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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Je suis…

Publié le 14 Novembre 2015 par Nadine

J'ai reçu cette nuit des messages venus du bout du monde demandant si j'allais bien. Du bout du monde, Paris ou Aix c'est un peu la même chose. Mes amis s'inquiétaient pour moi à la suite des attentats de Paris de cette nuit. La sollicitude de mes amis m'a touchée. Cela me donne du baume au cœur avant ce que nous allons surement subir les jours prochains. Ce qui est déjà sûr, c'est que je n'irai pas défiler dans les rues, en tous cas pas comme en janvier dernier où je me suis retrouvée dans la même manif que Netanyahou et Ali Bongo.

 

Le terrorisme a frappé en France pour la deuxième fois cette année. Il a frappé à Ankara. Il a frappé au Kenya (Pascal Kenyan du Paraguay me l'a rappelé ce matin). Sa condamnation ne doit faire aucun doute. Mais rappelons aussi que le terrorisme est l'arme du pauvre. Avec nos gros sabots de pays puissants, sûrs de notre bon droit, de nos armes, de notre idéologie qui est forcément la meilleure, de notre démocratie proclamée, de nos droits de l'homme qui doivent régner dans notre version… nous avons créé des monstres à notre image.

"Les peuples n'aiment pas les missionnaires armés" avait prophétisé Robespierre. Les Etats Unis (la patrie de la liberté) ont envahi l'Afghanistan et l'Irak après le 11 septembre. La France (la patrie des Droits de l'Homme) a été en pointe dans la destruction de la Libye (on ne regrette pas Khadafi pour autant !). Elle est une ancienne puissance coloniale au Proche-Orient : elle n'hésite pas à distribuer bombes et leçons de morale à tout va. Ce n'est pas un hasard si c'est Paris qui est douloureusement frappée aujourd'hui.

 

Alors au lieu de remuer des lieux communs, et moi y compris depuis le début de ce post de blog, j'envoie depuis mes modestes moyens un appel : ouvrons nos frontières !

Ouvrons nos frontières parce que la catastrophe humanitaire des noyés et autres victimes est bien supérieure numériquement à celle tous attentats terroristes à Paris depuis toujours.

Ouvrons nos frontières parce que ce ce qui se passe en Syrie c'est comme hier soir à Paris mais tous les jours.

Ouvrons nos frontières parce que ceux qui fuient la Syrie sont nos alliés dans la lutte contre le terrorisme. Une lutte qui se passe dans le terrain des consciences, pas avec des Rambo de pacotille déguisés en GI Joe en tenue couleur sable.

Ouvrons nos frontières parce que notre deuil doit nous rendre solidaire d'autres deuils, ceux d'ailleurs.

 

Nous allons sûrement devoir faire (encore) une minute de silence en classe cette semaine. Par chance j'ai jusqu'ici échappé à toutes les minutes de silence de toute ma carrière (Mitterrand, 11 septembre, Charlie). Si je n'y échappe pas je vais faire comme ma maman à la suite du 11 septembre : je ne vais accepter qu'à la condition qu'elle soit en hommage à TOUTES les victimes de TOUS les terrorismes, y compris le terrorisme d'Etat (suivez mon regard au Proche-Orient, Palestne, décapitations en Arabie Saoudite…) et je vais compter en plus dans le terrorisme d'Etat les Etats qui ferment leurs frontières.

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