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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Erasmus

Publié le 14 Mai 2007 par Nadine in Voyage à Prague

Si le pauvre Erasme de Rotterdam, celui qui écrivit le traité de civilité De civilitate morum puerilium, savait comment se comportent parfois les étudiants Erasmus, il ferait peut-être la grimace. Etant tombé sur un gisement Erasmus, voici ce que j’en retire au stade de mes observations. J’ai vu des gens qui étudient certes, mais aussi une internationale estudiantine très fêtarde. Il faut dire qu’en plus à Prague, l’herbe qui fait rire est en vente libre…
J’ai donc été avec des Portugais très gais, André dit Trassa et Rafael dit Raf qui étudient la médecine et font des tests de résistance au sommeil, et Cristiana. Un Tchèque, Mikal qui fait les mêmes études sous tous leurs aspects. Et puis encore de Finnois très blonds, une italienne etc…
Il y avait encore Robert, un Allemand qui étudie les sciences politiques et le vocabulaire pour dire papier à rouler grand format dans plusieurs langues. Fluet, la voix traînante. C’est surtout une crème d’homme qui n’a pas paniqué alors qu’il était cerné dans sa propre piaule par les cafungas, sans se départir de son éternel sourire et de son amabilité toute germanique.
Au fait, Robert vient peut-être de Bonn, mais il a aussi des racines à Prague et à Vienne. Nous sommes bien dans des vieilles régions de culture germanique, certes mises à mal ici par l’offensive nationale culturelle tchèque de la fin du XIXe siècle (le théâtre et l’opéra que j’ai fréquenté en sont les plus beaux exemplaires). Mais ce sont bien les nazis qui sont tué la culture germanique dans l’Östeuropa, une culture riche qui n’était pas seulement celle du Yiddishland (quand au Yiddish, le sionisme en Israël se charge d’achever le cadavre).
Mais en fait ces Erasmus, n’est-ce pas aussi la création d’un réseau de convivialité et de reproduction des futures élites à l’échelle européenne ? Sous une civilité de blagues de carabins (ben, oui, j’ai surtout vu des étudiants en médecine, non ?) c’est aussi un système de reconnaissance de la bourgeoisie pour elle-même et en son sein. Dis-moi avec qui tu t'es torché toute la nuit, je te dirai qui tu es.

Mais c’est bien sympa quand même et moi aussi je suis étudiante cette année !

Carabin : aujourd'hui, le terme est surtout utilisé pour désigner, de manière familière, un étudiant en médecine. Par extension, il peut qualifier des chansons paillardes chantées par des étudiants en médecine portant une faluche dont le circulaire (bande de tissu à la base du béret) est fait de velours rouge. On parle aussi de "blagues de carabin" pour désigner des canulars et farces de mauvais goût, souvent à caractère morbide, sexuel ou les deux. (wikipedia)

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