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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Vers le Sud

Publié le 16 Août 2016 par Nadine

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Je viens de passer quatre jours dans le Sud, à l’épicentre du monde : Carrefour Joute. C’est un peu long à expliquer, mais, avec un peu d’imagination et de foi, ou les deux, on devient rapidement persuadé qu’un grand tremblement de terre idéologique peut venir secouer le monde, le débarrasser du capitalisme destructeur et égoïste et le remplacer par une mondialisation du partage. Il y a du chemin à faire, c’est vrai, mais, au Siècle des Lumières, celui qui annonçait la fin prochaine de l’esclavage était regardé aussi comme un fou ; alors, Père Yves et moi-même à sa suite, nous imaginons que Carrefour Joute pourrait devenir l’épicentre de ce grand Terremoto !

Bon, sinon, puisque le Grand Soir n’est pas advenu pendant ces quatre jours, je ne l’ai pas attendu les bras ballants. Je suis allée entre autres à l’île à Vache, petit paradis tropical en face des Cayes où les requins promoteurs du tourisme ont tenté et tentent encore de mettre leurs grosses pâtes velues. Certains ont même tenté d’expulser toute la population locale afin de mieux bétonner : ils ont échoué heureusement. Alors, pour rire, nous avons joué les ingénus, et nous sommes allées visiter le temple du grand luxe à l’haïtienne, Akaba Bay. Ce sont quelques bungalows au bord de la plus belle plage avec une piste d’hélicoptère à côté (c’est par ce mode de transport que l’ancien président se déplaçait pour ses loisirs avec ses amis). On y retrouve toute la bourgeoisie nationale en train de se prélasser à l’ombre, à côté du buffet, sous un déluge de décibels de kompa. Les prix sont prohibitifs, sûrement pour éloigner ceux qui « n’en sont pas », car les chambres et les bungalows que nous avons visités sont minables et mal finis, à peu près le confort d’un deux étoiles français.

Nous avions préféré pour nous même le vrai luxe : celui de la chaleur humaine. Nous logions dans une petite chambre chez l’habitant. Le grand fils nous a promené partout et le soir nous sommes sorti au disco local sous les palmes, là où toute la jeunesse de l’île s’amusait en rigolant.

Je suis de retour à la capitale des folies, Port au Prince, avant de repartir dans deux jours pour la Belle Province.

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