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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Cap sur l’île de la Tortue (2)

Publié le 1 Août 2016 par Nadine

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Premier post d’Haïti, alors que je suis ici depuis cinq jours. Mais que d’aventures !

Je suis arrivée mardi soir à Port au Prince par le dernier vol, celui qui venait d’Atlanta. A bord autant de blancs que de noirs, dont une bonne proportion de jeunes blancs becs avec des T-shirt du style « heart 4 Haiti, new presbyterian church » ou des trucs du même tonneau. Je les appelle les djihadistes de la Bible : certes il ne se font pas sauter au milieu de la foule, mais ils détruisent une culture avec le sentiment d’apporter une vérité écrite qu’ils lisent de façon littérale. Les Eglises américaines débarquent ici des jeunes qui vont apporter la charité et des bibles dans les bidonvilles avec la bonne conscience du dominateur qui a raison. Pouah !

Donc arrivée de nuit, et heureusement Jérémie et Gérard étaient à l’arrivée et m’ont amenée à la maison de Meyotte où un accueil chaleureux m’attendait.

Après une journée à reprendre pied dans ce pays, je suis partie aux aurores jeudi matin pour Port de Paix. Le rendez-vous était à 6 heures, mais nous sommes partis à 7 heures 30. Normal c’est Haïti. La route était bonne jusqu’aux Gonaïves, après c’était terre et cailloux, dans une campagne assez sèche et désolée. On s’y ballade essentiellement en âne ou en mulet, une impression de bout du monde avant d’arriver à la petite capitale du Nord-Ouest.

C’est là que cette année se tient le congrès de culture et inculturation. Comme je l’ai fait remarquer à Yves : « inculturation, ce ne serait pas le mot pour dire en fait décolonisation ? » il a approuvé avec un sourire. L’expérience précédente dans l’avion avec les blancs becs était à l’appui. C’est le 3e congrès de la sorte, sous l’égide de l’Eglise catholique, avec le slogan « kiltir nou se fòs nou ». Trois jours de débats et d’activités culturelles de toutes sortes — avec aussi des messes — tout en créole.

Le deuxième jour nous avons séché Jenny, Mariam et ma pomme. Mariam est une française qui fait la route avec son sac à dos et qui connaît Emile un des organisateurs. Nous avons séché certes, mais pour aller communier avec une des richesses d’Haïti, l’île de la Tortue. Pour y aller, il faut monter sur un des petits voiliers qui partent du wharf de Port de Paix. La traversée s’est faite entièrement à la voile, avec bagages et passagers entassés sur le pont. Personne à part nous ne semblait troublé par le bateau qui penchait très fort. L’île de la Tortue c’est l’insularité d’Haïti au carré. Et la misère aussi. Pas de route, un chemin de terre. Des enfants en haillons, des femmes au grand sourire. Et toute une troupe qui nous a accompagné le long du chemin alors que nous cherchions une plage pour nous baigner. Beauté et dénuement sur fond de mer des Caraïbes. Pas de trésor du pirate, ou de taverne de flibustiers … hélas !

Je pars demain pour Gros Morne entre Port de Paix et les Gonaïves. Ancienne capitale de l’indigo sous la colonisation française. Le prochain post vous en dira plus.

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