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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Goûts classes, goûts de classe

Publié le 10 Janvier 2009 par Nadine in Epicurisme et gastronomie

Je prends la suite de Chico en version culinaire, même que cet article sera classé en Epicurisme et gastronomie. Il y a une expression toute faite et souvent à usage publicitaire qui est "le bon goût d'autrefois". On trouve ainsi des baguettes à l'ancienne, des camembrets d'antan, des yaourts de nos grands-mères etc…
Moi qui suis un peu historienne, je sais bien que le bon pain d'autrefois était souvent du pain noir et dur et que le quotidien était fait essentiellement de potages dans lesquelles on trempait des soupes, c'est-à-dire ce même pain noir accompagné de quelques fruits et d'un peu de fromage, rarement de la viande. Bref, c'était répétitif et fade, et si les épices valaient si cher c'est qu'elles permettaient aussi de masquer certains goûts douteux.
Alors pourquoi croire au "bon goût d'autrefois" ? La réponse en regardant les émissions culinaires qui fleurissent du côté des fêtes : tout est dans le discours sur retrouver le bon temps du temps avant, alors qu'en réalité on nous montre que la qualité (puisqu'il s'agit de cela) ça se paye. Ce n'est pas d'ailleurs pas très étonnant : oui les foies gras les meilleurs sont les plus chers mais ils sont fait avec les techniques les plus modernes. Pareil pour la viande, des légumes, le poisson et tutti quanti. Ce qui permet à ceux qui ont les moyens de se les payer, non seulement de bien bouffer, mais en, plus de se justifier par un discours ("comme autrefois, nous qui mangeons bio et respectons l'environnement etc…"), tout en méprisant les autres. Goûts classes, mais surtout goûts et réflexes de classes… Et ! si les pauvres ne bouffent pas bio, c'est que c'est très hors de prix, alors la bouffe industrielle c'est ce qu'il y a de moins cher !

En photo un des articles alimentaires les plus drôles que j'ai vu ces derniers temps. Photographié dans un resto bio bobo de la région parisienne pour assaisonner la salade, juste avant les desserts faits aux fruits secs de l'Himalaya. Hildegarde de Bingen était une mystique allemande du XIIème siècle. Moniale bénédictine, je doute qu'elle ait eu des menus très variés et beaucoup de tentations dans le pêché de goutmandise : voilà cependant un industriel en agro-alimentaire qui a de la suite dans les idées pour faire en même temps bio et bon vieux temps !
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