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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Le tour des murailles

Publié le 31 Octobre 2007 par Nadine in Voyages en Turquie

Niko-Ayvanseray.jpgLa télé turque est merdique comme beaucoup de télé du monde, avec des reklam toutes les cinq minutes et même en bandeau sous les films. Mais en ce moment les infos c’est treillis dans la montagne en permanence et en alternance avec les funérailles gigantesques des martyrs (sic), c’est-à-dire les soldats tués par les terroristes du PKK avec gros plans sur les mères et les veuves en larmes. Bref, ça marche, mais les garçons qui ne vont pas tarder à faire leur service militaire n’en mènent pas large.
Tout celà ne m’a pas empêché de continuer mon tour très byzantin. Hier c’est Ayvansaray au nord-est de l’ancienne ville, que d’aucun connaissent sous le nom des Blachernes. Pour les rares lecteurs qui ne connaîtraient pas, les Blachernes c’est là où les empereurs après le XIIe siècle avaient leur palais et où se trouvait le plus fameux monastère de la ville. Il contenait le foulard de la Vierge que l’on promenait autour des remparts de la ville en cas de danger et qui opérait un miracle hebdomadaire : chaque vendredi, il se soulevait. Le miracle s’est brusquement arrêté en 1204 après la quatrième croisade.
Bref, j’ai pris le bus jusqu’à Edirnekapı et j’ai quitté les circuits touristiques comme d’habitude, ce qui veut dire se fier à son instinct et aux autochtones. Et là les deux ont servi. J’ai suivi les murailles avec les rares indications du Guide Bleu et je suis tombée sur Tekfur Sarayi, ancien palais du XIVe siècle. Comme les murailles de ce côté-là c’est en pleine restorasyon. Et puis, demandant mon chemin, je suis tombée sur Niko, vingt-deux ans, qui habituellement est rabatteur au bazar mais là s’ennuyait un peu et qui avait visiblement du plaisir à m’accompagner durqnt cına heures. Mais le tout en allemand parce que son frère est vendeur de kebab à Francfort. Donc, tous les deux nous avons parcouru le quartier, très délabré, pauvre — il y a aussi beaucoup de Gitans — mais en même temps calme, presque la campagne avec de grands jardins, des cimetières grecs (Yunan) ou musulmans, des rues sans voitures ou presque, sur les remparts qu’il connaissait comme sa poche, dans les églises devenues des mosquées, et même une église, les Blachernes, qui est toujours une église mais qui date du XIXe siècle. On a cassé la croûte dans un minuscule resto avec des poissons grillés et c’était délicieux et ultra bon marché, le sourire du patron en plus.
Bref le conseil du jour : si vous n’avez pas fait turc LVI au collège, choisissez allemand et anglais, non seulement vous ne serez jamais perdus, mais en plus vous ferez les rencontres. On a fini à Eminonü en buvant un jus de grenades.
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