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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Peau blanche masque noir

Publié le 26 Juillet 2015 par Nadine

Dans tout congrès le plus intéressant n’est jamais dans la salle en réunion plénière. Par exemple lors les congrès du SNES, ce sont les réunions en commissions, moins intimidantes pour prendre la parole, et surtout les réunions informelles, particulièrement autour du bar. Ici c’est pareil sauf qu’il n’y a pas de bar, mais il y a la musique, les orchestres et la danse. Et comme dans les congrès du SNES, le déficit de sommeil à la fin de la semaine devient colossal : à la fraîche, la nuit dernière, après avoir dansé sur la musique de l’orchestre kompa qui jouait sur la grande scène, j’ai fini avec un des gens du Paraguay, de l’Equateur et de la Colombie, mais deux d’entre eux étaient africains (Kenya et Centrafrique) à discuter politique sérieusement, avec force rhum haïtien et whisky brésilien. J’ai rendu les armes à trois heures du matin en les laissant continuer.

Le congrès finit aujourd’hui. Hier après-midi il y avait le choix entre deux visites : un village ou la plage. Comme c’était à Port Salut, je n’ai pas hésité une seconde : pour moi Pointe de Sable est la plus belle plage d’Haïti, non seulement parce qu’elle est belle, mais aussi parce que c’est une plage publique. Tout était parfait : le sable blanc, la mer turquoise, la température de l’eau et celles des bières que l’on a bu dans l’eau. Les cinquante Haïtiens qui ont peur de l’eau se sont trempés jusqu’aux genoux, pendant qu’avec les Latinos je suis allée nager puis trinquer à l’amitié entre les peuples. On a fini avec un orchestre twoubadou qui nous a fait danser sur les standards habituels (Haïti chéri etc…).

A part quelques Italiens, tous dans des missions en Amérique Latine, je suis la seule blanche. La seule VRAIE blanche. Pourtant on m’a assuré que j’avais un cœur noir. Et au moins un balancé digne d’une noire en dansant. Comme à Mazenod, le centre qui nous accueille, il n’y a pas de miroir, je ne peux pas voir la couleur de mon visage. Du moins j’ai assuré que, si je n’avais pas un cœur noir, j’essayais tout de même d’avoir un cœur tout court. Il bat maintenant très fort pour l’Amérique latine, les Caraïbes et Haïti.

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