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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Racines (Gorée)

Publié le 25 Août 2014 par Nadine in Voyages en Afrique

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Roots, Racines, c'est le titre d'un livre puis d'un feuilleton américains célèbres des années 1970 qui retraçaient l'épopée d'esclaves depuis leur capture en Afrique jusqu'à la plantation en Amérique du Nord. Ils ont été très importants à l'époque, quelques années après les luttes pour les droits cviques, dans la prise de conscience africaine des populations afro-américaines, et la fierté de leurs racines. Mais outre la romance qui est le propre de la fiction, ce qui est montré est farci d'erreurs historiques (qui, hélas, courrent encore beaucoup de par le monde) : ce sont les blancs qui capturent et “fabriquent" les esclaves, en Amérique le héros vit dans une cabane assez confortable avec femme et enfants, correctement habillé… Depuis la recherche a fait des bonds de géants, le recensement des voyages de traite permet de comptabliser combien de captifs ont fait le passage du milieu (en ligne ici) et combien y ont péri (en fait pas tant que ça, ils valaient cher), la structure des sociétés et de l'exploitation servile des deux côtés de l'Atlantique a été analysée, le rôle des royautés africaines dans la traite a été revalorisé. Plus personne ne pense que les blancs attrapaient les esclaves noirs comme du gibier : outre que c'est faux, est en plus très raciste. Au contraire, penser les sociétés et les économies africaines comme structurées c'est les replacer dans l'histoire. C'est l'esclavage atlantique qui a créé la couleur, auparavant elle n'était qu'un élément comme un  autre du physique. Comme l'esclavage était normal pour tout le monde, les royauté africaines du littoral faisaient du business comme tout le monde.

Le conservateur et guide de la Maison des Esclaves à Gorée nous l'a bien expliqué ainsi, de sa grosse voix qui portait dans toute la maison, n'épargnant aucune responsabilité dans ce commerce ignoble.

 

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Nous sommes donc allés mardi dernier visiter l'île de Gorée, Neel et moi-même. On embarque dans le port de Dakar, et à quelques emcablures se trouve la petite île qui, aujourd'hui, est une banlieue coquette de la grande ville, avec ses petites maisons coloniales de couleur et sa plage. Ce sont bien entendu les Portugais qui s'y sont installés les premiers et y ont fait le commerce du bois d'ébène, puis les Français et les Anglais se sont disputés la place avant que l'île ne devienne l'une des quatre communes française de plein exercice du Sénégal. Sur les îles, les négriers européens, sur le continent leurs fournisseurs africains. A côté du port la Maison des Esclaves, en fait l'une d'entre elle, tardive, a été conservée et entretenue. Il y a débat sur cette maison, sa représentativité. Ce n'est pas grave, cette maison est d'abord un mémorial d'un des crimes les plus odieux de l'humanité. On peut y visiter les cellules où s'entassaient les captifs avant embarcation, celles, encore pire, où étaient matés les rebelles, la porte du non-retour où ils étaient chargés sur les pirogues avant le navire. Dans le bureau du conservateur les affiches montrent les grands de ce monde, les artistes afro-américains, les personnalités de la Caraïbe qui sont venues visiter, mais aussi se recueillir ici.

 

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Même si ce sont ses racines, réelles ou symboliques, Neel est resté assez opaque à cette visite : il était impatient de retourner au surf !

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