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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

2007, l'année des divorces (suite et fin)

Publié le 15 Février 2008 par Hervé in Réflexions profondes

J'avais espéré pouvoir écrire ce billet avant le 1er janvier, mais ça n'a pas été possible. C'est donc après les scoops de 2007 sur Nicolas et Cécilia, Ségolène et François, Nadine et Bernard, Hillary et Barak, que se conclura la longue histoire du divorce de Chico Faraby et de Claire Latoile. Voici donc le quatrième (si j'ai bien compté) et dernier billet sur l'année des divorces 2007.
Dans la rubrique FAQ de notre blog, à la question "Dans la vie d’Hervé, qu’est-ce qui peut être plus long qu’un mariage ?", la réponse est "Un divorce". Il est vrai que vingt-cinq mois de divorce pour neuf mois de mariage c'est beaucoup.
Je livre ici les quelques réflexions que m'ont inspirées le récent courrier que j'ai adressé à mes témoins, expurgé de quelques précisions que je me garderai bien d'exhiber sur un lieu public :

Un jour, un homme, que l'on a vu amoureux durant des mois au point de subitement rendre son appartement, de renoncer à ses meubles, de s'engager pour une femme lui ayant déclaré qu'avec elle ce serait "tout ou rien", de supporter ce qu'en principe il était connu pour ne pas supporter, a décidé de quitter son domicile familial avec sa fille sous le bras entre deux de ses bacs blancs, a prévenu la famille de sa femme en s'attribuant humblement tous les torts et en promettant solennellement qu'il ne ferait rien qui puisse porter tort à une femme qui porte son nom, a pris un avocat pour l'aider à faire les démarches administratives nécessaires, a arrêté de prendre des somnifères, de se barricader dans son bureau, de se demander de quoi on l'accuserait encore, de téléphoner à ses amis en cachette et de se retenir de rire quand il dînait avec sa fille cadette. Et voici comment une femme autoritaire et possessive perd définitivement un homme pour avoir voulu exiger plus que ce qu'un homme peut donner à une femme. On peut trouver une telle histoire triste, héroïco-comique, voire farcesque. On peut aussi la trouver simplement banale, il est vrai après tout que dans notre monde occidental nombreux sont les couples qui divorcent, parfois pour bien plus, parfois pour bien moins que ça.

Un jour, cet homme s'est réveillé dans la peau d'un coupable et même d'un criminel pervers et manipulateur, et s'est vu publiquement accusé d'avoir, en neuf mois de mariage, ouvert le front de sa femme ou lui avoir brisé la main suivant les versions, de l'avoir régulièrement cognée (sous le regard muet et complice de sa fille cadette, semble-t-il), de l'avoir odieusement trompée, de l'avoir escroquée en lui laissant supporter à elle seule les frais du ménage, de l'avoir ridiculisée en public par un comportement éthylique honteux, d'avoir par surprise imposé son enfant au domicile familial, de lui avoir fait subir un déséquilibre mental nuisible  et… d'être parti un beau jour au grand regret de son épouse, qui l'a suivi ou fait suivre, pour arriver jusqu'à connaître son domicile, ses fréquentations et à diffamer ces dernières. Sauver la face est certes une stratégie banale d'évidence. Reste qu'à ce point, quand la banalité laisse la place à des scénarios qu'on refuserait même chez Walt Disney, on est tenté d'abord de rire et de laisser dire. Et en effet, j'ai provisoirement ri, j'ai provisoirement laissé dire.

On ne rit plus et on ne laisse plus rien dire, en revanche, lorsqu'une poignée d'imbéciles, bien plus encore par suffisance que par malveillance, décide de transformer un discours hystérique en un scénario de série noire dont ils seront les sauveurs, les héros, les porte-paroles indignés, voire les justiciers masqués, car Dijon est une ville où l'on s'ennuie tout de même un petit peu, surtout quand on ne lit pas grand-chose. Et voici comment une femme maltraitée, qui n'a trouvé en tout et pour tout qu'une bonne copine esseulée pour témoigner au fur et à mesure sur tout ce dont elle la commissionnait (3 "témoignages" étalés sur dix mois, en mars, juillet, décembre 2006) et lui permettre de gagner les 5000 euros qu'elle réclamait, une femme maltraitée et violentée qui n'aura reçu de témoignage solidaire ni de ses enfants, ni de ses voisins, ni de ses amis, ni de ses collègues, cette femme est devenue provisoirement un objet de compassion publique, en même temps que son déserteur d'époux est devenu un ennemi tout aussi public. Provisoirement. On pouvait faire moins. J'en ai eu connu qui même haineux sauvent la face à moins, et qui, lorsqu'ils décident de ne plus mêler leur sueur dans les mêmes draps, se passent de flics, d'huissiers, de calomnies, et qui choisissent simplement de se gaver de films ou de se repasser les œuvres complètes de Tardi et de se remettre tranquillement au travail, tout en continuant à sourire aux filles dans la rue. J'aurais voulu rester de ceux-là, mais ce n'est pas la culture familiale des gens que je quittais, voilà tout. Et la vie, ce n'est jamais tout à fait ni ce qu'on espère ni ce qu'on craint.

Il aura donc fallu deux ans, deux ans à répondre inlassablement à ceux d'entre vous qui m'appellent ("Et ton divorce, au fait ?") que non, non, c'est pas encore fini, en même temps que je me disais que ceux qui ne m'en parlaient plus étaient tout simplement persuadés que tout cela était fini depuis longtemps.

Pendant ces deux années :
- une enseignante de français dans un Lycée catholique et astrologue, parce qu'elle dort seule la nuit depuis des années, aura produit trois (sait-on jamais…) "attestations" où le nombre de mensonges a presque dépassé le nombre de fautes d'orthographe,
- un homme de 28 ans a fièrement et par écrit "conchié" sa mère, après l'avoir un moment aidé à constituer des "preuves" de police à la suite de mon annonce de départ,
- un imbécile heureux mais peu courageux, enseignant d'anglais et détaché à l'IUFM, s'est senti obligé de rédiger une lettre d'excuses publiques destinée au carnet d'adresses que je voulais bien lui donner,
- un "chargé de mission" de l'Université de Bourgogne a tenté d'organiser une diffamation professionnelle visant le mari déserteur mais aussi sa propre cousine (la Côte-d'Or, c'est un peu comme dans du Balzac…) sur le campus dijonnais et a fait, après avoir été pourtant prévenu, l'objet d'une plainte en haut lieu, plainte il est vrai assortie alors d'un chapelet d'autres plaintes émanant d'autres que moi,
- une enseignante-chercheuse a, par indignation spontanée et par solidarité, déposé naïvement un "témoignage" soufflé qu'elle a ensuite demandé à rétracter vu l'ampleur des événements,
- une adolescente a livré en justice son journal de bord sur sa vie à Dijon chez sa marâtre,
- des flics et des huissiers ont été mobilisés,
- des couples se sont disputés voire séparés, et des amis se sont fâchés tandis que d'autres en ont profité pour vérifier la qualité et la solidité, mais aussi le désintéressement de leur amitié,
- ont été produits en justice, photocopiés et publiés : les courriers intimes d'une femme récriminatrice, autoritaire et possessive, l'état de l'endettement personnel d'une femme dépensière, la comptabilité d'un ménage avec enfant décidant de porter au débit de l'enfant "sa part" d'abonnement EDF, de charges locatives et d'impôts locaux, les traces écrites résumant le comportement disons "spécial" d'une famille qui ne l'est pas moins.

Et… tout cela pour quoi ? Simplement pour qu'un juge finisse par décréter que les deux mariés ont eu des torts l'un envers l'autre. Cocasse, non ?

Auront joué dans cette sinistre farce :
des enseignants du secondaire, enseignants-chercheurs, chercheur en activité ou retraités, des artistes de métier, des artistes auto-proclamés, un écrivain, des techniciens, un ingénieur, une inspectrice des Lettres, trois psychanalystes, une adolescente, deux très jolies avocates en activité, un brillant avocat à la retraite, quelques mouchards.
Presque tous sont diplômés de l'Université. Tous, régulièrement, lisent, écoutent ou regardent les journaux.

Le plus triste, quoi qu'il en soit, n'est pas que des gens, pour sauver la face ou brailler leur douleur d'être quittés ou trompés ou trahis ou que sais-je, estent en justice, quitte à affabuler, pour que la "loi" décrète des torts, des raisons, des égoïstes et des généreux, des coupables et des victimes transfigurées que l'on servira à l'entourage à titre de compensation. Le plus triste n'est même pas que des gens aient immédiatement des choses à en dire, pour oublier qu'ils s'ennuient dans leurs propres draps au point d'avoir le besoin et le temps de se complaire à se vautrer dans des draps étrangers, quitte à se sentir valorisés lorsqu'ils deviennent eux-mêmes grands annonceurs de scoops : même la médiocrité a droit, après tout, à son coin de ciel bleu. Le plus triste est encore qu'il y a des gens qui font métier de justice au quotidien et qui semblent croire, sincèrement (?), que c'est en ces termes que se résument des histoires d'amour, de sexe, d'affects, de jalousie, de possessivité, de modes de jouissance, d'incompatibilités, de famille, de patrimoine… et que dans un monde ou chacun est après tout libre de partir s'il trouve une situation intenable ou simplement ennuyeuse et est donc responsable lorsqu'il continue à supporter sinon à accentuer une situation délétère, on ait encore besoin, pour ça aussi, d'avoir des victimes, des coupables, des pervers, marqués ou transfigurés à vie, alors qu'il n'y a sur terre que des gens qui par leur autisme creusent leur propre tombe en se rendant eux-mêmes malheureux, quitte à rendre également malheureux ceux qui partagent leurs souffrances pour pouvoir encore profiter de leur sourire, de leur regard, de leurs bras.

À une vitesse record et avec ténacité, Claire Latoile aura perdu un mari, quelques amis, un appartement, un soutien pour le remboursement de ses dettes personnelles, beaucoup de sa crédibilité. L'estime de sa famille, elle ne l'avait de toute façon jamais eue. Il lui reste de tout ça simplement la possibilité de faire appel, si elle en a envie.

Depuis deux ans que nous sommes retournés au soleil, Maeva et moi :
je vis, je travaille, je lis et j'écris toujours à Dijon. Ma vie professionnelle, ma vie amoureuse, ma vie personnelle me ressemblent de nouveau ;
Maeva vit à présent à Aix-en-Provence et fait de brillantes études d'Histoire. Elle est devenue la locataire de Nadine, s'est imposée comme co-rédactrice du blog Nadoch notamment à l'occasion du passage en force de la LRU, et passe actuellement quelques jours de vacances à Dijon chez son père et sa compagne.

Amitiés à tous.

Hervé

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Nadine 16/02/2008 20:13

Rien de pire que les gens possessifs : personne ne peut posséder quelqu'un d'autre...

FIORITO 16/02/2008 12:26

sinon tu vas battre ROSS dans friends

Emilie 15/02/2008 21:47

Arrête de te marier!!! Mais pas de te marrer...