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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Ostalgie

Publié le 2 Novembre 2016 par Nadine

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Quand j’étais petite, on voyageait peu en Allemagne. Moi oui, parce que je faisais allemand LV1.  J'étais aussi allée voir mon père à Francfort sur le Main où il avait fait un échange de poste dans les années 1980. Je m'en souviens comme d'une ville très ennuyeuse, à moins que ce ne soit le séjour avec mon père avait été ennuyeux. Il y a aussi mes amis enfants de coco qui faisaient des voyages linguistiques en RDA, qui à Rostock, qui à Berlin Est. Mais ce n’était pas franchement une destination à la mode, comme l’est devenue maintenant Berlin chez les Français intellos (les autres vont au Portugal parce qu’ils ont peur d’aller dans les all included en Tunisie).

A 14 ans, j’écoutais Nina Hagen. J’ai dévoré aussi Moi Christiane F, 13 ans drogué, prostituée (en allemand Wir Kinder vom Bahnhof Zoo) qui racontait sa jeunesse à Berlin Ouest. Ca ne faisait pas franchement envie. J’ai compris pourquoi en y allant : le centre historique, en gros tous les beaux trucs, se trouvaient à Berlin Est. La partie ouest n’avait pas grand-chose et les bombardements de 1945 avaient beaucoup cassé : la reconstruction des années 1950 avait aligné les tours de béton autour du centre qui se situait entre Bahnhof Zoo et le Kurfürstendamm.

L’ouverture du Mur a tout changé. On a recousu les morceaux de Berlin — à tel point qu’on a du mal à reconnaître les coutures, sauf dans les lieux de mémoire du Mur — et la nouvelle capitale de l’Allemagne réunifiée est couverte encore aujourd’hui de grues. Le centre retrouvé de Berlin a retrouvé sa splendeur et ses touristes de l’Est comme de l’Ouest.

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Dois-je regretter de ne pas être allée en RDA ? En 1976 j’avais fait le tour des pays de l’Est avec Clo et Mo. En Pologne, nous avions demandé un visa pour la RDA, mais je crois que c’était trop compliqué ou trop long. Néanmoins, il reste l’Ostalgie : je pense que c’est d’abord un créneau touristique, mais il n’est pas interdit de croire que les Berlinois eux-mêmes y adhèrent un peu. Il s’agit des boutiques, des musées, des restaurants qui jouent à la RDA : des Trabant ou l’austérité ringarde de la DDR deviennent objets de sourires. Le musée de la DDR a reconstruit un appartement Ostie typique qui ressemble à s’y méprendre aux mêmes que nous avons connu à l’ouest à la même époque : papier peint aux motifs géométriques oranges et marrons et meubles en formica. Cette Ostalgie ne cache rien des tares du système, embrigadement, Stasi, apparatchik et surtout le Mur.

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Je crois que personne ne regrette la défunte-RDA, en particulier les Allemands eux-mêmes. Pourtant, on le voit bien dans ces démonstrations d’Ostalgie, il y a quelques regrets d’avoir jeté le bébé avec l’eau du bain. Tout d’abord notons que ces musées/commerces/bar existent. Personne ne penserait faire un bar IIIe Reich, ou un restaurant Chez Adolf Hitler. Les deux régimes que l’on qualifie conjointement de totalitaires ont bien plus de différences que de ressemblances. On peut jouer à la RDA. Il serait indécent de jouer au Nazisme.

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Ensuite tous ces lieux ostalgiques montrent que le régime avait aussi des qualités qui n’existent plus. Une certaine décontraction, un art de vivre, malgré la Stasi, la pénurie et le reste : le droit des femmes, la sécurité de l’emploi, le système de santé, la prise en charge par l’entreprise. Et puis aussi la pratique du nudisme à 80 % et… plus de sexe ! Etait-ce un effet de l’ennui ? Qui sait… mais avouez que c’est inattendu… 

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