Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Une carrière sous le signe de la médiocrité ? (au moins à la classe normale)

Publié le 22 Février 2017 par Nadine

PhotoService.com

Hier soir s’est close la dernière CAP avancement d’échelon de l’histoire ; la CAPN des agrégés déterminant les rythmes d’avancement de chacun, Grand Choix, 20 % des promouvables, Choix, 50 %, ou Ancienneté, 30 %, entre les échelons 5 à 11 dans 35 cahiers différents.

J’étais prouvable au 11e échelon au Grand Choix et je l’ai raté de 3 points, ce qui fait 11 pages au rose entre le dernier promu et ma pomme. Ma note pédagogique datait de 2010, alors que j’étais au 8e échelon. Cette année-là je suis passée au 9e échelon, et cette note (bonne pour le 8e) a été immédiatement périmée. Le 11e échelon que je viens de rater est le dernier de la classe normale ; je peux dire maintenant que je n’aurai jamais été promue autrement qu’au Choix ou à l’Ancienneté. Dois-je comprendre que j’ai été une enseignante médiocre ? En tous cas jamais une enseignante méritante du Grand Choix ?

Ce système infantilisant a fait la preuve de son inefficacité voire de sa nocivité. On a enfin ôté leurs hochets aux petits chefaillons pédagogiques venant à des rythmes irréguliers inspecter les collègues. Prenons mon exemple (on n’est jamais mieux servi que par soi-même) : trois inspections en vingt ans dans le corps des agrégés, à chaque fois l’année du passage d’échelon donc trop tard. Bref, je n’ai jamais été dans les clous, ni bonne ni mauvaise, juste dans le trou. Le fait d’avoir été commissaire paritaire depuis dix-sept ans n’a certainement pas aidé.

J’ai demandé en mai dernier à mon IPR de venir m'inspecter de manière à sortir du marasme : en particulier d’avoir enfin un avis Très Favorable pour le passage à la hors-classe. En plus d’être dans le trou pour les échelons, je suis aussi dans le trou pour la hors-classe. L’inspection de ma discipline préfère donner une part de ses 20 % de Très Favorable aux 7e et 8e échelons à qui ne servent à rien qu’à ma pomme, 10e + 4 ans à qui il servirait.

Evidemment l’inspecteur n’est pas passé, et il est maintenant trop tard. Je ne vois plus mes élèves avant le 1er septembre de l’année prochaine. Je ne crois pas qu’il fera une inspection sur dossier.

Un peu énervée, j’ai fait quelque chose que je m’étais jurée de ne jamais faire : j’ai rempli mon CV i-prof (le serveur académique de gestion des carrières). Jusqu’ici, au nom du principe de carrière, je ne voulais pas le remplir : la carrière prime sur le mérite. Je me suis pliée à contrecœur à l’exercice. Il n’a pas été facile de trier dans mes vingt-sept ans de carrière. Je n’ai rempli que les choses saillantes, projets pédagogiques lourds et/ou innovants, publications, encadrement de stagiaires, formation continue des collègues, fonctions électives. Il y en a quand-même deux pages pleines. Il manquait cependant une case, la plus importante : j’ai fait cours, j’ai écouté les élèves, j’ai monté des cours, des séquences, des programmations, j’ai rempli des bulletins, j’ai fait des conseils de classe… bref j’ai été prof et j’ai fait mon métier. Toujours un peu énervée je me suis fendue d’une lettre (gentille) à l’inspection accompagnant le CV, expliquant que je voulais être évaluée Très Favorable, parce que cette évaluation m’était utile et que les éléments du CV « répondent à la définition que la note de service n° 2016-191 du 15-12-2016 donne de la valeur professionnelle évaluée pour le passage à la hors-classe des agrégés ». J’ai perdu beaucoup d’argent, j’aimerais que cela cesse enfin. Ayant enseigné vingt ans en Education prioritaire, je pourrais prétendre accéder à la future classe exceptionnelle… à condition d’être déjà à la hors-classe !

Nous passerons le 1er septembre prochain sous le régime du PPCR. Fini les notes, raboté le pouvoir l’inspection. On ne va pas pleurer la fin de leur pouvoir. Ils ont passé toute l’année dernière à nous expliquer, à nous vendre une réforme du collège dont nous ne voulions pas (et cette année nous avons compris pourquoi nous n’en voulions pas !). Leur disparition, retour devant les élèves, exercer le métier plutôt de l’expliquer, serait la suite logique. J’espère voir cela avant la retraite !

Commenter cet article