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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Derniers jours à Port au Prince

Publié le 19 Août 2016 par Nadine

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Le précédent séjour portauprincien avait été sous le signe de la grippe qui m’avait transformée en zombie. Cette fois-ci, c’est requinquée par quelques jours dans le Sud et ses littoraux fabuleux que je suis revenue à la capitale. Si je dois donner deux axes majeurs à ce séjour, ce serait : amitié et gastronomie.

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Pour la gastronomie c’est Rosemate le chef cuistot de Meyotte qui a été aux commandes. Cela a commencé par du lambi le soir de mon arrivée. Sur une aussi belle lancée, j’ai remis des pièces dans le juke-box et j’ai commandé pour le lendemain des langoustes. Je n’ai pas été déçue : Rosemate est revenue avec une pleine bassine de langoustes et quelques crabes qu’elle nous préparés décortiqués le soir avec des pikliz, des bananes et du maïs moulu. On s’en est foutu jusque-là, tet kalé, on s’est léchés les doigts et on a fini avec les ti punch de Jérémie en imitant les bandes à pieds et les raras à travers toute la cuisine. Après cette apothéose haïtienne il ne restait qu’un plat assez digne pour être mon dernier repas à Meyotte : une soupe joumou. La soupe joumou c’est la fierté haïtienne en quelques légumes transformés en délice : on la mange le 1er janvier, jour de l’indépendance, elle symbolise la revanche sociale des esclaves sur leur maîtres, puisque ce plat des maîtres est devenu celui de ceux qu’ils avaient asservis et qui avait brisé leurs chaînes.

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Je suis descendue le dernier soir à Fontamara, à la crèche de Neel. Dans la chaleur moite et étouffante j’y ai aussi retrouvé la chaleur de l’accueil (et le tintamarre du disco dans la rue). Mamie Jeanjean s’est délectée des photos et des lettres que je lui avais amenées de France, j’ai longuement parlé avec les anciens camarades de Neel, Jonathan et Néhémie et j’ai surtout revu la famille, la famille de Neel donc la mienne, Charline sa sœur, Christanaelle sa cousine et Claudette sa tante à qui l’on doit tant.

Comme toujours j’ai repris l’avion le cœur gros de quitter ce pays qui est devenu aussi un peu le mien.

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Vers le Sud

Publié le 16 Août 2016 par Nadine

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Je viens de passer quatre jours dans le Sud, à l’épicentre du monde : Carrefour Joute. C’est un peu long à expliquer, mais, avec un peu d’imagination et de foi, ou les deux, on devient rapidement persuadé qu’un grand tremblement de terre idéologique peut venir secouer le monde, le débarrasser du capitalisme destructeur et égoïste et le remplacer par une mondialisation du partage. Il y a du chemin à faire, c’est vrai, mais, au Siècle des Lumières, celui qui annonçait la fin prochaine de l’esclavage était regardé aussi comme un fou ; alors, Père Yves et moi-même à sa suite, nous imaginons que Carrefour Joute pourrait devenir l’épicentre de ce grand Terremoto !

Bon, sinon, puisque le Grand Soir n’est pas advenu pendant ces quatre jours, je ne l’ai pas attendu les bras ballants. Je suis allée entre autres à l’île à Vache, petit paradis tropical en face des Cayes où les requins promoteurs du tourisme ont tenté et tentent encore de mettre leurs grosses pâtes velues. Certains ont même tenté d’expulser toute la population locale afin de mieux bétonner : ils ont échoué heureusement. Alors, pour rire, nous avons joué les ingénus, et nous sommes allées visiter le temple du grand luxe à l’haïtienne, Akaba Bay. Ce sont quelques bungalows au bord de la plus belle plage avec une piste d’hélicoptère à côté (c’est par ce mode de transport que l’ancien président se déplaçait pour ses loisirs avec ses amis). On y retrouve toute la bourgeoisie nationale en train de se prélasser à l’ombre, à côté du buffet, sous un déluge de décibels de kompa. Les prix sont prohibitifs, sûrement pour éloigner ceux qui « n’en sont pas », car les chambres et les bungalows que nous avons visités sont minables et mal finis, à peu près le confort d’un deux étoiles français.

Nous avions préféré pour nous même le vrai luxe : celui de la chaleur humaine. Nous logions dans une petite chambre chez l’habitant. Le grand fils nous a promené partout et le soir nous sommes sorti au disco local sous les palmes, là où toute la jeunesse de l’île s’amusait en rigolant.

Je suis de retour à la capitale des folies, Port au Prince, avant de repartir dans deux jours pour la Belle Province.

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Un petit tour à la capitale

Publié le 11 Août 2016 par Nadine

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A l’occasion de l’écriture de mon livre sur l’histoire d’Haïti dans la mondialisation (sortie la semaine prochaine !), et puis parce que je suis encore passée par Lisbonne cette année, je me suis penchée sur la mondialisation au XVIe siècle, la mondialisation des Ibériques. J’ai donc élaboré des planisphères avec des flèches dans tous les sens mais qui aboutissaient inexorablement à Lisbonne, Séville ou Anvers. 

 

J’ai visité Goa il y a sept ans, la capitale de la vice-royauté des Indes portugaises. Je ne pouvais éviter d’aller faire un tour à Santo-Domingo, la capitale de la vice-royauté des Indes espagnoles, siège de la primauté des Amériques. C’est chose faite depuis cette semaine : j’ai vu la cathédrale, la maison de Diego Colomb, la Casa Reales, pendant américain de la Casa de Contratacion sévillane. J’ai vu la Zona Colonial, le vieux centre de l’ancienne capitale.

J’ai pu goûter aussi un peu de la République Dominicaine, la Dominicanie selon les Haïtiens. Pour y arriver il faut passer par la frontière à Jimani : le bus franchit différents portails avant que l’immigration n’épluche nos passeports. Enfin, surtout ceux des Haïtiens. Ce n’est pas pour autant un no man’s land : il y a des camions, des containeurs, des tas de types qui vous proposent tout, des cireurs de chaussures et surtout de la poussière. On remonte vite fait dans le bus pour échapper aux harcèlements, et l’on a droit à encore quelques autres contrôles sur la route de la part des flics et des militaires. Heureusement la zone touristique de Santo-Domingo est beaucoup plus calme. En venant d’Haïti c’est même carrément étrange ces rues piétonnes sans trous, ses terrasses de café, et tous ces gens qui font le paseo et ne rentrent pas chez eux quand la nuit tombe.

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Mon espagnol étant assez défaillant, j’ai pu abondamment me rattraper avec les Haïtiens en français ou en créole. C’est ainsi que j’ai fait un tour de ville avec un garçon sympathique à qui j’ai expliqué que je ne pouvais pas lui faire une invitation pour un visa Schengen, que j’ai partagé un café avec un maçon, que je suis allée de faire refaire une beauté dans un salon de coiffure tenu par des Haïtiennes etc…

Prochaine virée en Dominicanie, les plages ? En tous cas j’espère bien y croiser encore quelques Haïtiens aussi sympathiques !

 

 
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Zombification, dézombification

Publié le 6 Août 2016 par Nadine

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On a raconté que les dictateurs de ce pays, le Papa Doc comme le Bébé Doc avaient zombifié le pays, et qu’à partir de 1986 les démocrates se sont donnés comme objectif de le dézombifier.

L’investissement éducatif aurait dû participer à cette opération. Depuis 1986 il a effectivement été croissant : il faut dire qu’en partant de zéro il ne pouvait que croître ! Dans ce pays, comme dans tous les pays du monde, la demande sociale est forte : le marché l’a donc conquis. Le privé représente aujourd’hui 80 % des écoles, que ce soit les écoles prestigieuses comme les écoles borlettes (les borlettes sont les baraques de loteries), ces écoles entre quatre planches où le professeur a un niveau à peine supérieur à celui des élèves.

Sous la présidence Martelly, le marché est devenu roi et le pays a été vendu à la découpe, y compris le marché scolaire. L’état-major Tèt Kale (le nom du parti de Martelly) a même inventé l’impôt mondialisé à haut rendement de corruption : PSUGO. Il s’agit d’une taxe sur les appels internationaux et les transferts, donc sur la diaspora, soit disant pour financer les écoles. Dès lors ont fleuri les écoles zombie, aspirant la manne PSUGO pendant que l’école publique crevait par manque de moyens.

C’est précisément dans un lycée public que des collègues de Gros Morne m’ont invitée au début de la semaine, au lycée Jacques Roumain. Cela a été trois jours de rencontres très intéressantes pour moi, et j’espère aussi pour eux. Nous avons échangé sur les pratiques, sur les recrutements, sur les conditions de travail. Tous sont syndiqués à l’UNNOH et croient à ce qu’ils font même si ceux qui gouvernent n’ont pas l’air de croire en eux : pour pouvoir vivre décemment, un professeur du public doit doubler ou tripler sa semaine dans le privé. J’ai pu animer deux matinée de formation avec des élèves de rhéto et philo et des enseignants et débattre avec eux de thèmes très politiques liés aux sujets de mes exposés : mondialisation et dépendance alimentaire, déforestation et reforestation.

Je suis rentrée mercredi à Port au Prince en bus avec la fièvre qui montait. Arrivée à la maison de Meyotte j’étais devenue un véritable zombi. Réveillée à plus de 39 de fièvre à minuit, je fus prise de panique en me remémorant le retour du Vietnam par la case réa et hôpital Nord. Un peu comme les Port-au-Princiens qui sentent le sol trembler pensent à coup sûr au Goudougoudou comme je l’ai dit au docteur le lendemain. J’ai skypé ma maman qui a paniqué aussi et a ouvert un dossier inter-mutuelles assistance. Le matin, après une nuit blanche de fièvre, de migraine et d’angoisse, j’ai appelé les services consulaires de l’ambassade, qui, avec amabilité et efficacité m’ont dirigé vers un médecin, lequel est venu dans la journée et a diagnostiqué… la grippe ! A fin de la journée la fièvre était tombée pendant que je me dézombifiais petit à petit. J’ai appris ce matin que la moitié des congressistes de Port de Paix avaient eux aussi attrapé la grippe.

 

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Cap sur l’île de la Tortue (2)

Publié le 1 Août 2016 par Nadine

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Premier post d’Haïti, alors que je suis ici depuis cinq jours. Mais que d’aventures !

Je suis arrivée mardi soir à Port au Prince par le dernier vol, celui qui venait d’Atlanta. A bord autant de blancs que de noirs, dont une bonne proportion de jeunes blancs becs avec des T-shirt du style « heart 4 Haiti, new presbyterian church » ou des trucs du même tonneau. Je les appelle les djihadistes de la Bible : certes il ne se font pas sauter au milieu de la foule, mais ils détruisent une culture avec le sentiment d’apporter une vérité écrite qu’ils lisent de façon littérale. Les Eglises américaines débarquent ici des jeunes qui vont apporter la charité et des bibles dans les bidonvilles avec la bonne conscience du dominateur qui a raison. Pouah !

Donc arrivée de nuit, et heureusement Jérémie et Gérard étaient à l’arrivée et m’ont amenée à la maison de Meyotte où un accueil chaleureux m’attendait.

Après une journée à reprendre pied dans ce pays, je suis partie aux aurores jeudi matin pour Port de Paix. Le rendez-vous était à 6 heures, mais nous sommes partis à 7 heures 30. Normal c’est Haïti. La route était bonne jusqu’aux Gonaïves, après c’était terre et cailloux, dans une campagne assez sèche et désolée. On s’y ballade essentiellement en âne ou en mulet, une impression de bout du monde avant d’arriver à la petite capitale du Nord-Ouest.

C’est là que cette année se tient le congrès de culture et inculturation. Comme je l’ai fait remarquer à Yves : « inculturation, ce ne serait pas le mot pour dire en fait décolonisation ? » il a approuvé avec un sourire. L’expérience précédente dans l’avion avec les blancs becs était à l’appui. C’est le 3e congrès de la sorte, sous l’égide de l’Eglise catholique, avec le slogan « kiltir nou se fòs nou ». Trois jours de débats et d’activités culturelles de toutes sortes — avec aussi des messes — tout en créole.

Le deuxième jour nous avons séché Jenny, Mariam et ma pomme. Mariam est une française qui fait la route avec son sac à dos et qui connaît Emile un des organisateurs. Nous avons séché certes, mais pour aller communier avec une des richesses d’Haïti, l’île de la Tortue. Pour y aller, il faut monter sur un des petits voiliers qui partent du wharf de Port de Paix. La traversée s’est faite entièrement à la voile, avec bagages et passagers entassés sur le pont. Personne à part nous ne semblait troublé par le bateau qui penchait très fort. L’île de la Tortue c’est l’insularité d’Haïti au carré. Et la misère aussi. Pas de route, un chemin de terre. Des enfants en haillons, des femmes au grand sourire. Et toute une troupe qui nous a accompagné le long du chemin alors que nous cherchions une plage pour nous baigner. Beauté et dénuement sur fond de mer des Caraïbes. Pas de trésor du pirate, ou de taverne de flibustiers … hélas !

Je pars demain pour Gros Morne entre Port de Paix et les Gonaïves. Ancienne capitale de l’indigo sous la colonisation française. Le prochain post vous en dira plus.

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Le Français, une langue vivante

Publié le 25 Juillet 2016 par Nadine

Nous avons encore eu cette année des débats dans l’hexagone sur la réforme de l’orthographe : savoir s’il fallait écrire ognon ou oignon, sur des accents circonflexes et autres aspects fondamentaux de notre langue écrite. Les réacs de tous poils criaient à l’assassinat orthographique contre une réforme qui datait pourtant de 1990. Or, comme disait mon père qui était linguiste et créoliste, les linguistes causent, la norme s’impose ; et j’ajoute, on s’aperçoit que les langues sont vivantes quand elles bougent, quand elles bougent dans l’espace, quand elles bougent dans leur forme.

Or, pendant que les fanatiques de la dictée et de la lecture syllabique soupirent au nom du bon vieux temps ou crient au complot orthographique, la langue, elle, vit sa vie. Et, à voyager dans des pays francophones hors de l’hexagone, je dois dire que je la vois vivre dans la joie et l’invention.

Rappelons d’abord que le plus grand pays francophone n’est pas la France mais la RDC, ex-Congo belge, ex-Zaïre. C’est aussi toute l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale où le français se parle et s’écrit. Et comme ces gens-là émigrent, ils amènent avec eux la langue de Molière, ou plutôt de Senghor. J’étais hier matin dans Harlem, et les dames en boubou parlaient français entre elles. D’années en années elle sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus visibles. Entre la 125th et la 135th les restaurants africains affichent du poulet yassa en français dans le texte et les mosquées sont plus francophones qu’arabophones.

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Et puis il y a le français des Amériques. Au Québec, d’où je viens, on peut vivre en ne parlant que le français. La position obsidionale de la langue y a créé un militantisme et surtout une inventivité qui n’a rien à envier aux Africains. Si on  ne magasine pas, il ne faut pas pour autant niaiser à jaser, tabernacle !

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Et le créole dans tout cela ? En Haïti c’est une langue autonome et officielle (lire ci-dessus, en bas à droite). Les DOM français ont maintenant des CAPES de créole, ce qui prouve l’officialisation de la langue. Mais comme dans une famille qui n’aurait jamais coupé le cordon, créole et français continuent à vivre ensemble, et à s’influencer mutuellement. A New York, le créole haïtien est une des langues officielles de la ville ; il est parlé et même écrit dans les affichages institutionnels.

A New York le français progresse, il bouge, il est vivant. Et il est plutôt noir.

PS : à l’auberge, je ne parle ni anglais, ni français aux dames de ménage et au monsieur du petit déj, je parle espagnol. La vraie langue qui progresse ici et concurrence l’anglais, c’est l’espagnol.

PS (bis) : toujours l’Afrique à NYC. J’étais hier au musée de Brooklyn. Il a été le premier musée des Etats-Unis à accueillir des collections d’art africain. Elles n’étaient pas toutes visibles à cause de rénovations dans le musée. Et pourtant ! Toutes de premier ordre et en grandes quantités ! La principale origine était la RDC : il ne me reste à plus qu’à aller à Bruxelles, et j’aurais vu l’essentiel des collections anciennes de ce pays… surement plus qu’à Kinshasa…

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Transit nord-américain

Publié le 24 Juillet 2016 par Nadine

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Pendant qu'Aurélia est allée prendre le frais avec Kéké au bord d'un lac québécois, je suis allée vers le sud, dans la fournaise urbaine de New York. J'ai fais les derniers réglages d'édition au CIDIHCA, et j'ai pris le bus de nuit, toujours aussi pénible, avec l'arrêt à Albany qui a duré deux heures cette fois-ci.

C'est donc dans un état un peu patéiforme que j'ai arpenté hier la ville — oui les New-Yorkais sont comme les Romains qui disait l'Urbs tout court pour désigner Rome, ou les Constantinopolitains qui disait è Polis pour leur propre ville, ils disent in town, sans préciser laquelle, pour parler de NYC — sous un soleil de plomb, dans la chaleur torride et poisseuse. Au Rockefeller center trônait une baignoire, là où l'hiver se trouve une patinoire. On marche donc préférentiellement à l'ombre, prenant des giclées de froid clim es quand des portes s'ouvrent.

C'est la 6e fois que je viens à NYC en moins de 10 ans. Si je suis toujours émerveillée, je ne m'attarde plus à prendre les grattes-ciel et les perspectives des avenues en photo. C'est avec plaisir que j'ai fait une nouvelle chasse au trésor commanditée par ma collègue d'Anglais néo-hors classe très classieuse :

J'ai une petite requête : quand tu te baladeras le nez en l'air dans NYC, ou ailleurs aux States, si ton oeil tombe sur une photo, une phrase, un slogan, un article, whatever d'autenthique, au sujet des élections présidentielles (les leurs ;) :p ), un doc digne d'intéresser mes petiots de 3ème, je ne dis pas non. Pas une photo de la Copycat botoxée, hein ;) Profite bien de ton séjour. Bises

Voici ci-dessous une partie du butin. Si vous avez d'autres courses aussi sympa, n'hésitez pas. En attendant, puisque nous sommes le jour du Seigneur, Good Lord !, je vais à la messe à Harlem, puis, si j'ai le temps, au Musée de Brooklyn.

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Montréal en survol

Publié le 22 Juillet 2016 par Nadine

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Je suis arrivée avant-hier chez Aurelia à Montréal: cette étape commence à ressembler à un classique de mes voyages outre-atlantique. J'ai dû surmonter cette année un certain nombre d'épreuves : le vol serré comme des sardines, ça c'est habituel, le passage à la frontière sans AVE (mais c'est période de clémence comme dit le site), et enfin les deux heures de bus depuis l'aéroport, bus bondé, un seul siège, à l'arrière, le cul sur le moteur, donc la tête dans la clim et les fesses au (très) chaud. Je n'avais pas à me plaindre, la compagnie aérienne cette année ne m'a pas laissée en rade au milieu du voyage. Et puis la copine qui chez moi garde Fripouille a réussi dans la nuit à résoudre mon problème de portable bloqué. C'est dire si le périple de cette année démarre sous de bon augures.

J'ai commencé hier par les choses importantes : mon livre chez mon éditeur, le CIDIHCA. Je ne sais pas comment sont les autres, mais je dois dire qu'au CIDIHCA, on bien reçu. Manuel a toujours le compliment qu'il faut et Frantz une manière naturelle pour rassurer. On a bouclé les derniers trucs : la photo de couverture (ce sera la statue de Christophe Colomb échouée dans les jardins du Bureau National d'Ethnologie) et la quatrième de couverture avec photo de ma pomme + ma bio + résumé du livre. Je vous les livre ici :

Nadine Baggioni Lopez est née en France en 1966. Elle habite et enseigne à Aix-en-Provence, en France. Elle a mené de nombreuses actions de formation en Haïti. Avec Haïti dans la mondialisation, elle replace Haïti au centre d’une histoire connectée de 1492 à aujourd’hui. Elle offre en outre, dans une réflexion didactique, de nombreux documents pédagogiques. Ils sont destinés, non seulement à l’enseignement en Haïti et dans la diaspora, mais aussi à tous les lecteurs intéressés à la compréhension du monde globalisé contemporain vu depuis un espace dominé, celui des opprimés depuis les premiers temps de la conquête du Nouveau Monde.

Si j'ai pu écrire moi-même ces lignes édifiantes, pour la photo c'était plus compliqué. Un selfie ? Une gros plan d'une photo antérieure assez flateuse ? J'ai trouvé bien mieux en allant voir un pro : mon ami Daniel, grand photographe haïtien, était à Montréal. Je lui ai demandé un portrait. Il m'a invité chez lui et s'est plié à l'exercice avec talent et amabilité : il habite un grand condo du centre-ville avec terrasse et piscine sur la terrasse. Vue incroyable !

C'est donc avec la ferme intension de revenir avec un maillot de bain que je suis revenue dans l'après-midi chez Aurélia. Après l'apéro des copines de la coop, Aurélia, Kéké et moi-même avons mis un sac avec  serviette et maillot de bain, et  avons profité de l'hospitalité de Daniel. Nous avons pris la fraicheur dans la piscine à la nuit tombante tandis qu'au bas de l'immeuble les concerts des Nuits d'Afrique faisaient vivrer le quartier des spectacles, et au loin les lumières de la ville éclairaient la nuit.

Ce soir ce sera le départ pour NYC avec le bus de nuit : nouvelle étape de mes aventures américaines 2016.

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Cap sur l'île de la Tortue

Publié le 19 Juillet 2016 par Nadine

Comme chaque été commence la saison du blog voyage. Cette année encore ce sera de l'autre côté de l'Atlantique, vers des destinations habituelles : Haïti c'est un peu aller au bled maintenant. Voici donc le programme détaillé :

Demain un vol Lufthansa me mènera jusqu'à Francfort puis à Montréal. Si le pilote va aux toilettes, je prendrai soin de mettre un pied dans la porte : on n'est jamais trop méfiant avec les co-pilotes allemands. Montréal étape obligée : il a Aurélia bien sûr. Il y aura aussi le CIDIHCA pour lire les dernières épreuves de mon livre "Haïti à travers les enjeux de la mondialisation depuis 1492 — Histoire et approches didactiques".

Une fois les dernières relectures bouclées, je partirai vendredi soir par le bus pour New York City. Là aucun programme si ce n'est me balader le nez en l'air, sortir en club, et éventuellement faire un ou deux musées. Je vais aussi tenter de louer un vélo : il paraît que maintenant il est possible de faire le tour de Manhattan en piste cyclable. Il y a aussi le Brooklyn Bridge et le Manhattan Bridge à traverser sur deux roues.

Mardi matin c'est de la Guardia que je m'envolerai vers Haïti. J'espère avoir le bon hublot pour profiter de la vue ; l'année dernière nous avons survolé tout Manhattan avant d'atterrir, c'était magique. Le soir je serai donc en Haïti. Le programme commencera par un bus pour aller à Port de Paix, dans le département du Nord Ouest à 300 km de Port au Prince. Après les Gonaïves, la route n'est plus goudronnée ; le temps n'est plus en distance, mais en aléas. Ce n'est pas pour rien que j'ai dit à Ben, qui en est originaire que c'était un peu Zil Tik.

J'y vais pour le congrès de l'EPA. Outre les joies du congrès, j'espère faire aussi un peu de tourisme dans une des plus vieille agglomération d'Haïti. Juste en face se trouve l'île de la Tortue : oui la vraie, celle des pirates, des corsaires et des flibustiers. René m'a conseillé d'aller la visiter. Je ne sais pas si je vais en avoir le temps puisque les seules embarcations pour traverser le canal de la Tortue sont des petites barques au moteur fatigué ou à la voile. Bref, l'aventure, la vraie, pas celle d'un parc à thème : mettre cap sur l'île de la Tortue, n'est pas le rêve ultime pour toute aventurière ?

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8 ans plus tard

Publié le 18 Juillet 2016 par Nadine

La dernière fois que Neel avait vu ses meilleurs copains de la crèche de Port au Prince, c'était il y a 8 ans à Guéret, lors de la fête de l'OAA qui nous avait permis de les adopter. Nous avions passé une excellente journée champêtre avec tous les ti moun arrivés récemment d'Haïti. J'avais soigneusement pris les contacts des parents de Jonathan et Néhémie et puis après… plus rien. Neel commençait à bâtir sa vie à Aix, avec ses copains français, ses cousins et ses cousines.

Depuis quelques mois, Neel a repris contact avec la fratrie installée à Lille. Magie de l'internet et des réseaux sociaux. J'ai donc ressorti les contacts pris il y a 8 ans, et j'ai invité Jonathan et Néhémie. Eux aussi ont grandi, embelli, mûri. Jonathan est champion d'athlétisme. Néhémie est une très belle jeune fille. Ils sont épanouis. Nous les avons retrouvés à la gare TGV et la bande de la crèche a repris son amitié telle qu'ils l'avaient laissée à Fontamara.

Nous avons passé quatre jours ensemble à leur faire découvrir la région sous ses plus beaux aspects : la ville d'Aix, la calanque de la Redonne, la lavandes de Valensole puis Chauvet, le haut lieu de la famille. Ils ont rigolé, parlé, joué, redécouvert de l'haïtianité avec mamba, chapeau de paille et mots de créole. Et surtout ils se sont promis de se revoir avant 8 ans.

 

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