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Nadoch

Niouzes de la villa dimanches, de ses habitants, de ses visiteurs. Totalement narcissique.

Retour de l’autre côté du Channel

Publié le 24 Mai 2017 par Nadine

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Je n’ai jamais été une grande fan de l’Angleterre. J’y suis pourtant allée un certain nombre de fois : la première, ce fut avec Clô et Mô en 1980 (j’ai fait beaucoup de premiers voyages avec Clô et Mô il est vrai), qui comme moi découvraient Londres, puis en 1983 en voyage linguistique dans une banlieue de Londres faites de petites maisons de briques rouges. J’y suis ensuite retournée deux fois dans les années 1990 et la dernière fut en 2014 pour aller voir mon ami Jaime à Cambridge : ce dernier séjour me laisse un goût doux-amer. Ce fut comme à chaque rencontre avec Jaime, extrêmement chaleureux. Jaime était comme toujours entre rigolade et blues, avec une dose d’amitié grosse comme ça. Ce fut la dernière fois que je le vis. Il mit fin à ses jours deux mois plus tard à Lisbonne.

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Malgré ses quatre visites, je n’ai jamais été une grande fan de l’Angleterre. Je passe la gastronomie douteuse — compensée par les bières et les pubs — et les prix exorbitants. C’est plutôt cette froideur anglaise, ces maisons proprettes de briques, un je ne sais quoi qui ne m’a jamais attiré. J’espère être démentie ce week-end. Je le suis déjà avec Louise ma voisine, l’Anglaise la plus sympathique de France.

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En effet je pars tout à l’heure à Londres avec Neel mon fils et Marius mon filleul à qui j’offre chaque année un voyage. Après Lisbonne l’an dernier, à nous Londres ! J’ai sauté en octobre dernier sur l’opportunité de prix d’avion très raisonnables et visé un but pédagogique : Neel doit absolument faire des progrès dans la langue de Roger Moore et de David Beckam. Trois jours à Londres avec au programme : Vélib qui s’appelle City Bike ou encore Boris Bike, un peu de musée… mais pas trop (a priori Musée d’Histoire Naturelle et Imperial War Museum, peut-être quelques momies et une anamorphose de crâne dans un célèbre tableau ?), le London Bridge, la relève de la garde, le marché de Camden, un fish and chips, un curry chez un Paki et je pense que le programme sera bouclé. Le plus dur sera de les secouer le matin pour ne pas décoller trop tard.

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Compte-rendu complet dimanche ici même !

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Réussir le 1er mai pour continuer à faire des 1er mai 

Publié le 30 Avril 2017 par Nadine

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Il y a 3 ans j’étais à Istanbul pour le 1er mai. C’est là-bas une date importante dans le calendrier des luttes politiques et syndicales. C’est plus qu’un symbole : le 1er mai 1977, des tirs sur une foule de 500 000 manifestants à Taksim avaient entraîné la mort de 37 personnes.

 

Il a ensuite été interdit et toujours célébré. Rétabli comme jour férié en 2010, mais depuis, Erdoğan a interdit les défilés : pourtant de multiples cortèges avaient quand même lieu avec lacrymos, canons à eau et flics pour pimenter le tout. L’année dernière plus de 200 arrestations ont eu lieu avant et pendant. Je crains que cette année le chiffre ne soit à la baisse faute de volontaires et parce que beaucoup d’entre eux sont déjà en taule. Pourtant, la Turquie est, et reste dans sa société civile un pays vivant, pluriel, démocratique, laïque, ouvert au dialogue. La clique autour d’Erdoğan et leur idées réactionnaires ont pour le moment vaincu, mais les forces de progrès au pays d’Atatürk ont encore montré lors du référendum qu’elles étaient bien vivantes. Nous devons les soutenir et cesser le jeu à la con que nous menons avec ses dirigeants. Nous devons aussi penser à nos responsabilités en tant qu’Union Européenne dans le succès du sultan d’Ankara. Nous avons rejeté la candidature de la Turquie depuis 1963, en lui assignant en même temps le rôle de chien de garde, face à l’URSS jusqu’en 1989, puis aujourd’hui celui de rempart face aux drames du Proche Orient et leurs lots de réfugiés.

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J’étais donc à Istanbul il y a 3 ans pour le 1er mai. Mon ami Mehmet (le nom a été changé comme on écrit dans les journaux) m’avait proposé dans un premier temps de m’amener à la manif. J’avais comme à chaque voyage emmené mon drapeau de la FSU pour faire des photos rigolotes et pour une fois il allait servir. Il s’est ravisé le matin même. « C’est trop dangereux » m’a-t-il dit. Effectivement, quand il est revenu dans l’après-midi il avait les yeux rouges, les vêtement humides et tâchés. Il y a dans l’eau des canons un produit irritant qui en rajoute à celle des gaz lacrymogènes. Néanmoins Mehmet rigolait ; il s’était amusé avec ses copains, avait couru dans les rues de Beşiktas et était très fier me montrer ses vidéos dans son portable. De mon côté j’avais tenté d’aller le rejoindre à pied puisque le métro pour atteindre Taksim et le tram pour atteindre Beşiktas étaient fermés.

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Je me suis heurté à des grilles tout le long de l’avenue İstiklâl Caddesi renforcées de troupes de la police anti-émeutes. J’ai donc rebroussé chemin.

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Depuis l’année dernière, Mehmet se tait sur la toile. Les messages de sympathie que je lui envoie régulièrement sont maintenant très neutres et lui-même semble dans le repli familial pour se protéger. Pourtant il avait passé des nuits au parc Gezi en 2013, il adorait parler politique. Je ne veux pas le mettre en danger.

Lundi 1er mai 2017 nous pourrons manifester librement à Marseille, à Paris, partout où nous voulons. Nous pourrons porter nos revendications, notre mécontentement, notre rejet du libéralisme économique, notre soutien aux services publics, au code du travail. A Marseille comme toujours les Kurdes fermeront le cortège.

Le dimanche suivant j’irai voter et je voterai pour le candidat de l’ultra-libéralisme qui veut détruire les services publics et le code du travail. Il n’y a aucune contradiction : je sais qu’en face de lui il y a quelqu’un qui a le même programme qu’Erdoğan. Comme Erdoğan, Marine Le Pen a un programme aussi libéral que qu’Emmanuel Macron, mais je sais aussi qu’avec Marine Le Pen je risque fort de me retrouver comme Mehmet : les yeux rouges le 1er mai, ou pas de 1er mai du tout.

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Les pierres de la mémoire

Publié le 18 Avril 2017 par Nadine

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Nous n’avons pas eu un temps splendide à Split, entre pluie, ciel gris et malgré tout le soleil pour les magnifiques couchers de soleil à l’heure de l’apéro sur la baie et la passegiata. Nous avons eu donc toutes les lumières pour jouir des monuments extraordinaires de la ville : celle-ci a été construite avec, au milieu, en remploi du colossal palais de Dioclétien bâti à la fin du IIIe siècle. On circule dans des rues étroites qui furent des couloirs, les palais ont des colonnades de temple et la cathédrale est l’ancien mausolée de celui qui fut le dernier et le plus grand persécuteur des chrétiens.

Dans une rue encore plus étroite que les autres, en cherchant un peu et en regardant attentivement on peut trouver la synagogue ; il nous a suffit de sonner et un monsieur jovial nous a ouvert. Avec une grande gentillesse il nous a montré les lieux puis nous a tout raconté : l’histoire de la communauté juive de la ville depuis… les Romains, mais surtout depuis les Vénitiens, accueillant des coreligionnaires venus d’Espagne, du Portugal, d’Allemagne et de l’Empire Ottoman, la diversité des noms sur la plaque en fait foi. Il nous a aussi raconté l’histoire de sa famille et le sort de cette communauté depuis la guerre et après la guerre, ou plutôt ici les guerres. Split durant la deuxième guerre mondiale était sous occupation italienne, les juifs n’ont donc eu rien à craindre des troupes de Mussolini, mais bien plutôt de celles des Oustachis croates. La communauté fut donc décimée après 1943 sauf ceux qui purent partir en Italie, en Suisse ou trouvèrent refuge auprès des partisans avec lesquels ils combattirent l’occupant nazi. Les plaques de la synagogue comptent plus de noms qu’il n’y a aujourd’hui de juifs à Split. Notre charmant guide nous a dit ouvertement regretter la Yougoslavie. Durant la guerre — la dernière ici, celles des années 1990 — les juifs, encore nombreux en Bosnie, étaient ceux qui n’avaient pas pris parti. Lui a pris le parti des regrets et de la nostalgie.

 

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La frontière

Publié le 16 Avril 2017 par Nadine

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Nous avons passé la journée d'hier à aller de Zadar à Sibenik en passant par le parc national de Krka. Nous avons traversé les garrigues par le chemin des écoliers, entre Zadar et Knin puis Krka. Ce matin, sous la pluie, et après avoir vu le début de la messe dans la cathédrale de Sibenik, nous sommes montées en haut de la forteresse Saint-Michel admirer la vue depuis ce piton rocheux qui est le verrou de la côte dalmate.

Dans la forteresse, un dessin animé relate les grandes batailles menées par la ville aux XVIe et XVIIe siècles, quand elle était une possession de la Sérénissime et une frontière face aux Turcs. Le film glorifie l'héroïsme de la ville, de ses dirigeants, de ses habitants depuis Lépante en 1571 jusqu'au siège par les Ottomans en 1646. La gloire nationale, le courage des défenseurs de la frontière face aux barbares, tout y est. Ceci serait simplement amusant, si… 

Il n'y pas trente ans la région est celle des Krajina. Les Krajina étaient ces marches de la monarchie Habsbourg, où Serbes, Valaques et Croates faisaient tampon face au croissant turc. Ce fut ici que la guerre éclata en 1991 dans l'ex-Yougoslavie. Le port de Sibenik où nous prenions tranquillement notre café ce matin fut bombardé. La zone de Knin où nous circulions benoitement hier matin fut celle d'un nettoyage ethnique systématique. Plus rien dans le paysage ne le laisse deviner. Mais dans les esprits ? 

Aujourd'hui la Croatie est membre de l'Union Européenne. Pays balkanique, elle est aujourd'hui en première ligne pour l'accueil des réfugiés venus de l'est de la Méditerranée. Accueil ou rempart pour le compte d'une Europe qui se vit à nouveau comme une forteresse ? Les fantômes du passé vont-il à nouveau venir nous hanter pour de sombres desseins ?

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Les 101 dalmatiennes

Publié le 15 Avril 2017 par Nadine

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Après avoir évité la grappa/schnaps que nous proposaient les serveurs de notre bateau, nous avons appareillé hier vers 8 heures en direction des îles Kornati.

La première fois que j’ai survolé la côte dalmate, j’allais à Istanbul. C’était en décembre 2002, en cette saison où la lumière est la plus belle sur les côtes de la mer Méditerranée, la quantité d’îles bordées du blanc de leurs rochers m’avait éblouie. J’ai eu la même impression mercredi avant d’atterrir à Zadar : la côte est bordée de centaines d’îles, certaines moyennes, d’autres minuscules, et sillonnée de bateau qui croisent dans la mer Adriatique. On aperçoit dans la brume, pas si loin, les côtes de l’Italie.

Nous étions donc hier en croisière touristique au parc naturel des îles Kornati, un archipel d’îles sèches où les moutons ont laissé le blanc des cailloux dont les bergers ont fait des murettes. La côte rocheuse dévoile une mer transparente qui joue de toutes les nuances de bleu.

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Heidi et ma pomme nous avons essentiellement feignassé à bord — et d’ailleurs que faire d’autre ? — aux deux arrêts prévus nous sommes trempées les pieds et nous avons pris un café. Ce fut donc une journée parfaite !

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Une pivo derrière la cravate

Publié le 13 Avril 2017 par Nadine

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Après seulement une heure et demi de vol en venant de Marseille, nous voici arrivées à Zadar ! A nous le littoral dalmatien, ses îles, ses petites villes, anciens comptoirs vénitiens aux églises romanes remaniées baroques, sa mer bleue. Et aussi sa cuisine à l’huile d’olive, ses vins rouges épais, sa gnole et sa bière locale.

Heidi est prof de langue. Elle a rapidement pris le gimmick du croate et son vocabulaire s’élargit d’heure et heure. Pour ma part, j’utilise mes trucs de vieille routarde : recyclage des acquis antérieurs. Par exemple je savais dire bière en tchèque et en russe, j’ai essayé ici, et ça marche ! C’est bien pivo. D’ailleurs on s’en est envoyée immédiatement une derrière la cravate sur la place Narodni.

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A part ça on a fait plein de trucs culturels, visité des églises, des musées et le forum, pris des centaines de photos et profité des vues splendides sur la mer depuis l’orgue maritime.

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Uskrs u Hrvatskoj

Publié le 8 Avril 2017 par Nadine

Avec mes copines du Jas, nous nous étions promis de faire un voyage ensemble au printemps. Ayant raté le réveillon de Noël des copines en étant partie dans une ferme en Afrique, je ne voulais pas laisser passer ma chance à Pâques. Nous avions dans un premier temps envisagé la Grèce : se ressourcer avec les vieilles pierres et aller soutenir les manifs de la place Syntagma ou l’accueil des migrants dans les îles, on ne pouvait pas mieux comme programme. Hélas, le prix des billets d’avion pour Athènes était décourageant. Nous avons donc réduit nos ambition touristiques et militantes, et nous avons opté pour une destination à mi-chemin : la Croatie. Nous passerons donc Pâques en Croatie comme le titre de ce post l’indique puisque vous maîtrisez tous le Croate. Et puis finalement l’équipe de quatre s’est réduite à deux : les finances de Gigi et d’Anne ont déclaré forfait. Je pars avec Heidi seulement : mais les filles, on pensera à vous très fort, et on reconduit l’idée pour plus tard !

Notre vol va nous mener vers la côte dalmate, à Zadar. Après avoir étudié le guide et la carte, nous avons opté pour un périple littoral, entre îles de la Méditerranée et cités antiques et médiévales. Nous avons loué une voiture, réservé des hôtels pas trop loin des centres villes et de leurs plaisirs (resto, bar, terrasses, accessoirement musées et vieilles pierres) et nous partons à la découverte.

La dernière fois que je suis allée en Croatie, elle s’appelait la Yougoslavie. Gageons que cela a bien changé : fin de l’ère Tito, explosion du pays, guerre et guerre civile, rapprochement d’avec l’Europe, le pays est passé du vilain petit canard du camp communiste aux vieilles lunes nationaliste et a cédé aux sirènes libérales. Maitrisant très médiocrement la langue croate (ex-serbo-croate !) j’aurais certainement du mal à tout saisir. Heidi parle couramment anglais et surtout allemand ce qui peut aider à communiquer avec les autochtones. Quoiqu’il en soit, on va se prendre du bon temps, entre îles, mer bleue, vieilles pierres et terrasses des bistrot : on vous tiendra au courant au fur et à mesure.

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Une carrière sous le signe de la médiocrité ? (au moins à la classe normale)

Publié le 22 Février 2017 par Nadine

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Hier soir s’est close la dernière CAP avancement d’échelon de l’histoire ; la CAPN des agrégés déterminant les rythmes d’avancement de chacun, Grand Choix, 20 % des promouvables, Choix, 50 %, ou Ancienneté, 30 %, entre les échelons 5 à 11 dans 35 cahiers différents.

J’étais prouvable au 11e échelon au Grand Choix et je l’ai raté de 3 points, ce qui fait 11 pages au rose entre le dernier promu et ma pomme. Ma note pédagogique datait de 2010, alors que j’étais au 8e échelon. Cette année-là je suis passée au 9e échelon, et cette note (bonne pour le 8e) a été immédiatement périmée. Le 11e échelon que je viens de rater est le dernier de la classe normale ; je peux dire maintenant que je n’aurai jamais été promue autrement qu’au Choix ou à l’Ancienneté. Dois-je comprendre que j’ai été une enseignante médiocre ? En tous cas jamais une enseignante méritante du Grand Choix ?

Ce système infantilisant a fait la preuve de son inefficacité voire de sa nocivité. On a enfin ôté leurs hochets aux petits chefaillons pédagogiques venant à des rythmes irréguliers inspecter les collègues. Prenons mon exemple (on n’est jamais mieux servi que par soi-même) : trois inspections en vingt ans dans le corps des agrégés, à chaque fois l’année du passage d’échelon donc trop tard. Bref, je n’ai jamais été dans les clous, ni bonne ni mauvaise, juste dans le trou. Le fait d’avoir été commissaire paritaire depuis dix-sept ans n’a certainement pas aidé.

J’ai demandé en mai dernier à mon IPR de venir m'inspecter de manière à sortir du marasme : en particulier d’avoir enfin un avis Très Favorable pour le passage à la hors-classe. En plus d’être dans le trou pour les échelons, je suis aussi dans le trou pour la hors-classe. L’inspection de ma discipline préfère donner une part de ses 20 % de Très Favorable aux 7e et 8e échelons à qui ne servent à rien qu’à ma pomme, 10e + 4 ans à qui il servirait.

Evidemment l’inspecteur n’est pas passé, et il est maintenant trop tard. Je ne vois plus mes élèves avant le 1er septembre de l’année prochaine. Je ne crois pas qu’il fera une inspection sur dossier.

Un peu énervée, j’ai fait quelque chose que je m’étais jurée de ne jamais faire : j’ai rempli mon CV i-prof (le serveur académique de gestion des carrières). Jusqu’ici, au nom du principe de carrière, je ne voulais pas le remplir : la carrière prime sur le mérite. Je me suis pliée à contrecœur à l’exercice. Il n’a pas été facile de trier dans mes vingt-sept ans de carrière. Je n’ai rempli que les choses saillantes, projets pédagogiques lourds et/ou innovants, publications, encadrement de stagiaires, formation continue des collègues, fonctions électives. Il y en a quand-même deux pages pleines. Il manquait cependant une case, la plus importante : j’ai fait cours, j’ai écouté les élèves, j’ai monté des cours, des séquences, des programmations, j’ai rempli des bulletins, j’ai fait des conseils de classe… bref j’ai été prof et j’ai fait mon métier. Toujours un peu énervée je me suis fendue d’une lettre (gentille) à l’inspection accompagnant le CV, expliquant que je voulais être évaluée Très Favorable, parce que cette évaluation m’était utile et que les éléments du CV « répondent à la définition que la note de service n° 2016-191 du 15-12-2016 donne de la valeur professionnelle évaluée pour le passage à la hors-classe des agrégés ». J’ai perdu beaucoup d’argent, j’aimerais que cela cesse enfin. Ayant enseigné vingt ans en Education prioritaire, je pourrais prétendre accéder à la future classe exceptionnelle… à condition d’être déjà à la hors-classe !

Nous passerons le 1er septembre prochain sous le régime du PPCR. Fini les notes, raboté le pouvoir l’inspection. On ne va pas pleurer la fin de leur pouvoir. Ils ont passé toute l’année dernière à nous expliquer, à nous vendre une réforme du collège dont nous ne voulions pas (et cette année nous avons compris pourquoi nous n’en voulions pas !). Leur disparition, retour devant les élèves, exercer le métier plutôt de l’expliquer, serait la suite logique. J’espère voir cela avant la retraite !

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I had a farm in Africa

Publié le 2 Janvier 2017 par Nadine

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Soyons francs. Cette ferme n’était pas à moi. Elle ne faisait pas des milliers d’acres. Elle n’était pas au pied de la montagne Ngong. Il n’y avait pas de placides guerriers Masai pour garder les troupeaux. Et surtout il n’y avait pas Robert Redford qui passait avec son avion. En fait je n’étais pas dans un livre de Karen Blixen ou dans sa version cinématographique, j’étais bien mieux que cela : j’étais invitée dans une ferme modeste et sympathique au pied du Mont Kenya dans la famille de Pascal.

Alors qu’au-dessus de 2000 mètres le grand capitalisme a installé d’immenses fermes de produits d’exportation vers l’Europe (fleurs coupés, légumes), entre 1500 et 2000 mètres l’on trouve une petite polyculture avec des patates, des haricots, du maïs, du blé et du petit élevage d’ovins, caprins, bovins et bien entendu la volaille. Plus bas encore, là où la terre est plus sèche, l’élevage extensif occupe de misérables éleveurs habillés de shuka et paré de perles autour du cou et du front.

Les parents de Pascal, ainsi que ses cinq frères et sœurs habitent dans des fermes à une vingtaine de kilomètres de Meru. La plupart d’entre eux cumulent leur activité avec celle d’enseignant ou de cadre dans les grandes plantations. Son frère ainé est même chairman régional du KNUT, le syndicat des enseignants !

Ces fermes de bois, modestes mais confortables comportent toutes une cuisine au feu de bois et un salon où l’on reçoit volontiers, des chambres et un grenier où des chats vigilants veuillent au grain (le conseil du jour : il ne faut pas trop les nourrir, sinon ils n’attrapent pas assez les souris). Pour les chiottes ? C’est la cabane au fond du jardin. Mais pour beaucoup c’est le jardin tout court. Au milieu de la verdure, ici on connaît tous les voisins, on se salue et surtout l’on sait recevoir.

A cause d’une bête panne de voiture — un banal incident ici, mais heureusement il y a des mécanos partout — nous sommes arrivés avec 24 heures de retard. J’ai donc manqué la cérémonie d’accueil de mon arrivée. C’est dommage, mais il y a eu des séances de rattrapage lors desquelles j’ai été couverte de cadeaux : un tableau, un shuka, un collier, un sac. Et surtout une immense dose de gentillesse en guise de papier cadeau. Je me suis toujours fendue d’un discours, toujours le même, mais pouvais-je dire autre chose ? J’ai répété que j’étais à la fois heureuse de l’accueil qui m’était fait et triste de ne pouvoir rendre la pareille. J’ai expliqué que l’hospitalité en Afrique n’avait d’équivalent que l’inhospitalité en Europe, cette Europe qui dresse des murs et n’aime pas les Africains.

J’ai donc passé cinq jours dans une ferme en Afrique au rythme local, en mangeant, en riant, en causant. Ils m’ont dit et répété que j’étais désormais la bienvenue. Il faudra donc que j’y retourne !

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De neige à Noël (oui, mais sur le Kilimandjaro)

Publié le 19 Décembre 2016 par Nadine

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J’ai pris la photo ci-dessus, les neiges du Kilimandjaro, en janvier 2006. C’était au retour d’une invitation à la Réunion. Car mes fidèles lecteurs le savent bien : je ne rate jamais une occasion de d’honorer les invitations qui me sont faites. Par exemple avant-hier soir j’étais à Pertuis chez une collègue qui faisait une petite fête d’anniversaire. Et hier soir chez une ancienne collègue à 500 mètres d’ici à boire des canons (m’en fout, je suis rentrée en vélo). Je rechigne parfois à prendre ma voiture. Heureusement nous avons covoituré à quatre. J’ai beaucoup moins de réticences à prendre les transports en commun : le bus jusqu’à Marseille, le TGV vers Paris ou Lyon, et aussi l’avion. C’est pour cela que j’honore aussi les invitations plus lointaines : par exemple mercredi je serai à l’aéroport parce que c’est à Nairobi que l’on m’invite. C’est plus loin que Pertuis ; il y aura une escale à Casablanca, mais pas de péage sur l’autoroute.

L’année dernière j’étais à Camp Perrin en Haïti au congrès de l’EPA où j’étais invitée (encore !). Toute l’Amérique noire était au rendez-vous et avec l’Amérique noire, dans les délégations de l’Amérique latine, des pères et des frères africains. De vrais frères, pas seulement ceux qui s’appellent Brother ou Bro dans les textes de rap black US. Pas seulement des frères de l’autre côté du Passage du milieu comme disent les afro-américains, celui qui vit la déportation de 11 millions de captifs et créa la diaspora noire. Non de vrais frères ayant prononcé des vœux pour entrer dans des ordres de l’Eglise catholique. L’EPA ce sont les Pastoral Afroamericana y caribeña, des curés noirs, mais aussi rouges dans les convictions politiques. En Amérique Dieu est une boite à outils et les outils sont parfois la faucille et le marteau.

Revenons à nos invitations. N’ayant pas un goût immodéré pour la messe et ayant souvent décroché de débats qui étaient exclusivement en créole et en espagnol, j’ai beaucoup traîné dans les coulisses du congrès et bavardé avec tout le monde. J’ai aussi profité à fond de la partie festive fort développé et fort tard tous les soirs. J’ai parlé et blagué avec tout le monde. J’ai trinqué à la bière et au rhum jusque fort tard. J’ai dansé sur des rythmes tropicaux avec de très bons cavaliers, clercs et laïcs. Comme à l’EPA personne ne porte la soutane, on faisait mal la distinction dès la nuit tombée et même avant.

C’est là que j’ai rencontré Pascal. Je suis avec lui sur la photo juste en dessous du Kilimandjaro. Pascal est Kenyan mais il exerce son sacerdoce au Paraguay. Nous avons devisé autour de bonnes bouteilles, parlé musique, un peu politique, et pas vraiment de religion. Il m’a invité à venir le voir au Paraguay ; mais c’est un peu loin. Alors il m’a aussi invité au Kenya : cette année il va y passer trois mois avec sa famille et ses amis. C’est donc au Kenya que j’honorerai son invitation. Je ne connais pas encore le programme. J’imagine que je n’échapperai pas à la messe pour Noël. En Afrique la messe est toujours un très beau spectacle. Je crois qu’il a prévu que nous allions à la mer avec des copains à lui. Peut-être aussi à Meru, sa ville natale, à côté de laquelle se trouve un parc national très réputé. J’ai donc dans ma valise des chaussures de marche, des tongs et des chaussures de pépète. Dans la deuxième valise — on a droit à deux valises pour les vols qui desservent l’Afrique — j’ai mis deux cubi de vin, rouge et blanc, une bouteille de champagne, 1 kg de chocolat en tablette et mes inévitables petites fioles de lavande. Je ne sais pas si je reviendrai avec une peau de léopard ou des défenses d’éléphant (je ne pense pas, en plus c’est interdit et immoral), j’espère en tous cas revenir avec plein de beaux souvenirs, pleins de chaleur humaine comme j’en ai toujours eu en Afrique.

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