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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Mais on est en guerre, tu sais… !

Publié le 18 Octobre 2016 par Nadine

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Si vous n’avez pas eu de niouzes depuis la rentrée, fidèles lecteurs de ce blog, c’est que nous avons subi la réforme Najat des collèges et que j’ai passé le cap du demi-siècle : donc tellement de choses à organiser, entre les EPI(peau) et les AP(ritifs). Et aussi la flemme, le moral à zéro, non pas à cause du cap symbolique au compteur, mais à cause de l’ambiance idéologique de merde.

Côté réforme : tout le monde fait semblant, et surtout on évite de dire à la chef qu’on on a marre avec 4 nivaux de programmes d’un coup, des EPI à inventer tous d’un coup, des bulletins de 4 pages, la relance pour qu’on mette des notes à mi-trimestre pour le bilan de mi-trimestre. Et puis tu comprends on a pris des AP pour ne pas perdre un poste. Et puis il faut la faire maintenant qu’elle est passée. Et puis… bande de pleutres ! Je ne sais pas s’ils ne sont pas pires que ceux qui y croient (ou font semblant d’y croire) : Mu disait que plus il y a de la mousse, moins y de savon, les fan de l’EPI et du cours en ilot à savoir spiralaire rentrent dans ce lot.

Il faut dire que tout ceci — la casse du collège déjà bien entamé, la surcharge de travail… — se passe dans un contexte bien plus grave : nous sommes en guerre ! Alors, pensez, nos petits soucis. D’ailleurs pour bien nous prouver que nous sommes en guerre nous avons fait la semaine dernière l’exercice PPMS de confinement : cela consiste à simuler une attaque du collège par des gros méchants (on ne dit pas djihadistes mais c’est sous-entendu). On ferme la porte à clef, on met une table devant, on dit aux élèves de se cacher sous la leur, on doit faire le silence. Là-dessus il y a quelqu’un qui passe et qui tente de forcer la porte. Au bout d’une demi-heure on descend dans la cour. J’y avais échappé l’an dernier. Pour cette année c’était cuit. J’ai tenté de me déclarer objectrice de conscience puisqu’il s’agissait d’un exercice de guerre : refus. J’ai essayé de convaincre mes collègues qu’il s’agissait d’un exercice de pure propagande et qu’il fallait qu’on le refuser collectivement, et que s’il fallait faire un vrai risque à Aix, il fallait faire le sismique : réponse, « mais on est en guerre, tu sais… ! ». J’ai renoncé. J’ai fait l’exercice en trainant des pieds, avec des 6ème que j’ai fait rigoler en disant que nous étions attaqués par des extra-terrestres et qu’il fallait surveiller la cour voir si une soucoupe volante n’était pas en train d’atterrir. Au bout de 10 mn ils faisaient du bruit, je ne les ai pas réprimandés, je n’étais pas là pour les traumatiser après tout, juste faire comme tout le monde, sans faire de vagues.

 

 


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Depuis la semaine dernière la grande table de la salle des profs est décorée des 4 pages du nouveau bulletin et d’une grande feuille pour qu’on inscrive les projets, les fameux EPI, au moins un par classe. Comme personne ne réagit, j’ai mis mon petit grain de sable en écrivant en face de mes classes : « enseigner l’histoire et la géographie ». J’ai proposé aux collègues de le faire pareil, et deux courageux ont fait de même… mais sans mentionner leur discipline, donc anonymes. Quand la chef l’a vu elle était très en colère ; ce sont les mêmes courageux collègues qui me l’ont signalé. Ils avaient peur car elle les avait pris une photo (moi aussi ! voir ci-contre !).

Je pars en vacances sans regrets, claquée. Je pense aux élèves d’abord, et à moi-même maintenant. J’espère la hors-classe pour cette année.

Et vous ne savez pas le meilleur ? Comme je fais depuis toujours des projets avec mes élèves, même qu’en fait j’aime ça quand c’est chouette et pas imposé, je me suis retrouvée à la tête d’EPI à l’insu de mon plein gré avec ce que j’aurais fait de toutes façons.

 

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