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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Mais tais-toi, bon Dieu !

Publié le 24 Février 2008 par Hervé in Réflexions profondes

Ce rêve-là, on l'a tous fait, pas vrai ? Excédés par le nombre d'ahurissements causés par le propriétaire actuel de l'Elysée (car le terme de "locataire" est lui aussi, soudain, devenu obsolète), ses conseillers spéciaux en stratégies diverses, lieux communs de gauche (Guaino) et lieux communs de droite (Guéant), finissent par lui demander, à l'approche des municipales, de se la boucler quelque temps, le temps que l'accélération de la vitesse de la chute dans les sondages se ralentisse même si elle ne parvient pas à se stabiliser du premier coup. Le rêve, quoi… on s'imaginait déjà trois jours de lecture des journaux et autres News avec seulement les dernières aventures de Rachida Dati la ministre sexy de Sarkozy, Valérie Pécresse la ministre mignonne de Sarkozy, Jean le fils de Sarkozy, Cécilia ex-Sarkozy, l'UMP de Sarkozy, les candidats aux municipales de Sarkozy… mais plus  de Nicolas Sarkozy pour trois jours, le temps qu'on parle d'autre chose. Et puis c'était futé de la part des conseillers du Président : tout d'un coup, Sarkozy se tait, et ça, en soi, ça crée l'événement à tel point que tout le monde se remet à parler de lui rien que pour se demander pourquoi il se tait, pourquoi il s'est tu... Pierre Mendès-France a fait la dernière moitié de sa carrière uniquement là-dessus, c'est dire si ça marche. Michel Rocard a même essayé de le copier, mais ça n'a pas marché, allez savoir pourquoi. Du coup, plus personne ne sait qui est Rocard, et même certains jeunes croient que Rocard est le concurrent de Doval et de Pernid, les autres célèbres marques de pastis, mais je m'égare…
Et puis, tout d'un coup, le rêve risquait de muer au cauchemar, avouez-le, nous y avons tous pensé aussi. Mais alors, mais alors, nous sommes-nous dit dans notre marmite à faire bouillir des idées profondes et percutantes, mais alors si les conseillers de Sarkozy lui conseillent de nous foutre la paix et d'arrêter de dire des conneries ahurissantes à chaque fois qu'il l'ouvre, il risque de remonter dans les sondages ? Pire même, il risque d'aider, par son mutisme, son propre camp à gagner la bataille des municipales, à faire dévisser Delanoë et à faire rempiler Gaudin ? Horreur absolue…

Entre rêve et cauchemar, la vie choisit souvent Ubu…

Apparemment, le petit Nicolas a effectivement été conseillé, puisqu'on ne l'a plus entendu pendant quarante-huit heures. Apparemment, il a bien écouté ses conseillers, puisqu'il est allé au Salon de l'Agriculture. Faire comme Chirac, quoi. C'est en effet Chirac qui a initié "le Président qui serre des mains partout, touche le cul des vaches, boit et s'empifffre à chaque stand en disant que c'est bien bon". Il savait pourquoi il faisait ça, Chirac. Il avait bonne mémoire. C'est bien depuis son passage à l'Agriculture que "paysan" et "chiraquien" ont presque failli devenir synonymes en province. Et il s'en est rappelé, Chirac, quand il est devenu Président. Et cette façon qu'il avait toujours de répondre comme s'il connaissait vraiment la question, comme s'il était vraiment concerné par les préoccupations de ses interlocuteurs. Et il savait bien, Chirac, qu'il ait lu ou non le Talmud, que la meilleure réponse à fournir à des interlocuteurs est encore de leur offrir des questions, des vraies, des concernées, des spécialistes. Un dialoque au Salon de l'Agriculture avec Chirac, c'était toujours du type :

Paysan : "J'ai dû faire installer une nouvelle douche pour ma vache."
Président : "De combien de mètres carrés ?"

Bref, tout cela pour vous dire que le petit Nicolas a été bien conseillé : il est allé visiter son vivier, pour conforter sa cote de popularité auprès d'un électorat qui lui était de toute façon acquis.

Je ne reviens rapidement sur l'événement que pour les improbables ceusses d'entre vous qui auraient pu être ces derniers temps à une latitude bien éloignée, par exemple. On ne se lasse pas de revoir ça à, entre autres quelques dizaines d'adresses :
http://www.rue89.com/mon-oeil/a-propos-du-casse-toi-pauv-con-de-sarkozy


Le seul commentaire que je ferai personnellement est celui-ci : à la différence de ce que disent la plupart des commentateurs, ce n'est pas le "Pauv'con, va" présidentiel qui est atterrant, il est (avouons-le), en particulier pour nous autres, gens dont les racines ont été cultivées au centre du monde habité, tout au plus choquant. C'est le fait que notre Président soit devenu quelqu'un à qui l'on peut dire "Touche moi pas, tu me salis". Chirac, à force de charrier, avait acquis la réputation de président "Supermenteur", ce qui n'hypothéquait en rien ses éventuelles qualités d'honnêteté comme ami ou père de famille, par exemple. Mais nous nous serions bien gardé, par respect pour nous-mêmes et par exemple, de le traiter de "Supermenteur" personnellement en face-à-face. Nicolas le petit aura fait en sorte qu'on puisse le traiter en novembre d'"enculé", qu'il puisse lui-même répondre en tant que président "Descends" (en fait, il est bien descendu, le type, mais télé-Sarkozy n'a pas montré comment il s'est fait arraisonner par un service d'ordre plus musclé que Nicolas).
Pour ceux qui veulent voir et revoir, au fait, c'est par là :

http://www.dailymotion.com/video/x3f8on_sarkozy-se-fait-traiter-dencule-par



Se faire traiter d'enculé quand on s'évertue à faire en sorte de prouver chaque jour à ses compatriotes qu'on n'est pas un pédé, comme on dit chez nous, ça fout les boules, pas vrai ?

Ca vous travaille pas, vous, ce type qui épouse au plus vite une femme en érection quelques semaines après s'être fait larguer par une femme qui ne voulait plus s'ériger, qui est obsédé par le gêne de la pédophilie, et qui met des ray-bans comme on n'ose plus en mettre depuis au moins vingt ans dans nos boîtes à cacous à Marseille ? Vous pariez combien qu'il préfère le string au caleçon, notre coquin (et ringard) Président ?

Là, en attendant, on n'est plus du tout dans le symbolique, et quand les petits prennent le Pouvoir en le vidant de toute sa symbolique, on verse fatalement dans la caricature.
Nicolas Sarkozy, c'est Arturo Ui !


"Mais tais-toi, bon Dieu", lui glisse à cette heure Henri Gaino en l'implorant.



Allez, bon dimanche à tous.



Quand vous lirez ce billet, Nadine sera déjà dans l'avion ou même de retour. Je vais pouvoir retourner dans ma cambrousse, emmuré dans ma citadelle, me remettre au travail, et je n'aurai plus de prétexte pour ne pas finir mon cours sur Ruy Blas.

Welcome home, Nadine. Et bienvenue à Neel.

Hervé
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Nadine 24/02/2008 13:16

Nico est le premier président sans attache rurale, sans fief rural (genre Corrèze, Chateau-Chinon ou Colombey). Mais comme ancien maire de Neuilly, il a de vrais attaches de classe.
on part ce matin : nou jambe la mer