Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Je me tire ailleurs : direction Saint-Louis,

Publié le 17 Août 2014 par Nadine in Voyages en Afrique

PhotoService.com PhotoService.com

J’ai laissé Neel au Surf Camp mardi matin et je suis partie toute seule à Saint-Louis du Sénégal, dans le nord. A garage Pikine, j’ai pris un sept places : annoncé 4 heures, le voyage a duré plus 6 heures car la sortie de Dakar a pris près de deux heures en passant par Rufisque. Plus on allait vers le nord, plus le paysage devenait sec, les baobabs étaient remplacés par des arbres plus malingres et du sable. Enfin, après 280 km de route en ligne droite, nous descendîmes vers le grand fleuve Sénégal, marron en cette saison au milieu duquel, à son embouchure, se trouvait l’ancienne capitale de l’AEF, Saint-Louis.

J’y ai passé trois jours complet. Classé au patrimoine mondial par l’UNESCO, ancienne commune de plein exercice, ville coloniale par excellence, Saint-Louis est aujourd’hui à la fois une médiocre ville de province, et en même temps un pôle touristique et culturel majeur. L’ancienne ville s’étend sur toute l’île, avec son plan en damier, et ses maisons coloniales, un étage pour les maisons portugaises, deux avec balcon en fer forgé pour les maisons françaises. Certaines sont en piteux état mais beaucoup sont aujourd’hui pimpantes, rénovées de frais. Le nord de l’île est l’ancien et toujours quartier militaire, de bâtisses des années 1930, en béton de style transatlantique. Les toitures partout sont de tuiles mécaniques où l’on peut lire qu’elles sont été fabriquées à la Viste ou à Saint-Henri à Marseille. Quelques autres vestiges échoués marquent l’ancienne gloire de la ville, comme cette grue à vapeur, la salle des fêtes, la cathédrale décrépie, le monument aux morts (dans les communes de plein exercice on a servi dans les régiments de métropole, pas dans les troupes coloniales). Le souvenir de l’aéropostale et de ses héros, au premier chef Mermoz est présent avec leurs exploits car ici se trouvait l’escale entre l’Europe et l’Amérique latine.

La population y vit à un rythme très provincial et en cette période de forte chaleur c’est plutôt la nuit qu’elle sort, dort sur le trottoir, s’amuse, se rencontre etc… Ici plus qu’ailleurs (sauf Saly et la Petite Côte mais là je n’ai même pas pensé à y aller), on y croise des touristes. C’est l’équivalent sénégalais de Hoi An au Vietnam, de Luang Pra Bang au Laos, de Ubud à Bali, bref le conservatoire des traditions où l’on veut tout le temps vous vendre des objets traditionnels (ici des robes en wax et des masques). Après avoir fermement remballé les quinze rabatteurs de la ville j’ai eu la paix le reste du temps et j’ai pu profiter de plaisir plus authentiques. Par exemple d’aller manger dans les boutiques de rue — petit déjeuner de haricots ou de spaghetti en sandwich, souper de brochettes salade sur mini-barbecue, fataya, thiboudienne avec un tailleur qui avait raccommodé ma robe — ou d’aller voir un savar dansé dans la rue à côte avec Cathy. Cathy c’est une de mes élèves à Aix ; nous avons été également surprises lorsque nous nous sommes croisées le premier matin : sa maison était voisine de mon hôtel !

Le 15 août est une fête très suivie au Sénégal, pays majoritairement musulman. C’est à Saint-Louis que les fêtes sont les plus réputées. Tout le monde, y compris de Dakar, accourt sur la plage de l’Hydrobase, celle de amerrissages de Mermoz et de ses collègues. On se baigne, on se roule dans le sable, on boit, on danse et le soir ce sont des concerts. En ville aussi les concerts inondent la ville jusqu’à une heure très avancée.

Je suis revenue hier soi à Yoff après une journée de route aussi éprouvante qu’à l’aller. Neel avait très bien survécu sans moi entre surf, surf camp et amis sénégalais de son âge.

 

PhotoService.com

Commenter cet article