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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Fête du travail et des travailleurs, de tous les travailleurs

Publié le 1 Mai 2013 par Nadine in Réflexions profondes

392477 10150734793083375 1429237292 nAyant lâchement séché la manif de ce matin pour cause de flemme aigüe augmentée par le speed des deux jours précédents (arrivée dimanche après-midi de NYC, repartie le lendemain pour Marseille puis Paris, revenue hier soir), je compenserai ce manque de sérieux par un sérieux article sur le travail, sérieusement teinté de lutte des classes.

Il parait que notre gouvernement veut ouvrir le débat sur l'immigration. Il parait aussi que celui des Etats-Unis réfléchit à la régularisation de ses onze millions de clandestins. Le débat est donc d'actualité, il est même d'actualité depuis un moment. Et qu'entend-on grosso modo depuis une trentaine d'année (j'écris une trentraine d'année pour rester dans un débat franco-français, mais ailleurs c'est la même chose avec ou sans le FN) ? On entend qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, que les étrangers prennent le boulot des gens du cru, quand ce n'est pas la sécu et les alloc, qu'on est bien gentil de ne pas les renvoyer de l'autre côté de la Méditerranée, du Rio Grande, du Caucase, du Bosphore, etc… C'est le discours de la droite et de l'extrême-droite. A gauche, et en contre de ce discours, on entend le plaidoyer humaniste : touche pas à mon pote, France terre d'asile, et à l'appui une théorie économique du gagnant/gagnant selon laquelle les immigrés seraient un appui au développement de leur pays d'origine, lesquels deviendraient clients de la France dans un cercle vertueux profitable à tous.

Evidemment, je préfère le deuxième discours au premier. Mais je pense qu'en fait les deux se rejoignent parce qu'ils envisagent le travailleur comme redevable envers celui qui lui donne un travail et non le contraire. Or, c'est oublier qu'un travailleur est d'abord est un créateur de plus-value et que cette plus-value enrichit celui qui l'emploie, le détenteur du capital, le pays dans lequel il travaille, et le pays qui détient le capital. Voir l'immigré sous l'angle du rejet ou sous l'angle humaniste charitable c'est penser que les immigrés sont les misérables de leur pays ; or ce sont d'abord les populations dynamiques et celles qui peuvent investir dans l'immigration, donc avec du capital économique et du capital social, qui émigrent.

En gros, un émigré apporte dans le pays où il émigre du capital humain et de la force de travail, donc il appauvrit dans un premier temps le pays de départ pour enrichir le pays où il arrive. Qu'il y ait ensuite un retour sur investissement dans le pays d'origine n'est ni automatique, ni obligatoire : les transferts familieux sont souvent dépensés dans des produits de consommation voire d'ostentation, importés et qui enrichissent… les pays riches !

Bref, la migration enrichit les riches et appauvrit les pauvres. Et la masse de manœuvre des clandestins est très intéressante pour le capitalisme qui trouve là une main d'œuvre docile et bon marché avec laquelle il peut faire pression sur le reste des travailleurs.

Il est urgent de repenser ce qu'est le travail, ce qu'est la richesse créée par la plus-value dans tous les débats économiques et sociaux y compris celui de l'immigration. Cela permettra de sortir de la dialectique gentils de gauche irréalistes vs méchants de droite pragmatiques. La crise nous a fait croire que les patrons offraient du travail et nous a fait oublier que les salariés offraient au capital de la plus-value sur laquelle il n'avaient qu'une part qui se réduisait. Comme disait un certain Karl Marx il y a de celà deux siècles "prolétaires de tous les pays unissez-vous" ; oui unissez-vous immigrés et non immigrés, vous êtes dans le même camp, celui du travail et le discours qui nous divise n'est fait que pour nous affaiblir. Les cadeaux des puissants et des patrons ne sont jamais des cadeaux, et le travail en particulier n'est jamais un cadeau : c'est un échange économique dans lequel travail et capital sont antagonistes. Cela s'appelle la lutte des classes. Je suis ringarde mais c'est toujours, encore, d'actualité.

Et toujours d'actualité ce sketch qui a plus de quarante ans et qui envisage bien le travailleur étranger comme enrichissant le pays d'accueil : et toc !



Fernand Raynaud résumait déjà la pensée raciste... par Agorapol

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