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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

À vélo dans Dijon

Publié le 11 Juillet 2007 par Hervé in Réflexions profondes

Nadine a raison, il faudrait que je parle un peu de mes relations amoureuses avec mon vélo, ça changera, surtout depuis que je ne me déplace plus exclusivement qu'à vélo dans Dijon.
D'abord, quelques explications sur la ville dans laquelle je vis. Cette ville a tout de même quelques côtés agréables (du genre de ceux qu'ont met le plus de temps à remarquer), notamment celui-ci : au lieu de s'installer comme tout le monde sur une hauteur pour voir venir l'affreux hostile ou au bord d'un fleuve pour se ravitailler et commercer en toute quiétude, ce qui revient au même d'ailleurs vu que les bords d'un fleuve conduisent généralement vers des hauteurs (sauf les bords de Loire, il est vrai), les Dijonnais ont préféré laisser leurs coteaux au bénéfice de leur ressource financière la plus abondante, à savoir les vignes. L'organisation érotique dijonnaise est entièrement tournée vers la vigne'amor, que l'on ne confondra pas avec la fin'amor, plus distinguée et autrement plus enrichissante, mais réservée aux Provençaux authentiques, aux vrais Occitans et aux Tunisiens qui sont, comme chacun sait, les princes du Maghreb.
Bref, tout cela pour vous dire qu'ayant laissé les coteaux aux vignes, aux vignerons, et à ces villages bien connus qui ont des noms de kermesses sponsorisées par les associations d'éthyliques, Dijon s'est installée dans une cuvette. Intérêt immédiat : dans Dijon, tant qu'on ne prétend pas aller au-delà du campus universitaire au sud de la ville et vers Talant au fond des quartiers nord, à Dijon ça roule peinard. Je sens que dans 20 ans, si j'habite encore ici, je continuerai à effectuer tous mes déplacements à vélo. Tous ? oui, tous. Bien sûr, au début, j'évitais quand il pleuvait, mais moins je prends le bus, moins j'ai envie de le prendre, dans la mesure où le vélo c'est comme la voiture, ça déshabitue d'attendre sous un abribus pendant un quart d'heure, surtout que Dijon, ce n'est pas comme Marseille, personne ne vient vous faire la conversation, et si on l'entame, je suis sûr qu'on court le risque d'une plainte pour harcèlement. Comme aurait dit le barde de Sarkozy, "Les gens du Nord-Est gardent dans leur cœur le soleil qu'ils ne montrent pas dehors", bref passons.
Reste la pluie... Si à Dijon on ne prend pas son vélo quand il pleut, on a intérêt à aimer les bus, les stations longues et silencieuses, et même à ne pas vendre sa voiture. Ergo, hormis les cas de neige ou de verglas, parce que là, si je me casse quelque chose, plus de vélo…, je roule même quand il pleut. Ergo, depuis un an, j'ai toujours pris mon vélo sauf deux fois le bus, et en plus ça fait régulièrement rire les secrétaires de mon service de me voir arriver cheveux et lunettes trempées à chaque fois qu'à Dijon il fait un jour à peu près normal, c'est-à-dire qu'il pleut, vous me suivez toujours ?
La mairie socialiste de Dijon a un sens de l'humour très particulier. Elle fait partie de ces trois mairies (avec Lyon et Paris) qui sont devenues socialistes en 2001, pendant cette fameuse année où les socialistes perdaient toutes les villes ouvrières qu'ils gardaient depuis l'entre-deux guerres sans que ça les émeuve le moins du monde. Bref, je vis dans une ville où la classe médio-supério-bobo-lili-mais-on-vote-Sarkozy-aux-Présidentielles est bien représentée. La mairie a donc égayé pendant six ans la ville de Dijon, supprimant des parkings là où on pouvait faire des espaces piétons, et construisant d'autres parkings pour décourager les encombrements en ville, tout en encourageant les vélos en ville. Elle a donc mis en place des gare-vélos en centre ville. Il y a ainsi dix places en centre ville où ranger son vélo. Je reconnais que même quand ce n'est pas jour de marché, c'est un peu juste, mais ça, c'est le sens de l'humour de la mairie socialiste de Dijon. Comme disait un célèbre philosophe marseillais émigré en Bourgogne : "Dis-moi pour qui tu roules et je te dirai avec qui tu aimes te fendre la poire".
Cerise sur le gâteau : à l'heure actuelle, les automobilistes sont aussi excédés qu'avant de voir les vélos emprunter les chaussées qui jusqu'à il y a peu leur appartenaient exclusivement, mais maintenant les flics dijonnais font la police pour les vélos et leur interdisent de rouler sur les voies piétonnes. Il y en a même un qui m'a menacé de me… retirer mon permis de voiture. Je me suis efforcé de prendre un air sérieux et grave devant la menace et de m'excuser humblement : en ce moment, la police, c'est plus fort que moi, ça me fait peur comme quand j'avais vingt ans.
Sinon, mes collègues me félicitent pour mon sens du sport et de l'écologie. Je me garde bien de leur dire que le sport j'en ai rien à foutre, et je sais bien que si je leur dis vraiment pourquoi je roule à vélo, ils ne me croiraient pas. Je roule à vélo pour me sentir vivant, d'abord. Mais surtout : mon vélo, de gamme médio-supérieure comme la classe sociale à laquelle j'appartiens depuis peu, m'a coûté 300 euros il y a quinze mois environ. Depuis son achat, j'ai dépensé moins de 100 euros en réparations diverses = j'ai déjà amorti mon vélo rien qu'en économisant les tickets de bus. pendant ce temps-là, avec l'argent économisé et le temps gagné, je me suis acheté et j'ai visionné plein de DVD. Aussi simple que ça.
À bientôt pour de nouvelles aventures…
Hervé
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Nadine 11/07/2007 23:55

Bravo Hervé ! Quelle classe !
Et puis si les flics dijonnais ne te sucrent pas tes points de permis pour usage de la bicyclette dans les rues piétonnes, il te reste une autre source de revenu : la vente de tes points de permis. C'est dans Le Monde aujourd'hui, entre 250 et 650 euros le point, tu pourras acheter plein de DVD.
Moralité : soyez riche, svelte et musclé, roulez en vélo.
En plus dans un commentaire du 9 juin (http://nadoch.over-blog.com/article-6767805-6.html#anchorComment), tu nous avais appris que le vélo c'était un super plan drague. Ce qui était confirmé par Emilie plus haut.
Trop belle la vie en deux roues !