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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Christian

Publié le 23 Décembre 2010 par Nadine in Réflexions profondes

PhotoService.com

C’est sur l’autoroute, samedi matin en allant à Grenoble, que j’ai appris la triste nouvelle du décès d’un ami, d’un copain, d’un collègue, d’un camarade : Christian.

Je crois que je le connaissais depuis toujours : il appartenait à la grande famille des communistes aixois à laquelle j’appartiens aussi. Je connaissais aussi son père qui arborait fièrement qu’il était ouvrier, et ce sentiment de classe, il l’avait transmis à ses fils ainsi que celui d’être viscéralement antifasciste.

Je l’ai connu un peu mieux quand il est venu faire un remplacement comme MA d’Histoire et Géographie au collège Jules Ferry dans le 15ème : il arrivait après un autre  MA dont le remplacement ne s’était pas bien déroulé mais il ne lui a fallu que quelques secondes pour rétablir l’ordre et la sérénité dans les classes. C’est que Christian c’était aussi un physique imposant, une voix qui va avec et une assurance pour parler aux minots qui faisaient autorité partout et en n’importe quelle circonstance. Ce n’était pas quelqu’un à qui l’on pouvait marcher sur les pieds.

Militant, il l’était dans l’âme, dans les tripes. Que ce soit pour tancer les collègues qui hésitaient, pour distribuer des tracts n’importe où et par n’importe quel temps, ou pour coller des affiches, une activité où il excellait avec quelques-uns de ses vieux amis, Jean-Louis, Laurent ou Jérôme. Voir même pour faire le coup de poing s’il le fallait.

Après avoir passé le concours, il avait obtenu un poste en Guadeloupe, à Saint-Bart en ZEP. Il en était revenu avec une épouse et un fils. Son père disait, en parlant de ses deux fils (l’autre a épousé une Anglaise au teint laiteux), qu’il avait deux belles-filles contrastées. Revenu dans notre académie, il enseigne d’abord à Salon puis dans un collège d’Aix. Où que ce soit, il était le même, l’autorité sûre, le langage simple, avenant, serviable.

Faucille et marteauDe ce physique imposant, Christian en avait aussi peut-être un peu trop abusé. Christian c’était aussi le fêtard, le supporter de l’OM, le copain chaleureux. Il ne s’était guère économisé, et c’est peut-être ce qui a causé sa perte : il est parti d’une embolie pulmonaire à l’âge de 43 ans jeudi dernier. Nous l’avons enterré aujourd’hui. Ses amis ont porté le cercueil, son père et sa mère écrasés par le malheur ont tenu à rester debout. L’assistance était nombreuse, recueillie, malgré la pluie.

Au revoir Christian. Je n’ai trouvé de toi que cette vieille photo argentique dans un de mes albums que j’ai prise tout à l’heure en photo. On me pardonnera les reflets et les autres imperfections. Tu ne renieras pas la faucille et le marteau que je rajoute à la fin de cet article ?

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