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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Au moins une bonne nouvelle pour Haïti

Publié le 17 Janvier 2010 par Nadine in Haïti

BD Haïti
Les Haïtiens affamés mangent des galettes de terre. Demandant un partage équitable, le lobby US de la boue presse l’OMC pour forcer Haïti à baisser ses barrières douanières sur la boue pour que la boue US puisse y être importée.



Toujours sans nouvelles nouvelles de la crèche, et avant de descendre tout à l’heure à Marseille pour la messe en créole avec mes amis de l’ACH, voici le côté positif du séisme (y en a un) :

Besson suspend les expulsions vers Haïti.
Le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale Eric Besson a annoncé aujourd'hui avoir suspendu les expulsions de ressortissants haïtiens en situation irrégulière vers leur pays d'origine, en raison du séisme qui a frappé l'île des Caraïbes.

Dans un communiqué, Eric Besson précise avoir "donné mercredi instruction à ses services de suspendre immédiatement toutes procédures de reconduite dans leur pays d'origine des ressortissants haïtiens, en situation irrégulière sur le territoire national".

Le ministère n'était pas en mesure d'indiquer le nombre de personnes concernées.
(Le Figaro, 14 janvier 2010)

On est bien content. Il faut savoir qu’Haïti et notre patrie des Droits de l’Homme étaient en train de négocier un accord bilatéral de coopération où l’aide de la France était assortie de restrictions à l’immigration et de facilité de reconduites aux frontières. A Haïti, surtout à Haïti, les cadeaux, ça se paye.
Ceux qui sont en train de faire des cadeaux très généreux ce sont des Etats-Unis. Haïti pour eux ce sont des affaires intérieures. La Caraïbe est leur arrière-cour  et Haïti est depuis plus d’un siècle leur bidonville personnel que le capitalisme a désigné comme pourvoyeur pour son espace régional de main d’œuvre à bon marché et expulsable à tout moment (sans compter ses élites, toutes à l’étranger qui fournissent largement les universités US et québécoises). Les Etats-Unis depuis un siècle ont pillé ce pays. Deux exemples parmi cent : le couvert forestier durant l’occupation US de 1915 à 1934 est passé de 60 à 21 % du pays car les entreprises US du bois ont à cette époque accentué leur prédation en bois tropicaux. Le rétablissement d’Aristide en 1994 par l’armée US s’est accompagné d’une politique d’ajustements structurels (privatisations, restriction des dépenses publiques, hausse des tarifs d’électricité, de l’eau… pour ceux qui en avaient). Mais ne faisons pas les malins : la France avait commencé du temps de la colonisation, les esclaves sont arrivés sur des bateaux venus de Nantes et la dette de 150 millions de francs-or extorquée par Charles X a continuée d’être encaissée par les différentes Républiques du XIXème siècle, celles que le roman national présente comme offrant l’abolition aux esclaves reconnaissants. Je peux continuer comme ça longtemps ; Haïti n’a pas de malédiction, la catastrophe naturelle qui le touche est une interaction entre un phénomène naturel et une société, et l’état de cette société est le produit d’une histoire. Penser en termes de malédiction, c’est renvoyer la cause à la métaphysique et donc s’éviter de penser.
Je ne suis pas la seule à m’inquiéter de la mise sous tutelle US. Ils ont pris le contrôle de l’aéroport sans rien demander à personne. Ils vont continuer et il faut toujours se méfier des cadeaux des puissants. Mais en même temps que faire ?

File-t-on tout droit vers une mise sous tutelle ?
La nécessité de reprendre le droit de se prononcer sur notre sort

vendredi 15 janvier 2010,
Radio Kiskeya

La dévastation est totale. Le gouvernement local semble atomisé. Une bonne partie de l’intelligentsia est soit en deuil ou prise sous les débris. L’aide internationale ne s’embarrasse même plus de consulter les forces vives du pays pour coordonner la distribution de vivres. Haïti est édentée.
Or si un plan Marshall devait être adopté, il faudrait bien de la gouvernance locale pour la gérer. Devant la vacance institutionnelle actuelle, force est de conclure que la communauté internationale va vraisemblablement présider à nos destinées de manière beaucoup plus directe qu’auparavant.
D’ailleurs, l’idée d’un plan Marshall qui implique inévitablement une dimension bilatérale ou multilatérale ne semble pas faire l’unanimité auprès de plusieurs analystes qui pensent, à tort ou à raison, qu’Haïti n’est plus en mesure de négocier souverainement.
Et c’est là qu’un rendez-vous historique est en train de se révéler : Une opportunité exceptionnelle de mobilisation de toutes les forces vives et compétences d’origines ou d’affinités haïtiennes, de l’intérieur et de l’extérieur, pour constituer une alternative fiable de gouvernance.
Autrement, nous filons tout droit vers une mise sous tutelle totale. Et nous n’aurons même plus le loisir de nous prononcer sur nos propres destinées.
Allons-nous rater ce train ?
Harold Isaac
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efa 17/01/2010 11:45


Des infos ici :
http://www.google.fr/#hl=fr&q=france+info+%22creche+notre+dame+de+la+nativit%C3%A9%22&meta=lr%3Dlang_fr&aq=&oq=&fp=26f21cbdbeb3d18b

Je ne sais pas si cela te renseignera...