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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Le retour du bon nègre Banania

Publié le 6 Décembre 2011 par Nadine in Réflexions profondes

http://bdw-img.s-dzp.com/articles/18/images/herve-morvan-1957-bananiaSamedi gris de novembre et un blockbuster : je suis allée au cinéma ce week-end avec Neel voir le succès de cet automne, Intouchables. Salle pleine, et en option non choisie, pop-corn, bonbons etc… toute la séance. Moi qui suis plutôt une habituée des salles art et essai en VO, c’était un moment de sociologie et d’exotisme (le choc des cultures comme dans le film ?).

Je ne choisis habituellement pas mes films selon le critère de l’idéologie qui est contenue dedans. Par exemple un de mes acteur-réalisateur-comique préféré du XXe siècle est Jean Yanne qui était franchement un anar de droite. J'adore Clint Eastwood, républicain proclamé, quoique Clint c’est plus compliqué que cela, comme le western.

Intouchable par contre était présenté comme le film de la tolérance, celle envers des exclus, qu’ils soient par handicap physique ou social. Les bons sentiments avec la dose d’antiracisme qu’il faut. La rencontre improbable, c’est un grand classique du cinéma. C’est un film bien fait, on y rit de bon cœur, mais c’est tout le contraire : c’est un film réactionnaire de l’assignation sociale. Aucune critique de l’immense richesse du riche handicapé étalée à la figure du pauvre. Le pauvre par contre ne peut avoir accès au capital culturel sauf de manière détournée, caricaturée : d’ailleurs l’art contemporain ce n’est que du barbouillage enfantin, c’est démontré dans le film. Au total, je suis sortie assez mal à l’aise, d’autant plus que Omar Sy, qui joue bien, en fait des tonnes dans le genre grand noir sympathique qui rit de toutes ses dents bien blanches : le nègre Banania, on le sait depuis longtemps, habite dans nos banlieues. Mais qu’il n’espère pas accéder réellement au capital social, culturel ou autre, ce ne sera toujours qu’un vernis. Bienvenu au Sarkoland, où le rêve des pauvres est de conduire une Maserati et celui des riches d’être diverti par ces mêmes gentils pauvres.

 

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