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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Fêtes de fin d’année

Publié le 19 Décembre 2007 par Nadine in Réflexions profondes

Le calendrier se bouscule en fin d’année. Ca commence aujourd’hui avec avec l’Aïd el-Kebir et demain, la fèt kafr. Puis ça continue le 25 décembre avec Noël, pour finir le 1er janvier et le nouvel an. Comme je serai partie et qu’on réclame de la culture dans le blog, en voici.

Fet-cafr.jpgLa fèt cafr (fête cafre) à la Réunion, le 20 desanm (20 décembre), est la fête de commémoration de la fin de l’esclavage. Quand j’y habitais au début des années 1980, elle était quasi-clandestine sauf dans les mairies communistes comme le Port. Aujourd’hui c’est une fête officielle, fériée. Partout dans l’île, on danse le maloya, la danse nègre, cafre, au son des rouleurs et des kayamb. Il y a deux ans, nous étions au Port avec Patou et Jef : les enfants des écoles avaient fait un défilé très coloré et la fête avait continué avec maloya et plats créoles et comoriens.

14466-tn.jpgL’Aïd el-Kebir, l’aïd du mouton comme l’appellent les élèves, est appelé Kurban Bayramı, fête du sacrifice, par les Turcs, et Hari Raya Qurban par les Malais/Indonésiens. C’est aussi la fin du Hajj (Hac en turc, Hadji en malais), le pèlerinage. C’est avec ce genre de rite que l’on voit bien que les religions sont d’abord et avant tout du lien social avant d’être de la foi. Je me rappelle Enis qu’il m’expliquait qu’il était musulman parce que… chez lui on faisait Şeker et Kurban Bayramı (les deux Aïd) ; quant à Dieu, il avait même des doutes. Lorsque dans ce genre de fête, les familles se réunissent autour du sacrifice d’un animal et ensuite le mangent, on ne peut s’empêcher de penser aux sacrifices des cités antiques : ceux des rites domestiques ou ceux des rites poliades, qui créaient la citoyenneté par le partage d’un repas. D’ailleurs quand je parle des rites antiques aux élèves en 6ème, je fais une comparaison avec l’Aïd du mouton qui réunit autour d’une table des convives, et c’est cela qui est le plus important.

  A Noël c’est plutôt le sacrifice des huîtres, des oies et des dindes. Mais à part des huîtres, on laisse des professionnels tuer l’animal pour nous. Ce doit être la fête religieuse la plus laïcisée. Il ne reste plus que l’essentiel : le lien social et familial dans le repas et… la consommation à tout prix. Le sapin, le père Noël n’ont rien de chrétien. D’ailleurs Noël est, comme l’Aïd el-Kebir, la reprise d’un ancien rite païen. Noël a été créé pour remplacer le culte du Sol Invictus (le soleil invaincu, fête romaine instituée par l’empereur Aurélien au IIIe siècle qui célèbre le solstice d’hiver). La date a été fixée en 321 par l’empereur Constantin, puisqu’il n’y a aucune indication de date de la naissance de Jésus dans les évangiles.

Quant au Jour de l’An, qui se souvient que c’est la célébration de la circoncision de Jésus ? Jésus, étant juif, il fut circoncis à l’âge de huit jours. La date fut choisie au Moyen-Age comme commencement de l’année par les marchands italiens, pour des raisons de comptabilité. D’ailleurs on n’a pas toujours changé de date à minuit : au Moyen-Age, c’est à la tombée du jour que l’on commençait un autre jour. Que ceci ne vous empêche pas de vous faire la bise à minuit.

Quoi qu’il en soit : bonnes fêtes à tous, et faites les toutes si vous le pouvez !
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peynid 19/12/2007 15:13

Bonnes vacances et bonnes fêtes chez nos lointains cousins du nouveau-monde, et comme ditaient nos amis de la Belle Province, oublie pas ta tuque et tes mitaines, il va faire froid, taberouète ! Mimi peynichou.