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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Le bruit des bottes et le silence des pantoufles

Publié le 5 Décembre 2015 par Nadine

 

Discussion hier à la cantine sur l'état d'urgence avec une collègue : "et bien oui, c'est normal d'interdire les manifs, ça peut être dangereux". Evidemment la collègue d'Anglais et moi-même n'avons pas pu nous empêcher de répondre de façon un peu excédée, donc improductive (" Et pourquoi n'interdit-on pas les marchés de Noël etc…"). La discussion juste auparavant portait sur la poussée du Front National, et comme moi elle regardait avec effroi le score annoncée, en pensant qu'il y avait forcément des électeurs du FN dans notre salle des profs (mais qui ?).

En cette veille d'élections régionales, à trois semaines des attentats sanglants de Paris, nous vivons dans une atmosphère pesante. Les experts qui savent expertiser nous expliquent l'état de dangerosité dans lequel baigne la France et oblige à restreindre les libertés publiques, enfin surtout celles des quartiers populaires et des militants. Le PS a repris le discours de la droite d'il y a peu, y compris le patriotisme à deux balles, celui qui doit exclure l'autre et fermer nos frontières en brandissant le drapeau tricolore. Le quidam qui refuse de chanter la Marseillaise et de brandir le bleu-blanc-rouge est immédiatement rangé dans le camp de l'Anti-France, antichambre du terrorisme. Heureusement les cours d'Education Morale et Civique pour enseigner les valeurs de la République vont remédier à tout cela. Et pour les autres la déchéance de citoyenneté sera la solution, puisque, n'étant pas Français de souche, leur nationalité n'est qu'un effet cosmétique : il y a les vrais et les faux Français.

Notre beau gouvernement de gauche ayant pris toutes les bonnes idées de la droite, par effet de translation, la droite glisse vers l'extrême droite, et l'extrême droite glisse vers… le pouvoir !

J'ai affiché sur mon casier cette semaine le portrait de Rosa Parks dont on célébrait mercredi le 60e anniversaire du sit-in en bus, avec pour légende : "on peut toujours dire NON". Cela s'adressait à des collègues qui m'expliquaient à propos de la réforme des collèges qu'elle passerait de toutes façons et qu'il fallait juste négocier son application. Un peu énervée, j'avais répliqué qu'on aurait pu négocier le chauffage dans les train en partance pour Auschwitz. La collègue ayant eu des déportés juifs dans sa famille, j'ai immédiatement rajouté que dans la mienne, le seul juif qui était mort avait été fusillé pour faits de résistance. Elle n'a pas su répliquer mais je ne l'ai pas plus convaincue que la collègue de la cantine.

"Que faire ?" Lénine en 1902 expliquait déjà que c'était un travail organisationnel long, patient et pénible. Certes mais entre le silence des pantoufles des bien pensants et le bruit des bottes de Marion Maréchal Nous Voilà Le Pen… l'époque est difficile.

Votez bien demain, et pensez que le seul vote utile est celui pour les candidats dont vous êtes réellement les plus proches. Pour moi, et sans l'ombre d'un doute ce sera La Région Coopérative, scoiale, écologiste et citoyenne.

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