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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Le Français, une langue vivante

Publié le 25 Juillet 2016 par Nadine

Nous avons encore eu cette année des débats dans l’hexagone sur la réforme de l’orthographe : savoir s’il fallait écrire ognon ou oignon, sur des accents circonflexes et autres aspects fondamentaux de notre langue écrite. Les réacs de tous poils criaient à l’assassinat orthographique contre une réforme qui datait pourtant de 1990. Or, comme disait mon père qui était linguiste et créoliste, les linguistes causent, la norme s’impose ; et j’ajoute, on s’aperçoit que les langues sont vivantes quand elles bougent, quand elles bougent dans l’espace, quand elles bougent dans leur forme.

Or, pendant que les fanatiques de la dictée et de la lecture syllabique soupirent au nom du bon vieux temps ou crient au complot orthographique, la langue, elle, vit sa vie. Et, à voyager dans des pays francophones hors de l’hexagone, je dois dire que je la vois vivre dans la joie et l’invention.

Rappelons d’abord que le plus grand pays francophone n’est pas la France mais la RDC, ex-Congo belge, ex-Zaïre. C’est aussi toute l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale où le français se parle et s’écrit. Et comme ces gens-là émigrent, ils amènent avec eux la langue de Molière, ou plutôt de Senghor. J’étais hier matin dans Harlem, et les dames en boubou parlaient français entre elles. D’années en années elle sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus visibles. Entre la 125th et la 135th les restaurants africains affichent du poulet yassa en français dans le texte et les mosquées sont plus francophones qu’arabophones.

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Et puis il y a le français des Amériques. Au Québec, d’où je viens, on peut vivre en ne parlant que le français. La position obsidionale de la langue y a créé un militantisme et surtout une inventivité qui n’a rien à envier aux Africains. Si on  ne magasine pas, il ne faut pas pour autant niaiser à jaser, tabernacle !

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Et le créole dans tout cela ? En Haïti c’est une langue autonome et officielle (lire ci-dessus, en bas à droite). Les DOM français ont maintenant des CAPES de créole, ce qui prouve l’officialisation de la langue. Mais comme dans une famille qui n’aurait jamais coupé le cordon, créole et français continuent à vivre ensemble, et à s’influencer mutuellement. A New York, le créole haïtien est une des langues officielles de la ville ; il est parlé et même écrit dans les affichages institutionnels.

A New York le français progresse, il bouge, il est vivant. Et il est plutôt noir.

PS : à l’auberge, je ne parle ni anglais, ni français aux dames de ménage et au monsieur du petit déj, je parle espagnol. La vraie langue qui progresse ici et concurrence l’anglais, c’est l’espagnol.

PS (bis) : toujours l’Afrique à NYC. J’étais hier au musée de Brooklyn. Il a été le premier musée des Etats-Unis à accueillir des collections d’art africain. Elles n’étaient pas toutes visibles à cause de rénovations dans le musée. Et pourtant ! Toutes de premier ordre et en grandes quantités ! La principale origine était la RDC : il ne me reste à plus qu’à aller à Bruxelles, et j’aurais vu l’essentiel des collections anciennes de ce pays… surement plus qu’à Kinshasa…

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