Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Semaine portoprincienne

Publié le 9 Août 2015 par Nadine

PhotoService.com PhotoService.com

J’ai passé la semaine dernière dans la fournaise de Port au Prince, ville sous tension permanente, en particulier à la veille des élections. Mes partenaires haïtiens m’avaient réservé quelques sessions fort intéressantes, au GARR et à Rivière Froide.

Au GARR c’est le thème des migrations qui était au centre. Le GARR est le groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés : ils s’occupent de la migration haïtienne, en particulier en République Dominicaine. La question des expulsés, plusieurs centaines par jour en ce moment, donne à leur mission aujourd’hui en Haïti un caractère d’urgence et d’impérieuse nécessité. Pourtant, je me sentais un peu mal dans mes baskets : comment aller expliquer à des gens leur propre métier ? J’ai pris le parti de brasser des concepts pour renverser les paradigmes, et annoncer que j’étais bien quelqu’un du Nord : valoriser la migration à tous les sens du terme, c’est-à-dire affirmer aussi qu’elle est une prédation du capital humain chez les plus pauvres, capital humain générant de la plus value chez les plus riches. Et dénoncer les idéologies autour de la migration. Apparemment, mon discours a été bien reçu après quatre heures de conférences et de débats.

A Rivière Froide, autre public. C’est un quartier au dessus de Carrefour, quartier populaire, où, depuis le tremblement de terre de 2010, les constructions sauvages ont fini de détruire un des rares espaces de forêt des alentours de Port au Prince. La Rivière Froide est devenue une rivière de fatras et les maisonnettes sans eau ni électricité grimpent le long des pentes raides, attendant les cyclones ou un nouveau séisme pour être emportées. Je m’adressais donc à des gens modestes. L’accueil était simple et très chaleureux.

Le premier jour j’ai sorti mon cours habituel sur érosion, déforestation, reforestation. A force je peux le faire presque les yeux fermés. C’est un truc qui roule, où je retrouve aussi toujours les mêmes questions : comment faire ? Le remboursement de la dette de la France… etc…

Vendredi j’ai inauguré un nouveau cours : la mondialisation, Haïti centre de la mondialisation depuis 1492, et la dépendance alimentaire. Accueil encore plus enthousiaste. Une dame : « j’ai vraiment beaucoup appris. Je croyais que la mondialisation ce n’étaient que les technologies » etc… Abraham, notre hôte ne voulait pas nous laisser repartir et m’a fait promettre de revenir.

Depuis hier je suis avec Jenny et son petit frère Dave à Jacmel au bord de la plage à profiter des beautés d’Haïti loin du vacarme électoral et surtout du cortège de violence qui parfois l’accompagne. Ce qui est sûr, c’est que, avec l’accueil que j’ai reçu avec mes petits diaporamas, je suis maintenant obligée de revenir ! Je l’ai même promis à mes partenaires.

 

Commenter cet article