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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Haïti chéri

Publié le 3 Septembre 2017 par Nadine

 

Comme vous pouvez le constater dans le titre, je n’ai pas mis de « E » à la fin de « chéri », contrairement aux habitudes bien ancrées des Haïtiens et des non-Haïtiens. J’ai d’ailleurs eu à ce propos une longue discussion par courriel avec un ami du Collectif Haïti de France qui argumentait d’après l’usage, convoquant nombre d’auteur à l’appui du féminin pour son pays. Je maintiens pourtant le masculin, conformément à la règle en grammaire française, qui veut que les noms de pays ne se terminant pas par un « e » soient au masculin. En effet Haïti est un pays et pas une île malgré les apparences… Pour éviter les débats, nous pourions utiliser le créole, langue sans genres, en écrivant Ayiti cheri.

 

 

 

 

 

Alors voilà, je suis allée cet été, comme le précédent, au bled. Alourdie cette fois-ci d’une valise supplémentaire ; je ne jurais donc pas dans le paysage, au milieu des diaspora, lors de l’enregistrement à Montréal. Sauf que pour ma part ce n’était pas des cadeaux à la famille (quoique…) mais une valise de livres, confiée par mon éditeur, à amener à la librairie la Pléiade. Il avait été question un moment d’aller animer quelque séminaire dans une université bien connue, ou d’une vente signature. Les rendez-vous ayant été pris trop tard, l’université ayant connu des grèves et août étant la période des vacances… bref, je me suis retrouvée les bras ballants, mais pas les pieds cloués au sol : j’ai assez vite quitté la chaleur étouffante et la poussière de Port au Prince et je suis partie dans le Sud où des aventures plus maritimes m’attendaient. Tout ceci, non sans avoir goûté des délices de la maison de Meyotte à Port-au-Prince et le charme de ses hôtes.

 

 

 

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Visites des parcs nationaux du Québec

Publié le 17 Août 2017 par Nadine

Les parcs nationaux du Québec ne sont pas à confondre avec les parcs nationaux du Canada : les derniers sont gratuits cette année, 150e anniversaire oblige, tandis que les premiers, ceux de la SEPAQ ne le sont pas, mais ils sont tout autant nationaux. Dans ce pays qui compte des premières nations et une nation québécoise, le sens de national est polymorphe.

Ce qui n’empêche pas tous les parcs nationaux d’être très beaux. Nous en avons fait deux : le Parc du Mont Tremblant avec Hugues, Janie, leurs deux garçons et Kylyan, tout juste arrivé d’Espagne, et le Parc de la Jacques Cartier, côté de Québec, avec Pauline à peine débarquée d’Embrun. Nous avons fait du camping dans l’un et campé chez Pauline dans l’autre, mais dans les deux nous n’avons pas ménagé nos efforts pour goûter les plaisirs de cette nature immense, ces forêts à perte de vue, ces lacs, ces rivières, ces roches et bien sûr les animaux. Je souligne le mot effort parce que j’ai mis plusieurs jours à me remettre de la via ferrata de la Diable du Mont Tremblant, qui porte bien son nom : heureusement que j’ai dû manœuvrer environ 500 fois les mousquetons qui m’ont fait oublier le vertige. C’est avec encore des crampes dans les cuisses que j’ai tenté de suivre Neel et Pauline dans les 17 km du chemin de la Scotora trois jours plus tard.

C’est presque avec un goût de pas assez que Neel et moi-même avons quitté le Québec : la prochaine fois, on amène notre tente et on joue aux indiens !

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Câlice d'esti de calvaire de tabarnak d'ostie d'ciboire de sainte-viarge !

Publié le 4 Août 2017 par Nadine

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Je profite de mon passage dans le pays où l’on sacre au lieu de jurer pour faire un petit point de vocabulaire. Ici au Québec en effet, on s’exclame par des tabarnak et tabernouche, calisse, crisse, ostie, etc. Tous ces sacres sont liés à l’Eglise catholique et à ses accessoires liturgiques, alors que nos jurons le sont au sexe et à la merde. Sachant que jurons et sacres sont des exutoires lexicaux, on peut se demander quel est l’imaginaire refoulé ou assumé des uns et des autres…

Je pense toutefois que sacrer en québécois n’est une insulte ni pour le divin, ni pour la religion. De même, je vais continuer d’utiliser mes jurons habituels en français de France, même dans leur version marseillaise. En effet, à la suite des batailles des LGBT pour la reconnaissance de leurs droits (légitimes), appuyés par ceux qui ne sont pas LGBT (dont moi) et qui ont soutenu leur cause, il est devenu plus délicat d’utiliser les jurons tels que PD, enculés, tafiole. Or — en marseillais particulièrement — les locuteurs de ce vocabulaire n’ont aucune intention homophobe ; pas plus que ceux qui emploient le mot con et ses dérivés, conne, connard, connasse, connement, ne veulent dégrader le sexe féminin, ou ceux qui emploient les mots putes et putain ne pensent que cette activité soit dégradante pour ceux et celles qui la pratiquent.

Je vais continuer à dire : « Putain de bordel de merde, d’enculé de sa race, l’encatané, fatche de con ! »

Bon, sinon tout va bien ici, même qu’on s’est fait offrir le pastis en jouant à la pétanque par des Québécois qui avaient adopté ces deux grands classiques de la Marseille attitude. Je leur ai offert quelques mots de vocabulaire en échange.

 

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Ca roule ma poule !

Publié le 4 Août 2017 par Nadine

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Vous connaissez ma passion pour le vélo urbain : à mon sens, c’est non seulement un moyen très agréable de se déplacer en ville, mais c’est surtout le meilleur pour découvrir une ville. Sans compter que c’est le transport de l’avenir pour des raisons écologiques et de rationalisation urbaine. Les systèmes de vélo en libre-service sont donc devenus le plus indispensable de Nadine en touriste. Et de Neel aussi.

A peine arrivés à NYC nous avons pris un abonnement City Bike, et à part dans les endroits sans station City Bike, c’est-à-dire Harlem et East Flatbush, nous avons arpenté la ville uniquement en deux roues, avec arrêt obligatoire toutes les demi-heures pour ne pas payer plus que l’abonnement.

J’ai naturellement continué en Bixi à Montréal et maintenant que nous sommes à la campagne, au bord du Lac Taureau, c’est en VTT que Neel et Kéké s’offrent des balades le long des sentiers dans la forêt ou au bord du lac tandis que sur le lac nos randonnés aquatique se font en paddle, en kayak ou… en pédalo ! Y a pas de la suite dans les idées là ?

 

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Un voyage aux Caraïbes (Brooklyn, East Flatbush)

Publié le 30 Juillet 2017 par Nadine

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Avant même de vous relater notre visite de New York City, je ferai le récit de notre tour à Brooklyn, ou plutôt de nos deux tours à Brooklyn, hier soir, puis aujourd'hui midi.

D'abord un retour en arrière : il y a deux semaines, mon ami Frantz est venu à la maison à Aix puis a séjourné à Marseille avec une amie haïtienne, Myriam, venue de NYC, qui voulait découvrir le sud de la France. Nous avons partagé de bons moments et surtout un mémorable repas haïtien avec Neel et ses amis de Lille issus de la même crèche. Nous ne pouvions en rester là ; nous nous sommes donc donnés rendez-vous à Brooklyn pour la suite.

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C'est au coin de Nostrand et de Church avenue que nous avons revu Myriam hier soir. C'est le cœur du quartier caribéen de NYC. J'y étais une des rares blanches (ça je suis habituée). Tous les magasins sont à l'enseigne d'un pays des Caraïbes : ici une poissonnerie jamaïcaine, là une boulangerie haïtienne, une coiffeuse bahaméenne, ou des vendeurs de fruits et légumes venus de tropiques. Myriam s'est fait un devoir de nous faire visiter ces lieux de la mémoire olfactive et gustative de Neel pour la plus grande joie de celui-ci. On a donc dégusté : de l'acassan, des acras, des bananes pesées, des pâtés créoles, du riz pois collés, de la poule, de la codène, du lalo, du bouillon. Dans des proportion si grande que même Neel n'a pas fini. 

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Les caraïbes ne sont pas seulement des goûts et des odeurs. Ce sont aussi des sons. On a bien entendu entendu et parlé créole et français, mais surtout, dès la sortie du métro c'est la musique qui marque ces caraïbes sur Hudson : reggae, merenge, kompa sur des sonos surpuissantes. Et même des chars de carnaval avec orchestre qui scandent le nom de Dieu au milieu de la rue.

On revient tous content et avec de bonnes adresses pour la prochaine fois. On peut maintenant continuer à faire les touristes dans Manhattan…

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C’est reparti pour la tournée de l’été !

Publié le 20 Juillet 2017 par Nadine

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Quand mes copains me demandent où je vais cet été, je réponds « au bled ». Et tout le monde comprend : en Haïti. Donc cet été je retourne au bled avec les détours habituels, New York City et Montréal qui sont d’autres capitales du monde haïtien, mais aussi pour Montréal une ville où j’ai des copains et mon éditeur.

Les années se suivent mais ne ressemblent pas totalement et les variantes de cette année sont encore plus marquées. Tout d’abord je ne pars pas seule car Neel vient avec moi cette année aux Etats-Unis et au Canada : NYC et Montréal c’est une redite de 2013, un voyage qu’il avait adoré. Mais cette année nous resterons deux semaines dans la Belle Province et nous sortirons de Montréal pour aller explorer sa belle nature avec nos copains.

 

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Après cela nos chemins divergent : Neel est invité à Vancouver par un camarade de classe de l’année dernière et ses deux mamans, pendant que ma pomme ira au bled. Il traversera le continent d’Est en Ouest et moi-même du Nord au Sud. 

Depuis lundi je suis à la confection des valises, aux derniers réglages, dernières locations (bagnole…) tandis que comme chaque année, je boucle l’année écoulée en faisant le ménage à la maison (ménage de boite électronique, des disques durs, des papiers etc…). Tandis que Neel est en ballade en montagne avec ses cousins. Voilà le bel été qui prend ses quartiers de vacances.

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London calling

Publié le 5 Juin 2017 par Nadine

Puisque British Airways nous a permis de multiplier par deux notre séjour londonien, voici le récit en texte et en images.

Tout d’abord, étant donné que Londres est une ville abominablement chère, j’avais promis aux kids un séjour au meilleur marché possible. C’était sans compter les 1000 € de plus qu’ont coûtés les 3 extra-days… Bref, moyen de locomotion, les city-bikes — les velib locaux — et visites des musées gratuits. Pour la bouffe fish and chips, indiens et chinois all you can eat. Non seulement ils ont suivi ce programme, mais en plus c’est CE programme qu’ils ont adoré. Voici le classement du top ten de Londres.

Numéro 1 (et de loin), le vélo. Les mairies ultra-libérales ayant évacué les voitures des pauvres du centre de la capitale, et ayant adopté un programme de pistes cyclables efficace, ce fut un régal sous le soleil, la ville géante ayant ainsi une dimension humaine. Nous n’avons pris le métro que deux fois en 5 jours, le reste fut en pédalant, le must étant l’autoroute à vélo le long de la Tamise, la Cycle Superhighway que l’on a prise plein de fois rien que pour le plaisir.

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Numéro 2, le marché de Camden, plein de conneries comme les anglais savent en faire, capotes rigolotes, chaussures cloutées à talons, déguisements de punk, maillots de foot. Un régal quand on a 14 et 15 ans.

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Numéro 3, Hyde Park, ses canards et ses cygnes, sa Serpentine River, ses pistes cyclables larges où faire des dérapages, ses pelouses. Sous le soleil du printemps et même sous la pluie fine du dimanche en fin d’après-midi au speaker corner où une foule dense débattait à bâtons rompus.

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Numéro 4, les musées. Au sommet le Musée d’histoire naturelle, son T-Rex articulé et ses jeux interactifs. Juste après l’Imperial War Museum (génial, je recommande) suivi par Greenwich et même la National Gallery où ils ont trouvé le crane en anamorphose dans le tableau de Hans Holbein le jeune et le British Museum pour la pierre de Rosette, les chasses aux lions mésopotamiennes, et les frises du Parthénon (incredible, isn’t it ?). Le meilleur dans tous les musées, restant quand même les pelouses dehors que je mets en numéro 5.

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Numéro 6, la bouffe. Fish and chips, english breafast et surtout le chinois à volonté dont je doute que le chiffre d’affaire soit resté à l’équilibre après leur passage.

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Numéro 7, Soho le soir. C’était le grand week-end de mai avec jour férié et Londres accueillait trois finales de coupe. L’ambiance était à la bière, aux écharpes et à la fête. Le samedi soir dans Soho était donc très festif, musique reprise en chœur par la foule et filles qui dansent. Les kids en avaient les yeux écarquillés.

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Numéro 8, les grosses bagnoles. Partout et de tous les modèles !

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Numéro 9, les trucs so british. Red mail box, red phone box, taxi noirs, bus rouges…

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Numéro 10, les hôtels payés par British Airways. Là on a pu enfin faire les riches.

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Notre petit Brexit personnel (ou « du bon côté de la mondialisation financiarisée »)

Publié le 2 Juin 2017 par Nadine

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Je vous avais promis un compte-rendu de notre séjour à Londres dimanche dernier. Je n’ai pas pu tenir parole, mais ce n’est pas de ma faute : dimanche nous étions encore à Londres, nous ne sommes rentrés que mardi soir très tard. La faute à British Airways. Nous faisions partie des 75 000 passagers cloués au sol pour cause de panne informatique due à une coupure de courant. J’imagine d’ici que c’est la femme de ménage qui aurait pu débrancher les armoires d’ordi pour passer l’aspirateur !

D’autant plus (et ça c’est vrai) que British Airways, première compagnie aérienne nationale privatisée du temps de Mrs Thatcher, a délocalisé sa maintenance informatique en Inde l’année dernière. Un grand coup de boomerang dans la gueule de la mondialisation financiarisée à deux pas de la City, le cœur de la finance mondiale. Ne pleurez pas pour eux, ils n’en valent pas la peine, d’autant plus que la City a aussi inventé, il y a plus de deux siècles à l’époque de la traite négrière, l’assurance maritime moderne. Tout ce pognon sera vite épongé.

Je n’avais pas remis les pieds à Londres depuis 1999. A l’époque c’était déjà une ville chère. Aujourd’hui la ville suinte l’argent. Je n’ai jamais vu une telle concentration de voitures de luxe à part à Monaco.

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Les buildings poussent des champignons dans la City et au sud, le long des Docklands et sur l’île à Rats.

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Les pauvres ont disparu… du champ de vision. Tout est privatisé et réellement agréable quand on a de l’argent : comme British Airways a régalé pendant trois jours, on a pu jouer aux riches (beaux hôtels, fast train) et c’était super. Je sens que la prochaine fois j’essaierais de débrancher moi-même la prise.

Sinon, et bien séjour double à Londres avec les kids : deux jours et demi de prévu, au final cinq jours et demi. Récit avec photos prochainement.

 

British Airways : une panne à 115 millions ?

 

Publié le 30 mai 2017 Air Journal par François Duclos

Tous les vols de la compagnie aérienne British Airways seront assurés ce mardi, après trois jours de perturbations causés par une panne informatique affectant les aéroports de Londres-Heathrow et Gatwick. Les problèmes rencontrés par 75.000 passagers devraient lui coûter plus de 115 millions d’euros.

Une surcharge électrique « exceptionnelle » dans un Data Center près du siège de la compagnie britannique à Londres, ayant aussi mis à bas les systèmes de redondance, est désignée responsable du crash informatique du 27 mai 2017. La panne a affecté les systèmes de réservations et de gestion des bagages, tout comme les communications et les opérations. Un millier de vols auraient été annulés ou retardés en trois jours à Heathrow et dans une moindre mesure à Gatwick, affectant 75.000 passagers. Selon un porte-parole de British Airways, 170 aéroports dans 70 pays ont été concernés. Certains médias ont déjà estimé le coût de cette panne à 100 millions de livres (115 millions d’euros) en remboursements divers et dédommagements, sans compter l’impact sur le chiffre d’affaires. Hier en bourse, le groupe IAG dont elle fait partie a perdu plus de 410 millions d’euros, l’action perdant 2,8% à Madrid (les cotations ne reprennent que ce mardi à Londres). British Airways n’a pas commenté, mais on se souvient qu’une panne similaire survenue en aout dernier chez Delta Air Lines lui avait couté environ 150 millions de dollars.

Le CEO Alex Cruz, qui a présenté ses excuses à plusieurs reprises depuis le début de la crise, a déclaré lundi qu’il ne démissionnera pas, malgré la colère des passagers devant le manque d’informations de la part du personnel (le centre d’appel ne fonctionnait plus). Il rejette aussi les accusations des syndicats, qui lient la panne à sa politique de délocalisation en 2016 des postes d’informaticiens en Inde. Le dirigeant a par ailleurs réaffirmé que le problème ne venait pas d’une cyberattaque, et que les données clients n’avaient pas été touchées.

Les opérations retournant à la normale ce mardi, British Airways va pouvoir commencer une enquête qu’elle annonce « exhaustive », afin que le chaos de ce weekend ne se reproduise « plus jamais ».

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Retour de l’autre côté du Channel

Publié le 24 Mai 2017 par Nadine

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Je n’ai jamais été une grande fan de l’Angleterre. J’y suis pourtant allée un certain nombre de fois : la première, ce fut avec Clô et Mô en 1980 (j’ai fait beaucoup de premiers voyages avec Clô et Mô il est vrai), qui comme moi découvraient Londres, puis en 1983 en voyage linguistique dans une banlieue de Londres faites de petites maisons de briques rouges. J’y suis ensuite retournée deux fois dans les années 1990 et la dernière fut en 2014 pour aller voir mon ami Jaime à Cambridge : ce dernier séjour me laisse un goût doux-amer. Ce fut comme à chaque rencontre avec Jaime, extrêmement chaleureux. Jaime était comme toujours entre rigolade et blues, avec une dose d’amitié grosse comme ça. Ce fut la dernière fois que je le vis. Il mit fin à ses jours deux mois plus tard à Lisbonne.

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Malgré ses quatre visites, je n’ai jamais été une grande fan de l’Angleterre. Je passe la gastronomie douteuse — compensée par les bières et les pubs — et les prix exorbitants. C’est plutôt cette froideur anglaise, ces maisons proprettes de briques, un je ne sais quoi qui ne m’a jamais attiré. J’espère être démentie ce week-end. Je le suis déjà avec Louise ma voisine, l’Anglaise la plus sympathique de France.

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En effet je pars tout à l’heure à Londres avec Neel mon fils et Marius mon filleul à qui j’offre chaque année un voyage. Après Lisbonne l’an dernier, à nous Londres ! J’ai sauté en octobre dernier sur l’opportunité de prix d’avion très raisonnables et visé un but pédagogique : Neel doit absolument faire des progrès dans la langue de Roger Moore et de David Beckam. Trois jours à Londres avec au programme : Vélib qui s’appelle City Bike ou encore Boris Bike, un peu de musée… mais pas trop (a priori Musée d’Histoire Naturelle et Imperial War Museum, peut-être quelques momies et une anamorphose de crâne dans un célèbre tableau ?), le London Bridge, la relève de la garde, le marché de Camden, un fish and chips, un curry chez un Paki et je pense que le programme sera bouclé. Le plus dur sera de les secouer le matin pour ne pas décoller trop tard.

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Compte-rendu complet dimanche ici même !

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Réussir le 1er mai pour continuer à faire des 1er mai 

Publié le 30 Avril 2017 par Nadine

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Il y a 3 ans j’étais à Istanbul pour le 1er mai. C’est là-bas une date importante dans le calendrier des luttes politiques et syndicales. C’est plus qu’un symbole : le 1er mai 1977, des tirs sur une foule de 500 000 manifestants à Taksim avaient entraîné la mort de 37 personnes.

 

Il a ensuite été interdit et toujours célébré. Rétabli comme jour férié en 2010, mais depuis, Erdoğan a interdit les défilés : pourtant de multiples cortèges avaient quand même lieu avec lacrymos, canons à eau et flics pour pimenter le tout. L’année dernière plus de 200 arrestations ont eu lieu avant et pendant. Je crains que cette année le chiffre ne soit à la baisse faute de volontaires et parce que beaucoup d’entre eux sont déjà en taule. Pourtant, la Turquie est, et reste dans sa société civile un pays vivant, pluriel, démocratique, laïque, ouvert au dialogue. La clique autour d’Erdoğan et leur idées réactionnaires ont pour le moment vaincu, mais les forces de progrès au pays d’Atatürk ont encore montré lors du référendum qu’elles étaient bien vivantes. Nous devons les soutenir et cesser le jeu à la con que nous menons avec ses dirigeants. Nous devons aussi penser à nos responsabilités en tant qu’Union Européenne dans le succès du sultan d’Ankara. Nous avons rejeté la candidature de la Turquie depuis 1963, en lui assignant en même temps le rôle de chien de garde, face à l’URSS jusqu’en 1989, puis aujourd’hui celui de rempart face aux drames du Proche Orient et leurs lots de réfugiés.

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J’étais donc à Istanbul il y a 3 ans pour le 1er mai. Mon ami Mehmet (le nom a été changé comme on écrit dans les journaux) m’avait proposé dans un premier temps de m’amener à la manif. J’avais comme à chaque voyage emmené mon drapeau de la FSU pour faire des photos rigolotes et pour une fois il allait servir. Il s’est ravisé le matin même. « C’est trop dangereux » m’a-t-il dit. Effectivement, quand il est revenu dans l’après-midi il avait les yeux rouges, les vêtement humides et tâchés. Il y a dans l’eau des canons un produit irritant qui en rajoute à celle des gaz lacrymogènes. Néanmoins Mehmet rigolait ; il s’était amusé avec ses copains, avait couru dans les rues de Beşiktas et était très fier me montrer ses vidéos dans son portable. De mon côté j’avais tenté d’aller le rejoindre à pied puisque le métro pour atteindre Taksim et le tram pour atteindre Beşiktas étaient fermés.

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Je me suis heurté à des grilles tout le long de l’avenue İstiklâl Caddesi renforcées de troupes de la police anti-émeutes. J’ai donc rebroussé chemin.

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Depuis l’année dernière, Mehmet se tait sur la toile. Les messages de sympathie que je lui envoie régulièrement sont maintenant très neutres et lui-même semble dans le repli familial pour se protéger. Pourtant il avait passé des nuits au parc Gezi en 2013, il adorait parler politique. Je ne veux pas le mettre en danger.

Lundi 1er mai 2017 nous pourrons manifester librement à Marseille, à Paris, partout où nous voulons. Nous pourrons porter nos revendications, notre mécontentement, notre rejet du libéralisme économique, notre soutien aux services publics, au code du travail. A Marseille comme toujours les Kurdes fermeront le cortège.

Le dimanche suivant j’irai voter et je voterai pour le candidat de l’ultra-libéralisme qui veut détruire les services publics et le code du travail. Il n’y a aucune contradiction : je sais qu’en face de lui il y a quelqu’un qui a le même programme qu’Erdoğan. Comme Erdoğan, Marine Le Pen a un programme aussi libéral que qu’Emmanuel Macron, mais je sais aussi qu’avec Marine Le Pen je risque fort de me retrouver comme Mehmet : les yeux rouges le 1er mai, ou pas de 1er mai du tout.

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