J’avais déjà écris l'année dernière en revenant de
Montréal que nous étions tous fans l’Aurélia . Cette année on a continué : ça a commencé au printemps quand Marion, ma cousine du bip, même qu’elle est grande chef au bip, est revenue de Montréal
où elle était allée suivre le congrès du bip québécois. Je l’avais chargée de diverses choses à remettre à Aurélia, laquelle l’a reçue chez elle et l’a chargée de trois exemplaires de son dernier
album, J’allume, tout juste sorti des presses. C’est simple, Marion est devenue immédiatement fan, comme tout le monde… Ca a continué cet été : grâce à myspace et à facebook, le pays
où on a plein d’amis (le i-prof pour tout le monde, sauf qu’il y a aussi des vrais amis dans facebook), j’ai pu suivre la rafale de concerts dont une grande scène aux Francofolies de Montréal !
C’est pas trop fort ça ! Et pour finir, pour que vous puissiez tous goûter au talent de l’artiste, sans avoir à vous déplacer au Québec, ce
qui fait un peu loin pour un concert, voici le clip de son album ; concocté par Philippe Massonat. Je vous laisse apprécier le son et l’image, et écrivez
comme moi à Aurélia O’Leary : c’est quand que tu viens vous régaler d’un concert ici ?
Les Haïtiens sont par des aspects importants de l’existence, des gens rigoureux : contrairement au dérives
françaises dues au week-end de Pentecôte (alors qu’on est censé nous en avoir sucré le lundi ), ils célèbraient cette année la fête des mères le dernier dimanche du mois de mai et
non le premier de juin. C’était donc dimanche dernier, la fèt manman de l’ACH (Association Culturelle Haïtienne) dans le 14ème à Marseille. Et c’était très haïtien. La preuve
:
— Un accueil très chaleureux. Nous étions quelques mères adoptantes et nous été accueillies dans une famille,
celle de la communauté haïtienne de Marseille. — Tout très en retard, jamais pressé. D’ailleurs pourquoi se presser ? — Météo tropicale : dimanche lourd, chaud, orageux, comme sur les mornes à la saison des
pluies. — Deux réglages pour la sono : fort et très fort. Ca n’a dérangé personne. — Apéro au ti punch. — Au menu : riz. Et aussi lambi, cochon, poulet, poisson… avec pas mal de piment, de toutes façon sans piment
c’est moins bon. — En entrée des acra et de la soupe jaune (soupe de courge). Nous avons même appris à cette occasion qu’elle est
le plat du 1er janvier, jour de l’Indépendance. Auparavant, c’était le plat des maîtres… — Guinche collé-serré avec d’excellents cavaliers, cela va de soi. — Un orchestre kompa Twoubadou ACH, qui compensait un certain amateurisme par une grande
jovialité. Je suis enchantée à tous points de vue. Neel était content aussi : il a dansé, chanté les chansons qu’il
connaissait et joué avec les autres enfants qui tous parlent… français. Je suis prête à recommencer l’année prochaine et même avant.
Des soirées beaucoup plus chics que celles autour d'un BBQ (j'écris volontairement à la mode US), il y a celles
que Vincent passe à NYC. Comme Vincent va devenir co-rédacteur de ce blog en version voyage cet été, comme il l'a déjà fait l'automne
dernier, voici son compte-rendu circonstancié dans la jungle urbaine de NYC.
Happy days in NYC jeudi 30 avril 2009, à 16:54 Deuxième jour à Big Apple.
Au programme de l'éclectisme... Le matin balade à Chelsea et Greenwich village. Super resto asiatique le midi
(j'ai gardé l'adresse pour Mag). L'après-midi étant consacré à la découverte d'Alphabet City et de Saint Marc Place, le quartier alternatif de NYC,
suites aux vives recommandations de Fredo de la colline ! Effectivement le quartier, malgré le processus de gentrification, en cours depuis pas mal d'années, conserve
encore quelques commerces alternatifs. On repense en se baladant dans ces rues à Berlin Est. Boutiques de piercing, tatoos, commerces équitables, jardins communautaires, etc., tous les classiques
alter mondialistes sont présents.
Changement de décor. J'ai remisé mon jean pourri pour un costume Gucci. Armé d'une cravate, me voilà fin prêt pour participer au gala
de charité du très chic National Arts Club. Le club est situé dans le quartier du Gramercy park à deux pas du domicile de Julia Robert, juste pour situer bien entendu. ;-)
Un peu stressé tout de même, me voici, avec mon chaperon John, dans le lobby du NAC. A l'entrée, une dizaine de pussycat dolls (ou "poupées chatte" si vous préférez), vous savez le genre de filles
qui pouffent de rire sans motif apparent, toute affublées de robes aux couleurs aussi discrètes qu'une revue de chez Michou, affectées au contrôle et à l'enregistrement des guests. Je comprendrai
plus tard pourquoi il était primordial pour elles d'être affectées à ce poste hautement stratégique... Moment de panique effroyable, vais-je avoir la chance incommensurable de pénétrer dans le "saint des saints"
!! Ouf, une blondinette s'avance vers moi avec un sourire de magazine et enroule déjà mon poignet d'un ravissant
ruban rouge, en me couvrant d'un éclatantWelcome Vincent, je bredouille un thank you authentiquement ridicule en retour et je m'engouffre derrière les épais rideaux rouge du
lobby.
John me propose alors de commencer par le bar réservé aux membres du NAC. Le staff le reconnaît et échange avec
lui quelques banalités d'usage. Il m'invite à contempler une magnifique coupole chapeautant le bar aux vitraux teintés d'un beau dégradé de verts et de jaunes. Le style est plutôt art nouveau, le
tout richement orné de tableaux et de sculptures. Armé d'un verre de fin Chardonnay (merci de prononcer à l'anglaiseChardonnéééééééééééééé, mon hommage personnel à
la Bourgogne...), nous voici déambulant dans la salle à manger déjà pris d'assaut par les habitués.
John me raconte que toutes les pièces figurant dans cette salle à manger sont, soit des dons, soit des œuvres des
artistes en résidence du NAC. Je découvre quelques belles pièces comme cette lettre de Jaqueline Bouvier Kennedy à son terrible Onassis, un dessin d'Andy Wahrol et une impressionnante collection
de grands crus. A la fin de cette visite, nous sommes rejoins par la cousine de John, Alka, une très belle doctoresse de 30 ans.
Sublime.
Mais n'oublions pas qu'il s'agit d'un gala de charité ! Le prétexte est donc d'aider les enfants d'une région de l'Ouganda. Il y a dans la salle principale et la galerie
adjacente quelques photos d'enfants recueillis et aidés par la fondation IHUG. Dans la galerie, des objets sont mis aux enchères et un peu partout de beaux buffets bien fournis sont apparus.
L'ambiance est bonne, le DJ balance les tubes du moment, interrompu un moment par un joueur de balafon, histoire de ne pas oublier le thème de la soirée. Je n'ai, pour le moment, pas trop à souffrir de conversation, sachant que, contre toute attente, les pussycat
dolls sont vraisemblablement parties à la chasse, par petits groupes, of course. Les regards sont insistants et parfois lourds de sous entendus.
Alka est déjà en grande discussion, entourée par une multitude de pingouins aux ventres bedonnants, à l'américaine
quoi !(je suis sévère je sais...).
John et moi même décidons alors d'aller tester le rayon dégustation de Scotch Whisky. Première erreur fatale de la
soirée. Au programme, une dégustation de différents Scotch d'une marque dont je n'ai pas pris le soin de relever le nom : Le premier un 15 ans d'âge, le deuxième un 17 ans, le troisième de 21
d'âge et le dernier de 25 ans. Au bout du deuxième, j'étais déjà dans un état second. Rejoins par Alka, c'est à ce moment-là que deux pussycat dolls décidèrent de passer à l'action. L'entrée en
matière fût d'une habileté dont seule la gent féminine en a le secret. L'une d'entre elles commença en effet par féliciter Alka pour sa robe. Pendant qu'Alka lui répondait, bien obligée
de la remercier sourire aux lèvres, l'autre m'adressa aussi sec un "what a nice party, do you enjoy it ?". L'autre pussycat doll continuait bien entendu à parler chiffon avec Alka. Me laissant dans la merde la plus totale, John continuait à déguster son Scotch tord-boyaux. La pussycat doll ne
mit pas plus de 30 secondes pour m'asséner l'attendu Where do you come from ?. Elle me déclara avec aplomb qu'elle adoraiiiiiiiiiiiiiiiit le France., qu'elle aimerait apprendre le français, etc.,
etc. Continuant dans sa lancée, elle me lança quelques expressions française complètement idiotes, du genre "comment allez-vous ?", et finit en dérapage total non contrôlé par un "Sarkozy
bling-bling" accompagné d'un énorme éclat de rire. La messe était dite, je pris congé pour aller aux restroom me soulager. Fin du cauchemar.
J'avoue que le "Sarkozy bling-bling" me resta en travers la gorge. Je n'aurais pas imaginé que cette expression
avait traversé l'atlantique.
La coup de grâce vint à la fin de la soirée. Alka s'était entichée d'un certain George (pas celui duWhat else ?
bien entendu...).
Complètement bourré, je ne comprenais rien à ce qu'il disait. Nous étions assis tous les 4 dans le confortable
salon du NAC. Je passais le temps en mangeant des fraises. Lorsque John se mit à lui demander ce qu'il faisait dans la vie. Il répondit qu'il souhaitait monter la série TV Happy days en comédie
musicale. Moi qui avait révisé avant de partir pour le NAC l'histoire complète (mais assez courte en fait) de l'Ouganda sur Wikipedia, et m'étant préparé à parler de Cézanne, des impressionnistes
ou de je ne sais quoi, une immense envie de rire me submergea. Apparemment assez satisfait de son effet de surprise, George nous demanda ce que nous en pensions. Deuxième erreur
fatale de la soirée. John, toujours aussi professionnel, disserta sur le phénomène actuel du revival et lui déclara bien entendu que ça
pouvait être une bonne idée (alors qu'il pense que c'est complètement nul m'a t-il dit en rentrant). George me demanda alors ce que j'en pensais. Complètement stoïque, et j'imagine avec un air aussi stupide que les
"comment allez-vous ?" de la pussycat doll, je ne su quoi lui répondre. George me demanda alors si je connaissais bien la série TV et commença par entamer le fameux Sunday, Monday, Happy Days en
dodelinant de la tête comme s'il s'adressait à un abruti. Je lui répondit que je connaissais cette série TV (je ne viens pas de Gimouille tout de même) et que,-oh ! c'est
original-, ça semblait être une bonne idée... George apparemment assez frustré de ma brève réponse, ou désolé de mon manque de discussion, me remercia tout de même.
Je pris une nouvelle fraise.
La soirée se finit au roof bar du Gramercy Hotel, en face du NAC avec une superbe vue sur la skyline de NYC.
George en partant, me jeta un Vincent, you are a good guy, j'eus envie de le baffer.
Et c'est comme ça que s'acheva cette soirée, assez amusante en somme, au National Arts Club.
J'espère que ma pussycat dolll aura eu la chance de se trouver un gentleman pour passer plein de happy days à New
York !
Vous avez de la chance, cette expo au musée d’Allauch est
prolongée jusqu’au 10 mai. J’y suis allée samedi dernier avec Mô et nous n’avons pas regretté le déplacement : ce sont des peintures d’aspect naïf, peintes bien souvent par des autodidactes,
mais ce sont pas pour autant des peintures sans âme ni inspiration. Ce qui frappe d’abord c’est la couleur qui éclate de partout que l’on ressent dès que l’on entre dans les salles de l’expo,
avant même de détailler les toiles. La couleur à l’image d’Haïti où elle s’étale sur les murs des maisons, sur les carrosseries des tap-tap. Si les sujets se ressemblent, le traitement par
chaque artiste est très différent : il y a certes une unité, mais chacun a un style.Celui que
j'ai préféré est Fortuné Gérard à cause du foisement des détails et du traitement de la couleur. L’expo en plus montre des objets du vaudou (pas que des poupées, et
même pas la poupée Nicolas Sarkozy !) et un film sur des rites de guérison. Nous avons manqué la visite commentée c’est bien dommage car cela nous aurait beaucoup plus éclairé. Car je dois
avouer que les seuls trucs que je connais du vaudou sont dans le rock’n’roll avec Voodoo child de Jimmy Hendrix et les chansons du 13th Floor Elevator, ce qui limite assez mon approche… Mais vu
comme ça, ça fait beaucoup plus envie que dans les films d’horreur avec zombis…
Dimanche 11 janvier ont démarré les festivités
précaranavalesques 2009. Le Kanaval ou K-Naval lui-même se déroulera du 22 au 24 février. Neel aime cette fête avec ses gwo radio, lui
qui danse si bien. Il s’y est d’ailleurs un peu remis, car au printemps dernier il avait décrété qu’en tant que Français, il ne voulait plus danser. Et puis c’est l’occasion de mettre un
mardi-gras, c’est-à-dire un déguisement. Haïti c’est aux Caraïbes, et le carnaval y est une chose sérieuse, avec ses foules bien denses, ses chansons
composées spécialement et ses pas de danse longuement répétés, même pour la saison précaranavalesque :
« On simule le mouvement de l'anolis. Mais, il y a une forte subjectivité », précise l'une des danseuses de la
bande. Aussi la danse « Gaye pay » est toujours à la mode. Cette danse a pris naissance et a été popularisée à la suite du tube sorti en 2007 de la bande de Bel-Air, Raram qui, contrairement
aux autres bandes à pied, sort, pour les périodes précarnavalesques, tous les samedis soir au Bel-Air. C'est un mouvement très flexible, chaque personne l'exécute comme elle le sent. Plusieurs
bandes, comme Original Cash Band, Affection Band, Klere klere Band, Soul Rasta, reprennent ce mouvement adapté au rythme rabòday. Le Nouvelliste, 19 janvier 2009.
Pour patienter jusqu’au K-Naval 2009 lui-meme, voici de belles images de celui de 2008, et une vidéo qui vous donnera une idée de l’ambiance. Alors pour 2010, on évite les
endroits trop courus comme Rio et Venise, et on se précipite sur Jacmel ou Port-Haïtien ?
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