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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Madeleine

Publié le 9 Juillet 2009 par Nadine in Réflexions profondes

Nous avons appris dimanche dernier le décès de la dernière de mes tantes, qui était arrivé la veille. La nouvelle était attendue, certes - Madeleine souffrait d'une maladie grave et évolutive - mais le choc n'en fut pas moindre. Soixante-sept ans c'est tôt pour partir, surtout quand on la connaissait : l'hommage chaleureux et ému de la foule lors de l'hommage qui lui était rendu hier en était l'image vivante. Pas de besoin de cercueil doré à l'or fin comme d'autres au même moment, pas de chanteuse à voix, pas de tickets tirés au sort ou de direct à la télé, mais un heure et demi de discours qui n'ont pas suffit à décrire Madeleine dans toutes ses activités. Et c'est l'image que je garde d'elle aussi.

Quand j'étais petite mes parents partaient souvent en vacances avec les cousins de Grenoble. Madeleine était la grande soeur de mon père et la belle-soeur préférée de ma mère, même encore aujourd'hui, 30 après le divorce des uns et des autres. Nous étions presque cousins jumeaux : Raph né la même années que moi, Marika un jour de différence avec Christian et Cilly un mois avec Vincent. Y avait juste Manu qui s'intercalait au milieu, entre Raph et Marika. Nous faisions du camping en Corse, dans les camps GCU de l'île de Ré ou de Bormes les Mimosas. Nous allions aussi à la neige à la Foux ou aux Deux Alpes et j'enviais mes cousins qui skiaient tellement mieux que moi : mais bien skier quand on habite Grenoble c'est tout naturel... Je me souviens que Madeleine et Roger me semblaient beaucoup plus sévères que mes parents qui pourtant n'étaient pas laxistes. Pour autant nous nous sentions très libres, j'ai tant de souvenirs de conneries avec mes cousins qui étaient passé experts dans le genre ! C'était une époque où l'on laissait les enfants seuls, en bande, presque toute la journée et où nous pouvions nous créer une vraie petite république des enfants, seulement interrompue par les repas en famille. Je me souviens de Madeleine comme d'une reine des abeilles dans sa ruche : elle reprisait les chaussettes sur la plage, préparait des mètres cubes de bugnes, suivait de près la scolarité de ses quatre enfants, ce qui ne l'empêchait pas de mener une carrière universitaire, de militer et de multiplier les courses en montagne.

Sur la photo du haut, c'est la fratrie de mon père et de ma tante : fratrie tragique dont il ne reste plus que l'aîné. La photo du milieu a été prise en décembre 2007 avec son frère. Madeleine, était déjà très atteinte par la maladie : elle ne pouvait plus ni manger, ni parler, mais cela ne l'avait pas du tout empêchée de rigoler !

Sur la photo du bas, je suis avec mes cousins. Nous sommes devant l'entrée du village de nos ancêtres en Corse. Cela devait être en 1970 ou 1971, c'était les vacances du bonheur, où nous nous baignions tous nus dans les torrents et courrions après les cochons sauvages.

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