toute attente (humpf, je plaisante), c'est Michel Martelly qui l'emporte. Je ne me permettrais aucun commentaire, n'étant pas haïtienne, même de la diaspora. Et puisqu'ils n'ont pas, comme nous, un nain à talonette à femme chanteuse, ils ont élu un chanteur de kompa (par ailleurs meilleurs artiste que Carla).

http://cdn-images.deezer.com/images/cover/9af735749b37f69de83116564eb3546d/120x120-000000-80-0-0.jpg

Un de mes amis a  immédiatement publié sur Facebook (le pays où se passe la vie et où on a plein d'amis) : "Haïti a son Berlusconi..". La comparaison n'est pas flatteuse. Je ne sais pas si elle est juste, d'autant que, comme le cavaliere a ses début, Sweet Micky — c'est son surnom — affirme que, en tant que novice en poltique, il va balayer l'ancienne politique corrompue. Qu'elle soit corrompue, cela ne fait aucun doute, mais que la nouvelle soit réellement nouvelle et meilleure, je ne sais pas. Pour continuer la comparaison, Michel Martelly ne fait surement pas des UV comme le président du Milan AC, mais lui aussi a des histoires de couleur de peau. Certaines pochettes de ses albums ressemblent aux télés de Berlusconi mais peut-pn lui reprocher ? Mettre des jolies filles plutôt dénudées, c'est le style graphique du genre musical kompa. 

Pour finir, deux images d'album du nouveau prézidan quand il n'était encore que chanteur. On espère qu'il ne sera pas comme la deuxième mais comme la première !http://www.haitianmizik.com/images/12182006%20001.jpg

http://www.antilles-mizik.com/boutique/images/SWEET-MICKY_BandiLegal.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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